#001
Sclérodermie — formes localisées et systémiques

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Sclérodermie localisée (morphée) : atteinte cutanée pure, en plaques scléreuses circonscrites, sans phénomène de Raynaud ni atteinte viscérale — pronostic cutané, pas de retentissement systémique.
- Sclérodermie systémique cutanée limitée (« CREST ») : Calcinose, Raynaud, dysfonction œsophagienne, Sclérodactylie, Télangiectasies — atteinte cutanée limitée aux extrémités et au visage, mais risque viscéral réel (HTAP notamment).
- Phénomène de Raynaud et ulcérations digitales : quasi constants dans la sclérodermie systémique, traitement par inhibiteurs calciques (nifédipine) ou ARA2 (losartan) en prévention, iloprost IV et pansements hydrocolloïdes en cas d'ulcère constitué.
- Contre-indications formelles dans la sclérodermie avec Raynaud/ulcères : bêta-bloquants (y compris collyres) et tabac, qui aggravent la vasoconstriction et le risque ischémique digital.
#002
Dermatomyosite — signes cutanés caractéristiques

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Myopathie inflammatoire caractérisée par un déficit moteur proximal, symétrique, d'aggravation progressive (signe du tabouret, marche dandinante), sans trouble sensitif associé, avec réflexes ostéotendineux longtemps conservés.
- Signes cutanés pathognomoniques à rechercher systématiquement : érythème héliotrope des paupières (+/- œdème), érythème du décolleté et de la nuque (« signe du châle »), papules de Gottron (érythémateuses, parfois squameuses, en regard des articulations métacarpo/interphalangiennes).
- Bilan devant toute myopathie inflammatoire confirmée : CPK, EMG (tracé myogène : potentiels polyphasiques de faible durée et amplitude), biopsie musculaire ; bilan étiologique orienté par l'âge (recherché de néoplasie sous-jacente chez l'adulte, surtout > 50 ans).
- Traitement de 1ère intention : corticothérapie générale à dose élevée, associée précocement à un immunosuppresseur d'épargne cortisonique dans les formes sévères ou à rechute.
Devant toute dermatomyosite de l'adulte, en particulier après 50 ans, une recherché de néoplasie sous-jacente (bilan orienté selon l'âge et le sexe) est systématique : le syndrome paranéoplasique est un diagnostic à ne jamais manquer.
#003
Syndrome des anti-synthétases

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Syndrome associant une myopathie inflammatoire à des auto-anticorps anti-synthétases (anti-Jo1 le plus fréquent) et une atteinte pulmonaire souvent au premier plan, parfois révélatrice avant même l'atteinte musculaire.
- Atteinte musculaire : syndrome myogène symétrique, myalgies, dysphagie (atteinte des muscles pharyngés, risque de fausses routes) — proche de la dermatomyosite/polymyosite classique.
- Atteinte cutanée caractéristique : phénomène de Raynaud et « mains de mécanicien » (hyperkératose fissuraire de la pulpe et des faces latérales des doigts, très évocatrice une fois vue).
- Atteinte pulmonaire : pneumopathie interstitielle diffuse, parfois sévère et pronostique, à rechercher systématiquement par TDM thoracique et explorations fonctionnelles respiratoires dès la suspicion diagnostiqué.
Une polyarthrite parfois érosive peut compliquer le syndrome des anti-synthétases et faire égarer initialement le diagnostic vers une polyarthrite rhumatoïde : la triade Raynaud/mains de mécanicien/pneumopathie doit toujours être recherchée.
#004
Maladie de Still de l'adulte

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Maladie auto-inflammatoire rare, diagnostic souvent difficile au début car la triade clinique classique (fièvre élevée, éruption cutanée évanescente saumonée, arthralgies/arthrites) est souvent incomplète à la présentation initiale.
- Triade biologique très évocatrice : hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles (souvent > 15 000/mm³), hyperferritinémie (parfois majeure, > 1000 µg/L), fraction glycosylée de la ferritine effondrée (< 20%) — cette dernière est un signe très spécifique.
- Complication fréquente et parfois grave à connaître impérativement : le syndrome d'activation macrophagique (SAM), associant fièvre, cytopénies, hyperferritinémie majeure, hypertriglycéridémie, et hémophagocytose à la biopsie médullaire.
- Traitement de 1ère intention : AINS ou aspirine à forte dose dans les formes peu sévères (taux de réponse faible, < 20%) ; corticothérapie générale (prednisone 1mg/kg/j) en 2e intention, avec un taux de réponse bien supérieur (> 80%).
Devant une fièvre prolongée inexpliquée avec hyperferritinémie majeure, toujours demander le dosage de la fraction glycosylée de la ferritine : son effondrement est très évocateur de maladie de Still, un diagnostic souvent retardé faute d'y penser.