#001
Neutropénie fébrile et agranulocytose

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- Définition : fièvre ≥38,3°C unique (ou ≥38°C persistante 1h) associée à PNN <0,5 G/L, ou <1 G/L avec décroissance attendue.
- Bilan immédiat avant antibiothérapie : 2 paires d'hémocultures (dont 1 sur cathéter si présent), ECBU, examen clinique complet, sans retarder le traitement.
- Antibiothérapie probabiliste à large spectre couvrant le Pseudomonas (bêta-lactamine anti-pyocyanique) dans l'heure suivant l'admission.
- Isolément protecteur, arrêt de toute source de contamination (fruits crus, fleurs), surveillance rapprochée des constantes.
Score MASCC à calculer pour évaluer le risque de complications et discuter une prise en charge ambulatoire dans les formes à bas risque sélectionnées.
#002
Syndrome de lyse tumorale

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- Libération massive du contenu intracellulaire (potassium, phosphore, acide urique) après destruction rapide de cellules tumorales, typiquement après chimiothérapie de leucémies/lymphomes très prolifératifs.
- Complications redoutées : insuffisance rénale aiguë (précipitation d'urate/phosphate de calcium), hyperkaliémie menaçante, hypocalcémie symptomatique.
- Prévention systématique avant chimiothérapie à risque : hyperhydratation IV, rasburicase ou allopurinol selon le niveau de risque tumoral.
- Surveillance biologique rapprochée (potassium, phosphore, calcium, créatinine, acide urique) toutes les 6-8h dans les 48-72h suivant le début du traitement.
#003
Coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)

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- Activation systémique et incontrôlée de la coagulation : consommation des plaquettes et des facteurs, associée à une fibrinolyse secondaire.
- Causes principales : sepsis sévère/choc septique, polytraumatisme, cancers (notamment LAM3/leucémie promyélocytaire), complications obstétricales (HRP, embolie amniotique).
- Biologie évocatrice : thrombopénie, TP abaissé, fibrinogène bas, D-dimères très élevés, présence de schizocytes.
- Traitement = avant tout celui de la cause déclenchante ; support transfusionnel (PFC, fibrinogène, plaquettes) guidé par la biologie et la clinique.
La leucémie aiguë promyélocytaire (LAM3) est une urgence extrême : CIVD sévère au diagnostic, traitement par ATRA à débuter dès la suspicion clinique.
#004
Hyperleucocytose majeure et leucostase

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- Leucostase : complication des hyperleucocytoses majeures (typiquement >100 G/L) par hyperviscosité et agrégats leucocytaires obstruant la microcirculation.
- Organes ciblés principaux : poumon (détresse respiratoire hypoxémiante) et cerveau (troubles de conscience, céphalées, flou visuel, AVC).
- Urgence thérapeutique : cytoréduction rapide (hydroxyurée, chimiothérapie) +/- leucaphérèse dans les formes les plus sévères avec signes neurologiques.
- Éviter les transfusions de culots globulaires non indispensables : elles augmentent la viscosité sanguine et peuvent aggraver la leucostase.
#005
Syndrome hémorragique sévère et thrombopénie profonde

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- Signes de gravité à rechercher : purpura extensif, bulles hémorragiques buccales, épistaxis/gingivorragies incoercibles, hémorragie rétinienne ou cérébroméningée.
- Seuil transfusionnel plaquettaire habituel : <10 G/L en prophylaxie, <20 G/L si fièvre/infection, <50 G/L avant un geste invasif.
- Toujours rechercher une cause curable associée (CIVD, PTT, médicament) avant de transfuser en aveugle des plaquettes.
- Dans le PTT suspecté, la transfusion plaquettaire est contre-indiquée sauf hémorragie vitale : risque d'aggravation des thromboses.
#006
Compression médullaire d'origine hématologique

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- Signes d'alerte : douleur rachidienne intense, déficit moteur/sensitif progressif des membres, troubles sphinctériens — urgence neurologique absolue.
- Causes hématologiques principales : plasmocytome vertébral (myélome), lymphome à localisation épidurale, chlorome (localisation extramédullaire de LAM).
- IRM médullaire en urgence (<24h, idéalement quelques heures) dès la suspicion clinique : le pronostic fonctionnel dépend directement du délai de prise en charge.
- Corticothérapie à forte dose en urgence dès la suspicion clinique, avant même l'imagerie, en l'absence de contre-indication.
#007
Syndrome cave supérieur

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- Signes cliniques : œdème en pèlerine (face, cou, membres supérieurs), turgescence jugulaire, circulation veineuse collatérale thoracique, dyspnée.
- Causes hématologiques fréquentes : lymphome médiastinal (lymphome B à grandes cellules primitif du médiastin, lymphome de Hodgkin, lymphome lymphoblastique T).
- Scanner thoracique injecté en urgence pour confirmer et caractériser la masse compressive, avant tout geste invasif de biopsie.
- Position demi-assise, oxygénothérapie, corticothérapie en urgence si détresse respiratoire ; traitement étiologique dès obtention du diagnostic histologique.
#008
Choc hémorragique et transfusion massive

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- Transfusion massive = remplacement de la masse sanguine totale en <24h, ou >4 CGR en 1h avec saignement actif persistant.
- Protocole de transfusion massive : ratio équilibré CGR/PFC/plaquettes (proche de 1:1:1) pour prévenir la coagulopathie de dilution.
- Objectifs biologiques : fibrinogène >1,5-2 g/L, plaquettes >50 G/L, calcémie ionisée normale (chélation par le citraté des poches).
- Acide tranexamique à administrer précocement (<3h) en cas d'hémorragie traumatique sévère : réduit significativement la mortalité.
#009
Accidents des anticoagulants

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- Surdosage en AVK avec hémorragie grave ou INR très élevé : antidote = concentré de complexé prothrombinique (PPSB) + vitamine K IV.
- Anticoagulants oraux directs (AOD) : antidotes spécifiques disponibles (idarucizumab pour le dabigatran, andexanet alfa pour les anti-Xa) selon la molécule et la gravité.
- Toute hémorragie grave sous anticoagulant impose l'arrêt immédiat de la molécule, un bilan de coagulation ciblé et un avis spécialisé urgent.
- Hémorragie grave = instabilité hémodynamique, localisation menaçant le pronostic vital/fonctionnel (intracrânienne, rétropéritonéale), ou nécessité transfusionnelle.
#010
Crise vaso-occlusive drépanocytaire

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- Douleur intense d'apparition souvent brutale (os longs, rachis, thorax, abdomen), déclenchée par froid, déshydratation, infection, hypoxie, stress.
- Prise en charge urgente : antalgie majeure précoce (souvent morphinique), réhydratation IV, oxygénothérapie si désaturation, réchauffement.
- Syndrome thoracique aigu = complication la plus grave : douleur thoracique + fièvre + infiltrat radiologique — urgence vitale nécessitant transfert en réanimation.
- Ne jamais banaliser une douleur drépanocytaire : l'antalgie doit être administrée rapidement (délai <30 min), sans sous-traiter par crainte d'addiction.
#011
Réaction transfusionnelle aiguë

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- Devant tout symptôme pendant/après transfusion (fièvre, frissons, douleur lombaire, urticaire, dyspnée) : arrêt IMMÉDIAT de la transfusion en cours.
- Réaction hémolytique aiguë (incompatibilité ABO) : la plus grave, souvent due à une erreur d'identification — douleur lombaire, hémoglobinurie, choc.
- TRALI (œdème pulmonaire lésionnel post-transfusionnel) : détresse respiratoire aiguë dans les 6h suivant la transfusion, à distinguer d'une surcharge (TACO).
- Conduite immédiate : garder la poche et la tubulure pour analyse, vérifier la concordance des groupes, prévenir le centre de transfusion, surveillance rapprochée.
La déclaration d'hémovigilance est obligatoire pour tout effet indésirable receveur, même mineur.
#012
Syndrome d'activation macrophagique (SAM/HLH)

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- Emballement inflammatoire systémique par activation incontrôlée des macrophages, secondaire à une infection (notamment virale, EBV), une hémopathie, ou une maladie auto-immune.
- Tableau évocateur : fièvre prolongée, cytopénies multiples, hépatosplénomégalie, hyperferritinémie majeure (souvent >10 000 µg/L), hypertriglycéridémie.
- Diagnostic de présomption clinico-biologique (score HScore) ; le myélogramme avec recherché d'hémophagocytose confirmé mais n'est pas toujours indispensable en urgence.
- Urgence thérapeutique : traiter la cause déclenchante et débuter rapidement une corticothérapie forte dose, souvent associée à d'autres immunosuppresseurs en réanimation.