#001
Classification anatomique des fractures

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- La fracture de l'extrémité inférieure du radius (poignet) est l'une des fractures les plus fréquentes en traumatologie, avec une distribution bimodale : sujet jeune (traumatisme à haute énergie) et sujet âgé ostéoporotique (chute de sa hauteur).
- Mécanisme lésionnel classique : chute sur la paume de la main en extension modérée (10%) du poignet, entraînant un déplacement postérieur typique donnant la déformation « en dos de fourchette » (Pouteau-Colles) ou plus rarement antérieur (Goyrand-Smith).
- Classification descriptive systématique reposant sur 5 critères : type de fracture, déplacement, degré de comminution, lésions associées (styloïde ulnaire, scaphoïde, diastasis scapho-lunaire), et qualité osseuse sous-jacente.
- Formes cliniques à connaître par leur éponyme : Pouteau-Colles (déplacement postérieur, la plus fréquente), Gérard-Marchant (variante avec refend articulaire), Goyrand-Smith (déplacement antérieur, plus instable).
#002
Importance de la comminution et bilan radiographique

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- Bilan radiographique de référence : radiographies du poignet de face et de profil, comprenant systématiquement les articulations sus- et sous-jacentes (coude et main) ; incidences complémentaires (scaphoïde) si doute sur une lésion associée.
- La comminution (fragmentation du foyer de fracture, notamment dorsale) est un critère majeur d'instabilité : plus elle est importante, plus le risque de déplacement secondaire sous plâtre est élevé, orientant vers un traitement chirurgical d'emblée.
- Autres critères d'instabilité à rechercher systématiquement : fracture associée de l'ulna, âge > 60 ans, bascule dorsale initiale > 20°, atteinte articulaire (trait intra-articulaire) — leur cumul renforcé l'indication chirurgicale.
- Le scanner (TDM) apporte un intérêt majeur dans l'analyse fine de la comminution et des traits articulaires complexes, notamment pour planifier une éventuelle ostéosynthèse.
#003
Prise en charge thérapeutique

Capture de cours ECN (usage pédagogique)
- But du traitement : réduire les fractures déplacées et stabiliser le foyer par un traitement orthopédique (si fracture stable après réduction) ou chirurgical (si réduction instable ou critères d'instabilité présents).
- Traitement orthopédique : réduction par manœuvre externe sous anesthésie loco-régionale (ALR) ou générale, immobilisation par manchette plâtrée (type BABP) 3 semaines puis relais par manchette résine 3 semaines supplémentaires.
- 3 méthodes chirurgicales principales : ostéosynthèse par plaques (vissées, souvent volaires, permettant une mobilisation précoce), embrochage percutané intra-focal (technique de Kapandji), fixateur externe (réservé aux ouvertures cutanées et fractures très comminutives).
- Le fixateur externe est indiqué en cas d'ouverture cutanée, de comminution fracturaire importante, ou souvent associé à un autre moyen d'ostéosynthèse ; chez la personne âgée à faible demandé fonctionnelle, un traitement orthopédique peut se concevoir même si la fracture est instable.
#004
Complications — syndrome douloureux régional complexé

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- Le syndrome douloureux régional complexé (SDRC, ou syndrome algo-neuro-dystrophique) est une complication classique des fractures du poignet, se manifestant à distance de la prise en charge initiale par des douleurs de la main, un œdème et une raideur digitale.
- Diagnostic : radiographies standard montrant une déminéralisation mouchetée caractéristique, et scintigraphie osseuse montrant une hyperfixation aux 3 temps, précoce et sensible pour confirmer le diagnostic.
- Autre complication grave à ne pas manquer : le syndrome de Volkmann (rétraction ischémique des muscles fléchisseurs), avec griffe irréductible des doigts par flexion du poignet, hyperextension des métacarpo-phalangiennes et flexion des phalanges — lié à une ischémie de l'avant-bras.
- Prise en charge du SDRC : rééducation précoce et adaptée (mobilisation douce, lutte contre l'œdème), traitement antalgique, kinésithérapie prolongée ; le pronostic est habituellement favorable mais l'évolution peut être longue (plusieurs mois).
Devant tout syndrome de Volkmann suspecté (griffe des doigts, douleur à l'étirement passif des fléchisseurs), l'aponévrotomie de décharge en urgence est le seul geste susceptible de préserver la fonction de la main : chaque heure d'ischémie aggravé le pronostic.