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🚨Urgences endocriniennes2 fiches
Hypoglycémie sévère
#001

Hypoglycémie sévère

  • Glycémie capillaire <0,70g/L avec signes neuroglucopéniques (confusion, sueurs, tremblements) : resucrage immédiat avant même de confirmer par le laboratoire.
  • Patient conscient : 15g de sucre rapide per os, recontrôle à 15 minutes ; patient inconscient ou ne pouvant déglutir : glucagon IM ou glucosé IV.
  • Rechercher systématiquement la cause déclenchante (erreur de dose d'insuline, repas sauté, effort inhabituel, insuffisance rénale) pour éviter la récidive.
  • Chez le patient sous sulfamide hypoglycémiant, surveiller plus longtemps après correction — le risque de récidive est prolongé du fait de la demi-vie de ces médicaments.
Insuffisance surrénale aiguë
#002

Insuffisance surrénale aiguë

  • Hypotension, troubles digestifs et asthénie majeure dans un contexte évocateur (arrêt brutal de corticothérapie, stress aigu chez un insuffisant surrénalien connu) : urgence vitale.
  • Hydrocortisone IV en bolus immédiat dès la suspicion clinique — ne jamais attendre la confirmation biologique (cortisolémie) pour traiter.
  • Remplissage vasculaire et correction d'une hypoglycémie associée systématiquement recherchée et traitée en parallèle.
  • Chez tout patient sous corticothérapie prolongée, majorer la dose de corticoïdes en cas de stress (infection, chirurgie) pour prévenir la décompensation — réflexe à connaître par cœur.
🔎Examen clinique endocrinien4 fiches
Palpation d'un goitre thyroïdien
#003

Palpation d'un goitre thyroïdien

  • Palpation systématique en se plaçant derrière le patient, qui déglutit — la glande thyroïde monte avec la déglutition, contrairement à une autre masse cervicale.
  • Préciser la taille, la consistance, l'homogénéité et la mobilité à la palpation — ces éléments orientent déjà vers une origine bénigne ou suspecte.
  • Toujours rechercher des adénopathies cervicales associées et des signes de compression (dysphonie, dysphagie, dyspnée) devant un goitre volumineux.
  • Compléter systématiquement par un dosage de TSH et une échographie thyroïdienne — la clinique seule ne permet pas de conclure sur le plan fonctionnel ou étiologique.
Exophtalmie (Basedow)
#004

Exophtalmie (Basedow)

  • L'IRM orbitaire objective l'épaississement des muscles oculomoteurs typique de l'orbitopathie basedowienne, en excluant les diagnostics différentiels tumoraux.
  • Rechercher systématiquement les signes de gravité : atteinte cornéenne, diplopie franche, baisse d'acuité visuelle par compression du nerf optique.
  • L'atteinte oculaire peut évoluer indépendamment du contrôle biologique de la thyroïde — ne pas se rassurer sur la seule normalisation de la TSH.
  • Le tabac est un facteur aggravant majeur de l'orbitopathie basedowienne — son sevrage doit être systématiquement abordé avec le patient.
Acanthosis nigricans
#005

Acanthosis nigricans

  • Peau épaissie, hyperpigmentée et veloutée, typiquement dans les plis (nuque, aisselles, plis inguinaux) : marqueur cutané d'insulinorésistance.
  • À rechercher systématiquement chez l'enfant ou l'adulte en surpoids — signe d'appel simple pour dépister un diabète de type 2 ou un prédiabète.
  • Chez l'adulte d'apparition brutale et extensive, éliminer un syndrome paranéoplasique (adénocarcinome digestif) avant de conclure à une simple insulinorésistance.
  • Pas de traitement spécifique de la lésion cutanée elle-même — la prise en charge cible la cause sous-jacente (perte de poids, contrôle glycémique).
Examen du pied diabétique
#006

Examen du pied diabétique

  • Examen systématique et annuel minimum chez tout diabétique : inspection, recherche de déformations, test au monofilament et au diapason.
  • La perte de sensibilité protectrice (monofilament non perçu) définit le pied à haut risque, même en l'absence de plaie visible ce jour-là.
  • Toujours palper les pouls périphériques (pédieux, tibial postérieur) — la composante vasculaire aggrave et retarde toute cicatrisation.
  • Éduquer systématiquement à l'auto-inspection quotidienne et au chaussage adapté — la prévention reste plus efficace que le traitement d'une plaie constituée.
🖥️Imagerie et explorations5 fiches
Échographie thyroïdienne
#007

Échographie thyroïdienne

  • Examen de première intention devant tout goitre ou nodule palpable : précise le volume glandulaire, le nombre et les caractéristiques des nodules.
  • Classification EU-TIRADS (ou équivalent) pour stratifier le risque de malignité selon l'aspect échographique — guide l'indication de cytoponction.
  • Les critères de suspicion à connaître : hypoéchogénicité marquée, contours irréguliers, microcalcifications, forme plus haute que large.
  • Toujours corréler à la clinique et au bilan biologique (TSH) — l'échographie seule ne permet pas de conclure sur le plan fonctionnel.
Scintigraphie thyroïdienne
#008

Scintigraphie thyroïdienne

  • Utile principalement dans le bilan d'une hyperthyroïdie pour distinguer nodule toxique, goitre multinodulaire toxique et maladie de Basedow.
  • Un nodule « chaud » (hyperfixant) est très rarement malin — argument rassurant contrairement à un nodule froid qui nécessite une évaluation cytologique.
  • Peu utile en cas d'euthyroïdie ou d'hypothyroïdie — ce n'est pas l'examen de première intention pour caractériser un nodule thyroïdien isolé sans dysthyroïdie.
  • Contre-indiquée en cas de grossesse — toujours éliminer une grossesse chez une femme en âge de procréer avant de prescrire.
IRM hypophysaire
#009

IRM hypophysaire

  • Examen de référence pour explorer la région hypothalamo-hypophysaire devant un syndrome tumoral ou une anomalie hormonale évocatrice d'un adénome.
  • Préciser systématiquement la taille (micro vs macroadénome, seuil à 10mm) et les rapports avec le chiasma optique et les sinus caverneux.
  • Toujours coupler à un bilan hormonal hypophysaire complet (les 6 axes) et à un examen du champ visuel en cas de macroadénome.
  • Une image d'allure fortuite (incidentalome hypophysaire) est fréquente — ne justifie un bilan complet que si elle est fonctionnelle ou volumineuse.
Cytoponction thyroïdienne
#010

Cytoponction thyroïdienne

  • Geste simple, réalisé sous guidage échographique, pour prélever des cellules d'un nodule thyroïdien suspect et orienter vers la malignité.
  • Classification cytologique (type Bethesda) qui guide directement la décision : surveillance simple, nouvelle cytoponction ou chirurgie selon la catégorie.
  • Un résultat « non contributif » impose de répéter le geste plutôt que de le considérer comme rassurant par défaut.
  • Le résultat cytologique reste à intégrer à l'aspect échographique et à la clinique — aucun examen isolé ne suffit à trancher formellement avant l'histologie définitive.
Scanner des surrénales
#011

Scanner des surrénales

  • Examen de référence pour caractériser un incidentalome surrénalien découvert fortuitement ou pour explorer une suspicion de pathologie surrénalienne fonctionnelle.
  • La densité spontanée et le lavage de contraste orientent fortement vers la nature bénigne (adénome) ou suspecte d'une masse surrénalienne.
  • Toute masse surrénalienne découverte impose un bilan hormonal systématique (cortisol, métanéphrines, aldostérone/rénine selon le contexte) même sans signe clinique évident.
  • Taille >4cm ou aspect hétérogène/suspect : discussion chirurgicale à envisager indépendamment du bilan hormonal.
💉Diabète au quotidien4 fiches
Lecteur de glycémie capillaire
#012

Lecteur de glycémie capillaire

  • Autosurveillance glycémique capillaire : pilier de l'adaptation thérapeutique au quotidien, particulièrement chez le diabétique de type 1 sous schéma basal-bolus.
  • Toujours vérifier la technique (lavage des mains, volume de sang suffisant) avant de remettre en cause un résultat surprenant.
  • Adapter la fréquence des contrôles au profil du patient — bien plus fréquente en insulinothérapie intensive qu'en simple traitement oral.
  • Un résultat très discordant avec la clinique doit faire suspecter une erreur technique ou un problème du lecteur avant de modifier le traitement.
Capteur de glycémie en continu
#013

Capteur de glycémie en continu

  • Mesure en continu le glucose interstitiel (pas directement le glucose sanguin) — un léger décalage temporel existe, surtout lors de variations rapides.
  • Permet d'analyser les tendances et le temps passé dans la cible (« time in range »), au-delà de la simple valeur ponctuelle du lecteur capillaire.
  • Les alarmes d'hypo/hyperglycémie configurables en font un outil précieux de sécurité, notamment la nuit ou chez le patient avec hypoglycémies non ressenties.
  • Nécessite une éducation spécifique du patient à l'interprétation des courbes et des flèches de tendance, pas seulement du chiffre instantané.
Stylo injecteur d'insuline
#014

Stylo injecteur d'insuline

  • Dispositif d'injection sous-cutanée dosable précisément, bien plus simple d'usage que la seringue classique — a considérablement amélioré l'observance du traitement.
  • Toujours vérifier la date de péremption et l'aspect de l'insuline (limpide pour les rapides, homogène après agitation pour les intermédiaires/lentes).
  • Rotation des sites d'injection systématique (abdomen, cuisses, bras) pour éviter la lipodystrophie, qui perturbe l'absorption de l'insuline dans la durée.
  • Éduquer à la purge de l'aiguille avant chaque injection et à la vérification du bon écoulement — une aiguille bouchée fausse complètement la dose reçue.
Plaie du pied diabétique
#015

Plaie du pied diabétique

  • Toute plaie du pied chez un diabétique est a priori à haut risque — la neuropathie masque souvent la douleur qui alerterait normalement le patient.
  • Décharge de la zone lésée indispensable en première intention — une plaie qui continue à être appuyée ne cicatrisera jamais, quel que soit le traitement local.
  • Rechercher systématiquement des signes d'infection profonde et d'ostéite (contact osseux à l'exploration) qui changent radicalement la prise en charge.
  • Bilan vasculaire (pouls, index de pression systolique) systématique — une composante ischémique associée aggrave le pronostic et modifie la stratégie thérapeutique.
💊Médicaments essentiels4 fiches
Insuline lente/basale
#016

Insuline lente/basale

  • Couvre les besoins basaux sur 24h, injectée une fois par jour à heure fixe pour la plupart des analogues lents actuels.
  • Ne doit jamais être utilisée pour corriger une hyperglycémie ponctuelle — c'est le rôle de l'insuline rapide, pas de la lente.
  • Ajustement de dose progressif (par paliers de quelques unités) en fonction des glycémies à jeun répétées, jamais sur un seul chiffre isolé.
  • Ne jamais mélanger dans la même seringue avec une insuline rapide sans vérifier la compatibilité spécifique de la molécule — certaines associations ne sont pas recommandées.
Metformine
#017

Metformine

  • Traitement de première ligne du diabète de type 2 : réduit la production hépatique de glucose sans risque d'hypoglycémie en monothérapie.
  • Effets indésirables digestifs fréquents à l'instauration — titration progressive de la dose pour améliorer la tolérance.
  • Contre-indiquée en cas d'insuffisance rénale sévère — risque d'acidose lactique, à réévaluer systématiquement avec chaque contrôle de la fonction rénale.
  • À suspendre temporairement avant un examen avec injection de produit de contraste iodé ou une chirurgie majeure, selon les protocoles du service.
Lévothyroxine
#018

Lévothyroxine

  • Traitement de référence de l'hypothyroïdie : hormone de synthèse identique à la T4 native, à prendre à jeun le matin pour une absorption optimale.
  • Délai d'équilibre d'environ 6 semaines avant de recontrôler la TSH après instauration ou changement de dose — ne jamais réajuster trop précocement.
  • De nombreuses interactions réduisent son absorption (fer, calcium, IPP) — espacer la prise d'au moins 30 minutes à 4h selon l'interaction concernée.
  • Chez le sujet âgé ou coronarien, débuter à dose faible et titrer prudemment — une correction trop rapide peut démasquer ou aggraver une ischémie myocardique.
Agonistes du GLP-1
#019

Agonistes du GLP-1

  • Injectable (le plus souvent hebdomadaire), agit en stimulant l'insulinosécrétion glucose-dépendante et en ralentissant la vidange gastrique — effet satiétogène marqué.
  • Intérêt double dans le diabète de type 2 : contrôle glycémique et perte de poids significative, avec bénéfice cardiovasculaire démontré pour certaines molécules.
  • Effets indésirables digestifs (nausées) fréquents à l'instauration, généralement transitoires — titration progressive de la dose recommandée.
  • Prudence en cas d'antécédent de pancréatite ou de pathologie thyroïdienne particulière (contre-indication en cas de antécédent personnel/familial de certains cancers thyroïdiens) — à vérifier avant prescription.
🌙Pathologies fréquentes3 fiches
Hypothyroïdie
#020

Hypothyroïdie

  • Asthénie, prise de poids, frilosité, constipation, bradycardie : tableau clinique souvent progressif et insidieux, facilement attribué à tort au vieillissement.
  • TSH élevée avec T4 libre basse : hypothyroïdie périphérique avérée, à traiter par substitution — TSH élevée avec T4 normale = forme infraclinique à discuter selon le contexte.
  • La cause la plus fréquente en zone non carencée en iode est la thyroïdite auto-immune d'Hashimoto — rechercher les anticorps anti-TPO au bilan étiologique.
  • Chez la femme enceinte, l'hypothyroïdie même infraclinique doit être traitée activement — impact démontré sur le développement neurologique fœtal.
Hyperthyroïdie (Basedow)
#021

Hyperthyroïdie (Basedow)

  • Amaigrissement paradoxal avec appétit conservé, tachycardie, tremblements, thermophobie : tableau clinique d'hyperthyroïdie à rechercher activement.
  • La maladie de Basedow associe hyperthyroïdie auto-immune, goitre diffus et souvent une atteinte oculaire (orbitopathie) qui la distingue des autres causes.
  • Traitement initial par antithyroïdiens de synthèse dans la majorité des cas, avec surveillance hématologique stricte (risque d'agranulocytose, rare mais grave).
  • Chez le sujet âgé ou cardiopathe, la présentation peut être atypique (fibrillation atriale isolée) sans les signes cliniques bruyants habituels — y penser systématiquement devant une FA inexpliquée.
Nodule thyroïdien
#022

Nodule thyroïdien

  • Très fréquent, découvert souvent fortuitement à l'examen clinique ou en imagerie — la majorité des nodules thyroïdiens sont bénins.
  • Bilan de première intention : TSH et échographie thyroïdienne avec classification du risque échographique (type EU-TIRADS).
  • Cytoponction indiquée selon la taille et les critères de suspicion échographique — pas systématique pour tout nodule, indépendamment de sa taille seule.
  • Un nodule associé à une hyperthyroïdie (nodule toxique) suit une prise en charge différente d'un nodule en contexte d'euthyroïdie — la fonction thyroïdienne oriente la démarche.