#001
Herpès génital

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Première cause d'ulcération génitale dans les pays développés (HSV-2 principalement, HSV-1 en augmentation par transmission oro-génitale) ; transmission par contact direct interhumain, souvent lors d'une excrétion virale asymptomatique.
- Primo-infection souvent symptomatique et bruyante (contrairement à l'infection orale) : ulcérations multiples très douloureuses, adénopathies inguinales sensibles, fièvre et altération de l'état général possibles.
- Récurrences favorisées par : stress, fatigue, exposition solaire, cycle hormonal, immunodépression ; excrétion virale asymptomatique possible entre les poussées (rôle majeur dans la transmission).
- Traitement : aciclovir ou valaciclovir oral, dose plus élevée et plus longue en primo-infection qu'en récurrence ; traitement suppressif au long cours à discuter si récurrences fréquentes (> 6/an).
Chez la femme enceinte, une primo-infection herpétique génitale en fin de grossesse exposé à un risque d'herpès néonatal grave : césarienne à discuter si lésions actives au moment du travail.
#002
Manifestations buccales de l'herpès

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- HSV-1 = herpès oral classique, transmission par contact direct (salive), primo-infection le plus souvent asymptomatique ou pauci-symptomatique (90% des cas).
- Primo-infection symptomatique typique de l'enfant : gingivostomatite herpétique aiguë, érosions buccales multiples très douloureuses gênant l'alimentation, fièvre, adénopathies sous-angulo-maxillaires.
- Récurrence classique = « bouton de fièvre » (herpès labial), déclenché par le soleil, la fièvre, le stress, le cycle menstruel ; lésion en bouquet de vésicules sur base érythémateuse évoluant vers la croûte en quelques jours.
- Traitement de la primo-infection sévère de l'enfant : valaciclovir ou aciclovir oral précoce, antalgiques adaptés, réhydratation et adaptation de l'alimentation (textures froides et molles) devant le risque de refus alimentaire.
#003
Syphilis — chancre syphilitique

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Syphilis primaire (Treponema pallidum) : incubation ~3 semaines, chancre unique, propre, induré, indolore, associé à une adénopathie inguinale satellite unilatérale non inflammatoire (« adénopathie qui accompagné sans s'accompagner »).
- Diagnostic : microscopie à fond noir ou PCR sur prélèvement de la lésion (avant toute antibiothérapie), complété par la sérologie (TPHA-VDRL ou tests tréponémiques/non tréponémiques combinés).
- Syphilis secondaire (6 semaines à 6 mois après le chancre) : roséole puis syphilides cutanéo-muqueuses polymorphes (paumes, plantes ++), alopécie « en clairière », plaques muqueuses très contagieuses.
- Traitement de référence à tous les stades précoces : benzathine-pénicilline G en injection intramusculaire unique (schéma répété si syphilis tardive) ; dépistage systématique et traitement simultané du/des partenaire(s).
Toute ulcération génitale doit faire proposer un dépistage complet des IST (VIH, syphilis, chlamydia, gonocoque) : les co-infections sont fréquentes et le risque de transmission du VIH est augmenté en présence d'une ulcération génitale.
#004
Chancre mou

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Infection à Haemophilus ducreyi, incubation courte (< 1 semaine), plus fréquente en contexte tropical ou de voyage ; localisation volontiers cutanée plus que muqueuse.
- Clinique caractéristique, à l'opposé du chancre syphilitique : douloureux, étendu et creusant, à fond sale et souvent surinfecté ; lésions satellites « en miroir » par auto-inoculation possibles.
- Complication fréquente : bubon inguinal inflammatoire pouvant se fistuliser, contrairement à l'adénopathie non inflammatoire de la syphilis.
- Diagnostic par examen direct et culture sur milieu spécifique (bactérie fragile, culture difficile) ; traitement par antibiothérapie adaptée (azithromycine ou ceftriaxone en dose unique le plus souvent).
#005
Lymphogranulomatose vénérienne (maladie de Nicolas-Favre)

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Due à des sérovars invasifs de Chlamydia trachomatis (L1-L3) ; en recrudescence chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), souvent sous forme de syndrome génito-ano-rectal.
- Évolution classique en 3 phases : (1) vésicule ou ulcération génitale discrète et indolore, (2) adénopathie inguinale inflammatoire (bubon, parfois fistulisé), (3) syndrome génito-ano-rectal en cas d'atteinte rectale (proctite).
- Diagnostic : PCR spécifique sur prélèvement local (lésion, ganglion, ou rectal selon la présentation) ; guérison en 3 à 6 semaines sous traitement adapté, jusqu'à 8 semaines et rechutes possibles en l'absence de traitement.
- Traitement : antibiothérapie prolongée (doxycycline 3 semaines en 1ère intention) ; dépistage et traitement systématique des partenaires, dépistage des autres IST associées (VIH, syphilis, gonocoque).
#006
Conduite à tenir devant une ulcération génitale

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- Devant toute ulcération génitale, 3 causes à évoquer systématiquement en priorité (bilan minimum) : herpès, syphilis, VIH — les 3 étiologies les plus fréquentes en France.
- En contexte tropical, de voyage récent ou épidémique : élargir le bilan au chancre mou (examen direct et culture), à la lymphogranulomatose vénérienne (PCR) et à la donovanose (culture).
- Éléments cliniques d'orientation à toujours documenter : caractère uni/multiple, douloureux ou non, induré ou non, aspect du fond, présence et type d'adénopathie associée (inflammatoire ou non, uni/bilatérale).
- Devant toute IST confirmée : proposer systématiquement le dépistage complet des autres IST, la vaccination contre l'hépatite B si non immunisé, le traitement et dépistage du/des partenaire(s), et rappeler les mesures de prévention (préservatif).
En France, la syphilis est une maladie à déclaration obligatoire dans certains contextes de surveillance ; ne jamais traiter une ulcération génitale sans avoir réalisé les prélèvements microbiologiques au préalable.