Installation et voies d'abord en chirurgie urologique (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Lombotomie (voie extra-péritonéale) : incision sur le 11e ou 12e espace intercostal, patient en décubitus latéral avec billot. Accès direct au rein et à la surrénale. Variantes : lombotomie postérieure (Nagamatsu) pour la surrénale, sous-costale antérieure pour la néphrectomie.
- Voie médiane sous-ombilicale : incision la plus polyvalente en chirurgie pelvienne urologique. Accès à la vessie, à la prostate (voie rétropubienne), et à l'espace de Retzius. Utilisée pour la cystectomie, la prostatectomie radicale, l'adénomectomie (Millin).
- Voie de Pfannenstiel : incision transversale sus-pubienne, esthétique, accès rétropubien limité. Utilisée pour certaines adénomectomies et la chirurgie de l'incontinence (pose de BSU, sphincter artificiel).
- Voie inguinale : incision parallèle au pli inguinal. Voie obligatoire pour l'orchidectomie (tumeur testiculaire) afin de contrôler le cordon spermatique au premier temps, avant toute manipulation du testicule.
Installation et voies d'abord en chirurgie urologique (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Laparotomie médiane xipho-pubienne : voie transpéritonéale pour les chirurgies majeures (cystectomie radicale avec dérivation, curage lombo-aortique étendu). Permet l'exposition de tout le rétropéritoine et du pelvis.
- Installation du patient : décubitus dorsal (voies abdominales), décubitus latéral avec billot (lombotomie), position de lithotomie modifiée (périnéale). Vérification systématique des points d'appui, protection des nerfs (plexus brachial, sciatique poplité externe).
- Laparoscopie et robot : voies d'abord mini-invasives utilisant 4-6 trocarts. Installation en Trendelenburg accentué pour la chirurgie pelvienne, en décubitus latéral pour le rein. Même principes anatomiques que la chirurgie ouverte.
Néphrectomie élargie : indications, voies d'abord et étapes (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indications de la néphrectomie élargie : tumeur rénale T2 (> 7 cm), tumeur T1 non accessible à une néphrectomie partielle (localisation hilaire complexé, rein unique relatif exclu), tumeur avec thrombus veineux cave (T3b-T3c), tumeur localement avancée (T4).
- Voies d'abord : lombotomie élargie (tumeurs postérieures ou du pôle supérieur), laparotomie sous-costale ou médiane (tumeurs volumineuses, thrombus cave), voie laparoscopique (standard pour les T1-T2 sans thrombus).
- Étapes chirurgicales clés : exposition et contrôle premier du pédicule rénal (artère puis veine), ligature vasculaire, libération du rein dans le plan du fascia de Gérota, section de l'uretère, extraction de la pièce intacte (sans morcellement si tumeur).
- Surrénalectomie homolatérale associée si : tumeur du pôle supérieur, tumeur > 7 cm, anomalie surrénalienne sur le scanner préopératoire. Non systématique dans les autres cas.
Néphrectomie élargie : indications, voies d'abord et étapes (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Cas particulier du thrombus cave (T3b-T3c) : néphrectomie élargie + thrombectomie cave, nécessitant souvent un abord thoraco-abdominal et un contrôle cave sus- et sous-hépatique. Si thrombus intra-atrial (T3c), chirurgie sous CEC en collaboration avec les chirurgiens cardiaques.
- Complications : hémorragie peropératoire (surtout si thrombus cave), lésion des organes de voisinage (rate, foie, pancréas, côlon, duodénum), insuffisance rénale post-opératoire (rein unique fonctionnel restant), pneumothorax (lombotomie).
- En laparoscopie : même principes chirurgicaux, extraction dans un sac par une mini-incision (type Pfannenstiel). Avantages : moindre morbidité pariétale, récupération plus rapide. Contre-indications relatives : thrombus cave, tumeur T4.
Néphrectomie partielle : indications, scores et technique (1/3)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indications impératives de la néphrectomie partielle : rein unique anatomique ou fonctionnel, tumeurs bilatérales synchrones, insuffisance rénale préexistante, syndrome héréditaire prédisposant aux tumeurs multiples (VHL, BHD).
- Indications électives (de choix) : tumeur T1a (< 4 cm), standard de traitement quel que soit l'état du rein controlatéral. Tumeur T1b (4-7 cm) si techniquement réalisable. Bénéfice rénal à long terme démontré vs néphrectomie élargie.
- Score R.E.N.A.L. (Radius, Exophytique, Nearness to sinus, Anterior/Posterior, Location) : chaque critère coté 1 à 3. Score 4-6 = faible complexité ; 7-9 = complexité intermédiaire ; 10-12 = haute complexité.
- Score PADUA (Preoperative Aspects and Dimensions Used for Anatomical classification) : évalue la localisation, la profondeur d'enfoncement, le rapport au sinus rénal et au système collecteur. Score >= 10 = haute complexité.
Néphrectomie partielle : indications, scores et technique (2/3)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Technique chirurgicale : exposition du rein, repérage de la tumeur (échographie peropératoire), clampage du pédicule rénal (temps d'ischémie chaude à minimiser < 20-25 min), exérèse de la tumeur avec marge de parenchyme sain, suturé du système collecteur (si ouvert), hémostase du lit tumoral, renorraphie (suturé du parenchyme).
- Ischémie chaude vs froide : l'ischémie chaude (clampage artériel seul) est la technique standard, temps à minimiser. L'ischémie froide (perfusion de liquide froid) est utilisée pour les tumeurs complexes nécessitant un temps d'ischémie prolongé (> 25 min). Le clampage sélectif (artère segmentaire) réduit l'ischémie du parenchyme sain.
- Technique sans clampage (off-clamp) : possible pour les tumeurs exophytiques de petite taille. Avantage : pas d'ischémie. Inconvénient : saignement peropératoire plus important, visibilité réduite du lit tumoral.
- Voie robotique : devenue le standard pour la néphrectomie partielle dans de nombreux centres. Avantages : vision 3D, articulation des instruments (facilitant la suturé intracorporelle), moindre temps d'ischémie que la laparoscopie conventionnelle.
Néphrectomie partielle : indications, scores et technique (3/3)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Marges chirurgicales : une marge positive (tumeur au contact de l'encre) est un facteur de risque de récidive locale. L'exérèse doit emporter quelques mm de parenchyme sain. L'examen extemporané du lit tumoral peut être demandé en cas de doute.
Cystectomie radicale : indications, technique et dérivations urinaires (1/3)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
- Indications principales : TVIM (T2-T4a N0 M0) après chimiothérapie néoadjuvante si cisplatine-éligible ; TVNIM à très haut risque (pT1 HG récidivant, CIS réfractaire au BCG, variants histologiques agressifs) ; cystectomie de rattrapage après échec de traitement trimodal.
- Bilan pré-opératoire : scanner TAP injecté, fonction rénale (DFG pour éligibilité au cisplatine), évaluation nutritionnelle (dénutrition fréquente), évaluation des comorbidités (ASA, Charlson), biopsies de l'urètre prostatique chez l'homme (si néovessie envisagée).
- Technique chez l'homme (cysto-prostatectomie) : laparotomie médiane, curage ganglionnaire pelvien étendu bilatéral, ligature des pédicules vésicaux latéraux, dissection dans le plan de Denonvilliers (face postérieure prostate/face antérieure rectum), section de l'urètre sous l'apex prostatique, section des uretères distaux (examen extemporané des recoupes urétérales).
- Technique chez la femme (pelvectomie antérieure) : exérèse en bloc de la vessie, de l'utérus, des annexes, de la paroi vaginale antérieure ± urètre. Curage ganglionnaire pelvien étendu bilatéral associé.
Cystectomie radicale : indications, technique et dérivations urinaires (2/3)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
- Dérivation urinaire de type Bricker (urétérostomie cutanée trans-iléale) : la plus fréquente. Un segment d'iléon (15-20 cm) est isolé sur son méso, les uretères y sont anastomosés, l'extrémité distale est abouchée à la peau (stomie). Appareillage par poche collectrice externe. Simple, fiable, adaptée aux patients fragiles.
- Néovessie orthotopique (entérocystoplastie) : un réservoir est confectionné à partir d'iléon détubulisé (40-60 cm), anastomosé à l'urètre natif. Permet la miction par voies naturelles (pas de stomie). Contre-indications : atteinte de l'urètre prostatique, insuffisance rénale sévère, irradiation pelvienne antérieure, incapacité à réaliser des autosondages.
- Urétérostomie cutanée directe : la plus simple, réservée aux patients très fragiles (ASA >= 3). Les uretères sont directement abouchés à la peau. Risque de sténose élevé, nécessite souvent des sondes urétérales permanentes.
- Complications précoces : iléus prolongé (20-30 %), infections de site opératoire, fistules urinaires (anastomose urétéro-iléale), déhiscence pariétale. Mortalité péri-opératoire : 2-5 %. Protocole ERAS (Enhanced Recovery After Surgery) recommandé pour réduire la morbidité.
Cystectomie radicale : indications, technique et dérivations urinaires (3/3)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
- Complications tardives des dérivations : sténose urétéro-iléale (Bricker), hernie péristomiale, acidose hyperchlorémique (réabsorption intestinale), déficit en vitamine B12 (résection iléale), calculs urinaires, insuffisance rénale chronique. Surveillance biologique et morphologique à vie.
Prostatectomie radicale : voies d'abord, préservation nerveuse, anastomose (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indications : cancer de la prostate localisé (T1-T2), à risque intermédiaire ou élevé chez un patient avec espérance de vie > 10 ans. Peut être proposée dans les stades localement avancés (T3a) sélectionnés, souvent dans un cadre multimodal (chirurgie + radiothérapie adjuvante).
- Voies d'abord : rétropubienne ouverte (Walsh, voie historique), laparoscopique (transpéritonéale ou extrapéritonéale), robot-assistée (Da Vinci, devenue le standard dans la majorité des centres). Voie périnéale : rarement utilisée, pas de curage ganglionnaire possible.
- Temps opératoires principaux (voie rétropubienne/robot) : curage ganglionnaire ilio-obturateur bilatéral (si risque intermédiaire ou élevé), ligature et section du complexé veineux dorsal, dissection de la prostate (fascia endopelvien, pédicules latéraux), section de l'urètre sous l'apex, exérèse de la prostate et des vésicules séminales, anastomose vésico-urétrale (6-8 points).
- Préservation des bandelettes neuro-vasculaires (BNV) : technique de préservation intra- ou interfasciale des nerfs caverneux courant sur les faces postéro-latérales de la prostate. Bilatérale si possible (meilleure récupération érectile). Contre-indiquée en cas de tumeur T3 ou en contact radiologique avec la capsule du côté concerné.
Prostatectomie radicale : voies d'abord, préservation nerveuse, anastomose (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Anastomose vésico-urétrale : réalisée de façon étanche entre le col vésical (remodelé si nécessaire) et le moignon urétral. Sondé vésicale laissée en place 7-10 jours. Cystographie de contrôle avant retrait pour vérifier l'étanchéité.
- Complications : incontinence urinaire (10-20 % à 1 an, amélioration progressive sur 12-18 mois), dysfonction érectile (40-70 % selon la préservation nerveuse et l'âge), sténose de l'anastomose (5-10 %), lymphocèle (si curage étendu), hémorragie (plexus de Santorini).
- Réhabilitation post-opératoire : rééducation périnéale précoce (kiné pelvi-périnéale), IPDE5 en continu ou à la demandé pour la réhabilitation érectile (si préservation nerveuse), suivi oncologique (PSA à 6 semaines puis tous les 6 mois pendant 3 ans, puis annuel).
- PSA post-opératoire : doit être indétectable (< 0.2 ng/mL) après prostatectomie radicale. Un PSA détectable ou en élévation (récidive biochimique) impose un bilan de récidive (IRM, TEP-PSMA) et une discussion en RCP (radiothérapie de rattrapage ± hormonothérapie).
Pyéloplastie : syndrome de jonction pyélo-urétérale (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Étiologie : sténose intrinsèque congénitale de la JPU (défaut de musculature lisse, segment aganglionnaire) = cause la plus fréquente ; vaisseau polaire inférieur croisant la JPU (30-40 %) ; causes acquises (calcul enclavé, iatrogène, tumeur).
- Diagnostic : hydronéphrose sur échographie ± uro-scanner, confirmée par scintigraphie rénale au MAG3 avec épreuve au furosémide (courbe obstructive, DFG différentiel du rein atteint).
- Indications chirurgicales : SJPU symptomatique (douleurs lombaires, pyélonéphrites récidivantes, lithiase associée), SJPU avec altération de la fonction rénale homolatérale (DFG < 40 % du rein atteint), hydronéphrose progressive.
- Technique d'Anderson-Hynes (pyéloplastie de démembrement) : résection de la zone sténosée, spatulation de l'uretère proximal, réanastomose pyélo-urétérale terminale sur une sondé JJ (double J). Résection du bassinet excédentaire si dilaté. Transposition en avant du vaisseau polaire si présent.
Pyéloplastie : syndrome de jonction pyélo-urétérale (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Voies d'abord : laparoscopie (transpéritonéale ou rétropéritonéoscopie) ou robot-assistée = standard actuel. Voie ouverte (lombotomie) réservée aux reprises ou cas complexes. Taux de succès > 95 % quelle que soit la voie.
- Alternatives : endopyélotomie (incision endoscopique de la sténose) — taux de succès inférieur (70-80 %), contre-indiquée si vaisseau polaire croisant, sténose longue, ou fonction rénale altérée.
- Suivi post-opératoire : retrait de la sondé JJ à 4-6 semaines, contrôle par échographie ± scintigraphie à 3-6 mois pour vérifier la levée de l'obstruction et la stabilité/amélioration de la fonction rénale.
Adénomectomie prostatique voie haute (Freyer, Millin) (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indications : adénome prostatique volumineux (> 80-100 mL, certains centres > 60 mL) avec troubles urinaires obstructifs résistant au traitement médical, ou compliqués (rétention aiguë récidivante, calculs vésicaux, diverticules vésicaux, insuffisance rénale obstructive, hématurie réfractaire d'origine prostatique).
- Technique de Freyer (voie transvésicale) : laparotomie sous-ombilicale, cystotomie, énucléation de l'adénome au doigt par voie endovésicale en clivant le plan entre adénome et coque prostatique. Avantage : permet de traiter simultanément des pathologies vésicales associées (calculs, diverticules). Inconvénient : hémostase de la loge plus difficile.
- Technique de Millin (voie rétropubienne) : abord rétropubien, capsulotomie prostatique antérieure, énucléation de l'adénome au doigt par voie transcapsulaire. Avantage : meilleure hémostase (suturé de la capsule), pas d'ouverture vésicale. Inconvénient : ne traité pas les pathologies vésicales concomitantes.
- Points communs : drainage vésical par sondé à double courant avec lavage continu (irrigation) post-opératoire pour éviter le caillotage, ablation de la sondé à J5-J7, hospitalisation 5-7 jours.
Adénomectomie prostatique voie haute (Freyer, Millin) (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Alternatives mini-invasives aux gros adénomes : énucléation endoscopique au laser (HoLEP = traitement de référence quelle que soit la taille), vaporisation au laser Greenlight (limité en volume). Le HoLEP tend à remplacer l'adénomectomie ouverte dans les centres équipés.
- Complications : hémorragie peropératoire (transfusion 5-10 %), infection urinaire, rétention sur caillotage, incontinence transitoire (5-10 %, régressive en quelques semaines), sténose du col vésical ou de l'urètre (5 %), éjaculation rétrograde quasi constante.
Orchidectomie inguinale pour tumeur testiculaire (1/2)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indication : toute masse testiculaire solide suspecté de malignité à l'échographie. L'orchidectomie inguinale est LE premier geste : diagnostic histologique + traitement de la tumeur primitive.
- Voie d'abord inguinale OBLIGATOIRE : incision parallèle au pli inguinal, ouverture de l'aponévrose du grand oblique, identification et clampage premier du cordon spermatique au niveau de l'orifice inguinal profond. JAMAIS de voie scrotale (risque de contamination du scrotum et modification du drainage lymphatique).
- Marqueurs tumoraux pré-opératoires : AFP (alpha-foetoprotéine), hCG totales (gonadotrophine chorionique humaine), LDH. Dosage AVANT l'orchidectomie et cinétique post-opératoire (normalisation attendue selon demi-vie : AFP ~5 jours, hCG ~24-36h).
- Exploration peropératoire : extraction du testicule par la voie inguinale dans le champ opératoire, examen macroscopique. En cas de doute sur la nature de la lésion (petite tumeur, rein unique), un examen extemporané peut être demandé pour discuter une chirurgie conservatrice (tumorectomie testiculaire).
Orchidectomie inguinale pour tumeur testiculaire (2/2)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Conservation spermatique (CECOS) : à proposer SYSTÉMATIQUEMENT avant l'orchidectomie chez l'homme jeune, même si le testicule controlatéral est normal. Idéalement avant la chirurgie, sinon après mais avant toute chimiothérapie.
- Prothèse testiculaire : peut être mise en place dans le même temps opératoire ou à distance, à proposer au patient (impact psychologique).
- Suivi post-opératoire : classification histologique (séminome vs non-séminome), stadification (scanner TAP, cinétique des marqueurs), discussion en RCP pour le traitement complémentaire (surveillance, chimiothérapie, curage rétropéritonéal selon le stade et l'histologie).
Curage ganglionnaire rétropéritonéal (tumeurs germinales) (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indications principales : tumeurs germinales non séminomateuses (TGNS) stade I avec facteurs de risque (invasion lymphovasculaire, composante embryonnaire prédominante) — alternative à la surveillance ; masses résiduelles > 1 cm post-chimiothérapie dans les TGNS (résection systématique, quelle que soit la normalisation des marqueurs).
- Template de curage : droit = espace inter-aortico-cave, paracave, précave, rétrocave ; gauche = espace inter-aortico-cave, para-aortique, pré-aortique, rétro-aortique. Le template est défini par le côté de la tumeur primitive testiculaire.
- Technique nerve-sparing (préservation nerveuse) : identification et préservation des fibres sympathiques post-ganglionnaires (chaînes sympathiques lombaires L1-L4, plexus hypogastrique supérieur) pour maintenir l'éjaculation antégrade. Taux de préservation éjaculatoire > 95 % dans les centres experts.
- Voie d'abord : laparotomie médiane xipho-pubienne (standard pour les masses post-chimiothérapie volumineuses), laparoscopie ou robot-assistée (pour les curages de stadification stade I ou masses résiduelles de petite taille).
Curage ganglionnaire rétropéritonéal (tumeurs germinales) (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Analyse anatomopathologique des masses résiduelles post-chimiothérapie : 40 % de nécrose/fibrose, 40 % de tératome mature, 20 % de tumeur viable résiduelle. La présence de tumeur viable modifié le traitement ultérieur (chimiothérapie de rattrapage).
- Complications : hémorragie (lésion vasculaire aorte/cave), iléus post-opératoire, lymphocèle/chyloascite, anéjaculation (si lésion des nerfs sympathiques), lésion urétérale.
Curage ganglionnaire pelvien étendu (1/2)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indications : systématique lors de la cystectomie radicale pour TVIM ; lors de la prostatectomie radicale si risque intermédiaire défavorable ou élevé (D'Amico) ; lors de chirurgies pour cancers pelviens avec risque ganglionnaire significatif.
- Limités anatomiques du curage étendu : en haut = bifurcation aortique ou croisement urétéral, en bas = ganglion de Cloquet (canal fémoral), médialement = paroi vésicale/rectum, latéralement = nerf génito-fémoral sur le psoas. Régions : obturatrice, iliaque externe, iliaque interne, iliaque commune distale, présacré.
- Nombre de ganglions analysés : minimum 20 ganglions pour la cystectomie (critère de qualité), minimum 10-14 pour la prostatectomie radicale. Le nombre de ganglions retirés est corrélé à la détection de métastases et à la survie.
- Curage étendu vs standard vs limité : le curage étendu a une meilleure valeur de stadification et un probable bénéfice de survie (exérèse de micrométastases) par rapport au curage limité (obturateur seul). L'essai LEA (en cours) évalue le bénéfice en survie du curage étendu vs standard dans le cancer de prostate.
Curage ganglionnaire pelvien étendu (2/2)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Complications spécifiques : lymphocèle (5-15 %, plus fréquente si curage étendu), lymphœdème des membres inférieurs (2-5 %), lésion nerveuse (nerf obturateur → faiblesse d'adduction de la cuisse), thrombose veineuse profonde.
- Prévention des lymphocèles : pas de clips métalliques sur les extrémités lymphatiques (ligature ou coagulation bipolaire), drainage aspiratif post-opératoire, mobilisation précoce.
Néphro-urétérectomie totale (tumeurs de la voie excrétrice supérieure) (1/2)

Ruth Lawson, Otago Polytechnic / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indication : TVES à haut risque (tumeur > 2 cm, haut grade, multifocale, hydronéphrose, invasion suspecté sur imagerie). Traitement radical de référence après stadification complète (uro-scanner, cytologie sélective, urétéroscopie diagnostiqué).
- Principe fondamental : exérèse COMPLÈTE du rein, de l'uretère en totalité ET de la collerette vésicale péri-méatique (cuff). L'omission du moignon urétéral distal exposé à un risque de récidive tumorale de 30-50 %.
- Voies d'abord : laparoscopique (temps rénal) + courte incision iliaque (temps vésical pour la collerette) = technique standard. Robot-assistée possible. Voie ouverte (deux incisions ou incision unique étendue) pour les tumeurs volumineuses ou localement avancées.
- Technique de la collerette vésicale : incision de la paroi vésicale autour du méat urétéral par voie ouverte (abord iliaque), endoscopique (résection transurétrale du méat) ou combinée. L'excision doit emporter la totalité du trajet intramural de l'uretère avec une pastille de paroi vésicale.
Néphro-urétérectomie totale (tumeurs de la voie excrétrice supérieure) (2/2)

Ruth Lawson, Otago Polytechnic / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Instillation endovésicale post-opératoire unique de mitomycine C dans les 48h : réduit de 50 % le risque de récidive vésicale post-NUT (essai ODMIT-C, niveau de preuve 1b).
- Chimiothérapie adjuvante à base de cisplatine (gemcitabine-cisplatine) : recommandée si tumeur infiltrante (pT2+) et/ou N+ et patient éligible au cisplatine (essai POUT, niveau de preuve 1b).
- Curage ganglionnaire : régional, recommandé si tumeur de haut grade ou suspicion d'envahissement musculaire. Template adapté au côté et à la localisation de la tumeur (para-aortique gauche, paracave droit, iliaque si uretère pelvien).
- Suivi post-NUT : cystoscopie + cytologie urinaire régulières (risque de récidive vésicale 30-50 %), scanner de surveillance (rein controlatéral, récidive locale/métastases), fonction rénale.
Cure de varicocèle et cure d'hydrocèle (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Varicocèle — physiopathologie : dilatation des veines du plexus pampiniforme par reflux sanguin dans la veine spermatique (gonadique). Prédominance gauche (80-90 %) en raison de l'abouchement à angle droit de la veine spermatique gauche dans la veine rénale gauche.
- Varicocèle — indications chirurgicales : infertilité avec paramètres spermatiques altérés (oligo-asthéno-tératospermie) et varicocèle clinique palpable ; douleur scrotale invalidante résistant au traitement médical ; varicocèle de l'adolescent avec asymétrie testiculaire (hypotrophie homolatérale > 20 %).
- Varicocèle — techniques : ligature sous-inguinale microchirurgicale (Marmar) = gold standard (taux de récidive < 2 %, préservation de l'artère testiculaire et des lymphatiques sous microscope) ; ligature inguinale (Ivanissevich) ou haute (Palomo) ; embolisation percutanée (radiologie interventionnelle, alternative non chirurgicale).
- Varicocèle — alerte : une varicocèle droite isolée ou une varicocèle récente d'apparition brutale doit faire rechercher une compression de la veine spermatique par un processus rétropéritonéal (tumeur rénale, adénopathie) — scanner abdominal indispensable.
Cure de varicocèle et cure d'hydrocèle (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Hydrocèle — étiologie : idiopathique (adulte), réactionnelle (épididymite, torsion, traumatisme, post-chirurgie varicocèle), congénitale (persistance du canal péritonéo-vaginal chez l'enfant). Toujours éliminer une tumeur testiculaire associée par échographie.
- Hydrocèle — technique chirurgicale : abord scrotal, ouverture de la vaginale, évacuation du liquide, résection de la vaginale excédentaire (technique de Lord — plicature ; technique de Jaboulay — retournement ; résection partielle). Drainage scrotal post-opératoire.
- Hydrocèle — complications : hématome scrotal (5-10 %), infection de site opératoire, récidive (< 5 %), douleur chronique. L'alternative non chirurgicale par ponction-aspiration est déconseillée (récidive quasi systématique, risque d'infection).
Chirurgie de l'incontinence urinaire (BSU, sphincter artificiel) (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Incontinence urinaire d'effort (IUE) féminine — bandelette sous-urétrale (BSU) : la bandelette de polypropylène (TVT rétropubien ou TOT/TVT-O transobturateur) est placée sous l'urètre moyen, créant un hamac de soutien. Taux de succès > 80-90 % à 5 ans. Chirurgie ambulatoire sous anesthésie locale ou locorégionale.
- BSU — TVT vs TOT : la voie rétropubienne (TVT) est plus efficace dans l'insuffisance sphinctérienne sévère ; la voie transobturatrice (TOT) a moins de risques de perforation vésicale et de rétention post-opératoire. Le choix dépend du mécanisme d'incontinence (hypermobilité urétrale vs insuffisance sphinctérienne).
- BSU — complications : perforation vésicale peropératoire (TVT, 3-5 % → cystoscopie peropératoire obligatoire), rétention urinaire (5 %, section de bandelette possible), érosion vaginale ou urétrale (1-3 %), douleurs pelviennes chroniques, dyspareunie.
- IUE masculine post-prostatectomie — sphincter artificiel (AMS 800) : traitement de référence de l'incontinence sévère post-prostatectomie. Dispositif hydraulique implantable comprenant une manchette périurétrale, un réservoir-ballon et une pompe scrotale. Taux de succès (continence sociale) : 80-90 %.
Chirurgie de l'incontinence urinaire (BSU, sphincter artificiel) (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Sphincter artificiel AMS 800 — principe : la manchette comprimé l'urètre bulbaire en permanence (pression ~60 cmH2O), assurant la continence. Pour uriner, le patient actionne la pompe scrotale qui transfère le liquide de la manchette vers le réservoir, ouvrant l'urètre pendant 3 minutes puis reclusion automatique.
- Sphincter artificiel — complications : érosion urétrale (5-10 %, risque de révision), infection du matériel (2-5 %, nécessite l'explantation), atrophie urétrale sous la manchette, panne mécanique (10-15 % à 10 ans, révision chirurgicale).
- Alternatives chez l'homme : bandelettes sous-urétrales masculines (AdVance, ATOMS) pour l'incontinence légère à modérée ; ballons péri-urétraux ajustables (ProACT) ; agents de comblement péri-urétral (résultats médiocres à long terme).
- Bilan préopératoire indispensable : bilan urodynamique complet (cystomanométrie, profilométrie urétrale), évaluation du degré d'incontinence (pad test, questionnaires), élimination d'une sténose de l'anastomose (fibroscopie), vérification de la capacité vésicale et de l'absence d'hyperactivité détrusorienne non contrôlée.
Chirurgie des traumatismes urologiques (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Traumatismes du rein (classification AAST) : grade I (contusion, hématome sous-capsulaire) ; grade II (lacération < 1 cm, hématome péri-rénal contenu) ; grade III (lacération > 1 cm sans atteinte de la voie excrétrice) ; grade IV (lacération atteignant la voie excrétrice, atteinte vasculaire segmentaire) ; grade V (éclatement rénal, avulsion du pédicule).
- Traumatismes rénaux — traitement : conservateur (surveillance, repos) dans 85 % des cas (grades I-III et la plupart des grades IV stables hémodynamiquement). Embolisation artérielle sélective si saignement actif. Chirurgie d'urgence (néphrectomie d'hémostase ou néphrorraphie) si instabilité hémodynamique malgré réanimation.
- Traumatismes de la vessie : rupture extra-péritonéale (80 %, associée aux fractures du bassin) = drainage par sondé vésicale seul pendant 10-14 jours ; rupture intra-péritonéale (20 %, traumatisme direct sur vessie pleine) = exploration chirurgicale et suturé vésicale en urgence (risque de péritonite urinaire).
- Traumatismes de l'urètre : l'urètre postérieur (membraneux) est atteint dans les fractures du bassin (désinsertion prostato-membraneuse), l'urètre antérieur dans les traumatismes à cheval (chute sur la barre du cadre). Signe d'alerte : urétrorragie au méat, impossibilité d'uriner, globe vésical.
Chirurgie des traumatismes urologiques (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Traumatismes urétraux — traitement : NE JAMAIS sonder en urgence si suspicion de rupture urétrale (risque d'aggraver la lésion). Cathéter sus-pubien en urgence. Urétrographie rétrograde pour le bilan lésionnel. Réparation chirurgicale différée (urétroplastie à 3-6 mois) après stabilisation du bassin.
- Traumatismes des organes génitaux externes : avulsion cutanée scrotale (parage, couverture par lambeau ou greffé de peau), fracture des corps caverneux (urgence chirurgicale : exploration et suturé de l'albuginée dans les 24h, risque de séquelles érectiles si retard), plaie testiculaire (exploration et orchidorraphie si parenchyme viable).
- Traumatismes urologiques iatrogènes : lésion urétérale peropératoire (chirurgie pelvienne, gynécologique) → diagnostic rapide et réparation immédiate (réimplantation urétérale, anastomose termino-terminale, lambeau de Boari si perte de substance).