#001
Généralités et épidémiologie

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- Pic d'incidence entre 10 et 14 ans mais possibilité de survenue à tout âge, y compris chez l'adulte (diabète auto-immun latent de l'adulte, LADA, à évolution plus lente).
- Maladie auto-immune organe-spécifique résultant de la destruction progressive des cellules bêta des îlots de Langerhans par les lymphocytes T, aboutissant à une carence absolue en insuline.
- Prédisposition génétique polygénique (association forte avec les allèles HLA DR3/DR4) associée à des facteurs environnementaux déclenchants encore incomplètement identifiés (infections virales, facteurs alimentaires précoces).
#002
Physiopathologie — auto-immunité et destruction des cellules bêta

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- Phase préclinique silencieuse marquée par l'apparition progressive d'auto-anticorps (anti-GAD, anti-IA2, anti-insuline, anti-ZnT8) précédant de plusieurs années le diagnostic clinique.
- La carence en insuline entraîne une hyperglycémie par défaut d'utilisation périphérique du glucosé et une lipolyse/protéolyse excessive avec production de corps cétoniques en l'absence de traitement.
- Concept de 'lune de miel' (rémission partielle) : période suivant le diagnostic où une sécrétion résiduelle d'insuline persiste transitoirement, permettant de réduire temporairement les besoins en insuline exogène.
#003
Diagnostic positif et circonstances de découverte

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- Critères diagnostiqués du diabète : glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L (7 mmol/L) à deux reprises, ou glycémie ≥ 2 g/L (11,1 mmol/L) à tout moment associée à des symptômes cardinaux, ou HbA1c ≥ 6,5 %.
- Contrairement au diabète de type 2, le début est le plus souvent brutal sur quelques jours à quelques semaines, avec un amaigrissement marqué malgré une polyphagie, chez un sujet généralement mince.
- L'acidocétose diabétique inaugurale (environ 20-40 % des cas selon les pays) impose une prise en charge hospitalière urgente et doit être systématiquement recherchée par bandelette urinaire ou cétonémie capillaire devant toute hyperglycémie symptomatique.
#004
Bilan initial et auto-anticorps

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- Recherché d'auto-anticorps anti-GAD65, anti-IA2, anti-insuline et anti-ZnT8 : leur positivité confirmé l'origine auto-immune, mais leur négativité n'élimine pas le diagnostic (environ 5-10 % de formes séronégatives).
- Dosage du peptide C (à jeun ou après stimulation) reflétant la sécrétion résiduelle d'insuline endogène, utile notamment pour distinguer un diabète de type 1 atypique d'un diabète de type 2 chez l'adulte jeune.
- Dépistage systématique des maladies auto-immunes associées dès le diagnostic : thyroïdite auto-immune (anticorps anti-TPO), maladie cœliaque (anticorps anti-transglutaminase), et insuffisance surrénale si signes évocateurs.
#005
Insulinothérapie — schémas basal-bolus

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- Insulines basales (glargine, dégludec, détémir) : couvrent les besoins interprandiaux et nocturnes, profil d'action prolongée et relativement stable, injectées une à deux fois par jour.
- Insulines rapides/ultra-rapides (lispro, asparte, glulisine) : injectées avant chaque repas pour couvrir la charge glucidique, dose adaptée selon la glycémie préprandiale et la quantité de glucides prévue.
- Calcul de la dose prandiale à partir d'un ratio insuline/glucides individualisé et d'un facteur de sensibilité (facteur de correction) permettant d'ajuster la dose en fonction de la glycémie mesurée.
- Objectifs glycémiques individualisés selon l'âge, l'ancienneté du diabète et les comorbidités : généralement HbA1c ciblé < 7 % chez l'adulte, seuils plus souples chez le jeune enfant ou en cas d'hypoglycémies sévères répétées.
#006
Pompes à insuline et boucle fermée

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- Pompe externe portée en continu avec cathéter sous-cutané changé tous les 2-3 jours, permettant une modulation fine du débit basal (variations horaires programmées) impossible avec les injections multiples.
- Systèmes en boucle fermée hybride ('pancréas artificiel') : algorithme ajustant automatiquement le débit basal en fonction des valeurs du capteur de glucosé en continu, réduisant significativement le temps passé en hypo/hyperglycémie.
- Indications privilégiées : diabète instable, hypoglycémies sévères ou non ressenties, grossesse, très jeune enfant, ou simple préférence du patient pour la flexibilité qu'offre la pompe.
#007
Autosurveillance glycémique et capteurs de glucosé

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- Le capteur mesuré le glucosé interstitiel avec un léger décalage physiologique par rapport à la glycémie capillaire (quelques minutes), à prendre en compte lors de variations rapides (exercice, hypoglycémie).
- Indicateurs clés d'évaluation : temps passé dans la ciblé (TIR, objectif > 70 % du temps entre 0,70 et 1,80 g/L), temps en hypoglycémie et variabilité glycémique, complémentaires de l'HbA1c seule.
- Alarmes personnalisables de seuil bas et haut particulièrement utiles la nuit et chez les patients avec hypoglycémies non ressenties, améliorant la sécurité sans remplacer l'éducation à la reconnaissance des symptômes.
#008
Éducation thérapeutique et adaptation des doses

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- Insulinothérapie fonctionnelle : apprentissage de l'estimation des glucides ingérés (comptage glucidique) et calcul autonome de la dose d'insuline prandiale nécessaire, pilier de l'autonomisation du patient.
- Programmé d'éducation structuré dès le diagnostic (souvent hospitalier initialement) : techniques d'injection, rotation des sites, reconnaissance et gestion de l'hypoglycémie, conduite à tenir en cas de maladie intercurrente.
- Suivi régulier par une équipe pluridisciplinaire (diabétologue, infirmière d'éducation, diététicien, psychologue) essentiel pour maintenir l'adhésion thérapeutique sur le long cours, en particulier à l'adolescence.
#009
Hypoglycémies — reconnaissance et prise en charge

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- Symptômes adrénergiques précoces (tremblements, sueurs, palpitations, faim) précédant les symptômes neuroglycopéniques plus tardifs (troubles de la concentration, confusion, convulsions, coma) en l'absence de correction.
- Règle des '15 grammes' pour l'hypoglycémie non sévère : ingestion de 15 g de glucides à absorption rapide, recontrôle glycémique 15 minutes après, à répéter si besoin.
- Hypoglycémie sévère (nécessitant l'aide d'un tiers) : injection de glucagon (voie intramusculaire, sous-cutanée ou intranasale selon la formulation) chez un patient inconscient ou incapable de se resucrer seul.
- Phénomène d'hypoglycémies non ressenties (perte des symptômes d'alerte adrénergiques) après hypoglycémies répétées : facteur de risque majeur d'hypoglycémie sévère, justifiant un relèvement transitoire des objectifs glycémiques.
#010
Situations particulières — sport, maladies intercurrentes, chirurgie

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- Exercice physique : risque d'hypoglycémie pendant et jusqu'à 24 heures après l'effort (reconstitution des réserves de glycogène) justifiant une réduction anticipée des doses d'insuline et/ou une collation glucidique supplémentaire.
- Règle des 'jours de maladie' (sick day rules) : ne jamais arrêter l'insuline basale même en cas d'anorexie, majorer l'autosurveillance glycémique et cétonémique, et adapter les doses selon les résultats plutôt que selon la seule prise alimentaire.
- Gestion périopératoire : protocole associant insuline basale maintenue (éventuellement réduite) et perfusion de glucosé-insuline-potassium ou insuline IV à la seringue électrique selon la durée et le type de chirurgie.
#011
Grossesse et diabète de type 1

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- Programmation pré-conceptionnelle indispensable : optimisation de l'HbA1c (idéalement < 6,5 %) avant conception pour réduire le risque de malformations congénitales, fortement corrélé au déséquilibre glycémique périconceptionnel.
- Objectifs glycémiques resserrés pendant la grossesse (glycémies à jeun et postprandiales plus basses que hors grossesse), avec surveillance rapprochée renforcée par les capteurs de glucosé en continu.
- Besoins en insuline variables selon le trimestre : diminution au premier trimestre (risque hypoglycémique accru), augmentation progressive à partir du deuxième trimestre par insulinorésistance placentaire croissante.
#012
Comorbidités auto-immunes associées et suivi au long cours

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- Thyroïdite auto-immune (Hashimoto) : comorbidité la plus fréquente (10-20 % des patients), justifiant un dosage annuel de la TSH et des anticorps anti-TPO au diagnostic puis régulièrement.
- Maladie cœliaque : prévalence augmentée (environ 5 %), souvent pauci-symptomatique chez le diabétique, dépistée par les anticorps anti-transglutaminase lors du bilan initial et en cas de symptômes digestifs ou de déséquilibre inexpliqué.
- Suivi structuré à vie incluant dépistage annuel des complications microvasculaires (dès 5 ans d'évolution chez l'adulte, ou dès la puberté chez l'enfant) : fond d'œil, microalbuminurie, examen des pieds.