#001
Épidémiologie et facteurs de risque (1/2)

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- 1ère tumeur solide chez l'homme : ~50 400 nouveaux cas/an en France, âge médian au diagnostic 68 ans.
- 3ème cause de décès par cancer chez l'homme (~8 100 décès/an), mais pronostic globalement favorable : survie à 5 ans 93 %, à 10 ans 80 %.
- Facteur de risque principal non modifiable : l'âge (rare avant 50 ans, incidence croissante après 65 ans).
- Origine afro-antillaise : risque accru, sous-stadification initiale plus fréquente, récidive plus fréquente après traitement curatif. Exposition au chlordécone (Antilles) = facteur environnemental identifié.
#002
Épidémiologie et facteurs de risque (2/2)

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- Pas de preuve de causalité pour l'alcool, la fréquence éjaculatoire, la gonorrhée ou l'HPV-16.
- Chimioprévention (sélénium, vitamine E, metformine, statines, 5-ARI) : aucune molécule recommandée à ce jour.
#003
Facteurs de risque génétiques et consultation d'oncogénétique (1/2)

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- Hérédité polygénique (95 %) très majoritaire ; hérédité monogénique (5 %) impliquant les gènes de réparation de l'ADN (BRCA1, BRCA2, ATM) et HOXB13.
- Syndrome de Lynch (MLH1, MSH2, MSH6, PMS2) : risque modéré de cancer de la prostate, à ne pas oublier dans l'interrogatoire familial.
- Dépistage génétique recommandé en France pour les porteurs de mutation BRCA2 ou HOXB13 : début à 40 ans, TR + PSA annuel, sans IRM systématique.
- Critères évoquant une forme héréditaire : ≥3 cas de CaP chez des apparentés au 1er ou 2nd degré (même branche), ou 2 cas diagnostiqués avant 55 ans.
#004
Facteurs de risque génétiques et consultation d'oncogénétique (2/2)

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- Critères évoquant une forme BRCA1/2 : cancer du sein <40 ans, cancer du sein bilatéral, cancer de l'ovaire, cancer du sein chez un homme dans la famille, ou CaP avant 50 ans.
Ces critères orientent vers une consultation d'oncogénétique qui peut modifier la prise en charge familiale — ne pas négliger l'interrogatoire familial systématique.
#005
Détection précoce : toucher rectal et PSA


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- Le dépistage de masse (au sens OMS) n'est PAS recommandé en France — l'AFU recommandé une détection précoce individuelle chez les hommes à risque.
- Population ciblé : hommes avec espérance de vie >10 ans, de 50 à 70 ans (40-45 ans si facteurs de risque), tous les 2-4 ans.
- Modalités : toucher rectal systématique + PSA total. 18 % des CaP sont détectés par le TR seul avec un PSA <4 ng/mL — le TR ne doit jamais être omis.
- PSA : variabilité intra-individuelle 20-30 % → dosage de contrôle conseillé avant biopsies. Rapport PSA libre/total = obsolète (CFEU 2024). Densité du PSA (PSA/volume prostatique en IRM) = utile pour discuter l'indication de biopsies.
Piège classique ECNi : confondre 'dépistage de masse' (non recommandé) et 'détection précoce individuelle' (recommandée par l'AFU pour les hommes à risque).
#006
IRM prostatique multiparamétrique et score PI-RADS (1/2)

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- IRM systématique en cas d'anomalie du TR et/ou du PSA, à réaliser AVANT toute biopsie — guidé les biopsies ciblées si une ciblé est identifiée.
- Séquences : T2, diffusion (ADC), perfusion (DCE) — les 3 composantes de l'IRM multiparamétrique.
- Score PI-RADS 1-5 : PI-RADS 1-2 = risque très faible/faible, PI-RADS 3 = équivoque, PI-RADS 4-5 = risque élevé/très élevé.
- Biopsies indiquées si PI-RADS ≥3, ou PI-RADS 1-2 avec densité de PSA >0,15 ; peuvent être omises si PI-RADS 1-2 et densité de PSA <0,15.
#007
IRM prostatique multiparamétrique et score PI-RADS (2/2)

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- Sensibilité de l'IRM pour un cancer cliniquement significatif (ISUP ≥2) : ~91 %, VPN ~90 % — le risque de méconnaître une lésion significative reste de 5 à 15 %.
#008
Biopsies de la prostate : préparation et réalisation (1/2)

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- ECBU systématique pré-biopsie n'est plus recommandé (CFEU 2024). Antibioprophylaxie sans fluoroquinolones : transpérinéal = céfazoline/céfuroxime dose unique ; transrectal = fosfomycine-trométamol/céphalosporine/aminoside dose unique.
- Gestion des antithrombotiques : biopsie possible sous aspirine 75 mg ; arrêt du clopidogrel/prasugrel sans relai ; arrêt des AOD 3 jours avant ; relai des AVK par HBPM.
- Analgésie par bloc périprostatique (lidocaïne 1 %) recommandée. 10-12 carottes systématiques + 1-3 carottes par ciblé IRM (PI-RADS ≥3), envoyées séparément par sextant.
- Voie transpérinéale = désinfection cutanée, risque infectieux moindre. Voie transrectale = badigeonnage rectal à la povidone iodée.
#009
Biopsies de la prostate : préparation et réalisation (2/2)

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- Complications à annoncer : hémospermie (37 %), hématurie (23 %), rectorragie (3 %), prostatite (3 %), RAU (0,2 %). Vérifier reprise mictionnelle et absence de fièvre.
#010
Anatomopathologie : score de Gleason et groupes ISUP


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- Le score de Gleason additionne les deux grades architecturaux les plus représentés (le plus fréquent + le plus péjoratif si ≥5 % du volume tumoral).
- Groupes ISUP 2016 : Groupe 1 = Gleason 6 (3+3) ; Groupe 2 = Gleason 7 (3+4, grade 3 majoritaire) ; Groupe 3 = Gleason 7 (4+3, grade 4 majoritaire) ; Groupe 4 = Gleason 8 (4+4, 3+5 ou 5+3) ; Groupe 5 = Gleason 9-10.
- La distinction ISUP 2 vs ISUP 3 (Gleason 3+4 vs 4+3) est pronostique majeure : l'ISUP 3 a un risque de récidive biochimique significativement plus élevé.
- Score de Gleason minimal rapporté = 6 (3+3) : les grades 1 et 2 ne sont plus utilisés en pratique car non reproductibles sur biopsie.
#011
Classification TNM et groupes à risque (D'Amico/EAU)


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- T1 : non palpable, non visible en imagerie (T1a = découverte incidentelle ≤5 % copeaux RTUP, T1b = >5 %, T1c = biopsie pour PSA élevé). T2 : limitée à la prostate (a = ≤½ lobe, b = >½ lobe, c = 2 lobes). T3a = extension extraprostatique, T3b = vésicules séminales. T4 = structures adjacentes.
- Groupes à risque (EAU) : faible = PSA <10 ET ISUP 1 ET cT1-2a ; intermédiaire = PSA 10-20 OU ISUP 2/3 OU cT2b ; haut risque = PSA >20 OU ISUP 4/5 OU cT2c ; localement avancé = cT3-4 ou cN+.
- Un seul critère péjoratif suffit à faire basculer dans la catégorie de risque supérieure (logique « OU », pas « ET »).
- Le risque intermédiaire se subdivise en favorable (un seul critère intermédiaire, ISUP 2, <50 % biopsies positives) et défavorable (≥2 critères ou ISUP 3) — distinction importante pour le choix thérapeutique.
#012
Bilan d'extension (1/2)

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- Faible risque : aucun examen complémentaire d'extension nécessaire.
- Risque intermédiaire : tomoscintigraphie osseuse uniquement si ISUP ≥3.
- Haut risque et localement avancé : bilan standard = tomoscintigraphie osseuse + TDM thoraco-abdomino-pelvienne.
- TEP-PSMA (68Ga ou 18F) : meilleure sensibilité et spécificité que le bilan conventionnel pour la stadification ganglionnaire et les métastases à distance (essai proPSMA). TEP-choline = alternative si TEP-PSMA indisponible.
#013
Bilan d'extension (2/2)

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- Métastases osseuses du CaP = typiquement ostéocondensantes (contrairement aux métastases ostéolytiques des autres cancers), avec tropisme pour le squelette axial et le bassin.
Ne pas prescrire de bilan d'extension chez un patient à faible risque — source fréquente de surdiagnostic d'images douteuses sans conséquence thérapeutique.
#014
Traitement du CaP localisé à faible risque — surveillance activé (1/2)

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- Surveillance activé = traitement de référence du faible risque ; alternatives : prostatectomie totale (sans curage), radiothérapie (74-76 Gy ou hypofractionnée), curiethérapie (VP <60 mL, peu de SBAU), HIFU si critères HIFI.
- Bilan avant inclusion : TR, PSA, IRM multiparamétrique, biopsies systématiques ± ciblées.
- Éligibilité élargie : tous les faibles risques + risques intermédiaires favorables sélectionnés (ISUP 2 avec <10 % de grade 4, un seul critère intermédiaire).
- Suivi 1ère année : PSA/6 mois, TR/an, biopsies de confirmation à 12 mois avec nouvelle IRM (à 3 mois si discordance IRM/biopsies initiales).
#015
Traitement du CaP localisé à faible risque — surveillance activé (2/2)

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- Suivi au long cours : PSA/6 mois, TR/an, IRM annuelle puis espacée si normale, biopsies de contrôle systématiques tous les 2-3 ans ou en cas de progression.
#016
Traitement du CaP localisé à risque intermédiaire et haut risque


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- Risque intermédiaire : prostatectomie totale ± curage ganglionnaire étendu (si nomogramme >5 %) ; radiothérapie (76-78 Gy) + hormonothérapie courte (4-6 mois d'agoniste LHRH) ; curiethérapie si forme favorable.
- Haut risque : prostatectomie totale + curage étendu (obligatoire), ou radiothérapie (76-78 Gy ± boost) + hormonothérapie longue (18-36 mois).
- Très haut risque / localement avancé : radiothérapie + hormonothérapie longue (≥24 mois) ± irradiation ganglionnaire pelvienne ± abiratérone si N+ ou ≥2 critères STAMPEDE (cT3-4, ISUP 4-5, PSA >40).
- La prostatectomie totale permet une stadification anatomopathologique précise (statut des marges, pT, pN) qui guidé les traitements adjuvants ou de rattrapage.
#017
Récidive biochimique après traitement curatif (1/2)

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- Définitions : après prostatectomie = PSA >0,2 ng/mL confirmé sur 2 dosages ; après radiothérapie = PSA nadir + 2 ng/mL ; après HIFU = PSA nadir + 1,2 ng/mL.
- Bilan après prostatectomie : PSA <1 → pas d'imagerie conventionnelle (TEP-PSMA possible) ; PSA >1 → TEP-PSMA ou TEP-choline.
- Bilan après radiothérapie : TEP-PSMA + IRM si récidive locale isolée envisageable pour traitement de rattrapage, avec confirmation par biopsies systématiques.
- Traitement après prostatectomie : radiothérapie de rattrapage (66 Gy) ± hormonothérapie courte (6 mois) si haut risque (PSA >0,7, temps de doublement court, ISUP 4-5).
#018
Récidive biochimique après traitement curatif (2/2)

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- Après radiothérapie : pas de supériorité démontrée entre prostatectomie de rattrapage, HIFU, cryothérapie ou radiothérapie stéréotaxique — décision au cas par cas en RCP.
La radiothérapie adjuvante systématique post-prostatectomie n'est plus recommandée (RADICALS-RT, RAVES, GETUG-AFU 17, méta-analyse ARTISTIC). Préférer la radiothérapie de rattrapage précoce dès la récidive biochimique.
#019
CaP métastatique hormono-sensible (mHSPC) (1/2)

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- Bilan pré-castration systématique : risque CV/ostéoporose/chute/humeur/sexualité, PA/poids/IMC/périmètre abdominal, glycémie, bilan lipidique, vitamine D, ostéodensitométrie.
- Castration : chirurgicale (pulpectomie) ou médicale (agoniste LHRH ± anti-androgène transitoire contre le flare-up, ou antagoniste LHRH). Objectif : testostéronémie <50 ng/dL.
- Stratification pronostique : CHAARTED (haut volume = ≥1 métastase viscérale ou ≥4 métastases osseuses) ; LATITUDE (haut risque = ≥2 critères parmi : métastase viscérale, ≥3 métastases osseuses, ISUP ≥4).
- Haut volume/risque : triplette = suppression androgénique + hormonothérapie nouvelle génération + docétaxel (essais ARASENS, PEACE-1).
#020
CaP métastatique hormono-sensible (mHSPC) (2/2)

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- Faible volume/risque : suppression androgénique + hormonothérapie nouvelle génération (darolutamide, enzalutamide, apalutamide ou abiratérone+prednisone).
- Radiothérapie locale recommandée si faible volume métastatique (essai STAMPEDE). Prostatectomie de cytoréduction NON recommandée.
#021
Résistance à la castration (mCRPC) : définition et prise en charge (1/2)

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- Définition mCRPC : testostéronémie de castration (<50 ng/dL) + progression biochimique (3 ↑ PSA dont 2 ≥50 % au-dessus du nadir, PSA >2 ng/mL) et/ou progression radiologique (RECIST ou ≥2 nouvelles lésions osseuses).
- CaP non métastatique résistant à la castration (nmCRPC) : imagerie (TDM-TAP + scintigraphie ± TEP-PSMA) dès PSA = 2 puis 5 ng/mL. Si temps de doublement du PSA <10 mois → ajout hormonothérapie nouvelle génération (apalutamide, enzalutamide, darolutamide).
- mCRPC : maintien impératif de la suppression androgénique. Hormonothérapie de 2e génération si non utilisée en 1ère ligne (switch entre molécules peu efficace — résistances croisées). Docétaxel puis cabazitaxel en cas de progression.
- Thérapies ciblées : inhibiteurs de PARP (olaparib, rucaparib) si mutation de réparation de l'ADN (BRCA1/2, ATM) ; 177Lu-PSMA-617 (Pluvicto®) recommandé en ≥3ème ligne après docétaxel et hormonothérapie nouvelle génération.
#022
Résistance à la castration (mCRPC) : définition et prise en charge (2/2)

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- Soins de support osseux : dénosumab ou acide zolédronique si métastases osseuses (réduction des événements osseux), supplémentation calcium + vitamine D systématique.
#023
Synthèse — points clés et pièges ECNi (1/2)

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- Le dépistage de masse n'est PAS recommandé ; seule la détection précoce individuelle l'est, basée sur le couplé TR + PSA.
- L'IRM se fait toujours AVANT les biopsies, et orienté leur réalisation via le score PI-RADS.
- Un seul critère péjoratif (PSA, ISUP ou stade T) suffit à classer le patient dans le groupe de risque supérieur (logique « OU »).
- La surveillance activé est le traitement de RÉFÉRENCE du faible risque — ce n'est pas une absence de traitement mais un suivi codifié avec biopsies itératives.
#024
Synthèse — points clés et pièges ECNi (2/2)

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- La radiothérapie adjuvante systématique post-prostatectomie n'est plus recommandée : préférer la radiothérapie de rattrapage précoce (ARTISTIC).
- Au stade métastatique, la suppression androgénique est maintenue à VIE, même en résistance à la castration — on ajoute des traitements, on ne la remplacé pas.
Fiche de synthèse pour révision rapide — à relire avant l'épreuve.