#001
Élévation de la créatininémie : distinguer aiguë et chronique (1/2)

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- CKD-EPI recommandé par la HAS (supérieur à Cockcroft, surtout chez le sujet âgé/obèse) pour estimer le DFG indexé à la surface corporelle. Aucune formule d'estimation n'est utilisable en situation d'insuffisance rénale AIGUË (créatininémie non stabilisée).
- En faveur du caractère chronique : antécédents connus, reins < 10 cm ou dédifférenciation cortico-médullaire à l'échographie, anémie normochrome normocytaire arégénérative (déficit EPO), hypocalcémie par carence en calcitriol.
- Exceptions à connaître : IRC avec gros reins (diabète, polykystose, amylose, HIVAN) ; IRC sans hypocalcémie (myélome, sarcoïdose) ; IRA avec hypocalcémie (rhabdomyolyse, lyse tumorale) ; IRA avec anémie (SHU, choc hémorragique).
- Facteurs de risque de maladie rénale chronique à dépister systématiquement : diabète, HTA, âge > 60 ans, obésité, maladie cardiovasculaire, maladie systémique/auto-immune, antécédents familiaux, exposition à des néphrotoxiques professionnels ou médicamenteux.
#002
Élévation de la créatininémie : les 3 mécanismes de l'IRA (2/2)

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- IRA obstructive : dilatation des cavités pyélocalicielles à l'échographie (obstacle sous-vésical : HBP ; obstacle sus-vésical : cancer prostatique/utérin, lithiase bilatérale, fibrose rétropéritonéale). Toujours rechercher un globe vésical avant tout autre bilan.
- IRA fonctionnelle (hypovolémie vraie ou efficace) : rapport urée/créatininémie > 100, Na urinaire < 20 mmol/L, fraction excrétée de Na < 1 %, osmolarité urinaire > 2x plasmatique — réversible par expansion volémique, se transformé en nécrose tubulaire si hypovolémie prolongée.
- IRA organique (80 % = nécrose tubulaire aiguë) : toxique (aminosides, produits de contraste, rhabdomyolyse) ou ischémique, ionogramme urinaire en faveur d'une atteinte organique, sédiment normal. 5 % glomérulonéphrite (protéinurie/hématurie abondantes), 5 % néphrite interstitielle aiguë (allergie, éosinophilurie).
- Néphropathie vasculaire aiguë (10 % des IRA organiques) : HTA maligne, SHU, emboles de cristaux de cholestérol après geste endovasculaire (orteils pourpres), thrombose de l'artère rénale — contexte et présentation clinique très évocateurs, à ne jamais manquer.
#003
Iatrogénie en néphrologie : mécanismes et médicaments à risque (1/2)

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- IRA fonctionnelle par hypoperfusion : diurétiques, AINS, IEC/ARA2, anticalcineurines — risque majoré en association et lors d'une pathologie intercurrente (déshydratation). Nécrose tubulaire aiguë directe : aminosides, produits de contraste iodés, cisplatine, anticalcineurines.
- Néphrite tubulo-interstitielle aiguë immuno-allergique (indépendante de la dose) : β-lactamines, sulfamides, rifampicine, fluoroquinolones, AINS, allopurinol. Signes évocateurs : éosinophilurie, éosinophilie, rash, arthralgies — arrêt du médicament en cause impératif, pas de réintroduction.
- Néphrotoxicité chronique spécifique : lithium (diabète insipide néphrogénique), ténofovir (tubulopathie proximale/Fanconi), anticalcineurines (artériolopathie oblitérante quasi constante si traitement prolongé), analgésiques au long cours (nécrose papillaire).
- Produits de contraste iodés : prévention par hydratation (NaCl 9‰ ou bicarbonate IV avant/après), utilisation de la dose la plus faible possible, arrêt de la metformine le jour de l'examen (risque d'acidose lactique si IRA, reprise à 48h). Pas d'arrêt nécessaire des IEC.
#004
Iatrogénie : prescription chez l'insuffisant rénal (2/2)

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- Règles de prescription des bloqueurs du SRA (IEC/ARA2) : introduction à hémodynamique stable, sans AINS associé, augmentation progressive par paliers avec surveillance créatininémie/kaliémie à chaque changement de dose. Arrêt transitoire si fièvre ou troubles digestifs.
- Règles AINS chez l'IRC : contre-indication formelle si DFG < 30 mL/min, prescription limitée à 3-5 jours et surveillance si DFG 30-60 mL/min. Toujours éviter l'association de plusieurs médicaments néphrotoxiques (potentialisation du risque).
- Chez l'insuffisant rénal non dialysé : adapter la posologie au DFG (formule de Cockcroft selon le Vidal), préférer les médicaments à élimination non rénale (biliaire), allonger l'intervalle entre les prises, doser les taux plasmatiques si possible. Diurétiques épargneurs de K+ contre-indiqués si DFG < 30.
- Chez le dialysé : tout médicament épuré par la dialysé doit être pris en FIN de séance. Risque accru de troubles du rythme sous anti-arythmiques par variations rapides de la kaliémie pendant la séance — surveillance rapprochée indispensable.
#005
Transplantation rénale : principes et attribution

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- Résultats : améliore et prolongé la survie par rapport à la dialysé — 90 % de survie du greffon à 1 an, 60 % à 10 ans. Pénurie d'organes persistante : seul 1 patient sur 4 sera transplanté dans l'année, environ 350 décès par an en liste d'attente.
- Donneur décédé en état de mort encéphalique = source la plus importante (consentement présumé depuis 2017, taux de refus français ~32 %). Donneur vivant (15 % en France vs 45 % aux USA) : apparenté, conjoint ou lien affectif stable ≥ 2 ans — meilleure survie du greffon (76 % à 10 ans vs 60 %).
- Attribution nationale selon la compatibilité ABO + HLA (le Rhésus n'est pas pris en compte), la présence d'Ac anti-HLA, l'ancienneté d'inscription et la durée de dialysé. Test cross-match systématique juste avant transplantation : sa positivité contre-indiqué la greffé.
- Traitement immunosuppresseur à ne JAMAIS interrompre : traitement d'induction (Ac déplétants ou basiliximab) puis d'entretien (référence : tacrolimus + mycophénolate + corticoïdes). Alternative sans anticalcineurine (néphrotoxique) : inhibiteurs de m-TOR (sirolimus, évérolimus) ou bélatacept.
#006
Reins du sujet âgé

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- Créatininémie faussée par la baisse de masse musculaire : une créatininémie à 135 µmol/L peut traduire une IRC stade IV chez un sujet âgé dénutri. Formule de Cockcroft peu précise après 75 ans — préférer CKD-EPI ou la cystatine C si décision thérapeutique importante.
- Troubles hydroélectrolytiques fréquents par réduction des capacités d'adaptation : risque d'hyponatrémie (16 % en population gériatrique, apports hydriques excessifs ou psychotropes), hyperkaliémie aggravée par IEC/ARA2/AINS, hypocalcémie par carence en vitamine D fréquente.
- IRA du sujet âgé : incidence augmentant exponentiellement avec l'âge. Causes principales — fonctionnelle (hypovolémie, IEC/ARA2/AINS/diurétiques), néphrotoxique, obstacle (adénome/cancer prostatique, cancer pelvien). IRC : prévalence massive (DFG < 60 chez 50 % des > 85 ans).
- Aucune limité d'âge théorique pour la dialysé ou la transplantation — décision à envisager avec le patient selon comorbidités, fragilité et autonomie. Dialysé péritonéale particulièrement adaptée (traitement à domicile). Régime hypoprotidique généralement inutile et risqué (dénutrition).