Physiopathologie de la FA

- FA = tachycardie irrégulière supraventriculaire, due à une activité électrique rapide (400-600/min) et anarchique des oreillettes → contractions désynchronisées des deux oreillettes → perte d’efficacité hémodynamique
- Diagnostic si durée épisode > 30 sec
- Trouble du rythme le plus fréquent, ↑ avec l’âge (10% à 80 ans), entre 500 000 et 750 000 patients en France
- Lien fort avec l’obésité : 30% d’augmentation de la fréquence par tranche de 5 kg/m2 supplémentaire
Wikimedia Commons

- Responsable de 20-25% de tous les AVC
- Physiopathologie : Constitution de multiples circuits de micro-rentrée : activité atriale anarchique et rapide à > 400 bpm
- Réponse ventriculaire à l’arythmie dépendant du NAV dont la filtration varie selon le système nerveux autonome et l’imprégnation en médicaments bradycardisants : tachycardie irrégulière à 130-180 bpm s’accélérant à l’effort
- Conséquences : - Perte de la fonction de transport de l’oreille : perte de la systole auriculaire
Wikimedia Commons

- Perte de la fonction chronotrope (accélération à l’effort) du nœud sinusal
- Risque d’insuffisance cardiaque (par tachycardie prolongée)
- Risque thromboembolique par stase dans l’auricule gauche (appendice atrial) et embolie artérielle
- Évolution : fibrose des oreillettes (et tardivement nœud sinusal/NAV), dilatation atriale pérennisant la fibrillation
Wikimedia Commons

- en « P » Classification : FA paroxystique : réduction spontanée en < 7 jours
- FA paroxystique récidivante : récidives entrecoupées d’épisodes en rythme sinusal avec réduction spontanée
- FA persistante : réduction spontanée > 7 jours ou suite à une réduction médicamenteuse ou électrique
- FA permanente : si tentative de réduction non envisagée ou en cas d’échec → FA acceptée
Wikimedia Commons

- FA premier épisode : pas encore classable
- Formes : FA valvulaire : chez un patient avec prothèse valvulaire mécanique ou avec rétrécissement mitral rhumatismal
- FA isolée : absence de cardiopathie sous-jacente et aucune comorbidité
- FA silencieuse : découverte fortuite
Wikimedia Commons

- Maladie de l’oreillette : syndrome tachy-bradycardie : FA paroxystique + dysfonction sinusale
- Hypokaliémie, hypomagnésémie, hypovolémie (cause fréquente en réanimation), fièvre
- Privation de sommeil, réaction vagale, électrocution
- Alcool, substances illicites (cocaïne, amphétamines…), CO
Wikimedia Commons

- FA du système Déclenchant : végétatif
- Vagale = déclenchée par bradycardie : post-prandiale, nocturne
- Adrénergique = déclenchée par tachycardie : effort, stress, fièvre, douleur
- Iatrogène : sympathomimétique
Wikimedia Commons

- Direct : salbutamol, dopamine, dobutamine, isoprénaline, adré/noradrénaline
- Indirect : éphédrine, théophylline, amphétamines
- Prédisposant
- Âge : principal facteur prédisposant
Wikimedia Commons

- Obésité, diabète, tabagisme, consommation excessive d’alcool, SAS, hyperthyroïdie
- Sports de grande endurance : marathon
- Étiologies Causes (par fréquence décroissante) : HTA : souvent avec HVG, notamment chez le sujet âgé
- Valvulopathies : surtout mitrales (précoce, tournant évolutif à haut risque embolique). Parfois : .
Wikimedia Commons

- Aortique : FA plus rare, risque embolique élevé .
- Tricuspide : souvent des poly-valvulopathies rhumatismales très emboligènes .
- Prothèse valvulaire : ↑ du risque de FA et d’AVC ischémique liée à la FA
- Maladies respiratoires : SAS, pneumopathies infectieuses, EP, cœur pulmonaire chronique
Wikimedia Commons

- Cardiomyopathies : dilatée, hypertrophique (CMH), restrictive, constrictive, ischémique
- SCA surtout compliqué d’IVG, et séquelles d’infarctus
- Hyperthyroïdie (cardiothyréose)
- Péricardites avec ou sans épanchement
Wikimedia Commons

- Chirurgie cardiaque récente : 30% après remplacement valvulaire, pontages…
- Cardiopathies congénitales : surtout CIA
- Phéochromocytome (très rare)
- Insuffisance rénale sévère
Wikimedia Commons

- Myocardite, tumeur de l’OG ou de l’OD…
- FA idiopathique : (5% des cas)
- Diagnostic d’exclusion: jeune, Ø antécédent, bien toléré, faible risque embolique
- Souvent substratum génétique : sur-risque de 40% si apparenté au 1er degré
Wikimedia Commons

- SF : Longtemps asymptomatique ou seulement responsable de signes intermittents
- Palpitations : rapide, irrégulier ou désordonné
- Dyspnée d’effort, angor fonctionnel, asthénie inexpliquée
- Parfois plus trompeur : lipothymies, chutes inexpliquées (personnes âgées), incapacité à faire un effort, impression de cœur « trop lent », accès de « faiblesse », bouffées de chaleur, OMI
Wikimedia Commons

- Syncope rare → évoquer : - FA à réponse ventriculaire rapide (faisceau accessoire : WPW…)
- FA alternant avec un trouble conductif : maladie de l’oreillette, BAV3
- Dysfonction ventriculaire gauche systolique très sévère
- Complication : embolique (AVC/AIT, ischémie aiguë de membre…), insuffisance cardiaque
Wikimedia Commons

- SC
- Rythme cardiaque irrégulier à 120-180/min
- Pouls d’amplitude variable, d’autant plus faible que la diastole précédente est brève
- Tolérance : FC, PA, diurèse, FR, conscience
Wikimedia Commons
Classification de la FA

- Diagnostic ECG : Forme habituelle (diagnostic facile) : cause quasi-exclusive de tachycardie irrégulière à QRS fins
- Forme atypique : - FA + BAV 3 = FA lente régulière
- FA à grosses mailles : à ne pas confondre avec le flutter atrial
- FA + bloc de branche = FA àQRS larges
Wikimedia Commons

- Activité auriculaire : absence d’onde P sinusale → trémulation polymorphe de la ligne de base, très rapide (400-600/min), d’amplitude variable, mieux vue en D2-D3-aVF (positive)
- Peut faire suite ou s’associer à un flutter atrial commun ou atypique
- Activité ventriculaire : rythme irrégulier (intervalles RR inégaux), rapide (120-180/min : ↓ par bradycardisant, BAV ou FA chronique ancienne), QRS fins
- Systématique
Wikimedia Commons

- Bio : iono, créat, TSH, NFS, bilan hépatique
- RP de face : recherché de cardiomégalie, dilatation de l’OG, anomalie du parenchyme pulmonaire
- ETT : cardiopathie, valvulopathie, dimension des cavités, HVG, FEVG, fonction diastolique, PAPS
- Bilan Selon le contexte : ETO = recherché de thrombus de l’oreillette ou de l’auricule gauche : systématique en cas d’embolie artérielle ou de tentative de réduction de FA sans anticoagulation préalable ou avant procédure d’ablation endocavitaire d’ACFA
Wikimedia Commons

- Holter-ECG : - Recherché de salves de FA (si ECG normal) ou d’épisodes de bradycardie (BSA, BAV)
- Évaluation (facultatif) : fréquence des salves de FA sous traitement
- Interrogation du PM/DAI : suspicion de FA non encore documentée (bilan d’AVC…)
- Test effort : en cas de FA induite par l’effort
Wikimedia Commons

- Explorations plus poussées : AMT/MAPA pour l’HTA, polygraphie ventilatoire pour le SAS…
- FA isolée à cœur normal : Quinquagénaire se plaignant de palpitations, angor fonctionnel ou dyspnée d’effort
- Examens : parfois Holter, ETT normale, exclure HTA/SAS
- Le plus souvent FA paroxystique qui évolue en quelques mois ou années vers une FA persistante
Wikimedia Commons

- Anticoagulants : risque embolique faible → pas de prise au long cours si CHA2DS2-VASc nul
- Anti-arythmique : Flécaïnide en 1ère intention
- IC révélée ou aggravée par la FA : Cardiopathie : ischémique, dilatée à coronaires saines, parfois hypertensive ou valvulaire
- OAP ou décompensation cardiaque dont la FA est cause ou conséquence, souvent persistante
Wikimedia Commons

- Cardioversion en général différée le temps d’une anticoagulation efficace, usage de Digoxine IV (si kaliémie normale) souvent nécessaire pour contrôler la fréquence ventriculaire dans l’attente
- Anticoagulants : risque embolique élevé → anticoagulants oraux en relais de l’HNF puis long cours
- Anti-arythmique : Amiodarone, en cas d’échec FA respectée avec usage de ß-bloquants
- Tableaux cliniques : FA valvulaire
Wikimedia Commons

- Typiquement FA sur prothèse mécanique mitrale : s’assurer de l’absence de thrombose de valve
- Anticoagulants : risque embolique élevé → AVK au long cours
- Contrôle de fréquence (maintien sinusal difficile à cause de la dilatation atriale)
- Embolie artérielle systémique : Le plus souvent cérébrale : embolie brutale sylvienne superficielle gauche chez une femme âgée avec facteurs de risque emboliques (HTA mal équilibrée, diabète), souvent révélatrice de la FA
Wikimedia Commons

- En aigu : UNV, discussion de thrombolyse/thromboaspiration
- Anticoagulants : pas en aigu (risque de transformation hémorragique) mais au long cours ensuite
- Maladie de l’oreillette : Alternance d’épisodes d’hyperexcitabilité auriculaire (ESA, FA, flutter, tachysystolie) et de bradycardie par dysfonction sinusale (bradycardie sinusale, BSA), le plus souvent sur FA ancienne
- Asymptomatique ou lipothymies/syncopes chez le sujet âgé → PM souvent nécessaire
Wikimedia Commons

- FdR indépendant d’AVC ischémique : risque x 15 si FA valvulaire ou risque x 5 si non valvulaire
- Embolie cérébrale (2/3, essentiellement sylvienne) : AVC généralement massif, ↑ décès/séquelles
- 2 moments propices : induction et réduction de la FA
- Risque embolique : - FA valvulaire = risque embolique très élevé
Wikimedia Commons

- FA non valvulaire : selon score CHA2DS2-VASc et thrombus auriculaire à l’ETO → FA paroxystique récurrente et persistante ont le même risque embolique que la FA permanente
- Embolie Score CHA2DS2 : VASc
- Congestion : IC clinique ou FEVG ≤ 40% +1
- HTA traitée ou non, équilibrée ou non +1
Wikimedia Commons

- Age ≥ 75 ans +2
- Diabète traité ou non, équilibré ou non +1
- Stroke (AVC) ou embolie artérielle +2
Wikimedia Commons

- Vasculaire = athérosclérose (AOMI, IDM, ou troncs cérébraux) +1
- Age de 65 à 74 ans +1
- Sexe catégorie : sexe féminin +1 → Score/9 : risque 1%/an si 0, 18%/an si 9
Wikimedia Commons
Étiologies de la FA

- CAT selon le risque : Risque faible (score à 0 chez homme, à 1 chez femme) : aucune anticoagulation
- Risque intermédiaire (1 chez homme, 2 chez femme) : cas par cas, score HAS-BLED/ABC
- Risque élevé (FA valvulaire, score ≥ 2 chez homme ou 3 chez femme) : anticoagulation
- Insuffisance Complications : cardiaque
Wikimedia Commons

- Perte de systole auriculaire ( ↓ de 30-40% le débit cardiaque) et tachycardie ( ↓ durée de diastole)
- Dyspnée, asthénie d’effort, insuffisance cardiaque globale, OAP brutal, choc cardiogénique
- Récidive
- 30 à 60% sous antiarythmique, jusqu’au passage en FA permanente (en moyenne après 3 ans)
Wikimedia Commons

- Récidive à 1 an : 80% sans antiarythmique, 50% sous antiarythmique
- Cardiopathie : rythmique
- Cardiomyopathie dilatée : non spécifique, conséquence d’une FA rapide, non ralentie et prolongée
- Parfois réversible après traitement ou réduction de la FA
Wikimedia Commons

- Antiarythmique ou bradycardisant : syncope, lipothymie, effets secondaires de l’amiodarone
- Anticoagulant : risquehémorragique (cérébro-méningé, digestif…), significativement ↑ si INR > 4 → ScoreHAS-BLED : risque hémorragique important si score ≥ 3
- Score Iatrogène HAS-BLED : HTA non contrôlée : PAS > 160 mmHg +1
- Anomalie rénale (créat > 200) ou hépatique (cirrhose, bilirubine > 2N, transa > 3N) +1 ou 2
Wikimedia Commons

- Stroke : antécédent d’AVC +1
- Bleeding : atcd/prédisposition de saignement +1
- INR Labile (< 60% dans la zone ciblé) +1
- Elderly : âge > 65 ans +1
Wikimedia Commons

- Drugs : antiagrégant/AINS, alcool +1 ou 2
- → Diminué le risque embolique de 60% : poursuivi au long cours si sujet à risque, même en cas de réduction de la FA
- Début : FA mal tolérée, nécessitant une hospitalisation : . HNF IV (rarement SC) à dose curative : ciblé TCA = 2-3. HBPM SC curatives souvent employées hors AMM. . Relai AVK précoce
- FA bien tolérée, non à haut risque, sans hospitalisation : introduction d’emblée d’AVK ou d’AOD
Wikimedia Commons

- FA valvulaire
- AVK au long cours
- FA non valvulaire : CHA2DS2-VASc ≥ 1 : AOD ou AVK (INR ciblé = 2-3) au long cours → Privilégier un AOD en 1ère intention ou en cas de gestion difficile des AVK ou d’INR labile
- CHA2DS2-VASc = 0 ou FA isolée < 65 ans chez la femme : aucun traitement au long cours
Wikimedia Commons

- Au long cours : Fermeture de l’auricule gauche : alternative possible en cas de contre-indication aux anticoagulants
- Modalités : dispositif inséré par voie percutanée par cathétérisme trans-septal (cloison atriale)
- Indication : FA non valvulaire, à haut risque thromboembolique (CHA2DS2-VASc ≥ 4) et avec CI formelle et permanente aux anticoagulants, validée par un comité pluridisciplinaire
- Idéalement poursuite d’anticoagulant 6 semaines après puis AAP au long cours, à adapter selon CI
Wikimedia Commons
Diagnostic de la FA (ECG, bilan)

- `TTT antithrombotique AOD : Selon ciblé: - Anti-IIa: dabigatran(Pradaxa®) - Anti-Xa: rivaroxaban(Xarelto®),apixaban(Eliquis®), edoxaban
- Avantages : - Prise orale, efficacité rapide (3h), demi-vie courte, sans surveillance biologique
- Sans interaction alimentaire, peu d’interaction médicamenteuse
- Même efficacité et meilleure tolérance que les AVK
Wikimedia Commons

- Inconvénients : aucun monitoring possible de l’activité anticoagulante, non indiqué si FA valvulaire
- Situation à risque : âge (dose réduite), poids, relai AVK, AAP, comorbidités, polymédication
- CI
- Insuffisance rénale sévère (DFG < 30 ml/min), insuffisance hépatique, saignement évolutif
Wikimedia Commons

- AVK
- Fluindione (Previscan®), warfarine (Coumadine®), acénocoumarol (Sintrom®)
- Ne plus introduire de Fluindione en raison d’un risque d'atteinte rénale immunoallergique (HAS)
- INR ciblé : - 2,5 (2-3) dans le cas général, 3-4,5 si valve mécanique mitrale ou valve à disque
Wikimedia Commons

- A préférer si : - Sujet jeune - FA secondaire à une cause corrigée et traitée
- Insuffisance cardiaque - FA symptomatique
- Après ≥ 3-4 semainesd’anticoagulation efficace sauf si datable < 24-48h (rare) ou ETO sans caillot OG
- Suivi d’une anticoagulation efficace pendant ≥ 4 semaines ± poursuivie selon le risque embolique
Wikimedia Commons

- Généralement cardioversion combinée : CEE après administration d’amiodarone les jours précédents
- Choc électrique externe (CEE) : Vérification : - Arrêt des digitaliques depuis 3 jours et sous anticoagulation efficace
- Permanence de la FA (ne pas choquer un rythme sinusal)
- Vérification de la normalité de la kaliémie et de la TSH
Wikimedia Commons

- Procédure sous AG courte (5 minutes), synchronisé à l’ECG : 1er CEE à 150J en diphasique, répété à 200J puis à 300J si besoin
- RÉDUCTION : Médicament- Antiarythmique Ic (voire III)si aucune cardiopathie sous-jacente
- Amiodarone : dose de charge (30 mg/kg/j) à J1 ± demi-dose à J2 si FA non réduite
- Échec de réduction : FdR : FA ancienne > 6 mois, récidivante, ayant déjà résisté à la cardioversion, OG dilatée > 50-60 mm, absence de traitement préalable avec un anti-arythmique classe I ou III
Wikimedia Commons

- En cas d’échec : nouveau CEE après imprégnation par dose de charge d’amiodarone
- En cas d’échec de la réduction (2 tentatives) : FA accepté → ralentissement
- FdR de rechute : cardiopathie sous-jacente, IVG, âge, HTA, FA > 3 mois, taille de l’OG, valvulopathie
- Abstention
Wikimedia Commons

- 1er accès ou accès rares, bien tolérés, asymptomatiques, sans cardiopathie sous-jacente
- Facteur déclenchant curable identifié et traité (hypokaliémie, alcool…)
- Moyens associés : Traitement de la cardiopathie sous-jacente et des facteurs associés/comorbidités : .
- Corriger obésité/surpoids : viser perte de poids > 10% et/ou IMC < 27 kg/m2 chez l’obèse .
Wikimedia Commons

- Traiter l’HTA en visant PAS < 130 mm Hg, dépister et traiter le SAS
- Éviter les facteurs déclenchants : excitants (café, thé, alcool, tabac…)
- → Efficacité médiocre : à 1 an = 50% pour les classés Ia/Ic et 70% pour l’amiodarone
Wikimedia Commons
Complications FA : score CHA2DS2-VASc et embolie

- TT de la FA : Ia
- Hydroquinidine (Sérécor®) : peu utilisé
- EI : - Réaction idiosyncrasique (intolérance)
- ECG : ↑ PR, ↑ QT avec risque torsade de pointe
Wikimedia Commons

- Ic
- Flécaïnide (Flécaïne®) ou propafénone (Rythmol®)
- EI : hypotension, flutter atrial 1/1 (éviter association à βB), TV
- Anti-arythmique Prévention des récidives : III
Wikimedia Commons

- Sotalol (Sotalex®) : seul utilisable chez le patient coronarien (avec l’amiodarone) sans insuffisance cardiaque
- EI : β-bloquant, torsade de pointe
- Amiodarone
- Seul antiarythmique utilisable chez l’insuffisant cardiaque
Wikimedia Commons

- EI ++ : thyroïde, photosensibilisation, dépôts cornéen…
- Ablation
- Cautérisation des veines pulmonaires par radiofréquence (KT transseptal percutané)
- Indication : - FA non réductible invalidante après échec d’au moins 1 antiarythmique
Wikimedia Commons

- D’emblée : FA paroxystique récurrente symptomatique sur cœur sain
- En attente de cardioversion ou si échec de celle-ci = FA permanente acceptée :
- Sujet âgé > 75-80 ans - Contre-indication aux antiarythmiques - Durée FA > 2 ans
- RM serré, OG > 55 mm - Antécédent d’échec de la cardioversion électrique ou médicamenteuse
Wikimedia Commons

- Objectifs vérifiés au Holter : FC < 80/min au repos et < 110/min pour un effort modeste de marche 5 min
- FEVG normal
- β-bloquant : propranolol, métoprolol, bisoprolol
- Anticalcique bradycardisant si contre-indication aux β-bloquant : vérapamil, diltiazem
Wikimedia Commons

- Digoxine
- RALENTISSEMENT FEVG < 40% : β-bloquant de l’insuffisance cardiaque (en relai de la digoxine) : carvédilol, bisoprolol
- Digitalique (digoxine) : 1 ampoule IV toutes les 8h jusqu’à FC < 90/min puis relai oral → Demi-dose chez le sujet âgé > 75 ans ou insuffisant rénal, CI si CMH ou W-P-W
- Échec de ralentissement
Wikimedia Commons

- Associer les traitements, voire association d’amiodarone en dernière intention
- Si échec : ablation radiofréquence du NAV (BAV complet) quelques jours après pose de PM
- FA mal tolérée : En cas de choc, syncope, OAP massif ou douleur thoracique : CEE sous AG et anticoagulation
- TTT symptomatique : O2, ventilation, diurétique, dérivé nitré (éviter les sympathomimétiques)
Wikimedia Commons

- Ralentissement/freination (objectif de FC < 110/min) : uniquement par amiodaroneIV ± digoxine en cas d’instabilité hémodynamique ou d’insuffisance cardiaque
- FA bien tolérée : Ralentissement (objectif de FC < 110/min) : β-bloquant ou anticalcique bradycardisant en 1ère intention ± digoxine si insuffisant
- Possible prise en charge ambulatoire en l’absence de terrain à risque
Wikimedia Commons

- Réduction : - Rapide : absence de thrombus à l’ETO → cardioversion dans les 24h sous anticoagulant
- Longue : anticoagulation 3 semaines avec INR hebdomadaire avant cardioversion
- FA datable < 48h (rarement possible) : réduction rapide sans ETO nécessaire
Wikimedia Commons
Score HAS-BLED et risque hémorragique

- FA persistante Stratégie thérapeutique : Protocole rapide avec ETO → Systématique en cas de FA valvulaire
- Anticoagulant efficace : HNF ou HBPM avec relai AVK ou AOD si FA non valvulaire
- Ralentissement par digoxine si FA rapide
- ETO : . Absence de thrombus : cardioversion . Thrombus : anticoagulation x 3 semaines puis nouvelle ETO avant cardioversion
Wikimedia Commons

- Protocole long
- Anticoagulation efficace pendant 3 semaines : HBPM/HNF avec relai AVK ou dabigatran
- Ralentissement si FA rapide mal tolérée
- Imprégnation en amiodarone : 1 à 2 cp/j pendant 3 semaines avant la cardioversion
Wikimedia Commons

- Cardioversion (généralement électrique) → ETO non obligatoire
- Poursuivre l’anticoagulation oral à dose efficace pendant 1 mois, puis réadaptation selon CHADS
- Antiarythmique en prévention des récidives : possiblement évité après un 1er accès, mais souvent d’emblée (surtout si FA symptomatique ou cardiopathie sous-jacente)
- FA paroxystique récurrente : Anticoagulation selon le score CHADS et le risque hémorragique
Wikimedia Commons

- Antiarythmique si accès de FA symptomatiques ou mal tolérés
- Ablation de FA si cœur sain ou échec du traitement antiarythmique
- FA permanente - Anticoagulation selon le score CHADS et le risque hémorragique
- Bradycardisant si FA rapide (choix selon la fonction systolique)
Wikimedia Commons

- Éducation : Anticoagulants : précautions alimentaires et suivi INR (AVK), interactions et prévention/signes d’alarme des hémorragies (AVK et AOD), suivi annuel de la fonction rénale (AOD), carnet, contraception
- Comorbidités/causes : HTA, surpoids, syndrome métabolique…
- Information sur la bénignité du pronostic (pas de mort subite) mais risque cérébral (embolique)
- Information sur les effets indésirables des traitements (amiodarone…)
Wikimedia Commons

- Hyperthyroïdie- Digitaliques moins efficaces que les β-bloquants (surtout non cardiosélectif)
- Réduction généralement spontanée lors du retour à l’euthyroïdie : cardioversion sinon
- Maladie auriculaire
- Prescription d’un antiarythmique après pose d’un pacemaker (si pauses sinusales symptomatiques en règle > 3 s ou bradycardie sinusale symptomatique non iatrogène en pratique < 50 bpm)
Wikimedia Commons

- FA vagale
- Préférer un antiarythmique atropinique (disopyramide = Rythmodan®) de classe Ia
- FA adrénergique- Préférer un antiarythmique à composante β-bloquante (β-bloquant, propafénone, sotalol)
Wikimedia Commons

- FA + WPW Cas particulier : FA avec réponse ventriculaire rapide → réduction par CEE en urgence sous AG
- Prévention : - Antiarythmique Ic ou amiodarone
- Ablation par radiofréquence de la voie accessoire
Wikimedia Commons

- β-bloquant, anticalcique et digitaliques contre-indiqués : risque de FV par conduction 1:1
- Indication d’antiagrégant plaquettaire : Antiagrégant plaquettaire au long cours : remplacé par une monothérapie par anticoagulant
- Après un SCA ou pose d’un stent : double antiagrégation plaquettaire + anticoagulation initiale (pendant 6 mois si bas risque hémorragique ou 1 mois ou non indiqué si haut risque hémorragique) puis un seul antiagrégant plaquettaire + anticoagulation jusqu’à 1 an (ou 6 mois si pose d’un stent hors SCA et risque hémorragique élevé), puis monothérapie par anticoagulant
Wikimedia Commons
Traitement antithrombotique FA (AOD, AVK)

- Anticoagulation : pilier du traitement de la FA, vise a prévenir le risque thromboembolique (AVC ischémique, embolie systémique) par stase sanguine dans l'oreillette/auricule gauche
- Décision d'anticoagulation guidée par le score CHA2DS2-VASc (risque thromboembolique) et le score HAS-BLED (risque hémorragique)
- FA valvulaire (prothèses mécaniques, rétrécissement mitral rhumatismal) : anticoagulation par AVK obligatoire au long cours, AOD contre-indiqués
- FA non valvulaire : CHA2DS2-VASc = 0 (homme) ou 1 (femme isolée) : pas d'anticoagulation au long cours
Wikimedia Commons

- CHA2DS2-VASc = 1 (homme) : anticoagulation a discuter au cas par cas selon le profil hémorragique (HAS-BLED)
- CHA2DS2-VASc >= 2 (homme) ou >= 3 (femme) : anticoagulation orale recommandée au long cours
- AOD (anticoagulants oraux directs) recommandés en 1ere intention dans la FA non valvulaire, sauf situations particulières
- Anti-IIa (inhibiteur direct de la thrombine) : dabigatran (Pradaxa(R)) 150 mg x2/j ou 110 mg x2/j si > 80 ans ou risque hémorragique
Wikimedia Commons

- Anti-Xa : rivaroxaban (Xarelto(R)) 20 mg/j, apixaban (Eliquis(R)) 5 mg x2/j, edoxaban (Lixiana(R)) 60 mg/j
- Adaptation posologique des AOD selon l'âge, le poids, la fonction rénale (clairance de la créatinine) et les interactions médicamenteuses
- Avantages des AOD : prise orale a dose fixe, délai d'action rapide (2-3h), demi-vie courte, pas de surveillance biologique systématique
- Avantages des AOD (suite) : peu d'interactions alimentaires, moins d'interactions médicamenteuses que les AVK, efficacité au moins egale et meilleure tolérance (notamment moins d'hémorragies intracrâniennes)
Wikimedia Commons

- Inconvénients des AOD : absence de test biologique de routine pour évaluer l'effet anticoagulant, observance thérapeutique cruciale (demi-vie courte = perte d'efficacité rapide en cas d'oubli)
- Contre-indications aux AOD : insuffisance rénale sévère (clairance < 15 ml/min, voire < 30 selon la molécule), FA valvulaire, grossesse
- AVK (antivitamines K) : fluindione (Previscan(R)), warfarine (Coumadine(R)), acenocoumarol (Sintrom(R))
- Ne plus introduire de fluindione en 1ere intention (risque d'atteinte rénale immuno-allergique, alerte HAS/ANSM)
Wikimedia Commons

- INR ciblé sous AVK : 2 a 3 dans le cas général de la FA non valvulaire
- INR ciblé élevé (3 a 4,5) si valve mécanique mitrale ou a disque, ou autres situations a très haut risque thromboembolique
- Surveillance INR : mensuelle au minimum une fois l'équilibre obtenu, plus rapprochée lors de l'instauration ou en cas de modification de traitement
- Éducation du patient sous AVK : carnet de surveillance, régularité de la prise, éviter les variations alimentaires brutales en vitamine K (légumes verts), interactions médicamenteuses nombreuses (antibiotiques, AINS...)
Wikimedia Commons

- Risque hémorragique sous AVK majoré si INR > 4-5, surveillance accrue chez le sujet age et l'insuffisant rénal
- AOD préféré a l'AVK en 1ere intention chez le patient naif de traitement ou en cas de difficulté a maintenir un INR dans la zone ciblé (INR labile)
- AVK préférés ou indiqués si FA valvulaire, insuffisance rénale sévère, ou interactions majeures avec les AOD
- Bilan pré-thérapeutique avant introduction d'un anticoagulant : NFS, bilan rénal (clairance), bilan hépatique, recherché de contre-indications (saignement actif, lésion a risque hémorragique)
Wikimedia Commons

- Anticoagulation et procedures invasives : gestion péri-opératoire selon le risque hémorragique de l'acte et le risque thromboembolique du patient
- AOD : arrêt 24 a 48h avant une chirurgie/procédure selon le risque hémorragique et la fonction rénale, sans relais par héparine en général
- AVK : relais par héparine (HBPM/HNF) en pré-opératoire si le risque thromboembolique est élevé et l'arrêt prolongé nécessaire
- Antidotes spécifiques : idarucizumab (Praxbind(R)) pour le dabigatran, andexanet alfa pour les anti-Xa (disponibilité limitée)
Wikimedia Commons

- Hémorragie sous AVK : vitamine K +/- complexé prothrombinique humain (CCP) selon la gravité du saignement et l'INR
- Fermeture percutanée de l'auricule gauche : alternative en cas de contre-indication formelle et permanente aux anticoagulants
- Modalités de fermeture de l'auricule : dispositif implanté par voie percutanée via cathétérisme trans-septal (ponction de la cloison inter-atriale)
- Indication de fermeture de l'auricule : FA non valvulaire a haut risque thromboembolique (CHA2DS2-VASc élevé) avec contre-indication formelle aux anticoagulants, décision en réunion pluridisciplinaire
Wikimedia Commons

- Après fermeture de l'auricule : poursuite d'un traitement antithrombotique transitoire (anticoagulant ou double antiagrégation) puis antiagrégant au long cours selon les équipes
- Anticoagulation et cardioversion : risque embolique maximal au moment de la cardioversion (remise en mouvement d'un éventuel thrombus auriculaire)
- Pas d'interruption de l'anticoagulation efficace lors d'une cardioversion programmée, y compris en cas de réduction spontanée
- FA et insuffisance rénale : adapter la posologie des AOD selon la clairance, privilégier l'apixaban en cas d'IRC modérée (données plus favorables)
Wikimedia Commons

- FA et sujet age (> 75-80 ans) : risque hémorragique accru mais bénéfice de l'anticoagulation maintenu si CHA2DS2-VASc élevé, adapter les doses (AOD a dose réduite)
- FA et antiagrégants plaquettaires : la double association anticoagulant + antiagrégant majoré le risque hémorragique, a limiter dans le temps et réserver aux indications validées (SCA récent, stent)
- Après un SCA ou la pose d'un stent chez un patient en FA : triple thérapie (anticoagulant + double antiagrégation) la plus courte possible, puis bithérapie (anticoagulant + 1 antiagrégant) jusqu'à 12 mois, puis anticoagulant seul
- Réévaluation régulière du rapport bénéfice/risque de l'anticoagulation : réévaluer CHA2DS2-VASc et HAS-BLED a chaque consultation, notamment après un événement intercurrent
Wikimedia Commons

- Score HAS-BLED élevé (>= 3) : ne contre-indiqué pas l'anticoagulation mais impose la correction des facteurs de risque hémorragique modifiables (HTA, AINS, alcool) et une surveillance renforcée
- AOD et grossesse/allaitement : contre-indiqués, recours aux héparines (HBPM) si anticoagulation nécessaire
- AOD et interactions majeures : inducteurs/inhibiteurs de la P-glycoprotéine et du CYP3A4 (certains antifongiques azoles, antirétroviraux, rifampicine, anticonvulsivants), a vérifier systématiquement
- Switch AVK vers AOD : possible après vérification de l'INR (en général en dessous d'un seuil défini selon la molécule, ex. INR < 2)
Wikimedia Commons

- Switch AOD vers AVK : chevauchement transitoire jusqu'à obtention d'un INR ciblé, du fait du délai d'action des AVK
- FA découverte fortuite (silencieuse) : meme indication d'anticoagulation selon le score CHA2DS2-VASc qu'une FA symptomatique
- Anticoagulation et risque de chute : la crainte de chute ne doit pas, a elle seule, contre-indiquer l'anticoagulation chez un patient a haut risque embolique
- Observance thérapeutique : enjeu majeur sous AOD du fait de la demi-vie courte (perte rapide de l'effet protecteur en cas d'oubli, contrairement aux AVK)
Wikimedia Commons

- Information du patient : port d'une carte de porteur d'anticoagulant, conduite a tenir en cas de saignement, de traumatisme ou de chirurgie urgente
- Bilan biologique de suivi sous AOD : contrôle annuel de la fonction rénale (et plus fréquent si IRC ou sujet age), pas de surveillance de l'activité anticoagulante en routine
- Cas du surdosage en AOD asymptomatique : surveillance, espacement ou suppression de la prise suivante selon la molécule et la fonction rénale
- Place des héparines (HBPM/HNF) : traitement transitoire (relais, péri-procédure, FA aiguë mal tolérée) avant relais par anticoagulant oral au long cours
Wikimedia Commons

- FA paroxystique ou persistante : meme risque embolique que la FA permanente pour un score CHA2DS2-VASc donne -> meme indication d'anticoagulation
- Anticoagulation a vie en cas de FA permanente acceptée avec CHA2DS2-VASc élevé, indépendamment du contrôle de la fréquence
- Anticoagulants et antalgiques : privilégier le paracétamol, éviter les AINS qui majorent le risque hémorragique digestif sous anticoagulant
Wikimedia Commons

- Surveillance spécifique du dabigatran en cas d'insuffisance rénale évolutive (élimination essentiellement rénale)
- Risque thromboembolique résiduel sous anticoagulation bien conduite : non nul, justifie la prévention des autres facteurs de risque vasculaire associés
- Cas particulier de la cardiopathie hypertrophique et de la FA : anticoagulation recommandée quel que soit le score CHA2DS2-VASc du fait du risque embolique intrinsèque
Wikimedia Commons

- Anticoagulation et endocardite infectieuse sur prothèse valvulaire en FA : maintien de l'anticoagulation efficace sauf complication hémorragique ou neurologique
- Réévaluation de l'indication d'anticoagulation a chaque modification du statut rythmique (passage en FA permanente, succès d'une ablation...)
- Objectif global : réduire la morbi-mortalité liée aux AVC ischémiques cardio-emboliques, première cause de handicap acquis de l'adulte en lien avec la FA
Wikimedia Commons
Cardioversion électrique externe (CEE)

- Cardioversion : restauration du rythme sinusal a partir d'une FA, par voie électrique (CEE) ou médicamenteuse (antiarythmiques)
- CEE = choc électrique synchronisé a l'ECG (délivre pendant la phase réfractaire ventriculaire, sur l'onde R) pour éviter de déclencher une fibrillation ventriculaire
- Indications de la CEE : FA mal tolérée hémodynamiquement (urgence) ou FA persistante chez un patient stable après préparation (programmée)
- CEE en urgence : FA avec choc, OAP massif, douleur thoracique ischémique ou syncope -> CEE sous anesthésie générale courte, sans délai
Wikimedia Commons

- CEE programmée : réalisée après anticoagulation efficace et vérification de l'absence de thrombus intra-auriculaire
- Deux protocoles de préparation a la CEE programmée : protocole rapide (avec ETO) et protocole long (sans ETO)
- Protocole rapide avec ETO : anticoagulation efficace par héparine (HNF/HBPM) avec relais AVK ou AOD, ETO pour rechercher un thrombus auriculaire
- ETO : absence de thrombus -> cardioversion possible ; présence de thrombus -> anticoagulation efficace 3 semaines puis nouvelle ETO avant cardioversion
Wikimedia Commons

- Protocole long (sans ETO) : anticoagulation efficace pendant au moins 3 semaines avant la cardioversion (délai nécessaire a la resorption d'un éventuel thrombus)
- Dans les deux protocoles : poursuite obligatoire de l'anticoagulation efficace pendant au moins 4 semaines après la cardioversion, quel que soit le résultat
- FA datant de moins de 48h (rarement certain en pratique) : cardioversion possible sans ETO ni anticoagulation préalable prolongée, mais anticoagulation a débuter avant le geste
- Verifications avant la CEE : arrêt des digitaliques depuis au moins 3 jours (risque de troubles du rythme ventriculaire post-choc sous digitalique)
Wikimedia Commons

- Verifications avant la CEE : normalité de la kaliémie (l'hypokaliémie favorisé les troubles du rythme post-choc) et de la fonction thyroïdienne (TSH)
- Vérification que le trouble du rythme est bien une FA persistante au moment du geste (ne pas choquer un patient revenu spontanément en rythme sinusal)
- Imprégnation par amiodarone dans les jours précédant la CEE : améliore le taux de succès de la cardioversion et réduit le risque de récidive précoce
- Procédure de CEE : réalisée sous anesthésie générale très courte (quelques minutes), patient a jeun, monitorage continu (ECG, SpO2, PA)
Wikimedia Commons

- Positionnement des électrodes : antéro-latérale (apex-sous-claviculaire droit) ou antéro-postérieure (sternum-omoplate gauche), cette dernière parfois plus efficace pour la FA
- Énergie delivree : choc synchronisé en mode biphasique, débutant généralement a 150 J, répété a 200 J puis a 300-360 J en cas d'échec
- Choc biphasique préférable au monophasique : meilleur taux de succès pour une énergie equivalente, moins de lésions cutanées
- Succès immédiat de la CEE : retour en rythme sinusal visible sur le scope, a confirmer par un ECG 12 dérivations
Wikimedia Commons

- Échec de la CEE (absence de retour en rythme sinusal après plusieurs chocs a énergie maximale) : envisager une nouvelle imprégnation en amiodarone puis nouvelle tentative
- Facteurs de risque d'échec de la CEE : FA ancienne (> 6 mois), FA récidivante ayant déjà resiste a une cardioversion, oreillette gauche très dilatée (> 50-60 mm), absence de traitement antiarythmique préalable
- En cas d'échec répété de la cardioversion (après 2 tentatives) : la FA est généralement acceptée, avec stratégie de contrôle de la fréquence
- Complications de la CEE : brûlures cutanées, troubles du rythme ventriculaire transitoires (notamment si hypokaliémie ou imprégnation digitalique), embolie systémique (rare si protocole respecté)
Wikimedia Commons

- Risque embolique de la cardioversion : maximal dans les jours suivant le retour en rythme sinusal (reprise de la contraction auriculaire mobilisant un thrombus résiduel)
- Après une CEE réussie : surveillance du rythme (risque de récidive précoce de FA, notamment dans les premières 24-48h)
- Facteurs de risque de récidive après cardioversion : cardiopathie sous-jacente non traitée, insuffisance ventriculaire gauche, age avancé, HTA, durée de FA > 3 mois, taille de l'oreillette gauche, valvulopathie associée
- Antiarythmique en prévention des récidives après cardioversion : a discuter selon le terrain (souvent indiqué d'emblée si cardiopathie sous-jacente ou FA symptomatique)
Wikimedia Commons

- Cardioversion médicamenteuse (alternative ou complément a la CEE) : antiarythmiques de classe Ic (flécaïnide, propafénone) si absence de cardiopathie sous-jacente
- Cardioversion médicamenteuse par amiodarone : seul antiarythmique utilisable chez l'insuffisant cardiaque ou le coronarien, dose de charge orale ou IV
- Stratégie 'pill in the pocket' : auto-administration d'un antiarythmique de classe Ic par le patient lors d'un épisode de FA paroxystique symptomatique, après validation hospitalière de la tolérance
- FA persistante avec stratégie de contrôle du rythme : la CEE est l'option de première intention, souvent associée a une imprégnation en amiodarone
Wikimedia Commons

- FA + WPW avec réponse ventriculaire rapide : CEE en urgence sous anesthésie générale, sans attendre, en raison du risque de fibrillation ventriculaire
- Contre-indications relatives a la cardioversion : thrombus intra-auriculaire non résolu, hyperthyroïdie non contrôlée, hypokaliémie non corrigée, imprégnation digitalique récente
- Cardioversion et grossesse : la CEE est possible et sûre chez la femme enceinte (faible énergie delivree au foetus), préférée aux antiarythmiques en cas de FA mal tolérée
- Information du patient avant une CEE programmée : modalités (anesthésie générale courte, hospitalisation ambulatoire possible), risques (échec, récidive, rares complications)
Wikimedia Commons

- Place de la CEE dans la stratégie globale : permet souvent un retour rapide en rythme sinusal mais ne traité pas la cause sous-jacente ni le risque de récidive
- CEE itérative : possible en cas de récidives, mais le bénéfice diminué avec le nombre de tentatives et la durée d'évolution de la FA
- Surveillance post-CEE immédiate : monitorage ECG pendant quelques heures, recherché de troubles de conduction (BAV) ou de bradycardie sinusale post-réduction (maladie de l'oreillette sous-jacente)
- CEE chez le porteur de pacemaker/défibrillateur : positionnement des électrodes a distance du boîtier, contrôle du dispositif après la procédure
Wikimedia Commons

- Choix entre cardioversion électrique et médicamenteuse : la CEE est plus rapide et plus efficace mais nécessite une anesthésie générale ; la cardioversion médicamenteuse évite l'AG mais est moins constamment efficace
- FA de découverte récente (< 48h), bien tolérée : cardioversion rapide (électrique ou médicamenteuse) possible sans ETO préalable, sous couverture anticoagulante
- Anticoagulation post-cardioversion : poursuite systématique au moins 4 semaines, puis réévaluation selon le score CHA2DS2-VASc (souvent poursuivie au long cours si score élevé)
- Échec de cardioversion électrique répétée associée a une oreillette gauche très dilatée : argument pour accepter la FA permanente plutôt que multiplier les tentatives
Wikimedia Commons

- CEE et troubles ioniques : l'hypokaliémie et l'hypomagnésémie favorisent les troubles du rythme ventriculaire post-choc, a corriger systématiquement avant la procédure
- CEE chez le patient sous AOD : pas de nécessite d'ETO si l'observance et la durée de traitement efficace sont documentees de façon fiable (au moins 3 semaines)
- Résultats a moyen terme : malgré un succès immédiat fréquent (> 90%), le taux de maintien en rythme sinusal a 1 an est limité (environ 50% sans antiarythmique, 70% sous amiodarone)
Wikimedia Commons

- Surveillance clinique après cardioversion : recherché de signes de récidive (palpitations, dyspnée), contrôle ECG lors des consultations de suivi
- Place de la cardioversion dans la maladie de l'oreillette : peut démasquer une dysfonction sinusale sous-jacente (bradycardie post-réduction), parfois révéler la nécessite d'un pacemaker
- Décision de cardioversion toujours prise en tenant compte du rapport bénéfice (amélioration symptomatique, hémodynamique) / risque (anesthésie, récidive, risque embolique)
Wikimedia Commons
Ablation par cathéter (isolation des veines pulmonaires)

- Principe de l'ablation de FA : isolation électrique des veines pulmonaires, foyers les plus fréquents de l'activité ectopique déclenchant la FA
- Technique de référence : isolation des veines pulmonaires par cathétérisme trans-septal, sous contrôle fluoroscopique et/ou cartographie electro-anatomique 3D
- Deux principales énergies utilisées : radiofréquence (ablation point par point autour des ostia des veines pulmonaires) et cryoablation (ballon refrigerant, isolation circonférentielle en un geste)
- Indication de 1ere intention : FA paroxystique symptomatique, récidivante, sur coeur sain ou avec cardiopathie minime, en cas d'échec ou d'intolérance a au moins un antiarythmique
Wikimedia Commons

- Indication possible d'emblée (avant antiarythmique) : FA paroxystique symptomatique chez un patient jeune avec coeur sain, selon le choix partagé avec le patient
- Indication dans la FA persistante : efficacité moindre que dans la FA paroxystique, geste souvent plus complexé (lésions complémentaires au-delà des veines pulmonaires)
- FA et insuffisance cardiaque a FEVG altérée : l'ablation peut être proposée en cas de cardiomyopathie rythmique suspectée, avec amélioration possible de la FEVG après restauration du rythme sinusal
- Bilan pre-procédure : ETT (recherché de cardiopathie, taille de l'oreillette gauche), scanner ou IRM cardiaque (anatomie des veines pulmonaires, recherché de thrombus)
Wikimedia Commons

- ETO pre-procédure : recherché systématique d'un thrombus de l'oreillette/auricule gauche avant le geste, du fait de la ponction trans-septale et des manipulations endocavitaires
- Anticoagulation efficace indispensable avant le geste (au moins 3 semaines), généralement poursuivie sans interruption (notamment sous AOD) pendant la procédure
- Déroulement : ponction veineuse fémorale, cathétérisme trans-septal pour acceder a l'oreillette gauche, cartographie electro-anatomique puis délivrance d'énergie autour des ostia des veines pulmonaires
- Objectif électrophysiologique : obtenir un bloc de conduction bidirectionnel complet entre les veines pulmonaires et le reste de l'oreillette gauche (isolation électrique)
Wikimedia Commons

- Lésions complémentaires possibles selon les cas : ligne de toit, isthme mitral, ablation de zones de fibrose (FA persistante, récidives)
- Complications principales : tamponnade péricardique (par perforation lors de la ponction trans-septale ou de l'ablation)
- Complications vasculaires au point de ponction : hématome, faux anévrisme, fistule artério-veineuse fémorale
- Complication rare mais grave : fistule atrio-oesophagienne (lésion thermique de l'oesophage adjacent a l'oreillette gauche), urgence diagnostiqué et thérapeutique
Wikimedia Commons

- Sténose des veines pulmonaires : complication tardive possible, surtout avec les anciennes techniques d'ablation focale intra-veineuse
- Risque thromboembolique péri-procédure : AVC/AIT par embolie de matériel thrombotique forme lors des manipulations endocavitaires, limité par l'anticoagulation continue
- Paralysie du nerf phrenique : complication spécifique de la cryoablation (proximité du nerf phrenique droit avec la veine pulmonaire supérieure droite), souvent transitoire
- Récidives précoces (< 3 mois, période dite de 'blanking period') : fréquentes, ne signent pas nécessairement un échec définitif de la procédure (inflammation post-ablation)
Wikimedia Commons

- Taux de succès a moyen terme : environ 70-80% sans récidive a 1 an pour la FA paroxystique après une procédure, taux plus faible dans la FA persistante
- Récidives tardives : souvent liées a une reconnexion électrique des veines pulmonaires, une nouvelle procédure d'ablation peut être proposée
- Anticoagulation post-procédure : poursuite systématique au moins 2 mois, puis réévaluation selon le score CHA2DS2-VASc indépendamment du succès apparent de l'ablation
- L'ablation n'est pas une alternative a l'anticoagulation chez les patients a haut risque thromboembolique : le risque embolique persiste meme en l'absence de récidive documentée
Wikimedia Commons

- Surveillance post-ablation : Holter-ECG répété a distance pour dépister les récidives asymptomatiques de FA
- Antiarythmiques après ablation : parfois poursuivis temporairement (1-3 mois) pour limiter les récidives précoces, puis arrêt selon l'évolution
- Place de l'ablation dans la stratégie globale : option de contrôle du rythme, a discuter avec le patient en tenant compte de la balance bénéfice/risque par rapport au traitement médicamenteux
- Ablation du noeud atrio-ventriculaire (distincte de l'isolation des veines pulmonaires) : stratégie de dernière intention en cas d'échec du contrôle de fréquence médicamenteux, nécessite la pose préalable d'un pacemaker (cree un BAV complet)
Wikimedia Commons

- Récidive de FA après ablation chez un patient déjà sous anticoagulation efficace : ne justifie pas l'arrêt de l'anticoagulation, qui dépend du score de risque embolique
- Réunion de concertation pluridisciplinaire (heart team / rythmologue) pour discuter l'indication d'ablation, notamment dans les formes complexes ou récidivantes
- Facteurs associés a un meilleur taux de succès de l'ablation : FA paroxystique de courte durée, oreillette gauche de taille normale, absence de cardiopathie structurelle sévère
- Éducation du patient avant ablation : information sur le taux de succès realiste (souvent nécessite de plusieurs procedures), les risques, et la nécessite de poursuivre l'anticoagulation
Wikimedia Commons
Contrôle de la fréquence ventriculaire dans la FA

- Contrôle de la fréquence (ralentissement) : stratégie thérapeutique visant a limiter la fréquence ventriculaire sans nécessairement restaurer le rythme sinusal
- Objectif de fréquence cardiaque : stratégie souple en 1ere intention -> FC de repos < 110/min, suffisante chez la majorité des patients asymptomatiques
- Objectif de fréquence strict (< 80/min au repos et < 110/min a l'effort modéré) : réservé aux patients restant symptomatiques sous stratégie souple, ou en cas de dysfonction VG
- Vérification de l'efficacité du contrôle de fréquence par Holter-ECG : FC moyenne sur 24h, FC maximale a l'effort, recherché de pauses
Wikimedia Commons

- Bêta-bloquants : traitement de 1ere intention du contrôle de fréquence, notamment bisoprolol, métoprolol, propranolol
- Inhibiteurs calciques bradycardisants (vérapamil, diltiazem) : alternative aux bêta-bloquants en l'absence de contre-indication, notamment si FEVG conservée
- Inhibiteurs calciques bradycardisants : contre-indiqués en cas d'insuffisance cardiaque a FEVG altérée (effet inotrope négatif)
- Digoxine : utile pour ralentir la fréquence ventriculaire au repos, mais peu efficace a l'effort (action vagale prédominante)
Wikimedia Commons

- Digoxine : intérêt particulier chez l'insuffisant cardiaque a FEVG altérée, en association ou en cas de contre-indication aux bêta-bloquants/inhibiteurs calciques
- Posologie digoxine : adaptation a la fonction rénale, demi-dose chez le sujet age (> 75 ans) ou insuffisant rénal, surveillance de la digoxinemie en cas de doute sur une intoxication
- FEVG altérée (< 40%) : bêta-bloquant de l'insuffisance cardiaque (bisoprolol, carvédilol, métoprolol) en 1ere intention, éventuellement associé a la digoxine
- FA + WPW (preexcitation visible sur l'ECG) : contre-indication formelle aux digitaliques, bêta-bloquants et inhibiteurs calciques bradycardisants (risque de conduction 1:1 par la voie accessoire et de fibrillation ventriculaire)
Wikimedia Commons

- FA + cardiomyopathie hypertrophique obstructive : prudence avec les inhibiteurs calciques et la digoxine (risque d'aggravation de l'obstruction ou interactions)
- Association de traitements bradycardisants : possible en cas d'échec d'une monothérapie (ex. bêta-bloquant + digoxine), en surveillant le risque de bradycardie excessive
- Échec du contrôle médicamenteux de la fréquence (FC restant élevée malgré une trithérapie bien conduite) : envisager l'ablation du noeud atrio-ventriculaire
- Ablation du noeud atrio-ventriculaire : cree un bloc atrio-ventriculaire complet définitif, nécessite la pose préalable (quelques jours avant) d'un pacemaker définitif
Wikimedia Commons

- Stratégie ablation du NAV + pacemaker : dernière intention, améliore les symptômes mais rend le patient définitivement dépendant du stimulateur
- Contrôle de fréquence en urgence (FA mal tolérée avec réponse ventriculaire rapide) : amiodarone IV +/- digoxine en cas d'instabilité hémodynamique ou d'insuffisance cardiaque
- FA bien tolérée avec fréquence rapide : bêta-bloquant ou inhibiteur calcique bradycardisant par voie orale en 1ere intention, +/- digoxine en complément si insuffisant
- Choix entre contrôle de fréquence et contrôle du rythme : décision individualisée selon l'âge, les symptômes, la cardiopathie sous-jacente et les préférences du patient
Wikimedia Commons

- Contrôle de fréquence souvent privilégié chez le sujet age, peu symptomatique, avec FA ancienne et oreillette gauche dilatée (faible chance de maintien du rythme sinusal)
- Surveillance de l'efficacité : réévaluation clinique (symptômes, tolérance a l'effort) et électrocardiographique (Holter) régulière
- Effets indésirables des bêta-bloquants : bradycardie excessive, bronchospasme (prudence chez l'asthmatique/BPCO), troubles de la conduction (BAV)
- Effets indésirables des inhibiteurs calciques bradycardisants : bradycardie, constipation (vérapamil), oedemes des membres inférieurs
Wikimedia Commons

- Effets indésirables de la digoxine : intoxication digitalique (nausées, troubles visuels, troubles du rythme ventriculaire), surtout en cas d'insuffisance rénale ou d'hypokaliémie
- Surveillance biologique sous digoxine : kaliémie (l'hypokaliémie potentialise la toxicité digitalique) et fonction rénale
- FA permanente acceptée : le contrôle de fréquence devient la stratégie de fond, associée a l'anticoagulation au long cours selon le score de risque
Wikimedia Commons

- Réévaluation périodique de la ciblé de fréquence : un objectif initialement souple peut devenir strict si apparition de symptômes ou de dysfonction ventriculaire
- Contrôle de fréquence chez la femme enceinte : bêta-bloquants cardioselectifs préférés, digoxine possible, inhibiteurs calciques utilisables avec prudence
- Interactions médicamenteuses a surveiller : association bêta-bloquant + inhibiteur calcique bradycardisant -> risque de bradycardie/BAV sévère, a éviter ou surveiller étroitement
Wikimedia Commons

- Place du test d'effort : utile pour vérifier l'adequation du contrôle de fréquence a l'effort chez un patient actif
- FA avec réponse ventriculaire lente spontanée (FA + BAV) : pas de traitement bradycardisant, évaluation de la nécessite d'un pacemaker
- Objectif final du contrôle de fréquence : améliorer la tolérance fonctionnelle et prévenir la cardiomyopathie rythmique liée a une tachycardie chronique non contrôlée
Wikimedia Commons
Stratégie thérapeutique de la FA

- Stratégie globale de prise en charge de la FA : repose sur 4 piliers -> anticoagulation, contrôle de la fréquence, contrôle du rythme, traitement de la cardiopathie/des facteurs de risque sous-jacents
- 1er pilier - Anticoagulation : évaluation systématique du risque thromboembolique (CHA2DS2-VASc) et hémorragique (HAS-BLED) a chaque consultation
- 2e pilier - Contrôle de la fréquence : objectif minimal chez tous les patients en FA, quelle que soit la stratégie rythmique choisie
- 3e pilier - Contrôle du rythme : vise a restaurer et maintenir le rythme sinusal (cardioversion, antiarythmiques, ablation), proposé en fonction des symptômes
Wikimedia Commons

- 4e pilier - Traitement étiologique et des facteurs de risque cardiovasculaires : HTA, obésité, SAOS, diabète, consommation d'alcool -> réduisent la récidive de FA
- Choix entre contrôle du rythme et contrôle de la fréquence : pas de différence de mortalité démontrée entre les deux stratégies dans les grands essais randomisés
- Contrôle du rythme privilégié si : patient jeune, symptomatique malgré un contrôle de fréquence adéquat, FA récente, cardiopathie sous-jacente aggravée par la FA (cardiomyopathie rythmique)
- Contrôle de la fréquence privilégié si : patient age, peu symptomatique, FA ancienne, oreillette gauche très dilatée, comorbidités limitant la tolérance des antiarythmiques
Wikimedia Commons

- FA premier épisode, bien tolérée, a coeur sain : abstention thérapeutique rythmique possible si facteur déclenchant identifié et corrigé (hypokaliémie, alcool, fièvre...)
- FA isolée a coeur normal : bilan minimal (Holter, ETT normale), exclusion d'une HTA ou d'un SAOS non traités, évolution fréquente vers la FA persistante en quelques années
- FA paroxystique récurrente symptomatique : antiarythmique de prévention des récidives +/- ablation selon la fréquence des épisodes et l'impact sur la qualité de vie
- FA revelant ou aggravant une insuffisance cardiaque : traitement de la cardiopathie sous-jacente (ischémique, dilatée, hypertensive ou valvulaire) en parallèle de la prise en charge rythmique
Wikimedia Commons

- Cardioversion généralement différée dans l'insuffisance cardiaque le temps d'obtenir une anticoagulation efficace, contrôle de fréquence par digoxine IV en attendant si nécessaire
- FA valvulaire (typiquement sur prothèse mécanique mitrale) : vérifier en priorité l'absence de thrombose de valve, anticoagulation par AVK au long cours, contrôle de fréquence privilégié (maintien du rythme sinusal difficile du fait de la dilatation atriale)
- FA compliquée d'embolie artérielle systémique (le plus souvent cérébrale) : prise en charge en urgence de l'AVC (UNV, discussion de thrombolyse/thromboaspiration selon le délai)
- Anticoagulation après un AVC ischémique en lien avec une FA : non débutée en phase aiguë (risque de transformation hémorragique), introduite secondairement (délai variable selon la taille de l'infarctus cérébral)
Wikimedia Commons

- Maladie de l'oreillette (syndrome tachycardie-bradycardie) : alternance d'épisodes de FA/flutter/tachysystolie et de bradycardie sinusale, fréquente sur FA ancienne
- Maladie de l'oreillette symptomatique (lipothymies/syncopes chez le sujet age) : indication fréquente de pacemaker, permettant ensuite l'introduction d'un antiarythmique sans risque de bradycardie excessive
- Risque embolique selon le type de FA : FA valvulaire = risque très élevé quel que soit le score ; FA non valvulaire = risque selon le score CHA2DS2-VASc et la présence d'un thrombus a l'ETO
- FA paroxystique récurrente, persistante et permanente partagent le meme niveau de risque embolique pour un score CHA2DS2-VASc donne : l'anticoagulation ne dépend pas du caractère occasionnel de la FA
Wikimedia Commons

- FA persistante : stratégie de cardioversion (protocole rapide avec ETO ou protocole long) selon le contexte clinique et la disponibilité de l'ETO
- FA persistante avec stratégie de contrôle du rythme : imprégnation par amiodarone avant la cardioversion électrique pour améliorer le taux de succès et limiter les récidives précoces
- FA permanente acceptée : stratégie de contrôle de fréquence au long cours + anticoagulation selon le score, antiarythmiques généralement non indiqués
- Suivi a long terme : consultation régulière avec réévaluation des scores CHA2DS2-VASc/HAS-BLED, contrôle ECG, recherché de complications (insuffisance cardiaque, récidive, effets indésirables des traitements)
Wikimedia Commons

- Éducation thérapeutique : information sur les anticoagulants (précautions, signes d'alarme hémorragiques), sur la bénignité globale du pronostic rythmique (pas de risque de mort subite par la FA elle-même) mais sur le risque cérébral embolique
- Information sur les effets indésirables des antiarythmiques (notamment amiodarone : dysthyroïdie, photosensibilisation, dépôts corneens, toxicité pulmonaire et hépatique a long terme)
- Prise en charge des comorbidités : traitement de l'HTA (ciblé tensionnelle stricte), du syndrome d'apnees du sommeil, du diabète et du surpoids -> réduisent la charge en FA et les récidives
- Perte de poids chez le patient obèse en FA : un objectif de perte pondérale > 10% et/ou un IMC < 27 kg/m2 est associé a une réduction significative de la charge en FA
Wikimedia Commons

- Place de l'ablation dans la stratégie globale : option de contrôle du rythme a proposer en cas d'échec ou d'intolérance des antiarythmiques, ou d'emblée dans certaines FA paroxystiques sur coeur sain selon le choix du patient
- FA post-opératoire (après chirurgie cardiaque, ~30% des cas) : souvent transitoire, traitement symptomatique (contrôle de fréquence, anticoagulation transitoire), réévaluation a distance
- FA et hyperthyroïdie : traitement de la dysthyroïdie en priorité, la FA se réduit souvent spontanément au retour a l'euthyroidie, cardioversion si persistance
- FA vagale (déclenchée par bradycardie, contexte post-prandial/nocturne) : préférer un antiarythmique a action vagolytique (disopyramide, classe Ia)
Wikimedia Commons

- FA adrénergique (déclenchée par l'effort, le stress, la fièvre) : préférer un antiarythmique a composante bêta-bloquante (bêta-bloquant, propafénone, sotalol)
- Suivi des patients sous antiarythmique au long cours : surveillance de la tolérance (ECG : PR, QT), des effets indésirables spécifiques a chaque molécule, et de l'efficacité (fréquence des récidives)
- Réévaluation périodique de la stratégie : un patient initialement traité par contrôle de fréquence peut devenir candidat au contrôle du rythme (et inversement) selon l'évolution clinique
Wikimedia Commons

- Coordination pluriprofessionnelle : médecin generaliste, cardiologue, rythmologue, en lien avec le patient pour la décision partagée de la stratégie thérapeutique
- Objectifs globaux de la prise en charge : réduire la mortalité et la morbidité cardiovasculaire (notamment l'AVC), améliorer la qualité de vie et limiter les hospitalisations
- La FA est une maladie chronique évolutive : la stratégie thérapeutique doit être réévaluée régulièrement tout au long du suivi, en tenant compte de l'évolution de la cardiopathie sous-jacente et des comorbidités
Wikimedia Commons
FA et cas particuliers (WPW, valvulaire, vagale)

- FA et syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) : présence d'une voie accessoire de conduction atrio-ventriculaire pouvant conduire l'activité auriculaire anarchique de la FA directement aux ventricules
- FA + WPW = urgence : risque de conduction 1:1 par la voie accessoire avec fréquence ventriculaire très rapide, pouvant degenerer en fibrillation ventriculaire et mort subite
- ECG de la FA + WPW : tachycardie irrégulière a QRS larges et d'aspect variable (pré-excitation intermittente), pouvant être confondue avec une tachycardie ventriculaire polymorphe
- Traitement de la FA + WPW mal tolérée : cardioversion électrique externe en urgence sous anesthésie générale, sans délai
Wikimedia Commons

- Médicaments contre-indiqués dans la FA + WPW : bêta-bloquants, inhibiteurs calciques bradycardisants et digitaliques -> bloquent préférentiellement le noeud atrio-ventriculaire et favorisent la conduction par la voie accessoire (risque de fibrillation ventriculaire)
- Antiarythmiques utilisables dans la FA + WPW si cardioversion non immédiate : antiarythmiques de classe Ic (flécaïnide) ou amiodarone, qui ralentissent également la voie accessoire
- Traitement de fond de la FA + WPW : ablation par radiofréquence de la voie accessoire, traitement curatif de référence, supprime définitivement le risque
- Prévention secondaire après un épisode de FA + WPW mal toléré : indication formelle d'ablation de la voie accessoire, meme en l'absence de récidive de FA
Wikimedia Commons

- FA valvulaire : définie par la présence d'une prothèse valvulaire mécanique ou d'un rétrécissement mitral d'origine rhumatismale
- FA valvulaire = risque thromboembolique très élevé, indépendant du score CHA2DS2-VASc -> anticoagulation par AVK obligatoire et au long cours
- AOD formellement contre-indiqués dans la FA valvulaire (données défavorables, notamment sur prothèse mécanique mitrale)
- INR ciblé dans la FA sur valve mécanique mitrale ou a disque : élevé (3 a 4,5), plus strict que dans la FA non valvulaire
Wikimedia Commons

- FA sur prothèse valvulaire mécanique : toujours évoquer et éliminer une thrombose de valve devant une décompensation ou une modification du rythme
- FA sur rétrécissement mitral rhumatismal : souvent précoce dans l'évolution de la maladie, marqueur d'un tournant évolutif a haut risque embolique
- Contrôle de fréquence privilégié dans la FA valvulaire : le maintien du rythme sinusal est difficile du fait de la dilatation atriale chronique et de la maladie valvulaire sous-jacente
- FA et polyvalvulopathie rhumatismale (notamment atteinte tricuspide associée) : risque embolique particulièrement élevé
Wikimedia Commons

- FA vagale : déclenchée par une stimulation vagale (digestion, sommeil, période post-prandiale ou nocturne), typiquement chez un sujet jeune sans cardiopathie
- Mécanisme de la FA vagale : bradycardie sinusale préalable favorisant l'emergence de foyers ectopiques auriculaires
- Traitement spécifique de la FA vagale : antiarythmique a effet atropinique (anticholinergique), disopyramide (classe Ia) en 1ere intention
- A éviter dans la FA vagale : bêta-bloquants (effet bradycardisant qui peut favoriser le déclenchement vagal de la FA)
Wikimedia Commons

- FA adrénergique : déclenchée par une stimulation sympathique (effort physique, stress emotionnel, fièvre, douleur), typiquement en journée ou a l'effort
- Traitement spécifique de la FA adrénergique : antiarythmique a composante bêta-bloquante (bêta-bloquant seul, propafénone, sotalol)
- FA et insuffisance rénale sévère : facteur étiologique de FA (toxines uremiques, surcharge volémique, troubles ioniques) et facteur limitant le choix des anticoagulants (AOD souvent contre-indiqués ou a dose réduite)
- FA et hyperthyroïdie (cardiothyreose) : les digitaliques sont moins efficaces que les bêta-bloquants (notamment non cardioselectifs) pour le contrôle de fréquence dans ce contexte
Wikimedia Commons

- FA et hyperthyroïdie : la réduction de la FA est souvent spontanée au retour a l'euthyroidie ; une cardioversion peut être proposée en cas de persistance après normalisation thyroïdienne
- FA et syndrome d'apnees du sommeil (SAOS) : facteur de risque et de récidive de FA, le dépistage et le traitement du SAOS (PPC) améliorent le contrôle de la FA
- FA et grossesse : la cardioversion électrique est sûre pour le foetus (faible énergie delivree), préférée aux antiarythmiques en cas de mauvaise tolérance
Wikimedia Commons

- FA et chirurgie cardiaque (FA post-opératoire, environ 30% des cas) : facteur de risque transitoire, traitement symptomatique initial, réévaluation de la nécessite d'un traitement au long cours a distance
- FA chez le sujet jeune sans cardiopathie (FA idiopathique, environ 5% des cas) : diagnostic d'exclusion, souvent un terrain génétique avec un surrisque d'environ 40% si un apparenté au 1er degré est atteint
- FA et cardiomyopathie hypertrophique : risque embolique élevé justifiant une anticoagulation quel que soit le score CHA2DS2-VASc, prudence avec la digoxine et les inhibiteurs calciques
Wikimedia Commons

- FA et syndrome coronarien aigu : la gestion de l'anticoagulation et de l'antiagrégation doit être coordonnee (risque hémorragique de la trithérapie), durée de la trithérapie la plus courte possible
- FA et cardiopathie congénitale (notamment communication inter-auriculaire) : facteur de risque de FA, a rechercher systématiquement devant une FA chez un sujet jeune
- Dans tous les cas particuliers, l'évaluation du risque thromboembolique (et donc l'indication d'anticoagulation) reste prioritaire et ne doit pas être négligée au profit du seul traitement du trouble du rythme
Wikimedia Commons