#001

Définir le patient traumatisé sévère

Classifications utiles en imagerie des traumatismes des membres
Le polytraumatisé impose de traiter les urgences vitales avant de détailler les classifications orthopédiques.

Captures de cours ECN extraites du SSD1 (usage pédagogique)

  • Un polytraumatisé est un patient chez qui plusieurs lésions traumatiques peuvent menacer le pronostic vital ou fonctionnel.
  • Le terme pratique actuel est souvent traumatisé sévère, car la gravité doit être suspectée avant le bilan complet.
  • L'orthopédie intervient tôt pour contrôler hémorragie, bassin, rachis, fractures ouvertes, membres menacés et immobilisations.
  • Le piège est de se focaliser sur une fracture impressionnante alors que l'hémorragie, l'hypoxie ou le traumatisme crânien tuent d'abord.
Source principale: HAS EDN item 334 + SSD1 item 201
#002

Priorité initiale : ABCDE

  • A : voies aériennes avec protection du rachis cervical ; B : ventilation, thorax, pneumothorax suffocant.
  • C : hémorragie, choc, accès vasculaires, transfusion, bassin ; D : Glasgow, pupilles, déficit neurologique.
  • E : exposition complète, hypothermie, examen cutané et retournement prudent après stabilisation.
  • Toute aggravation impose de reprendre depuis A, pas de poursuivre mécaniquement le bilan secondaire.
La lésion orthopédique spectaculaire ne doit jamais interrompre la séquence ABCDE.
Source principale: CE-MIR traumatismes sévères
#003

Rôle orthopédique dans le damage control

  • Le damage control orthopédique vise à stabiliser vite, limiter le saignement et éviter une chirurgie longue chez un patient instable.
  • Les gestes typiques sont contention pelvienne, fixateur externe, parage d'urgence, réduction d'une luxation et immobilisation provisoire.
  • La chirurgie définitive est différée si hypothermie, acidose, coagulopathie, choc ou lésions vitales non contrôlées.
  • Le bon timing dépend du terrain, de la stabilité hémodynamique, du bilan lésionnel et de la coordination anesthésie-réanimation.
Source principale: SSD1 item 201 + CE-MIR traumatismes sévères
#004

Contrôle de l'hémorragie externe

  • Compression directe, pansement compressif et garrot tourniquet contrôlent les hémorragies de membre accessibles.
  • Un garrot se pose large, serré jusqu'à arrêt du saignement, avec heure de pose notée clairement.
  • Ne pas retirer un garrot efficace avant d'être en capacité de contrôler l'hémorragie en milieu adapté.
  • Une plaie ouverte de membre doit être couverte stérilement, immobilisée et traitée par antibioprophylaxie selon protocole.
Source principale: CE-MIR traumatismes sévères
#005

Bassin : hémorragie rétropéritonéale

Radiographies de fractures traumatiques des membres et du bassin
Le bassin instable peut saigner massivement ; la contention pelvienne est un geste de stabilisation précoce.

Captures de cours ECN extraites du SSD1 (usage pédagogique)

  • Toute instabilité hémodynamique après traumatisme à haute énergie doit faire suspecter une fracture instable du bassin.
  • La ceinture pelvienne se pose au niveau des grands trochanters, avant mobilisations répétées.
  • Éviter les tests de mobilité du bassin répétés, qui peuvent rompre un caillot stabilisateur.
  • Selon l'état, la suite associé TDM injectée, embolisation, packing prépéritonéal ou fixation externe.
Sang au méat urétral = ne pas sonder avant d'avoir éliminé une lésion urétrale.
Source principale: CE-MIR traumatismes sévères
#006

Rachis et moelle

  • Protéger le rachis cervical dès le contact si mécanisme à haute énergie, douleur rachidienne, déficit neurologique ou conscience altérée.
  • Chercher déficit sensitivo-moteur, niveau sensitif, priapisme, rétention, abolition réflexe ou syndrome pyramidal.
  • Le choc spinal associé hypotension et bradycardie relative, par perte du tonus sympathique.
  • La TDM du rachis est centrale chez le traumatisé sévère ; l'IRM complète si suspicion médullaire non expliquée.
Source principale: HAS EDN item 334 + CE-MIR traumatismes sévères
#007

Membre menacé : bilan neurovasculaire

  • Avant et après réduction : pouls distaux, recoloration, température, sensibilité et motricité doivent être consignés.
  • Une douleur ischémique, pâleur, froideur, pouls aboli ou déficit moteur impose avis vasculaire/orthopédique immédiat.
  • Un pouls présent n'exclut pas une lésion intimale, surtout près du genou, du coude ou après luxation.
  • L'angioscanner se discuté si anomalie vasculaire, traumatisme pénétrant, luxation de genou ou suspicion de lésion artérielle.
Source principale: SSD1 item 201 + CE-MIR traumatismes sévères
#008

Syndrome des loges

  • Le signe précoce est une douleur disproportionnée, résistante, aggravée par l'étirement passif des muscles de la loge.
  • Paresthésies et tension de loge sont précoces ; abolition des pouls et pâleur sont tardives.
  • Fendre toute immobilisation compressive et appeler le chirurgien ; la mesuré de pression aide si doute.
  • La fasciotomie ne doit pas être retardée si le tableau est typique.
Les pouls peuvent être conservés dans un syndrome des loges débutant.
Source principale: SSD1 item 201 + ITEM 361
#009

Fracture ouverte

  • Documenter taille, contamination, exposition osseuse, perte de substance, état cutané, neurovasculaire et mécanisme.
  • Couvrir stérilement, immobiliser, traiter la douleur, mettre à jeun et débuter antibioprophylaxie selon grade et protocole local.
  • Le parage chirurgical vise à retirer les tissus non viables, laver, prélever si besoin et stabiliser.
  • Le choix fixation externe/interne dépend de contamination, tissus mous, stabilité générale et stratégie de couverture.
Source principale: SSD1 item 201 + cours fractures/entorses/luxations
#010

Luxations à réduire vite

  • Réduire en urgence une luxation avec déficit vasculaire, compression nerveuse, menaçé cutanée ou douleur incontrôlable.
  • La radiographie pré-réduction est souhaitable si elle ne retardé pas un geste vital ou un membre menacé.
  • Après réduction : nouvel examen neurovasculaire, contrôle radiographique et immobilisation adaptée.
  • Les luxations de genou, hanche, coude et épaule peuvent cacher fractures et lésions vasculo-nerveuses.
Source principale: SSD1 item 201 + ITEM 357
#011

Imagerie au déchocage

Radiographies traumatiques de face et de profil
Les radiographies simples restent indispensables pour reconnaître anatomie, sémiologie et lésions évidentes.

Captures de cours ECN extraites du SSD1 (usage pédagogique)

  • Chez l'instable, radiographie thorax/bassin et eFAST guident les gestes immédiats.
  • Chez le stabilisé, le scanner corps entier injecté recherché les lésions crâniennes, rachidiennes, thoraco-abdomino-pelviennes.
  • Pour les membres, toujours demander deux incidences orthogonales et inclure les articulations voisines si besoin.
  • L'imagerie ne doit pas retarder réduction, garrot, contention pelvienne ou drainage thoracique devant urgence clinique.
Source principale: HAS EDN item 334 + SSD1 imagerie traumatismes
#012

Bilan des fractures des membres

Radiographies de fractures diaphysaires, métaphysaires et épiphysaires
Décrire localisation, trait, déplacement et atteinte articulaire conditionné le traitement.

Captures de cours ECN extraites du SSD1 (usage pédagogique)

  • Décrire segment, localisation, trait, déplacement, comminution, ouverture et extension articulaire.
  • Chercher les lésions associées : cutanée, vasculaire, nerveuse, tendineuse et articulaire.
  • Une fracture diaphysaire impose de regarder articulation sus- et sous-jacente.
  • Le scanner précise les fractures articulaires complexes et la stratégie opératoire.
Source principale: SSD1 imagerie traumatismes
#013

Classifications utiles sans se perdre

Classification Garden des fractures du col fémoral
Certaines classifications orientent directement le risque et le traitement, comme Garden pour le col fémoral.

Captures de cours ECN extraites du SSD1 (usage pédagogique)

  • Garden évalue le déplacement cervical fémoral et le risque vasculaire de la tête.
  • Salter-Harris classe les fractures du cartilage de croissance chez l'enfant.
  • Duparc/Alnot aide pour les fractures bimalléolaires selon le niveau fibulaire.
  • Gustilo classe les fractures ouvertes selon ouverture, contamination, couverture et atteinte vasculaire.
Source principale: SSD1 imagerie traumatismes
#014

Antalgie, immobilisation, hypothermie

  • La douleur non traitée augmenté stress, agitation, difficultés d'examen et consommation d'oxygène.
  • Immobiliser tôt diminué douleur, saignement, lésions secondaires et risque cutané.
  • Prévenir l'hypothermie par couverture, fluides réchauffés et limitation de l'exposition prolongée.
  • Hypothermie, acidose et coagulopathie forment une triade délétère qui aggravé le saignement.
Source principale: CE-MIR traumatismes sévères
#015

Coordination et transmission

  • La prise en charge se fait en équipe : urgentiste, anesthésiste-réanimateur, radiologue, chirurgiens et transfusion.
  • Transmettre mécanisme, heure, constantes, gestes faits, garrot, traitements, allergies et bilan neurovasculaire.
  • Un schéma des lésions et immobilisations évite les oublis lors du transfert ou du passage au bloc.
  • Les décisions doivent être réévaluées à chaque changement hémodynamique ou neurologique.
Source principale: HAS EDN item 334
#016

Pièges classiques

  • S'occuper d'une fracture ouverte avant un choc hémorragique non contrôlé est une erreur de priorité.
  • Sous-estimer une luxation de genou réduite exposé à manquer une lésion poplitée.
  • Mobiliser plusieurs fois un bassin instable peut aggraver l'hémorragie.
  • Oublier le contrôle radiologique post-réduction peut laisser une fracture-luxation ou une réduction insuffisante.
Source principale: Synthèse SSD1 item 201