#001
Bandelette urinaire

Wikimedia Commons (CC)
- Examen simple et rapide au lit du patient : leucocytes, nitrites, protéines, sang, glucosé — première orientation avant tout bilan biologique.
- Nitrites positifs très spécifiques d'une infection à entérobactéries — leur absence n'élimine pas pour autant une infection urinaire.
- Protéinurie positive à la bandelette impose un dosage quantitatif (rapport protéinurie/créatininurie) avant de conclure à une atteinte glomérulaire.
- Résultat à interpréter avec prudence si urines diluées ou très concentrées — un résultat douteux doit être complété par un ECBU.
#002
Protéinurie des 24 heures

Wikimedia Commons (CC)
- Recueil de référence pour quantifier précisément une protéinurie, bien que de plus en plus remplacé en pratique par le rapport protéinurie/créatininurie sur échantillon.
- Expliquer clairement au patient la technique : jeter les premières urines du matin, puis recueillir toutes les urines suivantes jusqu'au lendemain matin inclus.
- Une protéinurie supérieure à 3 g/24h orienté vers une origine glomérulaire et, associée à une hypoalbuminémie, définit un syndrome néphrotique.
- La quantification initiale sert de référence pour juger de l'efficacité du traitement (néphroprotection, immunosuppresseurs) lors des recueils de suivi.
#003
Touchers pelviens et globe vésical

Wikimedia Commons (CC)
- Globe vésical : rétention aiguë d'uriné à évoquer devant une anurie avec masse hypogastrique douloureuse — piège fréquent, à ne pas confondre avec une vraie insuffisance rénale.
- Le sondage évacuateur immédiat est à la fois diagnostiqué et thérapeutique — si le globe se vide, c'était un obstacle sous-vésical, pas une atteinte rénale.
- Rechercher systématiquement la cause de l'obstacle une fois la vessie vidée : hypertrophie prostatique, caillotage, sténose urétrale selon le contexte.
- Surveiller le syndrome de levée d'obstacle après un sondage prolongé : polyurie parfois majeure dans les heures suivantes, à anticiper et compenser.
#004
Échographie rénale

Wikimedia Commons (CC)
- Examen de première intention, non invasif, pour évaluer la taille des reins, l'épaisseur corticale et rechercher une dilatation des cavités.
- Des reins de petite taille et hyperéchogènes orientent vers une néphropathie chronique évoluée, indépendamment de la cause initiale.
- Toujours mesurer et comparer les deux reins — une asymétrie de taille franche orienté vers une pathologie unilatérale (sténose artérielle, uropathie).
- Examen opérateur-dépendant : une échographie normale n'élimine pas complètement une pathologie rénale débutante, à corréler à la biologie.
#005
Hydronéphrose

Wikimedia Commons (CC)
- Dilatation des cavités pyélocalicielles visible à l'échographie : signe indirect d'un obstacle sur les voies urinaires, à quantifier (grade) et localiser.
- Devant une hydronéphrose fébrile, penser pyélonéphrite obstructive : urgence nécessitant un drainage rapide en plus de l'antibiothérapie.
- Bilatérale : évoquer un obstacle bas situé (prostate, vessie, sténose urétrale) ; unilatérale : rechercher un obstacle urétéral (lithiase, tumeur, compression).
- Le degré de dilatation ne reflète pas toujours la sévérité fonctionnelle — toujours corréler à la fonction rénale biologique et à l'ancienneté supposée.
#006
Uroscanner et lithiase

Wikimedia Commons (CC)
- Scanner sans injection (uro-scanner) : examen de référence pour localiser un calcul urinaire et évaluer le retentissement sur les voies excrétrices.
- Préciser systématiquement la taille et la localisation du calcul — ces deux éléments conditionnent directement la stratégie thérapeutique (surveillance, lithotritie, urétéroscopie).
- Une lithiase obstructive fébrile est une urgence urologique (drainage en urgence), à distinguer d'une colique néphrétique simple non fébrile.
- Toujours rechercher un retentissement sur la fonction rénale (créatinine) en complément de l'imagerie, surtout si atteinte bilatérale ou rein unique.
#007
Polykystose rénale

Wikimedia Commons (CC)
- Reins de volume augmenté, truffés de kystes multiples de tailles variables : aspect caractéristique de la polykystose rénale autosomique dominante.
- Maladie héréditaire à rechercher systématiquement dans les antécédents familiaux — dépistage à proposer aux apparentés du premier degré.
- Évolue classiquement vers l'insuffisance rénale terminale à un âge variable — le suivi néphrologique régulier permet d'anticiper la préparation à la suppléance.
- Rechercher les atteintes associées à ne pas négliger : kystes hépatiques, anévrismes intracrâniens dans les formes à antécédents familiaux évocateurs.
#008
Générateur d'hémodialyse

Wikimedia Commons (CC)
- Épure le sang à travers une membrane semi-perméable (dialyseur) en dehors du corps : élimine les toxines urémiques et l'excès d'eau et d'électrolytes.
- Séances généralement 3 fois par semaine, 4h chacune en routine — la fréquence et la durée s'ajustent au poids sec et à la tolérance du patient.
- Surveiller étroitement la tolérance hémodynamique pendant la séance — l'hypotension per-dialytique est l'incident le plus fréquent, surtout en cas d'ultrafiltration rapide.
- Le « poids sec » (poids ciblé en fin de séance) est réévalué régulièrement — mal réglé, il exposé soit à la surcharge, soit à l'hypotension symptomatique.
#009
Cathéter de dialysé

Wikimedia Commons (CC)
- Abord veineux central de dialysé en urgence ou en attendant la maturation d'une fistule — voie jugulaire interne préférée à la sous-clavière (moins de risque de sténose veineuse centrale).
- Toujours vérifier le bon positionnement radiologique avant la première utilisation, comme pour toute voie veineuse centrale.
- Manipulation stricte en asepsie à chaque branchement/débranchement — risque infectieux directement proportionnel à la durée de mise en place.
- Solution de dernier recours à moyen terme : la fistule artério-veineuse reste l'abord de référence pour la dialysé chronique, avec moins de complications infectieuses et thrombotiques.
#010
Fistule artério-veineuse

Wikimedia Commons (CC)
- Anastomose chirurgicale entre une artère et une veine, le plus souvent au poignet ou au coude, pour créer un abord vasculaire pérenne de dialysé.
- Nécessite plusieurs semaines de maturation avant la première utilisation — à anticiper largement avant le stade terminal de l'insuffisance rénale.
- Surveiller le thrill (frémissement palpable) et le souffle à l'auscultation à chaque examen — leur disparition doit faire suspecter une thrombose.
- Protéger le membre porteur : pas de prise de tension artérielle ni de prélèvement sanguin sur ce bras, à signaler systématiquement au dossier et au patient.
#011
Épuration extra-rénale continue

Wikimedia Commons (CC)
- Épuration extra-rénale continue (CVVH/CVVHDF) : indiquée chez le patient instable en réanimation ne tolérant pas les variations hémodynamiques d'une dialysé intermittente.
- Anticoagulation du circuit (héparine ou citraté) indispensable pour éviter la coagulation du filtre — à équilibrer avec le risque hémorragique du patient.
- Surveillance rapprochée des bilans entrées-sorties et des électrolytes, réajustés en continu selon la tolérance et l'objectif fixé.
- Indication à réévaluer quotidiennement avec le réanimateur et le néphrologue — pas un traitement figé, mais adapté à l'évolution clinique.
#012
Plasmaphérèse

Wikimedia Commons (CC)
- Échange plasmatique thérapeutique : retiré le plasma du patient (avec les auto-anticorps ou complexes immuns pathogènes) et le remplacé par un soluté de substitution.
- Indiqué notamment dans certaines glomérulonéphrites rapidement progressives, le syndrome de Goodpasture, certaines vascularites sévères.
- Nécessite un abord vasculaire de bon calibre, souvent un cathéter dédié — mêmes précautions d'asepsie que pour la dialysé.
- Traitement d'action rapide mais transitoire : toujours associé à un traitement de fond immunosuppresseur pour éviter la rechute à l'arrêt des séances.