#001

Pemphigus — clinique et diagnostic

Pemphigus superficiel : érosions post-bulleuses diffuses du thorax
Pemphigus superficiel : bulles fugaces et inconstantes, laissant place à des placards érosifs et croûteux ; pas d'atteinte muqueuse (contrairement au pemphigus vulgaire).

Capture de cours ECN (usage pédagogique)

  • Maladie bulleuse auto-immune par clivage intra-épidermique (acantholyse), lié à des auto-anticorps anti-substance intercellulaire (anti-desmogléine 1 et/ou 3).
  • Pemphigus vulgaire : atteinte muqueuse quasi constante et souvent inaugurale (érosions buccales douloureuses), bulles flasques à peau saine, signe de Nikolsky positif.
  • Pemphigus superficiel : bulles très fugaces (quasi jamais vues intactes), lésions squamo-croûteuses en zones séborrhéiques, pas d'atteinte muqueuse.
  • Diagnostic de confirmation : biopsie cutanée (clivage intra-épidermique acantholytique) + immunofluorescence directe (dépôts en résille/mailles IgG et C3 en intercellulaire) + anticorps anti-desmogléine par ELISA, corrélés à l'activité.
#002

Pemphigoïde bulleuse — terrain et clinique

Bulles tendues sur fond érythémateux et urticarien des membres
Pemphigoïde bulleuse : bulles tendues, à contenu clair, sur peau érythémateuse ou urticarienne, prédominant à la racine des membres.

Capture de cours ECN (usage pédagogique)

  • La plus fréquente des dermatoses bulleuses auto-immunes : terrain typique = sujet âgé (> 70-80 ans), souvent polypathologique, avec terrain de débilité (démence, maladie de Parkinson).
  • Clinique : prurit généralisé souvent inaugural (parfois isolé plusieurs semaines), puis bulles tendues à contenu clair sur peau érythémateuse/urticarienne, zones de flexion et racine des membres, atteinte muqueuse rare (< 20-30%).
  • Médicaments inducteurs classiques à rechercher : diurétiques épargnant le potassium (spironolactone), gliptines (antidiabétiques), et d'autres associations médicamenteuses décrites.
  • Diagnostic différentiel clinique important : gale (prurit + lésions eczématiformes chez le sujet âgé) avant la phase bulleuse franche — savoir y penser devant un prurit isolé du sujet âgé.
#003

Pemphigoïde bulleuse — diagnostic de confirmation

Biopsie cutanée : bulle sous-épidermique et immunofluorescence directe linéaire
Histologie : bulle sous-épidermique (décollement dermo-épidermique) ; IFD : dépôt linéaire d'IgG et de C3 le long de la jonction dermo-épidermique.

Capture de cours ECN (usage pédagogique)

  • Biopsie cutanée en peau péri-lésionnelle pour histologie standard : bulle sous-épidermique (clivage dermo-épidermique), infiltrat inflammatoire riche en éosinophiles.
  • Biopsie en peau péri-lésionnelle pour immunofluorescence directe (IFD) : dépôt linéaire d'IgG et/ou de C3 le long de la jonction dermo-épidermique (JDE) — examen clé du diagnostic.
  • Immunofluorescence indirecte (IFI) standard puis sur peau clivée : anticorps anti-membrane basale circulants, se fixant au toit de la zone de clivage (versant épidermique) — distingue la pemphigoïde d'autres dermatoses sous-épidermiques.
  • ELISA spécifique : anticorps anti-BP180 (BPAg2) et anti-BP230 (BPAg1), utiles au diagnostic et corrélés partiellement à l'activité de la maladie (BP180 surtout).
#004

Pemphigoïde bulleuse — pronostic et prise en charge

Points clés du pronostic et du traitement de la pemphigoïde bulleuse
Pronostic réservé (30-40% de mortalité à 1 an, lié au terrain) ; traitement de 1ère intention = corticothérapie locale ou générale avec décroissance très progressive sur 6 à 12 mois.

Capture de cours ECN (usage pédagogique)

  • Pronostic réservé : mortalité de 30 à 40% à 1 an, principalement liée au terrain (âge, comorbidités) et aux complications infectieuses/cardiovasculaires/iatrogènes plutôt qu'à la maladie bulleuse elle-même.
  • Traitement local systématique : dermocorticoïdes très forts sur l'ensemble du corps (corticothérapie locale), souvent aussi efficace que la corticothérapie générale et mieux tolérée chez le sujet âgé.
  • Soins locaux indispensables : bains antiseptiques, soins des érosions post-bulleuses, compensation des pertes hydro-électrolytiques et protéiques (régime hypercalorique), éviter toute effraction cutanée inutile (voies veineuses).
  • 2e intention en cas de résistance ou de rechute lors de la décroissance : méthotrexate, mycophénolate mofétil, azathioprine. Surveillance = disparition du prurit et des placards, comptage quotidien des nouvelles bulles.
#005

Dermatite herpétiforme

Lésions papulo-vésiculeuses excoriées du coude et immunofluorescence granulaire IgA
Dermatite herpétiforme : lésions papulo-vésiculeuses très prurigineuses des faces d'extension (coudes, genoux, fesses) ; IFD = dépôts granulaires d'IgA au sommet des papilles dermiques.

Capture de cours ECN (usage pédagogique)

  • Dermatose bulleuse rare, fortement associée à la maladie cœliaque (intolérance au gluten) : hypersensibilité cutanée à la gliadine plutôt que véritables anticorps anti-membrane basale.
  • Clinique : prurit intense, lésions papulo-vésiculeuses souvent excoriées par le grattage (vésicules rarement vues intactes), atteinte symétrique des faces d'extension des membres.
  • IFD = examen clé : dépôts granulaires d'IgA au sommet des papilles dermiques (différent du dépôt linéaire de la pemphigoïde).
  • Bilan et traitement : fibroscopie digestive haute avec biopsies duodénales, anticorps anti-endomysium et anti-transglutaminase ; traitement = régime sans gluten strict (+/- dapsone en phase initiale pour le contrôle symptomatique rapide).
#006

Épidermolyse bulleuse acquise

Érosions buccales et bulles cicatricielles en zone de frottement
Épidermolyse bulleuse acquise : bulles en peau saine sur zones de frottement, atteinte muqueuse fréquente, évolution vers des cicatrices atrophiques.

Capture de cours ECN (usage pédagogique)

  • Dermatose bulleuse auto-immune rare, liée à des anticorps anti-collagène VII (composant des fibres d'ancrage de la jonction dermo-épidermique).
  • Clinique : bulles mécaniques en peau saine, prédominant sur les zones de frottement et d'extension (mains, coudes, genoux), atteinte muqueuse possible, évolution cicatricielle avec grains de milium.
  • Diagnostic : IFD = dépôt linéaire d'IgG (et souvent C3) le long de la JDE, comme la pemphigoïde ; c'est l'IFI sur peau clivée qui distingue les deux (fixation au plancher de la zone de clivage, versant dermique, à l'inversé de la pemphigoïde).
  • Prise en charge difficile, réponse souvent partielle aux traitements : corticothérapie générale, colchicine, dapsone, ou immunosuppresseurs selon la sévérité ; prise en charge des cicatrices et de l'atteinte muqueuse au long cours.
#007

Diagnostics différentiels — dermatoses bulleuses graves d'origine médicamenteuse

Points clés du syndrome de Lyell (nécrolyse épidermique toxique)
Devant toute dermatose bulleuse aiguë, le syndrome de Stevens-Johnson/Lyell (nécrolyse épidermique toxique) doit systématiquement être écarté en urgence : contexte médicamenteux, décollement épidermique, atteinte muqueuse sévère.

Capture de cours ECN (usage pédagogique)

  • Devant une dermatose bulleuse aiguë et étendue, 3 diagnostics à évoquer en urgence devant un signe de Nikolsky positif : pemphigus, nécrolyse épidermique toxique (Stevens-Johnson/Lyell), épidermolyse staphylococcique (SSSS).
  • Contexte évocateur d'une toxidermie bulleuse grave : introduction récente d'un médicament inducteur (7-21 jours), érosions muqueuses multiples (buccale, oculaire, génitale), altération de l'état général et fièvre.
  • À l'inversé, les dermatoses bulleuses auto-immunes (pemphigus, pemphigoïde) évoluent classiquement de façon plus progressive, sans contexte médicamenteux aigu univoque, et sans altération sévère de l'état général au début.
  • La biopsie cutanée en urgence (histologie + IFD) permet de trancher rapidement : nécrose épidermique diffuse sans dépôt immun spécifique dans le Lyell, versus clivage caractéristique et dépôts immuns spécifiques dans les dermatoses auto-immunes.
Un signe de Nikolsky positif n'est pas spécifique du pemphigus : y penser systématiquement devant un syndrome de Lyell et une épidermolyse staphylococcique, deux urgences vitales à ne pas manquer.