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📈ECG de garde — reconnaître vite16 fiches
STEMI — sus-décalage du segment ST
#001

STEMI — sus-décalage du segment ST

  • Sus-décalage ST ≥ 1 mm (2 dérivations frontales contiguës) ou ≥ 2 mm (précordiales) : c'est un SCA ST+ jusqu'à preuve du contraire.
  • Chrono-dépendant : appeler le cardiologue de garde immédiatement, l'objectif est une reperfusion (angioplastie) en moins de 90-120 minutes.
  • Ne pas attendre la troponine pour agir — le diagnostic de SCA ST+ est électrique, pas biologique.
  • Piège fréquent : chercher le miroir (sous-décalage en dérivations opposées), il conforte le diagnostic mais son absence ne l'élimine pas.
NSTEMI — sous-décalage du segment ST
#002

NSTEMI — sous-décalage du segment ST

  • Sous-décalage ST ou négativation des ondes T sans sus-décalage : évoque une ischémie sous-endocardique.
  • Toujours coupler à la troponine (cinétique à H0-H1 ou H0-H3 selon le protocole du service) pour trancher SCA ST- vs angor instable.
  • Le risque n'est pas nul : un patient NSTEMI instable (douleur persistante, choc, arythmie) part en coronarographie en urgence comme un ST+.
  • Piège : un ECG normal n'élimine jamais un SCA — refaire le tracé si la douleur persiste ou se modifie.
Bloc de branche gauche complet
#003

Bloc de branche gauche complet

  • QRS large (>120ms), aspect empâté en D1/aVL/V6, sans onde Q septale : bloc de branche gauche complet.
  • Un BBG connu et ancien rend l'ECG ininterprétable pour le diagnostic de sus-décalage — utiliser les critères de Sgarbossa si suspicion de SCA.
  • Un BBG de novo dans un contexte de douleur thoracique est un équivalent ST+ : appeler le cardiologue sans attendre.
  • Toujours comparer à un ECG antérieur du dossier avant de conclure — c'est LE réflexe qui évite l'erreur.
Bloc de branche droit complet
#004

Bloc de branche droit complet

  • QRS large en RSR' (aspect « oreilles de lapin ») en V1-V2, onde S empâtée en V6 : bloc de branche droit complet.
  • Contrairement au BBG, le BBD ne masque pas le diagnostic de sus-décalage ST — un SCA reste analysable dessus.
  • Fréquent et souvent bénin chez le sujet jeune sans cardiopathie ; rechercher une cardiopathie sous-jacente s'il est associé à d'autres anomalies.
  • Un BBD de novo avec syncope ou douleur thoracique doit faire éliminer une embolie pulmonaire (cœur pulmonaire aigu).
BAV du 1er degré
#005

BAV du 1er degré

  • PR allongé (>200ms) mais chaque P est suivi d'un QRS : bloc auriculo-ventriculaire du 1er degré.
  • Généralement asymptomatique et sans conséquence — pas de traitement spécifique dans la grande majorité des cas.
  • Vérifier les médicaments bradycardisants en cours (bêta-bloquant, digoxine, amiodarone, inhibiteur calcique) : cause fréquente et réversible.
  • À surveiller si PR très long (>300ms) ou associé à un bloc de branche : risque de majoration vers un BAV de haut degré.
BAV 2e degré Mobitz I (Wenckebach)
#006

BAV 2e degré Mobitz I (Wenckebach)

  • Allongement progressif du PR jusqu'à une onde P bloquée (période de Luciani-Wenckebach) : Mobitz I, le plus souvent bénin.
  • Origine le plus souvent nodale (au niveau du nœud AV) — pronostic généralement favorable, rarement évolutif vers un BAV complet.
  • Pas de traitement en l'absence de symptômes ; surveiller si le patient est sous traitement bradycardisant à réévaluer.
  • À distinguer absolument du Mobitz II (PR fixe puis blocage brutal) qui, lui, est un vrai signal d'alarme.
BAV 2e degré Mobitz II
#007

BAV 2e degré Mobitz II

  • PR fixe puis une onde P bloquée sans allongement progressif préalable : Mobitz II, lésion infra-hisienne.
  • Risque élevé d'évolution brutale vers un BAV complet avec pause ventriculaire — bien plus préoccupant que le Mobitz I.
  • Indication à discuter rapidement avec le rythmologue : pose de pacemaker souvent nécessaire, même si le patient est peu symptomatique.
  • Surveillance scope obligatoire dans l'attente de l'avis spécialisé, ne pas laisser un Mobitz II sans monitorage.
BAV du 3e degré (complet)
#008

BAV du 3e degré (complet)

  • Dissociation complète entre ondes P et QRS (P et QRS à des fréquences indépendantes) : BAV du 3e degré, urgence rythmologique.
  • Le rythme d'échappement (jonctionnel ou ventriculaire, souvent lent et large) est ce qui maintient le patient en vie — ne jamais le négliger.
  • Isoprénaline ou entraînement électrosystolique externe/transveineux en attendant le pacemaker définitif si le patient est instable.
  • Éliminer une cause réversible avant d'indiquer un pacemaker définitif : hyperkaliémie, intoxication médicamenteuse, IDM inférieur aigu.
Fibrillation atriale
#009

Fibrillation atriale

  • Rythme irrégulièrement irrégulier, absence d'ondes P organisées, trémulation de la ligne de base : fibrillation atriale.
  • Deux questions à se poser immédiatement : le patient est-il stable hémodynamiquement ? Depuis quand (< ou > 48h) ?
  • Anticoagulation à évaluer systématiquement (score CHA2DS2-VASc) avant même de discuter contrôle du rythme ou de la fréquence.
  • Si FA rapide mal tolérée (hypotension, angor, OAP) : cardioversion électrique urgente, ne pas perdre de temps avec les anti-arythmiques.
Flutter atrial
#010

Flutter atrial

  • Activité atriale régulière en dents de scie (ondes F), typiquement à 300/min, conduction souvent 2:1 (fréquence ventriculaire ~150/min) : flutter atrial.
  • Une fréquence ventriculaire régulière à 150/min chez un patient jeune doit systématiquement faire évoquer un flutter avant une tachycardie sinusale.
  • Même risque thrombo-embolique que la FA : même logique d'anticoagulation, ne pas sous-estimer le flutter.
  • Le massage carotidien ou l'adénosine peuvent démasquer les ondes F en ralentissant la conduction AV — utile au diagnostic.
Tachycardie ventriculaire
#011

Tachycardie ventriculaire

  • Tachycardie régulière à QRS larges (>120ms) : à considérer comme une tachycardie ventriculaire jusqu'à preuve du contraire, surtout sur cœur pathologique.
  • Mal tolérée (hypotension, syncope, arrêt) → choc électrique externe synchronisé immédiat, ne pas perdre de temps en réflexion diagnostique.
  • Bien tolérée → amiodarone IV en première intention, tout en préparant le matériel de choc en cas de dégradation.
  • Ne jamais donner un traitement bradycardisant AV (vérapamil) sur une TV supposée à tort être supraventriculaire — risque de décompensation.
Fibrillation ventriculaire
#012

Fibrillation ventriculaire

  • Tracé anarchique, ondulations irrégulières sans QRS identifiables : fibrillation ventriculaire, arrêt cardio-circulatoire.
  • Choc électrique non synchronisé immédiat — c'est le seul rythme de l'arrêt cardiaque qui répond à la défibrillation.
  • RCP de haute qualité entre les chocs (compressions thoraciques continues, minimiser les interruptions) : c'est ce qui fait la différence pronostique.
  • Adrénaline toutes les 3-5 minutes selon l'algorithme, amiodarone après le 3e choc inefficace.
Torsades de pointes
#013

Torsades de pointes

  • Tachycardie ventriculaire polymorphe avec axe des QRS qui « tourne » autour de la ligne isoélectrique : torsades de pointes.
  • Rechercher systématiquement un QT long sous-jacent (congénital ou acquis) sur l'ECG de base une fois le patient stabilisé.
  • Traitement spécifique : sulfate de magnésium IV en première intention, même si la magnésémie est normale.
  • Corriger la cause : arrêter tout médicament allongeant le QT, corriger une hypokaliémie ou hypomagnésémie associée.
Hyperkaliémie
#014

Hyperkaliémie

  • Ondes T amples, pointues et symétriques puis élargissement du QRS à un stade avancé : évoque une hyperkaliémie sévère.
  • Urgence thérapeutique dès que l'ECG est modifié — ne pas attendre le ionogramme de confirmation pour débuter le traitement.
  • Gluconate de calcium IV en premier (stabilise la membrane, n'abaisse pas la kaliémie) puis insuline-glucose pour faire rentrer le potassium.
  • Un QRS très élargi qui se rapproche d'un aspect sinusoïdal est un signe pré-arrêt cardiaque : agir immédiatement.
Péricardite aiguë (ECG)
#015

Péricardite aiguë (ECG)

  • Sus-décalage ST diffus, concave vers le haut, non systématisé à un territoire coronaire, souvent associé à un sous-décalage du PQ : péricardite aiguë.
  • Contrairement au STEMI, pas de miroir et le sus-décalage touche plusieurs territoires vasculaires à la fois — c'est la clé diagnostique différentielle.
  • Toujours éliminer un épanchement associé (myopéricardite) par une échocardiographie avant de conclure à une péricardite isolée.
  • Traitement de première intention : AINS ou aspirine à forte dose + colchicine, à maintenir plusieurs semaines pour limiter les rechutes.
Wolff-Parkinson-White (onde delta)
#016

Wolff-Parkinson-White (onde delta)

  • PR court et empâtement du début du QRS (onde delta) : pré-excitation ventriculaire, syndrome de Wolff-Parkinson-White.
  • Risque spécifique : une FA chez un patient WPW peut se conduire très vite par le faisceau accessoire jusqu'à dégénérer en FV.
  • Contre-indication formelle en cas de FA sur WPW : les freinateurs du nœud AV (digoxine, vérapamil, bêta-bloquant IV) qui favorisent la conduction accessoire.
  • Traitement définitif : ablation par radiofréquence du faisceau accessoire, curative dans la grande majorité des cas.
🚨Urgences vitales cardio10 fiches
Dissection aortique
#017

Dissection aortique

  • Douleur thoracique brutale, maximale d'emblée, migratrice dans le dos : penser dissection aortique avant tout autre diagnostic.
  • Prendre la pression artérielle aux deux bras — une asymétrie est très évocatrice et doit alerter immédiatement.
  • Angioscanner thoraco-abdominal en urgence si le patient est stable ; ETO au lit si trop instable pour être transporté.
  • Objectif tensionnel immédiat : bêta-bloquant IV pour ramener la fréquence cardiaque et la PAS avant même le résultat de l'imagerie.
Tamponnade cardiaque
#018

Tamponnade cardiaque

  • Épanchement péricardique abondant avec collapsus diastolique des cavités droites à l'échographie : signe de tamponnade.
  • Triade de Beck (hypotension, turgescence jugulaire, assourdissement des bruits du cœur) : présente seulement dans une minorité des cas, ne pas s'y fier exclusivement.
  • Pouls paradoxal (chute de la PAS >10 mmHg à l'inspiration) est un signe clinique précieux à rechercher au lit du patient.
  • Ne jamais remplir aveuglément un patient en tamponnade sans discuter le drainage — c'est le drainage péricardique qui sauve, pas le remplissage seul.
Embolie pulmonaire
#019

Embolie pulmonaire

  • Défaut de rehaussement endoluminal (lacune) dans une artère pulmonaire au temps artériel : embolie pulmonaire confirmée à l'angioscanner.
  • Score de probabilité clinique (Wells ou Genève révisé) avant de prescrire l'examen — ne pas scanner tout le monde sans réflexion.
  • Rechercher les signes de gravité (dysfonction VD au scanner ou à l'échographie, hypotension) qui changent la prise en charge.
  • EP à haut risque (choc) = discussion de thrombolyse en urgence ; EP sans signe de gravité = anticoagulation seule, ambulatoire possible selon les scores.
Œdème aigu du poumon (radio thorax)
#020

Œdème aigu du poumon (radio thorax)

  • Cardiomégalie (rapport cardio-thoracique augmenté), redistribution vasculaire vers les sommets, lignes de Kerley B, épanchement pleural : tétrade radiologique de l'OAP.
  • Le rapport cardio-thoracique se mesure sur un cliché de face en inspiration — un cliché mal inspiré peut faussement simuler une cardiomégalie.
  • Traitement immédiat : position demi-assise, oxygénothérapie, diurétique de l'anse IV (furosémide), dérivés nitrés si PA le permet.
  • VNI à discuter précocement si détresse respiratoire — elle réduit le travail respiratoire et souvent évite l'intubation.
Massage cardiaque (RCP)
#021

Massage cardiaque (RCP)

  • Compressions thoraciques au centre du thorax, fréquence 100-120/min, profondeur 5-6 cm, en laissant le thorax se relâcher complètement entre deux compressions.
  • Minimiser les interruptions : chaque pause de compression fait chuter la pression de perfusion coronaire, qu'il faut ensuite reconstruire.
  • Alterner 30 compressions / 2 insufflations si pas de voie aérienne sécurisée ; compressions continues si intubé.
  • Relayer l'opérateur toutes les 2 minutes — la qualité des compressions se dégrade nettement après ce délai, même sans s'en rendre compte.
Défibrillateur externe automatisé
#022

Défibrillateur externe automatisé

  • Le défibrillateur automatisé externe analyse le rythme et ne délivre un choc que s'il détecte un rythme choquable (FV ou TV sans pouls).
  • Coller les électrodes sur peau sèche et nue, une sous-claviculaire droite, l'autre sur la ligne axillaire moyenne gauche.
  • S'écarter du patient (« Everyone clear ») avant l'analyse et avant le choc — vérifier visuellement que personne ne touche le patient.
  • Reprendre les compressions immédiatement après le choc, sans attendre de vérifier le pouls — la perte de temps ici est délétère.
Cardioversion électrique externe
#023

Cardioversion électrique externe

  • Choc synchronisé sur l'onde R (contrairement à la défibrillation) : utilisé pour les arythmies avec activité organisée (FA, flutter, TV avec pouls).
  • Vérifier systématiquement le mode « synchronisé » est activé sur l'appareil avant de délivrer le choc, sinon risque de choquer en période vulnérable.
  • Sédation courte avant le choc chez un patient conscient — la cardioversion est douloureuse.
  • Pour une FA >48h ou de durée inconnue : anticoagulation efficace ou ETO pour éliminer un thrombus auriculaire avant le choc, sous peine d'emboliser.
Choc cardiogénique — monitorage
#024

Choc cardiogénique — monitorage

  • Hypotension persistante avec signes d'hypoperfusion (marbrures, oligurie, confusion) malgré un remplissage adapté : évoquer un choc cardiogénique.
  • Monitorage rapproché indispensable (scope, PA invasive si besoin) pour guider la titration des traitements minute par minute.
  • Inotropes (dobutamine) plutôt que remplissage massif — le cœur défaillant ne tolère pas une surcharge volumique.
  • Rechercher et traiter la cause déclenchante en parallèle (SCA, trouble du rythme, valvulopathie aiguë) : traiter le symptôme ne suffit pas.
Pneumothorax (diagnostic différentiel)
#025

Pneumothorax (diagnostic différentiel)

  • Hyperclarté périphérique avasculaire avec ligne pleurale visible, absence de trame pulmonaire au-delà : signes radiologiques du pneumothorax.
  • Rechercher systématiquement des signes de gravité (déviation médiastinale, emphysème sous-cutané étendu) évoquant un pneumothorax sous tension.
  • Pneumothorax sous tension = urgence vitale : exsufflation à l'aiguille immédiate, ne pas attendre la confirmation radiologique si le tableau clinique est évocateur.
  • Diagnostic différentiel important d'une douleur thoracique aiguë à toujours garder en tête à côté du SCA, de l'EP et de la dissection aortique.
Rupture de paroi libre post-IDM
#026

Rupture de paroi libre post-IDM

  • Complication mécanique rare mais redoutable de l'infarctus, survenant classiquement entre J2 et J7 post-IDM.
  • Tableau brutal : douleur thoracique, choc, dissociation électromécanique ou tamponnade par hémopéricarde.
  • Échocardiographie en extrême urgence au lit du patient dès la suspicion — le diagnostic clinique seul ne suffit pas à confirmer.
  • Chirurgie cardiaque en urgence absolue si le patient est transportable — la mortalité sans traitement est quasi totale.
🩺Auscultation & examen clinique8 fiches
Auscultation cardiaque au stéthoscope
#027

Auscultation cardiaque au stéthoscope

  • Foyers systématiques : aortique (2e EIC droit), pulmonaire (2e EIC gauche), tricuspide (4e EIC gauche), mitral (pointe, 5e EIC gauche).
  • Toujours coupler l'auscultation à la palpation du pouls radial pour dater le souffle dans le cycle cardiaque (systole vs diastole).
  • Un souffle systolique éjectionnel qui irradie aux carotides oriente vers un rétrécissement aortique — corréler à la clinique (dyspnée, syncope d'effort).
  • Ne pas oublier l'auscultation pulmonaire dans le même temps : crépitants bilatéraux = argument fort pour une décompensation cardiaque.
Turgescence jugulaire
#028

Turgescence jugulaire

  • Onde de pouls jugulaire visible à 45°, avec ses composantes a, c, v : reflet indirect de la pression de l'oreillette droite.
  • Une turgescence jugulaire franche oriente vers une insuffisance cardiaque droite, une tamponnade ou une péricardite constrictive.
  • Onde a géante : évoque une résistance à l'éjection de l'oreillette droite (sténose tricuspide, HTAP) ; onde v géante : insuffisance tricuspide.
  • Toujours examiner le patient à 45°, tête tournée légèrement, lumière tangentielle — un mauvais positionnement rend l'examen ininterprétable.
Œdèmes des membres inférieurs
#029

Œdèmes des membres inférieurs

  • Œdèmes blancs, mous, prenant le godet, à prédominance déclive (chevilles en position debout, région sacrée en décubitus) : évoquent une insuffisance cardiaque droite.
  • Toujours vérifier la symétrie — un œdème unilatéral oriente plutôt vers une cause veineuse locale (TVP) que cardiaque.
  • Peser le patient quotidiennement en parallèle : une prise de poids rapide précède souvent l'aggravation clinique visible des œdèmes.
  • Rechercher les signes associés d'insuffisance cardiaque droite (turgescence jugulaire, reflux hépato-jugulaire, hépatomégalie) pour confirmer l'origine cardiaque.
Cyanose
#030

Cyanose

  • Coloration bleutée des téguments par excès d'hémoglobine désaturée — distinguer cyanose centrale (lèvres, langue) et périphérique (extrémités).
  • Cyanose centrale : cause cardiaque (shunt droit-gauche) ou respiratoire (hypoxémie sévère) à rechercher en priorité.
  • Cyanose périphérique isolée : évoque plutôt une vasoconstriction ou un bas débit local (froid, choc), sans hypoxémie artérielle vraie.
  • Toujours confirmer par la saturation en oxygène au doigt et corréler à une gazométrie artérielle si le doute persiste.
Hippocratisme digital
#031

Hippocratisme digital

  • Bombement de l'ongle avec disparition de l'angle unguéal (signe de Schamroth positif) : hippocratisme digital.
  • Chez le cardiaque, oriente vers une cardiopathie congénitale cyanogène évoluant depuis l'enfance ou une endocardite chronique.
  • Cause bien plus fréquente en pratique : pathologie pulmonaire chronique (cancer, fibrose, DDB) — à évoquer en premier chez l'adulte.
  • Signe d'installation lente (semaines à mois) : sa présence oriente vers une pathologie chronique, pas vers un tableau aigu.
Palpation du pouls périphérique
#032

Palpation du pouls périphérique

  • Palper systématiquement en bilatéral et comparatif (radial, fémoral) : une asymétrie franche doit faire évoquer une dissection aortique ou une artériopathie.
  • Apprécier la fréquence, la régularité et l'amplitude — un pouls irrégulièrement irrégulier oriente d'emblée vers une fibrillation atriale avant même l'ECG.
  • Pouls filant et rapide : évoque un bas débit (choc) ; pouls bondissant : insuffisance aortique ou état hyperkinétique (fièvre, anémie, hyperthyroïdie).
  • Toujours coupler à la prise de pression artérielle — le pouls seul ne remplace jamais la mesure tensionnelle.
Mesure de la pression artérielle
#033

Mesure de la pression artérielle

  • Brassard adapté à la circonférence du bras (trop petit = valeurs surestimées), patient au repos depuis 5 minutes, bras à hauteur du cœur.
  • Mesurer aux deux bras à la première consultation — une différence >20 mmHg oriente vers une atteinte artérielle asymétrique (dissection, sténose sous-clavière).
  • En situation d'urgence, répéter la mesure avant de conclure à une hypotension ou une poussée hypertensive isolée sur un seul chiffre.
  • Ne pas négliger la prise en orthostatisme chez le sujet âgé ou sous traitement antihypertenseur : dépister une hypotension orthostatique iatrogène.
Oxymétrie de pouls
#034

Oxymétrie de pouls

  • Oxymétrie de pouls : mesure non invasive rapide, mais nécessite un signal de bonne qualité (vérifier la courbe pléthysmographique, pas seulement le chiffre).
  • Se méfier des faux résultats : vernis à ongles, hypothermie périphérique, mauvaise perfusion locale peuvent fausser la mesure.
  • Une SpO2 normale n'élimine pas une embolie pulmonaire ni une anémie sévère — l'oxymétrie mesure la saturation, pas le contenu artériel en oxygène.
  • Toujours confronter au contexte clinique : une désaturation brutale chez un patient cardiaque doit faire chercher un OAP ou une EP avant tout autre diagnostic.
🖥️Imagerie cardiaque8 fiches
ETT — coupe parasternale grand axe
#035

ETT — coupe parasternale grand axe

  • Coupe de référence pour débuter tout examen : sonde en 3e-4e espace intercostal gauche, permet de voir VG, OG, valve mitrale et aortique dans le même plan.
  • Première coupe pour estimer visuellement la fonction systolique du VG et rechercher un épanchement péricardique.
  • Permet de mesurer les diamètres télédiastolique et télésystolique du VG ainsi que l'épaisseur pariétale.
  • Point de départ systématique avant de passer aux autres incidences (apicale, parasternale petit axe) — ne jamais la sauter par gain de temps.
ETT — coupe apicale 4 cavités
#036

ETT — coupe apicale 4 cavités

  • Coupe apicale montrant les 4 cavités simultanément : essentielle pour comparer visuellement la taille du VD à celle du VG.
  • Un VD dilaté, aussi grand ou plus grand que le VG, est un signe de gravité à rechercher systématiquement en cas de suspicion d'embolie pulmonaire.
  • Permet d'évaluer les deux valves atrio-ventriculaires (mitrale et tricuspide) et de rechercher une fuite au Doppler couleur.
  • Coupe de choix pour estimer la fonction systolique globale du VG par appréciation visuelle (méthode de Simpson pour une mesure précise).
Doppler couleur — fuite valvulaire
#037

Doppler couleur — fuite valvulaire

  • Le Doppler couleur code la direction et la vitesse du flux (rouge vers la sonde, bleu qui s'en éloigne) : indispensable pour visualiser une fuite valvulaire.
  • Une fuite (régurgitation) apparaît comme un jet turbulent, souvent mosaïqué, remontant dans la cavité en amont de la valve concernée.
  • La taille et l'extension du jet donnent une estimation semi-quantitative de la sévérité, à confirmer par les mesures Doppler continu/pulsé.
  • Ne pas confondre une fuite physiologique minime (fréquente sur valve mitrale/tricuspide chez le sujet sain) avec une fuite pathologique significative.
Coronarographie — sténose
#038

Coronarographie — sténose

  • Coronarographie : opacification directe des artères coronaires par cathéter, référence pour visualiser et quantifier une sténose.
  • Une sténose est considérée significative au-delà de 70% de réduction du diamètre (50% pour le tronc commun) — seuil qui guide la décision de revascularisation.
  • Toujours corréler l'imagerie à la clinique et à un test fonctionnel (FFR) en cas de sténose intermédiaire (50-70%), pas de décision sur l'image seule.
  • Examen invasif : voie d'abord radiale privilégiée aujourd'hui (moins de complications hémorragiques que la voie fémorale).
Angioplastie et stent coronaire
#039

Angioplastie et stent coronaire

  • Dilatation par ballonnet puis mise en place d'un stent (nu ou actif) pour maintenir la lumière artérielle ouverte après désobstruction.
  • Le stent actif (avec relargage de médicament antiprolifératif) réduit le risque de resténose par rapport au stent nu, au prix d'une double anti-agrégation plus longue.
  • Double anti-agrégation plaquettaire (aspirine + clopidogrel/ticagrelor/prasugrel) obligatoire après la pose — l'arrêt prématuré expose à la thrombose de stent.
  • Ne jamais arrêter la double anti-agrégation sans avis cardiologique, même avant un geste chirurgical programmé.
Coroscanner (scanner coronaire)
#040

Coroscanner (scanner coronaire)

  • Reconstruction 3D non invasive du réseau coronaire par scanner injecté : excellente valeur prédictive négative pour éliminer une coronaropathie.
  • Indiqué en première intention chez un patient à probabilité pré-test faible à intermédiaire de maladie coronaire.
  • Nécessite une fréquence cardiaque basse et régulière pour une qualité d'image optimale — bêta-bloquant parfois donné avant l'examen.
  • Ne remplace pas la coronarographie en cas de sténose confirmée nécessitant un geste thérapeutique dans le même temps.
IRM cardiaque — rehaussement tardif
#041

IRM cardiaque — rehaussement tardif

  • Le rehaussement tardif au gadolinium identifie la fibrose ou la nécrose myocardique — utile pour dater un infarctus ou explorer une myocardite.
  • Une prise de contraste sous-endocardique oriente vers une origine ischémique ; une prise médio-murale ou épicardique oriente vers une origine non ischémique.
  • Examen de référence pour quantifier précisément les volumes et la fonction ventriculaire, plus reproductible que l'échographie.
  • Utile aussi dans le bilan des cardiomyopathies (hypertrophique, dilatée) pour caractériser le tissu myocardique au-delà de la simple morphologie.
Échographie de stress
#042

Échographie de stress

  • Échographie couplée à un effort (vélo, tapis) ou à une stimulation pharmacologique (dobutamine) pour démasquer une ischémie non visible au repos.
  • Une zone qui devient hypokinétique ou akinétique à l'effort, alors qu'elle se contractait normalement au repos, signe une ischémie inductible.
  • Alternative utile chez les patients ne pouvant réaliser un effort physique (dobutamine) ou pour des raisons ECG rendant l'épreuve d'effort ininterprétable.
  • Surveillance ECG et tensionnelle continue pendant tout l'examen — arrêt immédiat en cas de douleur, chute tensionnelle ou trouble du rythme.
💊Médicaments cardio essentiels10 fiches
Aspirine
#043

Aspirine

  • Antiagrégant plaquettaire de référence, inhibition irréversible de la cyclo-oxygénase : dose de charge 150-300mg puis 75mg/j en entretien dans le SCA.
  • Effet indésirable principal à surveiller : risque hémorragique digestif, surtout en association avec un 2e antiagrégant ou un anticoagulant.
  • Contre-indication relative : ulcère gastroduodénal évolutif, allergie vraie à l'aspirine (rare mais à ne pas confondre avec une simple intolérance digestive).
  • Ne jamais l'arrêter brutalement chez un porteur de stent sans avis cardiologique — rebond thrombotique possible.
Antiagrégants (clopidogrel/ticagrelor)
#044

Antiagrégants (clopidogrel/ticagrelor)

  • Inhibiteurs du récepteur P2Y12, associés à l'aspirine (bithérapie) après SCA ou pose de stent : clopidogrel, ticagrelor, prasugrel selon le contexte.
  • Ticagrelor et prasugrel sont plus puissants et plus rapides d'action que le clopidogrel, au prix d'un risque hémorragique un peu supérieur.
  • Prasugrel contre-indiqué en cas d'antécédent d'AVC/AIT — vérifier systématiquement avant de le prescrire.
  • Durée de bithérapie généralement de 6 à 12 mois après SCA : ne jamais l'écourter sans concertation avec le cardiologue prescripteur.
Héparines (HBPM/HNF)
#045

Héparines (HBPM/HNF)

  • HNF (héparine non fractionnée) : action rapide, réversible par la protamine, surveillance par TCA — utile en péri-procédure ou insuffisance rénale sévère.
  • HBPM : demi-vie plus longue, pas de surveillance biologique systématique sauf situations particulières (insuffisance rénale, obésité, grossesse).
  • Adapter la dose au poids et à la fonction rénale (clairance) — une HBPM à dose curative est contre-indiquée si clairance très abaissée.
  • Surveiller les plaquettes (numération) sur la durée du traitement : dépister une thrombopénie induite à l'héparine (TIH), rare mais grave.
AVK (warfarine)
#046

AVK (warfarine)

  • Anticoagulants oraux à marge thérapeutique étroite, nécessitant une surveillance INR régulière (cible 2-3 dans la majorité des indications cardiologiques).
  • Nombreuses interactions médicamenteuses et alimentaires (vitamine K) : toute modification de traitement associé impose un contrôle rapproché de l'INR.
  • Restent l'anticoagulant de référence chez le porteur de valve mécanique — les AOD y sont formellement contre-indiqués.
  • En cas de surdosage symptomatique (hémorragie) : vitamine K et/ou CCP (concentré de complexe prothrombinique) selon la gravité.
Anticoagulants oraux directs (AOD)
#047

Anticoagulants oraux directs (AOD)

  • Anticoagulants oraux directs (apixaban, rivaroxaban, dabigatran...) : pas de surveillance biologique systématique, moins d'interactions que les AVK.
  • Adapter systématiquement la dose à la fonction rénale, au poids et à l'âge selon les critères propres à chaque molécule — ne pas prescrire une dose « standard » par défaut.
  • Contre-indiqués sur valve mécanique et dans la plupart des sténoses mitrales significatives — seuls les AVK sont validés dans ces indications.
  • Antidotes disponibles pour les urgences hémorragiques graves (idarucizumab pour le dabigatran, andexanet pour les anti-Xa) mais pas toujours accessibles immédiatement.
Bêta-bloquants
#048

Bêta-bloquants

  • Réduisent la fréquence cardiaque et la consommation myocardique en oxygène : pilier du traitement post-IDM et de l'insuffisance cardiaque à FE altérée.
  • Introduction à dose faible avec titration progressive sur plusieurs semaines dans l'insuffisance cardiaque — jamais de dose d'emblée maximale.
  • Contre-indications à vérifier avant prescription : asthme sévère non contrôlé, BAV de haut degré non appareillé, bradycardie symptomatique.
  • Ne jamais interrompre brutalement chez un coronarien : risque de rebond (tachycardie, poussée hypertensive, ischémie).
IEC / ARA2
#049

IEC / ARA2

  • Bloquent le système rénine-angiotensine : indication de fond dans l'insuffisance cardiaque à FE altérée, l'HTA et en post-IDM.
  • Surveiller la créatinine et la kaliémie 1-2 semaines après introduction ou changement de dose — une hyperkaliémie ou une insuffisance rénale aiguë doit faire réévaluer.
  • Toux sèche est l'effet indésirable classique de la classe : faire remplacer par un ARA2 (sartan) si mal tolérée, sans perdre le bénéfice de la classe thérapeutique.
  • Contre-indication formelle en cas de sténose bilatérale des artères rénales ou d'antécédent d'angio-œdème sous IEC.
Furosémide (diurétique de l'anse)
#050

Furosémide (diurétique de l'anse)

  • Diurétique de l'anse de référence dans la décompensation cardiaque aiguë : bloque la réabsorption de sodium dans la branche ascendante de Henlé.
  • Voie IV en aigu (résorption digestive imprévisible en cas de congestion intestinale), relais oral une fois l'état stabilisé.
  • Surveiller systématiquement le ionogramme (kaliémie, natrémie) et la fonction rénale sous traitement prolongé ou à forte dose.
  • Adapter la dose à la réponse clinique (diurèse, poids, dyspnée) plutôt qu'à un chiffre fixe — certains patients nécessitent des doses bien plus élevées que la dose usuelle.
Amiodarone
#051

Amiodarone

  • Anti-arythmique de classe III utilisé en première intention dans les tachycardies ventriculaires et la FA, y compris sur cardiopathie structurelle.
  • Délai d'action lent par voie orale (imprégnation sur plusieurs jours à semaines) — la dose de charge IV permet un effet plus rapide en urgence.
  • Toxicités à surveiller au long cours : thyroïde (hypo ou hyperthyroïdie), poumon (fibrose), foie, dépôts cornéens — bilan systématique avant et pendant le traitement.
  • De nombreuses interactions médicamenteuses (notamment avec les AVK, qu'elle potentialise) : toujours vérifier l'ordonnance complète avant d'introduire.
Catécholamines (noradrénaline/dobutamine)
#052

Catécholamines (noradrénaline/dobutamine)

  • Noradrénaline : vasoconstricteur de référence dans le choc, notamment cardiogénique et septique, administrée à la seringue électrique sur voie sécurisée.
  • Dobutamine : inotrope positif utilisé quand la priorité est d'augmenter le débit cardiaque plutôt que la pression artérielle seule.
  • Toujours administrer sur une voie veineuse fiable (idéalement centrale pour la noradrénaline prolongée) — l'extravasation périphérique expose à la nécrose cutanée.
  • Titration minute par minute selon la réponse tensionnelle et la perfusion périphérique, sous monitorage continu — jamais de dose fixe prolongée sans réévaluation.
🔧Gestes techniques & dispositifs11 fiches
Voie veineuse périphérique
#053

Voie veineuse périphérique

  • Geste de base à maîtriser dès la première année : asepsie cutanée, garrot, choix du calibre selon l'indication (gros calibre si remplissage/transfusion prévue).
  • Vérifier le reflux veineux avant de fixer le cathéter et de débuter la perfusion — un doute sur la position impose de retirer et recommencer.
  • Surveiller quotidiennement le point de ponction (rougeur, chaleur, douleur) : dépister précocement une veinite ou une extravasation.
  • Changer de site systématiquement selon le protocole du service (souvent 72-96h) pour limiter le risque infectieux.
Voie veineuse centrale
#054

Voie veineuse centrale

  • Abords possibles : jugulaire interne, sous-clavière, fémorale — le choix dépend de l'indication, de la coagulation et de l'expérience de l'opérateur.
  • Repérage échographique systématique aujourd'hui recommandé pour la ponction jugulaire/fémorale : réduit nettement le risque de ponction artérielle.
  • Toujours vérifier le bon positionnement par radiographie de thorax avant utilisation (voie jugulaire/sous-clavière) : éliminer un pneumothorax et confirmer la position de l'extrémité distale.
  • Complications à connaître et surveiller : pneumothorax, ponction artérielle, infection sur cathéter, thrombose veineuse.
Cathéter artériel
#055

Cathéter artériel

  • Permet une mesure continue et fiable de la pression artérielle ainsi que des prélèvements gazométriques répétés sans ponction itérative.
  • Test d'Allen avant une pose radiale pour vérifier la suppléance cubitale — geste simple à ne pas négliger.
  • Purger et rincer régulièrement le système pour éviter le thrombus et garder une courbe de pression interprétable.
  • Retirer dès que la surveillance rapprochée n'est plus nécessaire — chaque jour de cathéter augmente le risque infectieux et thrombotique.
Pacemaker définitif
#056

Pacemaker définitif

  • Indiqué principalement dans le BAV de haut degré symptomatique, la maladie de l'oreillette avec pauses, ou certains blocs de branche bifasciculaires symptomatiques.
  • Vérifier le mode de stimulation programmé (simple ou double chambre) sur le compte-rendu avant toute interprétation d'ECG chez un patient appareillé.
  • Une radiographie de thorax de contrôle après implantation élimine un pneumothorax et vérifie le bon positionnement des sondes.
  • Interroger systématiquement le boîtier lors du suivi (consultation dédiée) — ne jamais se fier uniquement à l'ECG de surface pour juger du bon fonctionnement.
Défibrillateur automatique implantable
#057

Défibrillateur automatique implantable

  • Défibrillateur automatique implantable : indiqué en prévention secondaire après un arrêt cardiaque récupéré ou une TV mal tolérée, ou en prévention primaire si FE très altérée.
  • Peut délivrer un choc interne en cas de TV/FV détectée — un patient qui rapporte un choc ressenti doit être adressé en urgence au centre implanteur.
  • Les chocs itératifs ou en salve (orage rythmique) constituent une urgence cardiologique à part entière, au-delà du simple événement électrique.
  • Précaution en cas de geste chirurgical avec bistouri électrique : faire désactiver la fonction de choc avant l'intervention pour éviter une inhibition ou un choc inapproprié.
Resynchronisation cardiaque (CRT)
#058

Resynchronisation cardiaque (CRT)

  • Resynchronisation cardiaque : stimulation biventriculaire indiquée dans l'insuffisance cardiaque à FE très altérée avec bloc de branche gauche large (QRS souvent >130-150ms).
  • Objectif : resynchroniser la contraction des deux ventricules pour améliorer la fraction d'éjection et les symptômes fonctionnels.
  • Répondeurs et non-répondeurs existent : environ 2/3 des patients bénéficient cliniquement, une réévaluation à distance est systématique.
  • Souvent associée à une fonction défibrillateur dans le même boîtier (CRT-D) chez les patients à haut risque rythmique.
Ponction péricardique (drainage)
#059

Ponction péricardique (drainage)

  • Indiquée en urgence devant une tamponnade, idéalement sous guidage échographique pour réduire le risque de plaie myocardique ou coronaire.
  • Voie sous-xiphoïdienne classique, aiguille dirigée vers l'épaule gauche en aspirant en continu jusqu'au retour de liquide.
  • Même un drainage minime (quelques dizaines de mL) peut suffire à lever une tamponnade et améliorer immédiatement l'hémodynamique.
  • Toujours envoyer le liquide en analyse (cytologie, biochimie, bactériologie) — le geste est aussi diagnostique, pas seulement thérapeutique.
Ballon de contre-pulsion intra-aortique
#060

Ballon de contre-pulsion intra-aortique

  • Ballon gonflé en diastole (augmente la perfusion coronaire) et dégonflé juste avant la systole (diminue la post-charge) : contre-pulsion intra-aortique.
  • Utilisé en soutien hémodynamique dans le choc cardiogénique, notamment en pont vers une revascularisation ou une assistance de plus longue durée.
  • Contre-indication formelle en cas d'insuffisance aortique significative ou de dissection aortique — le ballon aggraverait la situation.
  • Surveillance vasculaire rapprochée du membre porteur (pouls distaux, coloration) : risque d'ischémie du membre inférieur homolatéral.
ECMO
#061

ECMO

  • Assistance circulatoire et/ou respiratoire externe : ECMO veino-artérielle pour soutien hémodynamique, veino-veineuse pour soutien respiratoire pur.
  • Décision lourde nécessitant une équipe entraînée — à anticiper précocement dans les chocs réfractaires plutôt qu'en dernier recours désespéré.
  • Anticoagulation systémique nécessaire pour éviter la thrombose du circuit : équilibre permanent à trouver avec le risque hémorragique du patient.
  • Surveillance rapprochée du membre canulé (ischémie de jambe sous ECMO fémoro-fémorale) : un point souvent sous-estimé par les internes juniors.
Cathéter de Swan-Ganz
#062

Cathéter de Swan-Ganz

  • Cathéter artériel pulmonaire flotté à travers les cavités droites jusqu'à l'artère pulmonaire, mesurant pressions de remplissage et débit cardiaque.
  • Utilisation aujourd'hui plus ciblée qu'autrefois : cas complexes de choc mixte ou d'hypertension pulmonaire où le doute hémodynamique persiste après échographie.
  • Chaque position (OD, VD, AP, capillaire bloquée) a une courbe de pression caractéristique à savoir reconnaître pour valider le bon positionnement.
  • Retirer dès que l'information n'est plus indispensable à la décision thérapeutique — pas un monitorage de routine prolongé.
Cathétérisme cardiaque par voie fémorale
#063

Cathétérisme cardiaque par voie fémorale

  • Voie d'abord historique pour la coronarographie et l'angioplastie, encore utilisée quand la voie radiale n'est pas possible (calibre, pontage antérieur).
  • Compression manuelle ou système de fermeture vasculaire en fin de procédure — hémostase à surveiller étroitement dans les heures suivantes.
  • Surveillance systématique du pouls distal, de la coloration et de la température du membre après le geste : dépister précocement une complication vasculaire.
  • Repos au lit prolongé comparé à la voie radiale — un des arguments qui a fait préférer le radial en pratique courante aujourd'hui.
💧Insuffisance cardiaque au quotidien7 fiches
Dosage du BNP/NT-proBNP
#064

Dosage du BNP/NT-proBNP

  • Peptide natriurétique sécrété par le myocarde ventriculaire en réponse à l'étirement pariétal : marqueur de choix pour étayer ou écarter une insuffisance cardiaque.
  • Excellente valeur prédictive négative : un taux normal rend le diagnostic d'insuffisance cardiaque aiguë très improbable devant une dyspnée.
  • Interpréter avec prudence chez l'insuffisant rénal (taux faussement élevé) et chez l'obèse (taux faussement bas) — ne pas lire le chiffre hors contexte.
  • Utile aussi en suivi : une tendance à la baisse sous traitement est un argument de bonne réponse thérapeutique.
Surveillance du poids quotidien
#065

Surveillance du poids quotidien

  • Peser le patient chaque matin, dans les mêmes conditions (à jeun, même tenue, même balance) : le paramètre de surveillance le plus simple et le plus sensible.
  • Une prise de poids de plus de 2 kg en 3 jours doit alerter et faire réévaluer le traitement diurétique avant l'apparition des symptômes.
  • Éduquer le patient à l'autosurveillance de son poids dès la sortie d'hospitalisation — c'est souvent lui qui détectera la décompensation le plus tôt.
  • Toujours confronter le poids à l'examen clinique (œdèmes, auscultation pulmonaire) plutôt qu'au chiffre isolé.
Restriction hydrosodée
#066

Restriction hydrosodée

  • Restriction sodée modérée (autour de 6g de sel/jour) recommandée dans l'insuffisance cardiaque symptomatique — éviter les régimes trop stricts, mal tolérés et sans bénéfice net démontré.
  • Restriction hydrique surtout utile en cas d'hyponatrémie associée ou de décompensation sévère, pas systématique chez tout insuffisant cardiaque stable.
  • Éducation thérapeutique essentielle : repérer les aliments riches en sel caché (plats préparés, charcuterie, fromages) plutôt que de se limiter au sel de table.
  • Expliquer au patient le lien direct entre écart alimentaire et décompensation — c'est souvent le premier facteur déclenchant retrouvé à l'interrogatoire.
Bas de contention
#067

Bas de contention

  • Utiles pour limiter les œdèmes des membres inférieurs et prévenir la maladie thrombo-embolique chez le patient peu mobile.
  • Vérifier l'absence d'artériopathie oblitérante sévère avant prescription — la contention est contre-indiquée en cas d'ischémie critique du membre.
  • Choisir la classe de compression et la taille adaptées : une contention mal ajustée est inefficace, voire délétère (effet garrot).
  • Éduquer à la pose (le matin, avant le lever, sur peau sèche) — une mauvaise technique de pose limite fortement l'efficacité.
Titration des traitements (bêta-bloquant)
#068

Titration des traitements (bêta-bloquant)

  • Les 4 classes du traitement de fond de l'insuffisance cardiaque à FE altérée (bêta-bloquant, IEC/ARA2 ou ARNI, anti-aldostérone, iSGLT2) doivent être introduites et titrées progressivement.
  • Un pilulier ou plan de prise clair améliore l'observance — vérifier systématiquement l'adhérence réelle avant de conclure à un échec thérapeutique.
  • Titrer à la dose maximale tolérée, pas seulement à la dose « standard » — la sous-titration est une cause fréquente de mauvais contrôle.
  • Réévaluer tension, fréquence cardiaque, kaliémie et créatinine à chaque palier de titration avant d'augmenter la dose suivante.
Réadaptation cardiaque à l'effort
#069

Réadaptation cardiaque à l'effort

  • La réadaptation cardiaque à l'effort réduit la mortalité et améliore la qualité de vie — à proposer systématiquement après un événement coronarien ou une décompensation cardiaque.
  • Débutée progressivement sous surveillance, souvent avec une épreuve d'effort initiale pour définir l'intensité d'entraînement sécuritaire.
  • Freins fréquents à lever avec le patient : peur de « forcer sur le cœur », méconnaissance des bénéfices réels de l'activité physique adaptée.
  • Programme généralement pluridisciplinaire (cardiologue, kinésithérapeute, diététicien) associant réentraînement et éducation thérapeutique.
Ventilation non invasive (VNI)
#070

Ventilation non invasive (VNI)

  • Ventilation non invasive (CPAP ou VS-AI-PEP) à proposer précocement dans l'OAP avec détresse respiratoire, en association au traitement médical.
  • Réduit le travail respiratoire et la précharge/postcharge cardiaque — bénéfice hémodynamique en plus du bénéfice purement ventilatoire.
  • Contre-indications à vérifier avant de débuter : trouble de conscience non contrôlé, vomissements incoercibles, pneumothorax non drainé.
  • Surveillance rapprochée de la tolérance (masque, anxiété, fuites) — l'échec de la VNI impose de ne pas retarder l'intubation si elle devient nécessaire.
🔀Rythmologie pratique6 fiches
Holter ECG (enregistrement ambulatoire)
#071

Holter ECG (enregistrement ambulatoire)

  • Enregistrement ECG ambulatoire continu (typiquement 24-72h) : utile pour corréler des symptômes intermittents (palpitations, syncopes) à un trouble du rythme.
  • Demander au patient de tenir un journal des symptômes ressentis pendant le port — la corrélation symptôme/tracé est ce qui donne toute sa valeur à l'examen.
  • Un Holter normal n'élimine pas une arythmie paroxystique rare — discuter un enregistreur de plus longue durée (holter implantable) si les symptômes sont trop espacés.
  • Vérifier que le patient a eu une activité représentative de son quotidien pendant l'enregistrement, sinon l'examen perd de sa pertinence.
ECG d'effort
#072

ECG d'effort

  • Épreuve d'effort sur tapis ou vélo avec surveillance ECG et tensionnelle continue : recherche d'une ischémie myocardique inductible à l'effort.
  • Arrêt immédiat de l'épreuve si sous-décalage ST significatif, chute tensionnelle, trouble du rythme ventriculaire ou douleur thoracique franche.
  • Interprétation à toujours coupler à la probabilité clinique pré-test — un test positif chez un patient à faible risque garde une valeur prédictive limitée.
  • Contre-indications à vérifier avant de débuter : SCA récent non stabilisé, rétrécissement aortique serré symptomatique, trouble du rythme non contrôlé.
Massage sino-carotidien
#073

Massage sino-carotidien

  • Manœuvre vagale diagnostique et parfois thérapeutique : stimule le baroréflexe et ralentit transitoirement la conduction au nœud AV.
  • Toujours ausculter la carotide avant le geste et vérifier l'absence de souffle — contre-indiqué en cas de sténose carotidienne connue ou suspectée (risque d'AVC).
  • Réalisé un côté à la fois, jamais bilatéral simultané, sous monitorage ECG continu pour documenter l'effet.
  • Utile pour démasquer des ondes F de flutter ou ralentir une tachycardie jonctionnelle, parfois suffisant pour la faire céder.
Manœuvre de Valsalva
#074

Manœuvre de Valsalva

  • Expiration forcée glotte fermée : augmente la pression intrathoracique puis, au relâchement, stimule le baroréflexe — utilisée comme manœuvre vagale en cardiologie.
  • Première ligne à proposer devant une tachycardie jonctionnelle (TSV) bien tolérée, avant tout traitement médicamenteux.
  • La manœuvre de Valsalva modifiée (jambes surélevées pendant la phase de relâchement) a démontré une meilleure efficacité que la manœuvre classique.
  • Toujours réalisée sous monitorage ECG pour documenter l'effet et détecter une éventuelle pause significative.
Test d'inclinaison (tilt test)
#075

Test d'inclinaison (tilt test)

  • Test d'inclinaison prolongée (souvent 60-70°, 20-45 minutes) avec surveillance continue de la PA et de la fréquence cardiaque : exploration des syncopes d'origine réflexe.
  • Positif si reproduction des symptômes avec chute tensionnelle et/ou bradycardie, orientant vers une syncope vasovagale ou une hypotension orthostatique retardée.
  • Utile aussi dans le bilan du syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS), fréquent chez le sujet jeune.
  • Un test négatif n'élimine pas une origine réflexe — sa sensibilité reste imparfaite, à interpréter dans le contexte clinique global.
Holter implantable (loop recorder)
#076

Holter implantable (loop recorder)

  • Petit boîtier implanté en sous-cutané, enregistrement ECG en continu sur plusieurs années : indiqué pour les syncopes inexpliquées rares et espacées.
  • Le patient peut déclencher manuellement un enregistrement lors d'un symptôme, en plus de la détection automatique d'arythmie programmée.
  • Suivi à distance possible par télétransmission — les alertes arrivent directement à l'équipe de rythmologie sans attendre la consultation.
  • Examen de choix quand un Holter classique de courte durée est resté négatif malgré des symptômes évocateurs récidivants.
🏥Post-opératoire & soins intensifs5 fiches
Drain thoracique
#077

Drain thoracique

  • Indications principales : pneumothorax, épanchement pleural abondant ou mal toléré, drainage post-chirurgie thoracique/cardiaque.
  • Système en aspiration douce avec valve anti-retour (bocal type Bülau) : vérifier le bullage (fuite d'air) et l'oscillation du liquide à chaque relève.
  • Surveiller quotidiennement la quantité et l'aspect du liquide recueilli — une augmentation brutale et sanglante doit alerter.
  • Avant le retrait : clamper le drain et vérifier la tolérance clinique et radiologique, puis retirer en apnée expiratoire pour limiter le risque de pneumothorax.
Surveillance scope continue
#078

Surveillance scope continue

  • Monitorage continu ECG, fréquence cardiaque, PA (souvent non invasive), SpO2 : la base de la surveillance de tout patient instable ou à risque de l'être.
  • Régler les alarmes de façon pertinente pour le patient (pas des valeurs par défaut génériques) — des alarmes mal réglées sont autant ignorées qu'inutiles.
  • Ne jamais se fier au chiffre seul sans regarder la courbe (tracé ECG, courbe de SpO2) : un artefact de mouvement peut simuler une fausse alerte comme masquer un vrai problème.
  • Toute alarme doit conduire à réévaluer le patient au lit, pas seulement à couper le bruit de l'appareil.
Circulation extracorporelle (CEC)
#079

Circulation extracorporelle (CEC)

  • Circulation extracorporelle : prend en charge la fonction cardiaque et pulmonaire pendant la chirurgie cardiaque à cœur ouvert (pontage, valve).
  • Le cœur est arrêté chimiquement (cardioplégie) pendant que la CEC assure la circulation et l'oxygénation du sang du patient.
  • Anticoagulation systémique à haute dose obligatoire pendant toute la durée de la CEC pour éviter la coagulation du circuit.
  • Le sevrage de CEC en fin d'intervention est un moment critique, surveillé de très près pour s'assurer que le cœur reprend une fonction hémodynamique suffisante seul.
Ventilation mécanique post-opératoire
#080

Ventilation mécanique post-opératoire

  • Ventilation mécanique post-cardiochirurgie : réglages initiaux prudents, sevrage précoce dès que les critères hémodynamiques et respiratoires sont réunis.
  • Surveiller étroitement les paramètres hémodynamiques pendant la ventilation — la pression positive intrathoracique diminue le retour veineux et peut affecter le débit cardiaque.
  • Une sédation minimale nécessaire, réévaluée quotidiennement, favorise un sevrage ventilatoire plus rapide et réduit la durée de séjour en soins intensifs.
  • Anticiper l'extubation par des critères objectifs (éveil, hémodynamique stable, échanges gazeux satisfaisants) plutôt que par une durée fixe arbitraire.
Sevrage ventilatoire / extubation
#081

Sevrage ventilatoire / extubation

  • Vérifier les critères de sevrabilité avant toute tentative : patient éveillé et coopérant, hémodynamique stable, échanges gazeux satisfaisants sous faible assistance.
  • Préparer le matériel de réintubation à proximité systématiquement — anticiper l'échec plutôt que de le découvrir en urgence.
  • Surveiller étroitement dans l'heure suivant l'extubation : stridor, détresse respiratoire, désaturation peuvent imposer une réintubation rapide.
  • Chez le patient cardiaque, surveiller aussi la tolérance hémodynamique du passage en ventilation spontanée — la perte de la pression positive peut démasquer une décompensation.