#001

Lecture d'un CR de biopsies prostatiques : Gleason et ISUP (1/2)

Score de Gleason — grades architecturaux 1 à 5
Représentation schématique des 5 grades de Gleason : du grade 1 (glandes bien différenciées) au grade 5 (absence de formation glandulaire). Le score additionne les deux grades les plus représentés. Les grades 1 et 2 ne sont plus utilisés en pratique (non reproductibles sur biopsie).

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  • Le CR de biopsies prostatiques mentionné pour chaque carotte : longueur du tissu tumoral/longueur totale, grade de Gleason (score = grade prédominant + grade le plus péjoratif si ≥5 %), et groupe ISUP correspondant.
  • Groupes ISUP 2016 : Gr.1 = Gleason 6 (3+3) ; Gr.2 = Gleason 7 (3+4) ; Gr.3 = Gleason 7 (4+3) ; Gr.4 = Gleason 8 (4+4, 3+5, 5+3) ; Gr.5 = Gleason 9-10.
  • La distinction ISUP 2 (3+4) vs ISUP 3 (4+3) est pronostique majeure : ISUP 3 = proportion de grade 4 >50 %, risque de récidive biochimique significativement plus élevé.
  • Le CR doit préciser : nombre de biopsies positives/nombre total par sextant, pourcentage de tissu tumoral par carotte, présence d'engainement périnerveux, d'invasion vasculaire ou d'extension extraprostatique.
#002

Lecture d'un CR de biopsies prostatiques : Gleason et ISUP (2/2)

Adénocarcinome prostatique — micrographie HES
Micrographie d'un adénocarcinome prostatique acinaire (HES, grossissement intermédiaire) : l'architecture glandulaire désorganisée avec perte de la couché basale permet de poser le diagnostic et de déterminer le grade de Gleason.

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  • Le score minimal rapporté = Gleason 6 (3+3) = ISUP 1. Un Gleason 6 n'est PAS un cancer de bas grade « par convention » mais le grade le plus faible diagnostiqué en pratique — cela ne préjuge pas de l'absence de lésion plus agressive en dehors des biopsies.
  • Éléments additionnels à rechercher dans le CR : présence de PIN (néoplasie intra-épithéliale) de haut grade, de carcinome intraductal (IDC-P, facteur de mauvais pronostic), ou de composante cribriforme (reclassement vers ISUP ≥3).
Piège classique : un Gleason 3+4 avec composante cribriforme doit être reclassé en ISUP 3 (4+3 équivalent) car le pattern cribriforme a un pronostic similaire au grade 4.
#003

CR de pièce de prostatectomie : pTNM et marges chirurgicales (1/2)

Extension extraprostatique du cancer de la prostate
Micrographie d'un adénocarcinome prostatique avec extension extraprostatique (pT3a) : les cellules tumorales franchissent la capsule prostatique vers le tissu adipeux péri-prostatique. C'est l'élément clé du staging pathologique post-prostatectomie.

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  • Le CR de pièce de prostatectomie est le gold standard de la stadification : il fournit le stade pT, le grade ISUP final, le statut des marges, et le stade pN si curage associé.
  • Stade pT : pT2 = confiné à la prostate ; pT3a = extension extraprostatique (EPE) ; pT3b = envahissement des vésicules séminales ; pT4 = envahissement des structures adjacentes (col vésical, sphincter externe, rectum).
  • Marges chirurgicales (R) : R0 = marges négatives ; R1 = marges positives (tumeur au contact de l'encre). Marges R1 = facteur de risque majeur de récidive biochimique, surtout si étendues ou multifocales.
  • Le grade ISUP final sur pièce peut différer du grade biopsique : upgrading (passage à un groupe supérieur) observé dans 30-40 % des cas, surtout pour les ISUP 1 biopsiques.
#004

CR de pièce de prostatectomie : pTNM et marges chirurgicales (2/2)

Prostatectomie radicale — avant/après
Prostatectomie radicale : la pièce opératoire comprend la prostate, les vésicules séminales et éventuellement les ganglions du curage pelvien. L'analyse anatomopathologique complète de la pièce fournit le stade pTNM définitif, les marges, et le volume tumoral.

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  • Éléments pronostiques additionnels : volume tumoral, nombre de foyers tumoraux, pourcentage de grade 4/5, invasion vasculaire, engainement périnerveux, carcinome intraductal (IDC-P).
  • Le curage ganglionnaire (pN) est évalué si réalisé : pN0 = pas de métastase ganglionnaire, pN1 = métastase(s) ganglionnaire(s) régionale(s). Nombre de ganglions envahis/nombre total prélevé.
Un upgrading sur pièce de prostatectomie (ex : biopsie ISUP 1 → pièce ISUP 3) est un argument rétrospectif en faveur d'une surveillance activé insuffisante — il justifie des critères d'inclusion stricts.
#005

Classification OMS 2022 des tumeurs urothéliales (1/2)

Carcinome urothélial papillaire non invasif de haut grade
Micrographie d'un carcinome urothélial papillaire non invasif de haut grade (Ta HG) : les axes papillaires sont tapissés d'un urothélium pluristratifié avec atypies marquées, mitoses nombreuses et désorganisation architecturale, sans franchissement de la membrane basale.

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  • La classification OMS 2022 distingue : tumeurs urothéliales papillaires (non invasives et invasives), carcinome in situ (CIS/Tis), et tumeurs non urothéliales (carcinome épidermoïde, adénocarcinome, carcinome neuroendocrine).
  • Tumeurs papillaires non invasives (Ta) : papillome urothélial (bénin, rare), néoplasme urothélial papillaire à faible potentiel de malignité (PUNLMP), carcinome urothélial papillaire de bas grade (Ta LG), et de haut grade (Ta HG).
  • Le grading OMS 2022 conservé la classification à 2 grades (bas grade/haut grade) pour les tumeurs urothéliales. Le système à 3 grades (G1/G2/G3 de l'OMS 1973) est abandonné.
  • Variants histologiques du carcinome urothélial (OMS 2022) : micropapillaire, plasmacytoïde, sarcomatoïde, nested, à cellules en bague à chaton, à cellules claires — ces variants ont un pronostic plus défavorable et sont souvent d'emblée infiltrants.
#006

Classification OMS 2022 des tumeurs urothéliales (2/2)

Carcinome urothélial pT1 avec réaction stromale
Carcinome urothélial de stade pT1 : les cellules tumorales envahissent le chorion (lamina propria) sous-jacent à la membrane basale, avec réaction stromale inflammatoire. La distinction Ta/T1 est capitale pour la prise en charge thérapeutique.

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  • Le staging pathologique des tumeurs de vessie repose sur la profondeur d'invasion : Ta = non invasif, Tis = CIS, T1 = chorion, T2a = musculeuse superficielle, T2b = musculeuse profonde, T3 = graisse périvésicale, T4 = organes adjacents.
  • Nouveauté OMS 2022 : reconnaissance formelle du carcinome urothélial à différenciation divergente (glandulaire, squameuse, trophoblastique) comme entité pronostique distincte.
Attention : les variants histologiques (micropapillaire, plasmacytoïde, sarcomatoïde) sont une indication de cystectomie radicale d'emblée, même au stade T1 — la RTUV seule est insuffisante.
#007

Carcinome in situ (CIS) vésical (1/2)

Histopathologie du carcinome urothélial vésical
Histopathologie d'un carcinome urothélial de la vessie (HES) : le CIS est un carcinome de haut grade, plan (non papillaire), limité à l'urothélium. Il se caractérise par des cellules atypiques avec gros noyaux hyperchromatiques et mitoses anormales, sans invasion du chorion.

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  • Le CIS vésical (Tis) est un carcinome urothélial de haut grade, plan, intra-épithélial, considéré comme un précurseur du carcinome infiltrant (T2+). Il est toujours de haut grade par définition.
  • Aspect cystoscopique : muqueuse érythémateuse, veloutée, parfois indiscernable de la muqueuse normale — d'où l'intérêt de la fluorescence (PDD) et des biopsies systématiques (mapping vésical).
  • Diagnostic histologique : atypies cellulaires de pleine épaisseur de l'urothélium, noyaux hyperchromatiques volumineux, rapport nucléo-cytoplasmique élevé, mitoses atypiques, SANS invasion du chorion.
  • CIS isolé (primaire) vs CIS associé à une tumeur papillaire (concomitant) : le CIS concomitant aggravé le pronostic des tumeurs Ta/T1 et augmenté le risque de récidive et de progression.
#008

Carcinome in situ (CIS) vésical (2/2)

Cystoscopie en lumière bleue (fluorescence)
Cystoscopie en lumière bleue (PDD, photodynamic diagnosis) : l'hexaminolévulinate (Hexvix) se concentré dans les cellules urothéliales atypiques et émet une fluorescence rosé, améliorant la détection du CIS (sensibilité +20 % vs lumière blanche).

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  • Traitement de référence du CIS isolé ou après RTUV : instillations endovésicales de BCG (protocole d'induction + maintenance SWOG 3 ans). Le BCG est le seul traitement ayant démontré une réduction du risque de progression.
  • En cas d'échec du BCG (CIS persistant à 6 mois ou récidive sous maintenance) : cystectomie radicale recommandée. Alternatives : pembrolizumab intravésical (essai KEYNOTE-676), nadofaragene firadenovec (Adstiladrin).
Le CIS est le seul stade où le grading n'est pas mentionné car il est par définition de haut grade. Un CIS multifocal ou associé à une atteinte de l'urètre prostatique est un facteur de risque majeur de progression.
#009

CR de pièce de cystectomie : staging pathologique (1/2)

Stades T du cancer de la vessie
Schéma des stades T du cancer de la vessie (Ta à T4) : la profondeur d'invasion dans la paroi vésicale détermine le stade pathologique et conditionné le pronostic. La distinction T2a/T2b (musculeuse superficielle/profonde) a un impact pronostique modéré.

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  • Le CR de pièce de cystectomie est le gold standard de la stadification du cancer de la vessie infiltrant le muscle (TVIM). Il détermine le pronostic et guidé la décision de chimiothérapie adjuvante.
  • Éléments indispensables du CR : stade pT (profondeur d'invasion), stade pN (ganglions régionaux), type histologique (urothélial pur ou variants), marges chirurgicales (uretères, urètre, marges de tissu mou).
  • Classification pT : pT2a = musculeuse superficielle (moitié interne) ; pT2b = musculeuse profonde (moitié externe) ; pT3a = graisse périvésicale microscopique ; pT3b = graisse périvésicale macroscopique ; pT4a = prostate, utérus, vagin ; pT4b = paroi pelvienne ou abdominale.
  • Le curage ganglionnaire étendu (pN) est fondamental : ≥16 ganglions recommandés pour un staging adéquat. pN1 = 1 ganglion régional positif, pN2 = ≥2 ganglions régionaux, pN3 = ganglion iliaque commun.
#010

CR de pièce de cystectomie : staging pathologique (2/2)

Classification TNM du cancer de la vessie
Classification TNM complète du cancer de la vessie : le CR de pièce de cystectomie doit préciser le stade pT, pN (nombre de ganglions envahis/prélevés), le type histologique, les variants, le statut des marges (uretères, urètre, tissu mou périvésical).

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  • L'invasion lymphovasculaire (LVI) sur la pièce de cystectomie est un facteur de mauvais pronostic indépendant, associé à un risque accru de récidive métastatique.
  • Downstaging (pT0/pTis sur la pièce après chimiothérapie néoadjuvante) : facteur pronostique très favorable. Un pT0 post-chimiothérapie néoadjuvante est obtenu dans 15-25 % des cas.
#011

Grade nucléaire ISUP/OMS du cancer du rein (1/2)

Carcinome à cellules claires du rein — grade 1 ISUP
Carcinome à cellules claires du rein, grade 1 ISUP (fort grossissement, HES) : noyaux ronds, réguliers, petits, avec nucléoles absents ou inapparents à x400. Le grade nucléaire est le facteur pronostique histologique le plus puissant dans le cancer du rein.

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  • L'ancien grade de Fuhrman (4 grades basés sur taille nucléaire, irrégularités et nucléoles) a été remplacé par le grade nucléaire ISUP/OMS 2016-2022, basé uniquement sur la proéminence nucléolaire et la morphologie nucléaire.
  • Grade ISUP 1 : nucléoles absents ou inapparents à x400 ; Grade 2 : nucléoles visibles à x400 mais pas à x100 ; Grade 3 : nucléoles proéminents visibles à x100 ; Grade 4 : différenciation sarcomatoïde et/ou rhabdoïde, ou cellules géantes plurinucléées.
  • Le grade ISUP s'applique aux carcinomes à cellules claires (ccRCC) et papillaires (pRCC). Il ne s'applique PAS au carcinome chromophobe (pronostic généralement favorable, grading non validé).
  • Grade ISUP 4 (sarcomatoïde/rhabdoïde) : pronostic très défavorable, considéré comme un marqueur d'agressivité biologique quelle que soit le sous-type histologique. Indication potentielle d'immunothérapie adjuvante.
#012

Grade nucléaire ISUP/OMS du cancer du rein (2/2)

Carcinome à cellules claires — grade 3 ISUP
Carcinome à cellules claires du rein, grade 3 ISUP : noyaux irréguliers avec nucléoles proéminents et éosinophiles visibles à x100 (faible grossissement). Le grade 3 représente un pronostic intermédiaire-défavorable.

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  • Le grade est reporté sur les biopsies rénales percutanées (avant chirurgie conservatrice ou surveillance activé de petites masses rénales) et sur la pièce opératoire (néphrectomie partielle ou totale).
Le grade de Fuhrman est obsolète depuis 2016, mais encore parfois utilisé en pratique courante — toujours exiger le grade ISUP/OMS sur les CR d'anatomopathologie.
#013

Classification histologique des tumeurs rénales (OMS 2022) (1/2)

Carcinome à cellules claires (ccRCC) — histologie conventionnelle
Carcinome à cellules claires (ccRCC, 70-80 % des tumeurs rénales malignes) : cellules à cytoplasme clair riche en glycogène et lipides, architecture alvéolaire ou acinaire, réseau vasculaire sinusoïdal caractéristique. Altération du gène VHL (3p25) dans >90 % des cas.

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  • Classification OMS 2022 des tumeurs rénales malignes de l'adulte : ccRCC (70-80 %), pRCC type 1 et 2 (10-15 %), chRCC (5 %), carcinome des tubes collecteurs (<1 %), carcinome médullaire rénal, carcinome à translocation TFE3/TFEB, et nouvelles entités moléculaires.
  • Nouvelles entités OMS 2022 : RCC à déficience en ELOC (anciennement « non classifié »), RCC associé à la sclérose tubéreuse de Bourneville, RCC TFEB-amplifié (distinct de la translocation).
  • L'oncocytome (3-7 % des tumeurs rénales) est une tumeur bénigne : cellules oncocytaires éosinophiles, cicatrice centrale. Aucune métastase rapportée. IHC : CK7-/CD117+. Diagnostic différentiel principal avec le chRCC éosinophile.
  • L'angiomyolipome (AML) est la tumeur bénigne mésenchymateuse la plus fréquente du rein : composantes vasculaire, musculaire lisse et adipeuse. Association avec la sclérose tubéreuse de Bourneville (LAM). IHC : HMB45+/Melan-A+.
#014

Classification histologique des tumeurs rénales (OMS 2022) (2/2)

Carcinome papillaire du rein — type 1
Carcinome papillaire du rein (pRCC) type 1 (fort grossissement, HES) : architecture papillaire avec axes centraux fibrovasculaires recouverts d'une seule couché de cellules basophiles. Le type 1 (10-15 % des RCC) a un meilleur pronostic que le type 2.

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  • Le pRCC type 2 (cellules éosinophiles, pseudo-stratification nucléaire) a un pronostic plus défavorable que le type 1. Il est souvent associé à des altérations de la voie CDKN2A ou NRF2.
  • Tumeurs rénales héréditaires à connaître : syndrome de VHL (ccRCC multiples), syndrome de Birt-Hogg-Dubé (oncocytome/chRCC), leiomyomatose héréditaire et cancer rénal (pRCC type 2 FH-déficient, très agressif).
  • Le carcinome médullaire rénal est quasi-pathognomonique du trait drépanocytaire (HbAS) : tumeur très agressive du sujet jeune. Perte d'expression de SMARCB1/INI1 en IHC.
#015

Tumeurs testiculaires germinales : séminome et non-séminome (1/2)

Séminome — histopathologie HES fort grossissement
Séminome pur (HES, fort grossissement) : nappes de grandes cellules uniformes à cytoplasme clair glycogénique, noyaux centraux ronds avec nucléole proéminent, stroma lymphoïde caractéristique. C'est la tumeur germinale la plus fréquente (40-50 %), typiquement 30-40 ans.

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  • La classification OMS 2022 distingue : tumeurs germinales dérivées de la néoplasie germinale in situ (GCNIS) — séminome et tumeurs non séminomateuses (TNS) — et tumeurs germinales non dérivées de GCNIS (séminome spermatocytaire, tératome prépubère).
  • Séminome pur (40-50 %) : IHC = OCT3/4+, PLAP+, c-KIT/CD117+, D2-40+. AFP toujours normale. HCG élevée dans 10-15 % (composante syncytiotrophoblastique).
  • Tumeurs non séminomateuses (TNS) : carcinome embryonnaire (CD30+, OCT3/4+), tumeur vitelline (AFP+, Glypican-3+), choriocarcinome (HCG+++, cytotrophoblaste + syncytiotrophoblaste), tératome (mature/immature).
  • Le CR d'orchidectomie doit préciser : taille tumorale, type histologique avec pourcentage de chaque composante, stade pT (pT1 = limité au testicule sans LVI, pT2 = LVI ou invasion hilaire, pT3 = cordon spermatique, pT4 = scrotum), invasion vasculaire.
#016

Tumeurs testiculaires germinales : séminome et non-séminome (2/2)

Tumeur germinale mixte — carcinome embryonnaire + séminome
Tumeur germinale mixte contenant du carcinome embryonnaire et du séminome : les tumeurs non séminomateuses (TNS) peuvent associer plusieurs contingents (carcinome embryonnaire, tumeur vitelline, choriocarcinome, tératome). Chaque composante doit être quantifiée (%) dans le CR.

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  • La néoplasie germinale in situ (GCNIS, ex-CIS testiculaire) : précurseur commun de toutes les tumeurs germinales post-pubères (sauf séminome spermatocytaire). Détectée sur biopsie controlatérale si facteurs de risque (atrophie, cryptorchidie).
  • L'invasion lymphovasculaire (LVI) est le facteur pronostique clé des stades I pour décider entre surveillance et traitement adjuvant, surtout pour les TNS de stade I (protocole adapté au risque).
Piège : une élévation isolée de l'AFP avec un séminome pur histologique doit faire suspecter un contingent non séminomateux (tumeur vitelline) non échantillonné — c'est une tumeur mixte jusqu'à preuve du contraire.
#017

Classification OMS 2022 des tumeurs testiculaires (1/2)

Incidences relatives des tumeurs testiculaires
Répartition des tumeurs testiculaires par type histologique : les tumeurs germinales représentent 90-95 % des cas. Le séminome et les tumeurs germinales mixtes sont les deux formes les plus fréquentes. Les tumeurs du stroma gonadique (Leydig, Sertoli) sont rares.

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  • Tumeurs germinales dérivées de GCNIS (post-pubères) : séminome, carcinome embryonnaire, tumeur vitelline (yolk sac), choriocarcinome, tératome post-pubère, tumeurs mixtes. Tumeurs non dérivées de GCNIS : séminome spermatocytaire (>50 ans, bénin), tératome prépubère.
  • Tumeurs du stroma gonadique (5 %) : tumeur à cellules de Leydig (la plus fréquente, 1-3 %, souvent bénigne, gynécomastie), tumeur à cellules de Sertoli (rare), tumeur de la granulosa (adulte/juvénile).
  • La classification pTNM 2022 du testicule : pT1a = tumeur <3 cm sans LVI ; pT1b = tumeur ≥3 cm sans LVI ; pT2 = LVI et/ou invasion du hile ou de l'épididyme ; pT3 = invasion du cordon spermatique ; pT4 = invasion du scrotum.
  • Marqueurs sériques : AFP (tumeur vitelline, carcinome embryonnaire), HCG (choriocarcinome, 10-15 % des séminomes purs), LDH (volume tumoral, pronostic). Une AFP élevée exclut un séminome pur.
#018

Classification OMS 2022 des tumeurs testiculaires (2/2)

Marquage CD117/c-KIT d'une tumeur germinale mixte
Immunohistochimie CD117 (c-KIT) sur tumeur germinale mixte : marquage positif de la composante séminomateuse. Le panel IHC (OCT3/4, PLAP, CD117, CD30, AFP, HCG, Glypican-3) est indispensable pour typer précisément chaque composante tumorale.

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  • Tératome mature post-pubère : considéré comme malin (potentiel de transformation secondaire en tumeur somatique). Tératome prépubère : bénin, chirurgie conservatrice possible.
  • Le burn-out testiculaire (« regressed germ cell tumor ») : tumeur testiculaire entièrement régressée avec cicatrice fibreuse résiduelle et GCNIS. Diagnostic révélé par les métastases rétropéritonéales. Rechercher une cicatrice testiculaire à l'échographie.
#019

Anatomopathologie de la lithiase : analyse morpho-constitutionnelle (1/2)

Cristaux urinaires — oxalate de calcium
Cristaux d'oxalate de calcium (la composition lithiasique la plus fréquente, 70-80 %) : l'analyse morpho-constitutionnelle par spectrophotométrie infrarouge (SPIR) est le gold standard pour identifier la composition exacte du calcul et orienter le bilan étiologique.

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  • L'analyse de tout calcul expulsé ou extrait est OBLIGATOIRE (recommandation EAU grade fort). La spectrophotométrie infrarouge (SPIR) ou la diffraction des rayons X sont les méthodes de référence — l'analyse chimique humide est obsolète.
  • La SPIR identifié la composition moléculaire précise : oxalate de calcium monohydraté (whewellite, type Ia), oxalate de calcium dihydraté (weddellite, type IIa), acide urique (type IIIa/b), phosphate de calcium (brushite, carbapatite), struvite (phospho-ammoniaco-magnésien), cystine (type Va).
  • La morphologie du calcul est aussi importante que la composition : elle renseigne sur le mécanisme lithogénique (noyau, couches concentriques, zones de croissance). Un noyau de composition différente des couches externes orienté vers un mécanisme initiateur distinct.
  • Calculs d'oxalate de calcium monohydraté (whewellite) : durs, lisses, bruns, radio-opaques. Souvent liés à une hyperoxalurie. Calculs de weddellite : bipyramidaux, spiculés, associés à une hypercalciurie.
#020

Anatomopathologie de la lithiase : analyse morpho-constitutionnelle (2/2)

Collection de calculs rénaux et vésicaux
Collection historique de calculs urinaires illustrant la diversité morphologique : la taille, la couleur, la forme et la surface du calcul orientent déjà vers sa composition (lisse et brun = acide urique ; spiculé et brun foncé = oxalate monohydraté ; friable et blanchâtre = phosphate).

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  • Calculs d'acide urique (type III) : lisses, ronds, orangés, radio-transparents. pH urinaire acide <5,5. Répondent à l'alcalinisation urinaire (citraté de potassium). Calculs de cystine (type V) : jaune-miel, hexagonaux, contexte de cystinurie (maladie génétique autosomique récessive).
  • Calculs de struvite (type IV) : gros calculs coralliformes, associés aux infections à bactéries uréasiques (Proteus, Klebsiella, Ureaplasma). Le traitement est chirurgical ET antibiotique.
Ne jamais jeter un calcul sans l'avoir envoyé en analyse SPIR : c'est la clé du bilan étiologique et de la prévention de la récidive lithiasique.
#021

Histologie de l'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) (1/2)

Coupe histologique de prostate — HBP
Coupe histologique de tissu prostatique montrant une hyperplasie bénigne (HBP) : prolifération à la fois glandulaire (hyperplasie des acini) et stromale (fibro-musculaire), prédominant dans la zone de transition. L'HBP n'est PAS un facteur de risque de cancer de la prostate.

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  • L'HBP est une hyperplasie (augmentation du nombre de cellules) nodulaire de la zone de transition prostatique, composée de nodules glandulaires, fibreux et musculaires lisses en proportions variables.
  • Histologiquement, l'HBP associé : hyperplasie glandulaire (glandes dilatées kystiques, tapissées d'un épithélium sécrétoire à double couché conservée), hyperplasie stromale (fibres musculaires lisses et tissu conjonctif), et parfois des foyers d'inflammation chronique.
  • La couché basale est CONSERVÉE dans l'HBP (marqueurs IHC : p63+, CK5/6+, CK903/34bE12+). C'est le critère fondamental de différenciation avec l'adénocarcinome prostatique où la couché basale est absente.
  • L'HBP n'est PAS un état précancéreux : il n'y a pas de continuum histologique entre HBP et adénocarcinome. En revanche, un adénocarcinome peut coexister avec une HBP (même prostate, zones différentes).
#022

Histologie de l'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) (2/2)

Zones anatomiques de la prostate
Anatomie zonale de la prostate (McNeal) : zone périphérique (70 %, siège principal du cancer), zone de transition (5-10 %, siège de l'HBP), zone centrale (25 %, au contact des canaux éjaculateurs), stroma fibro-musculaire antérieur. L'HBP se développe exclusivement dans la zone de transition.

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  • L'examen anatomopathologique des copeaux de RTUP ou de l'adénomectomie : rechercher systématiquement un foyer d'adénocarcinome (incidentalome, stade T1a si ≤5 % des copeaux, T1b si >5 %). Signaler la présence de PIN de haut grade.
  • La prostatite chronique histologique est fréquemment observée dans les tissus d'HBP (60-70 % des pièces) : infiltrat lymphoplasmocytaire périglandulaire. Elle n'a pas de signification clinique isolée mais peut élever le PSA.
#023

Néoplasie intra-épithéliale prostatique (PIN) et précurseurs (1/2)

Adénocarcinome prostatique Gleason 3+3 avec PIN associée
Histopathologie d'un adénocarcinome prostatique Gleason 3+3 (ISUP 1) avec PIN de haut grade adjacente : les glandes PIN montrent des atypies cytologiques marquées (gros noyaux, nucléoles proéminents) AVEC conservation de la couché basale, contrairement au carcinome invasif.

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  • La PIN de haut grade (HGPIN) est le précurseur reconnu de l'adénocarcinome prostatique : atypies cytologiques (noyaux volumineux, nucléoles proéminents) au sein de glandes morphologiquement normales avec conservation de la couché basale.
  • PIN de haut grade isolée sur biopsie (sans carcinome associé) : pas d'indication de rebiopsie immédiate (recommandation EAU/CFEU 2024). Rebiopsie si PIN multifocale (>2 carottes), ou si discordance avec le PSA/IRM.
  • Le carcinome intraductal prostatique (IDC-P) est distinct de la PIN : prolifération tumorale DANS les canaux prostatiques préexistants, avec conservation partielle de la couché basale. L'IDC-P est un facteur de très mauvais pronostic (corrélé à haut volume tumoral, grade élevé).
  • L'ASAP (Atypical Small Acinar Prolifération) : foyer suspect mais insuffisant pour un diagnostic de cancer. Taux de cancer sur rebiopsie = 40-60 % → indication formelle de rebiopsie à 3-6 mois.
#024

Néoplasie intra-épithéliale prostatique (PIN) et précurseurs (2/2)

Adénocarcinome acinaire — comparaison avec PIN
Adénocarcinome prostatique acinaire (HES) : la comparaison avec la PIN de haut grade met en évidence la perte de la couché basale dans le carcinome (critère diagnostiqué majeur). L'IHC (p63, AMACR/P504S) aide à trancher dans les cas difficiles.

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  • Immunohistochimie dans les diagnostics difficiles : cocktail AMACR/P504S (positif dans le carcinome) + marqueurs de la couché basale (p63, CK903/34bE12, CK5/6) négatifs dans le carcinome, positifs dans PIN/HBP.
  • La PIN de bas grade (LGPIN) n'est plus reportée dans les CR d'anatomopathologie (pas de signification clinique, pas de risque augmenté de cancer sur rebiopsie).
L'ASAP n'est PAS un diagnostic histologique définitif mais un signal d'alarme : rebiopsie impérative dans les 3-6 mois. Un diagnostic de PIN de haut grade isolée ne justifie plus de rebiopsie systématique (contrairement aux anciennes recommandations).
#025

Immunohistochimie (IHC) en uro-oncologie (1/2)

GATA3 positif dans le carcinome urothélial
Marquage immunohistochimique GATA3 positif dans un carcinome urothélial à cellules claires : GATA3 et Uroplakin III sont les marqueurs les plus spécifiques de la différenciation urothéliale, essentiels pour le diagnostic de métastases d'origine vésicale.

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  • IHC du cancer de la prostate : PSA+, PAP+, NKX3.1+, AMACR/P504S+ (carcinome), couché basale (p63, CK903, CK5/6) absente dans le carcinome. ERG+ dans ~50 % des cas (fusion TMPRSS2-ERG).
  • IHC des tumeurs urothéliales : GATA3+ (90 % des cas, le plus spécifique), Uroplakin III+, CK20+, CK7+, p63+. Panel utile pour les métastases de primitif inconnu.
  • IHC des tumeurs rénales : ccRCC = CA-IX+, PAX8+, CD10+, CK7-/faible ; pRCC = CK7+, AMACR+, PAX8+ ; chRCC = CK7+, CD117+, PAX8+ ; oncocytome = CK7-, CD117+, PAX8+.
  • IHC des tumeurs germinales testiculaires : séminome = OCT3/4+, PLAP+, CD117+, D2-40+ ; carcinome embryonnaire = OCT3/4+, CD30+, CK+ ; tumeur vitelline = AFP+, Glypican-3+ ; choriocarcinome = HCG+, inhibine-.
#026

Immunohistochimie (IHC) en uro-oncologie (2/2)

Oncocytome rénal — pièce de néphrectomie
Pièce de néphrectomie d'un oncocytome rénal : cellules éosinophiles uniformes, cicatrice centrale. L'IHC (CK7-/CD117+) et l'absence d'atypies marquées le distinguent du carcinome chromophobe éosinophile (CK7+). Le diagnostic différentiel oncocytome/chRCC reste un des plus difficiles en uropathologie.

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  • IHC pour le diagnostic de GCNIS (néoplasie germinale in situ) : OCT3/4 et PLAP sont les marqueurs les plus sensibles et spécifiques. GCNIS dans le testicule controlatéral : risque de cancer bilatéral de 5-10 %.
  • Perte d'expression de SMARCB1/INI1 en IHC : quasi-pathognomonique du carcinome médullaire rénal (associé au trait drépanocytaire) et des tumeurs rhabdoïdes du rein. Valeur diagnostiqué majeure.
#027

Techniques moléculaires : NGS, FISH, MSI et biomarqueurs (1/2)

RNA-seq dans les tumeurs germinales testiculaires
Données de RNA-seq comparant l'expression génique dans les tumeurs germinales testiculaires vs tissu sain : les techniques de séquençage haut débit (NGS/RNA-seq) permettent une caractérisation moléculaire exhaustive des tumeurs, ouvrant la voie à la médecine de précision en uro-oncologie.

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  • NGS (Next-Génération Sequencing) en uro-oncologie : identification des mutations somatiques (panel ciblé ou exome) pour guider les thérapies ciblées. Applications principales : mutations BRCA1/2, ATM, PALB2 dans le cancer de la prostate (inhibiteurs de PARP), mutations FGFR3 dans le carcinome urothélial (erdafitinib).
  • FISH (Fluorescence In Situ Hybridization) : détection des translocations et amplifications. Applications : isochromosome 12p (i12p) = marqueur diagnostiqué des tumeurs germinales, translocations TFE3/TFEB dans les carcinomes rénaux à translocation (tumeurs de l'enfant et adulte jeune).
  • Instabilité des microsatellites (MSI) et déficience de réparation des mésappariements (dMMR) : recherché systématique recommandée dans le cancer de la prostate métastatique résistant à la castration. MSI-H/dMMR = éligibilité au pembrolizumab (immunothérapie agnostique).
  • Tests urinaires et moléculaires non invasifs : SelectMDx, PCA3, ExoDx Prostate (EPI) = aide à la décision pour les biopsies prostatiques si IRM PI-RADS 3. PHI (Prostate Health Index) et 4Kscore = calcul du risque de cancer cliniquement significatif.
#028

Techniques moléculaires : NGS, FISH, MSI et biomarqueurs (2/2)

Tumeurs rénales — incidence relative et pronostic
Classification des tumeurs rénales par incidence relative et pronostic : les altérations moléculaires (VHL, MET, FH, BAP1, PBRM1) définissent de plus en plus les sous-types histologiques et orientent les thérapeutiques ciblées.

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  • Altérations moléculaires du cancer du rein : VHL (ccRCC, 3p25), MET/papillaire type 1, FH (fumarate hydratase, pRCC type 2 héréditaire très agressif), BAP1 vs PBRM1 (pronostiques dans le ccRCC : BAP1 = défavorable, PBRM1 = favorable).
  • TMB (Tumor Mutational Burden) : charge mutationnelle tumorale mesurée par NGS. TMB élevé = meilleure réponse à l'immunothérapie dans le carcinome urothélial métastatique (validation dans les essais KEYNOTE/IMvigor).
  • Biopsie liquide (ADN tumoral circulant, ctDNA) : émergente dans le cancer de la prostate et le carcinome urothélial. Détection précoce de la résistance (mutations AR en mCRPC), monitoring de la réponse, et détection de la maladie résiduelle moléculaire (MRD).
La biopsie liquide (ctDNA) est prometteuse mais n'est pas encore recommandée en routine pour la prise en charge standard — son utilisation est actuellement limitée aux essais cliniques et aux situations de mCRPC en impasse thérapeutique.