#001
Sondage vésical chez l'homme : technique pas à pas (1/3)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications principales : rétention aiguë d'urines (RAU), surveillance de la diurèse horaire en réanimation, irrigation vésicale, bilan urodynamique, per- et post-opératoire en chirurgie pelvienne.
- Contre-indications au sondage urétral chez l'homme : traumatisme du bassin avec suspicion de rupture urétrale (urétrorragie +++), sténose urétrale connue non franchissable, prostatite aiguë (CI relative → préférer le cathéter sus-pubien).
- Matériel : sondé de Foley Ch14-Ch16 (silicone ou latex siliconé), gel de xylocaïne stérile urétrale (instiller 10-15 mL, laisser agir 5 min), seringue 10 mL d'eau stérile, poche de recueil stérile, champ stérile troué, antiseptique (Bétadine gynéco ou chlorhexidine aqueuse), gants stériles.
- Préparation : vérifier l'identité, expliquer le geste, installer en décubitus dorsal. Décalotter complètement le gland, réaliser une antisepsie large (méat → gland → prépuce) en 4 temps.
#002
Sondage vésical chez l'homme : technique pas à pas (2/3)

Wikimedia Commons (CC)
- Instillation du gel : embout fin dans le méat, injecter 10-15 mL de xylocaïne gel stérile, pincer le méat 3-5 min pour assurer la diffusion. Ce temps d'attente est INDISPENSABLE pour une anesthésie efficace.
- Technique d'introduction : saisir la verge tendue au ZÉNITH (à la verticale) de la main non dominante, introduire la sondé de la main dominante. Franchir l'urètre pénien avec une traction douce vers le haut.
- Passage de l'angle urétral : à mi-chemin, abaisser la verge à l'HORIZONTALE (voire légèrement vers le bas) pour franchir l'angle entre l'urètre bulbaire et l'urètre membraneux. Ne JAMAIS forcer — si résistance, retirer légèrement et réessayer avec douceur.
- Confirmation et fixation : gonfler le ballonnet (10 mL d'eau stérile) UNIQUEMENT quand les urines s'écoulent. Tirer doucement la sondé pour caler le ballonnet au col vésical. Connecter la poche de recueil. RECALOTTER systématiquement (prévention du paraphimosis iatrogène).
#003
Sondage vésical chez l'homme : technique pas à pas (3/3)
- En cas de difficulté : essayer une sondé béquillée (Dufour 30°) ou un mandrin de Freudenberg. Si échec persistant → sondage sur guidé hydrophile sous fibroscopie souple ou cathéter sus-pubien.
Piège pratique : TOUJOURS recalotter après le sondage chez l'homme non circoncis — l'oubli est la première cause de paraphimosis iatrogène aux urgences.
#004
Sondage vésical chez la femme (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications : identiques à l'homme — RAU (plus rare chez la femme, rechercher un prolapsus, un fécalome ou une cause neurologique), surveillance de la diurèse, per-opératoire.
- Contre-indications spécifiques chez la femme : suspicion de rupture urétrale post-traumatique (exceptionnelle). Le sondage est quasi toujours possible et simple chez la femme.
- Matériel : sondé de Foley Ch12-Ch14 (calibre plus petit que chez l'homme), gel lubrifiant stérile (pas nécessairement anesthésiant car l'urètre féminin est court et peu sensible), antisepsie vulvaire (Bétadine gynéco), compresses stériles, champ troué.
- Positionnement : décubitus dorsal, cuisses fléchies et écartées (position gynécologique). Assurer un bon éclairage pour repérer le méat urétral.
#005
Sondage vésical chez la femme (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Antisepsie : toilette vulvaire large de haut en bas (grandes lèvres → petites lèvres → méat) en 4 temps. Écarter les petites lèvres de la main non dominante pour exposer le méat.
- Repérage du méat urétral : situé dans le vestibule, entre le clitoris (en haut) et l'orifice vaginal (en bas). En cas de difficulté (prolapsus, atrophie, obésité) : utiliser un spéculum, une valve vaginale ou un doigt intravaginal pour repousser la paroi vaginale antérieure.
- Introduction : insérer la sondé lubrifiée de 4-5 cm dans le méat. Le retour d'uriné confirmé la position intravésicale. Gonfler le ballonnet (10 mL eau stérile), tirer doucement, connecter la poche.
- Erreur classique : introduction dans le vagin par erreur (pas de retour d'uriné). Laisser cette sondé en place comme REPÈRE, prendre une nouvelle sondé stérile et sonder juste AU-DESSUS de la première sondé.
Astuce pratique : en cas de méat introuvable (prolapsus génital, atrophie sévère), la palpation d'un relief ferme sur la paroi vaginale antérieure au doigt guidé vers le méat urétral situé juste au-dessus.
#006
Cathéter sus-pubien : indications, CI, technique (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications principales : échec du sondage urétral, traumatisme urétral (urétrorragie), prostatite aiguë avec RAU, sténose urétrale non franchissable, drainage vésical prolongé prévu (>7 jours, meilleur confort patient).
- Contre-indications ABSOLUES : absence de globe vésical (vérifier cliniquement ET à l'échographie +++), tumeur de vessie connue ou suspectée, hématurie macroscopique (risque de ponctionner une tumeur), troubles majeurs de l'hémostase (INR >1.5, plaquettes <50 000, anticoagulation curative non réversible).
- Contre-indications relatives : antécédent de chirurgie pelvienne (adhérences), cicatrice médiane sous-ombilicale, grossesse >2e trimestre (utérus gravide interposé).
- Matériel : kit de cathéter sus-pubien (trocart métallique type Bonnano/Bonanno ou kit de Seldinger sur guidé), aiguille à ponction lombaire (repérage), anesthésie locale (lidocaïne 1-2%), compresses stériles, poche de recueil, fil de fixation cutanée.
#007
Cathéter sus-pubien : indications, CI, technique (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Repérage : 2 travers de doigt (3-4 cm) au-dessus du bord supérieur de la symphyse pubienne, sur la ligne médiane. Repérage ÉCHOGRAPHIQUE systématique recommandé (visualise la vessie, mesuré le volume, détecte les anses digestives interposées).
- Technique au trocart : incision cutanée au bistouri (3 mm), introduction du trocart perpendiculairement à la peau, pression ferme pour franchir l'aponévrose puis la paroi vésicale (ressaut caractéristique). Retirer le mandrin, pousser le cathéter, gonfler le ballonnet, fixer à la peau.
- Technique de Seldinger : ponction à l'aiguille (retour d'uriné confirmé la position intravésicale), passage du guidé métallique, dilatation, introduction du cathéter sur le guidé. Plus douce, préférée chez les patients sous anticoagulants (après correction).
- Surveillance post-pose : vérifier le retour d'uriné, la fixation, l'absence de saignement au point de ponction. Même surveillance qu'après un sondage classique (volume drainé, diurèse, constantes).
Piège grave : ne JAMAIS ponctionner sans globe vésical confirmé — risque de perforation d'une anse digestive interposée. En cas de doute, l'échographie est OBLIGATOIRE avant le geste.
#008
Irrigation vésicale continue (lavage sur sondé double courant) (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Principe : irrigation continue de la vessie au sérum physiologique (NaCl 0.9%) via une sondé à double courant — une voie d'entrée (irrigation) et une voie de sortie (drainage vers la poche). Objectif : prévenir ou traiter le caillotage vésical.
- Indications : post-RTUP, post-RTUV, hématurie macroscopique avec risque de caillotage, post-lithotripsie intravésicale, post-chirurgie vésicale.
- Sondé de choix : sondé de Couvelaire (double courant) Ch20 à Ch22. Extrémité ouverte (bec de flûte) pour faciliter l'évacuation des caillots. Ne PAS utiliser une sondé de Foley simple pour l'irrigation.
- Montage : connecter la voie d'irrigation à une poche de NaCl 0.9% de 3L suspendue en hauteur (gravité). Connecter la voie de drainage à une poche de recueil graduée. Le débit d'irrigation est réglé pour obtenir des urines rosées claires.
#009
Irrigation vésicale continue (lavage sur sondé double courant) (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Surveillance infirmière horaire : couleur des urines de sortie (rouge vif = augmenter le débit ; claires = diminuer progressivement), volume d'entrée et de sortie (le bilan entrée/sortie doit être ÉQUILIBRÉ — un excès d'entrée signale un caillotage obstructif), douleur sus-pubienne (vessie distendue = obstruction).
- Signes d'alarme d'obstruction de la sondé : douleur sus-pubienne brutale, absence de drainage malgré l'irrigation, globe vésical palpable, agitation du patient. Action immédiate : stopper l'irrigation, tenter un lavage manuel à la seringue de 50 mL, déboucher la sondé.
- Sevrage de l'irrigation : réduction progressive du débit quand les urines de sortie sont claires depuis >6h. Arrêt quand urines claires à débit minimal. Surveillance post-arrêt pendant 12-24h.
- Erreur à éviter : utiliser de l'eau stérile au lieu du sérum physiologique → risque de syndrome de réabsorption (anciennement TURP syndrome) avec hyponatrémie de dilution sévère (convulsions, troubles visuels, OAP).
Piège pratique : un bilan d'irrigation déséquilibré (entrées > sorties) signifie que la sondé est obstruée par des caillots — il faut agir IMMÉDIATEMENT pour éviter une distension vésicale dangereuse.
#010
Dilatation urétrale : bougies et ballonnet (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications : sténose urétrale symptomatique (dysurie, RAU à répétition, infections urinaires récidivantes) — en traitement palliatif ou d'attente avant urétroplastie ; sténose de méat ; sténose récidivante post-urétroplastie.
- Deux techniques principales : dilatation par bougies (Béniqué métalliques, bougies filiformes de Le Fort avec followers, dilatateurs de Hegar) et dilatation par ballonnet endoscopique sous contrôle visuel.
- Dilatation par bougies de Béniqué : bougies métalliques courbes de calibres croissants (Ch12 à Ch30). Introduction progressive sous gel anesthésique, en respectant la courbure urétrale. Augmenter de 2 Ch entre chaque passage. Arrêter si résistance ou saignement.
- Dilatation par bougies filiformes : pour les sténoses serrées — introduire un guidé filiforme souple qui franchit la sténose, puis visser des followers de calibre croissant. Technique plus douce pour les sténoses complexes.
#011
Dilatation urétrale : bougies et ballonnet (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Dilatation par ballonnet : sous urétro-cystoscopie, un ballonnet à haute pression est positionné au niveau de la sténose et gonflé pendant 3-5 minutes. Avantage : force radiale pure (moins de cisaillement que les bougies), moins traumatique.
- Préparation du patient : ECBU stérile préalable obligatoire (traiter toute infection avant le geste), antibioprophylaxie systématique (fluoroquinolone ou C2G), anesthésie locale (gel de xylocaïne) ou générale si geste long/complexé.
- Risques et complications : fausse route urétrale (urgence — cathéter sus-pubien), saignement (urétrorragie), infection urinaire/bactériémie/sepsis (surtout sur urines infectées), douleur, récidive de la sténose (60-80% à 2 ans pour les dilatations itératives).
- Suivi : auto-dilatation par le patient (bougies de Nelaton ou auto-sondage intermittent) pour espacer les récidives. Urétroplastie chirurgicale si sténose récidivante nécessitant des dilatations rapprochées (>2-3/an).
Piège ECNi : la dilatation urétrale est un traitement PALLIATIF avec un taux de récidive élevé — le traitement curatif de référence de la sténose urétrale est l'urétroplastie chirurgicale.
#012
Biopsies de prostate : échoguidées et sous fusion IRM (1/3)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications : suspicion de cancer de prostate — PSA élevé ou en augmentation, TR suspect (nodule, induration), IRM multiparamétrique avec ciblé PIRADS ≥3. Les biopsies sont INDISPENSABLES pour le diagnostic histologique de certitude.
- IRM multiparamétrique PRÉ-biopsie : désormais RECOMMANDÉE systématiquement avant toute première série de biopsies (CFEU 2024). Score PIRADS : 1-2 = très faible suspicion ; 3 = équivoque ; 4 = probable ; 5 = très probable.
- Voie transrectale (classique) : patient en décubitus latéral gauche ou position de lithotomie. Sondé d'échographie endorectale + guidé de biopsie. 12 prélèvements systématiques en sextant (base, milieu, apex × 2 côtés) + biopsies ciblées sur les zones suspectés (IRM ou échographie).
- Voie transpérinéale (recommandation croissante) : patient en position de lithotomie. Ponction à travers le périnée sous échographie transrectale. Avantages : risque infectieux quasi nul, meilleur accès à la zone antérieure, moins de sepsis. Inconvénient : nécessite souvent une anesthésie générale ou rachianesthésie.
#013
Biopsies de prostate : échoguidées et sous fusion IRM (2/3)

Wikimedia Commons (CC)
- Antibioprophylaxie : voie transrectale → fluoroquinolone (ciprofloxacine 500 mg ×2, J-1 à J+3) ou antibioprophylaxie ciblée sur écouvillon rectal ; voie transpérinéale → dose unique de C1G/C2G (risque infectieux très faible).
- Bilan pré-biopsie : ECBU stérile, bilan d'hémostase (TP, TCA, plaquettes), arrêt des anticoagulants/antiagrégants selon protocole (aspirine poursuivie, clopidogrel arrêté 5j, AVK relayés par HBPM, AOD arrêtés 48-72h).
- Complications : hématurie (60-80%, bénigne), rectorragies (20-30%), hémospermie (30-40%, bénigne, peut durer 6 semaines), infection/prostatite aiguë/sepsis (2-4% par voie transrectale, <0.5% par voie transpérinéale), RAU (<2%), douleur périnéale.
- Résultats : score de Gleason (ISUP 1 à 5), pourcentage de carotte envahie, nombre de carottes positives. Si biopsies négatives avec IRM suspecté persistante → discussion en RCP pour rebiopsie ciblée.
#014
Biopsies de prostate : échoguidées et sous fusion IRM (3/3)

Wikimedia Commons (CC)
- Information patient obligatoire : risque de sepsis, fièvre post-biopsie = urgence (consulter si T >38.5°C dans les 48h post-biopsie), hémospermie et hématurie banales pendant plusieurs semaines.
Piège ECNi : la fièvre >38.5°C dans les 48h suivant des biopsies prostatiques transrectales est une prostatite aiguë/sepsis jusqu'à preuve du contraire — hospitalisation et antibiothérapie IV en urgence.
#015
Circoncision / posthectomie : indications et technique (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications médicales (seules indications remboursées) : phimosis serré de l'adulte résistant aux dermocorticoïdes (bétaméthasone 0.05% × 6-8 semaines), phimosis avec complications (balanoposthites récidivantes, infections urinaires, paraphimosis récidivant), lichen scléreux/BXO (balanitis xerotica obliterans), cancer du gland/prépuce (posthectomie élargie).
- Bilan pré-opératoire : consultation d'anesthésie, bilan d'hémostase standard. Pas de bilan complémentaire spécifique. Information sur les alternatives (plastie de prépuce = préputioplastie dorsale si phimosis modéré).
- Anesthésie : AG (la plus fréquente), rachianesthésie, ou bloc pénien (infiltration de xylocaïne 1% sans adrénaline à la base de la verge, 10-15 mL bilatéral).
- Technique chirurgicale classique : trait de coupe sur le feuillet externe à 5-8 mm en arrière du sillon balano-préputial. Décalottage, trait de coupe sur le feuillet interne. Résection du prépuce (manchon cutanéo-muqueux). Hémostase soigneuse (bipolaire ou points résorbables sur le frein artériel +++). Suturé en points séparés résorbables rapides (Vicryl Rapide 4/0).
#016
Circoncision / posthectomie : indications et technique (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Plastie du frein : souvent associée à la circoncision si frein court. Section du frein, hémostase de l'artère du frein (point en X), suturé transversale pour allonger le frein.
- Soins post-opératoires : pansement gras (Jelonet/tulle gras) autour du sillon pendant 48-72h. Douche possible à J2. Antalgiques (paracétamol ± AINS). Abstinence sexuelle 4-6 semaines. Prévenir du caractère normal de l'oedème post-opératoire.
- Complications : saignement post-opératoire (hématome, reprise si actif), infection du site opératoire (<2%), résultat esthétique insatisfaisant (excès ou défaut de peau), sténose du méat (rare, surtout chez l'enfant), douleur chronique ou hypersensibilité du gland (adaptation progressive).
Point technique : l'artère du frein est la principale source de saignement post-opératoire — elle doit être identifiée et ligaturée systématiquement lors de la posthectomie.
#017
Néphrostomie percutanée : indications d'urgence (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications en urgence : pyélonéphrite obstructive (CN fébrile avec sepsis) quand le drainage endoscopique (sondé JJ) est impossible ou a échoué, IRA obstructive bilatérale ou sur rein unique, obstruction urétérale sur tumeur pelvienne non franchissable par voie rétrograde.
- Indications électives : accès percutané pour la néphrolithotomie percutanée (NLPC), drainage pré-opératoire prolongé d'un pyélon dilaté, chimiolyse intrarénale de calculs d'acide urique.
- Contre-indications : trouble sévère de l'hémostase non corrigé (TP <50%, plaquettes <80 000, anticoagulation curative), absence de dilatation pyélocalicielle (ponction beaucoup plus risquée — recourir à l'injection de produit de contraste pour opacifier les cavités).
- Technique : patient en décubitus ventral (ou oblique latéral). Repérage échographique et/ou fluoroscopique. Anesthésie locale (lidocaïne, plan cutané → plan musculaire → capsule rénale). Ponction du calice inférieur postérieur avec aiguille 18G sous contrôle échographique.
#018
Néphrostomie percutanée : indications d'urgence (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Mise en place du drain : technique de Seldinger — guidé rigide dans le pyélon, dilatation du trajet (dilatateurs télescopiques ou séquentiels), mise en place d'un drain pigtail (8-12 Fr) ou d'une sondé de néphrostomie (14-16 Fr si drainage d'urines purulentes/épaisses).
- En urgence septique : prélever un ECBU pyélique dès la ponction du premier jet d'uriné (avant toute irrigation). Ne PAS instiller de produit de contraste si urines purulentes (risque de décharge bactériémique). Drain de gros calibre pour les pyonéphroses.
- Surveillance post-pose : débit horaire du drain, aspect des urines (purulent → clair), constantes vitales (résolution de la fièvre sous 48-72h attendue), point de ponction (saignement, infection). Contrôle radiologique (échographie ou TDM) à 48h pour vérifier le bon positionnement.
- Complications : saignement (hématurie transitoire fréquente, hémorragie rétropéritonéale 1-2%, fistule artério-veineuse), pneumothorax (si ponction trop haute au-dessus de la 12e côte), perforation digestive (exceptionnelle, côlon rétrorénal), infection, déplacement du drain.
Piège pratique : la néphrostomie en urgence pour pyélonéphrite obstructive doit être réalisée SANS opacification des cavités (pas de contraste injecté dans des urines infectées) — le guidage échographique seul est suffisant et plus sûr.
#019
Décaillotage vésical (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Contexte typique : hématurie macroscopique avec formation de caillots intravésicaux → globe vésical douloureux (RAU sur caillotage). Étiologies fréquentes : post-RTUP/RTUV, tumeur de vessie, tumeur rénale, traitement anticoagulant, cystite radique ou hémorragique.
- Sondé de choix : sondé double courant (Couvelaire) de GROS CALIBRE (Ch20-Ch22 minimum, Ch24 si possible) — indispensable pour le passage des caillots. CONTRE-INDICATION d'utiliser une sondé Foley standard de petit calibre (se bouchera immédiatement).
- Technique de décaillotage manuel : connecter une seringue à embout conique de 50 mL sur la voie de drainage. Injecter 50 mL de NaCl 0.9%, puis aspirer fermement pour fragmenter et évacuer les caillots. Répéter jusqu'à obtention d'un liquide de lavage clair. Geste parfois long (30-60 min).
- Points techniques : maintenir la sondé bien en place (risque de recul lors des aspirations vigoureuses). Si la sondé se bouche, la mobiliser doucement en rotation et en va-et-vient. Ne JAMAIS irriguer si impossibilité de drainer (risque de distension vésicale majeure).
#020
Décaillotage vésical (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Après le décaillotage : mettre en place une irrigation vésicale continue (NaCl 0.9%, 3L en perfusion) pour prévenir la récidive. Adapter le débit d'irrigation à la couleur des urines de sortie (objectif : rosé clair à clair).
- Indication du décaillotage endoscopique (au bloc) : échec du décaillotage manuel après 2-3 tentatives, caillots organisés/anciens non fragmentables à la seringue, nécessité d'identifier et traiter la source du saignement (tumeur, vaisseau artériel).
- Recherché étiologique systématique : hématurie macroscopique avec caillotage = bilan COMPLET une fois l'épisode aigu résolu — uroTDM, cytologie urinaire, cystoscopie souple à distance, bilan d'hémostase.
Piège pratique : le décaillotage est un geste INGRAT et LONG — ne pas abandonner trop tôt. Un décaillotage incomplet exposé à la récidive rapide du caillotage et à une distension vésicale dangereuse.
#021
Ablation de sondé JJ par cystoscopie (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- La sondé JJ (sondé double J ou endoprothèse urétérale) : tube en polyuréthane/silicone avec boucles aux deux extrémités (pyélon et vessie), placé pour dériver les urines en cas d'obstacle urétéral. Durée de maintien habituelle : 4-6 semaines (max 6 mois pour les sondes standard).
- Indication d'ablation : guérison ou traitement de l'obstacle initial (post-lithotripsie, post-chirurgie urétérale, levée d'obstacle temporaire). L'ablation ne doit PAS être différée au-delà du délai prévu — risque d'incrustation calcique et de calcification de la sondé.
- Sondé JJ oubliée/incrustée : complication grave d'un suivi négligé. Calcification progressive de la sondé → extraction difficile/impossible par cystoscopie simple. Nécessite souvent une combinaison de lithotripsie (LEC ou laser) + urétéroscopie + NLPC pour fragmenter les calcifications avant l'extraction.
- Technique d'ablation standard : cystoscopie souple (homme) ou rigide (femme, plus facile car urètre court). Visualisation de la boucle vésicale de la sondé JJ → saisie à la pince à corps étranger → traction douce et continue pour retirer la sondé.
#022
Ablation de sondé JJ par cystoscopie (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Ablation sur fil : certaines sondes JJ sont posées avec un fil de traction fixé au méat urétral. L'ablation se fait alors en consultation par simple traction sur le fil (sans cystoscopie). Avantage : simplicité. Inconvénient : inconfort du fil entre les cystoscopies, risque d'ablation accidentelle.
- Précautions : ECBU stérile avant le geste (si infection → traiter d'abord). Information du patient sur les sensations (envies impérieuses, brûlures). Antibioprophylaxie non systématique si ECBU stérile.
- Surveillance post-ablation : vérifier l'absence de douleur lombaire (récidive de l'obstacle ?), ECBU de contrôle si symptômes. Imagerie de contrôle (échographie rénale) à 1-3 mois pour vérifier l'absence de dilatation résiduelle.
Piège grave : une sondé JJ oubliée (>6-12 mois) devient un calcul urétéral moulé sur la sondé — toujours planifier le retrait à la pose et tracer la date prévue d'ablation dans le dossier et sur une alerte informatique.
#023
Toucher rectal : technique et sémiologie (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications en urologie : bilan de troubles mictionnels (HBP), suspicion de cancer de prostate (PSA élevé), prostatite aiguë, RAU (recherché étiologique), bilan de douleurs pelviennes, urgences scrotales (diagnostic différentiel), bilan de constipation/fécalome.
- Positionnement du patient : décubitus dorsal (genoux fléchis, le plus courant en France), décubitus latéral gauche (genoux ramenés), ou debout penché en avant. Expliquer le geste, obtenir le consentement, respecter la pudeur.
- Technique : doigtier ou gant lubrifié (gel hydrosoluble). Inspection de la marge anale (fissure, hémorroïdes, fistule). Introduction douce de l'index en demandant au patient de pousser comme pour aller à la selle (relâchement sphinctérien). Évaluer le tonus du sphincter anal.
- Sémiologie prostatique normale : prostate souple, régulière, symétrique, non douloureuse, avec sillon médian perceptible. Volume estimé en équivalent de fruits : noisette (15-20g, normal), noix (25-30g), mandarine (40-50g), orange (>60g).
#024
Toucher rectal : technique et sémiologie (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Signes évocateurs de cancer : nodule dur, irrégularité de surface, asymétrie, induration localisée ou diffuse, comblement du sillon médian, extension au-delà de la capsule (prostate fixée = stade T4). Un TR suspect impose des biopsies prostatiques même si le PSA est normal.
- Prostatite aiguë au TR : prostate tendue, extrêmement douloureuse, augmentée de volume, parfois fluctuante (abcès). Le TR doit être DOUX et BREF (risque de décharge bactériémique). Le massage prostatique est FORMELLEMENT contre-indiqué.
- Au-delà de la prostate : palper le cul-de-sac de Douglas (bombement = épanchement pelvien, nodules de carcinose = signe de Blumer), évaluer les parois rectales (tumeur rectale), rechercher un fécalome.
- Limités : le TR explore uniquement la face postérieure de la prostate (zone périphérique) — les cancers de la zone de transition (antérieure) ne sont pas palpables. Un TR normal n'élimine pas un cancer de prostate.
Piège ECNi : un TR normal n'élimine PAS un cancer de prostate (30-40% des cancers siègent dans des zones non palpables) — le TR est complémentaire du PSA et de l'IRM, jamais suffisant seul.
#025
Auto-sondages intermittents : éducation du patient (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications principales : rétention chronique d'urines par hypocontractilité vésicale (vessie neurologique +++, SEP, traumatisme médullaire, spina bifida), résidu post-mictionnel significatif (>100-150 mL) avec complications (infections urinaires récidivantes, insuffisance rénale).
- Principe : vidange complète et régulière de la vessie par auto-sondage intermittent propre (ASIP) — NON stérile mais propre (lavage des mains, sondé à usage unique). Pas de système collecteur permanent → préserve la liberté et l'image corporelle du patient.
- Fréquence : 4 à 6 sondages par 24h, à intervalles réguliers (toutes les 4-6h), en veillant à ne pas dépasser un volume vésical de 400-500 mL par sondage (risque de distension vésicale si volumes trop importants).
- Matériel : sondes droites (Nelaton) Ch10-Ch14 à usage unique. Sondes hydrophiles pré-lubrifiées (facilitent le geste, réduisent les traumatismes et les infections) ou sondes sèches + lubrifiant. Calendrier mictionnel (volumes, horaires) pour ajuster la fréquence.
#026
Auto-sondages intermittents : éducation du patient (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Éducation thérapeutique — programmé structuré : séances dédiées avec infirmier(e) spécialisé(e). Apprentissage de l'anatomie (repérage du méat), hygiène des mains, technique d'introduction, gestion des difficultés. Nécessite la dextérité manuelle, la motivation et les capacités cognitives du patient.
- Technique chez l'homme : position assise ou debout, lavage des mains, nettoyage du gland, introduction de la sondé lubrifiée en tendant la verge. Technique chez la femme : position assise sur les toilettes, écartement des lèvres d'une main, introduction de la sondé de l'autre main (miroir au début pour repérer le méat).
- Complications : infections urinaires asymptomatiques (fréquentes, NE PAS traiter systématiquement — seules les IU symptomatiques justifient une antibiothérapie), traumatisme urétral (fausse route, sténose au long cours), hématurie transitoire.
- Suivi régulier : consultation spécialisée tous les 3-6 mois, vérification de la technique, ECBU uniquement si symptômes, échographie rénale annuelle (recherché de dilatation), créatinine annuelle. Réévaluation de l'indication au long cours.
Piège ECNi : chez le patient neurologique sous auto-sondages, la bactériurie asymptomatique est la RÈGLE et ne doit PAS être traitée par antibiotiques — seules les infections urinaires symptomatiques (fièvre, douleur, aggravation neurologique) justifient un traitement.
#027
Ponction-aspiration testiculaire et biopsie testiculaire (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Indications diagnostiqués : azoospermie non obstructive (bilan d'infertilité masculine, évaluation de la spermatogenèse résiduelle), suspicion de carcinome in situ testiculaire (CIS/NGCI — néoplasie germinale intratubulaire), bilan de cryptorchidie (évaluation du potentiel germinal).
- Indications thérapeutiques (prélèvement de spermatozoïdes pour AMP) : azoospermie obstructive (MESA/TESA — excellents résultats), azoospermie non obstructive (micro-TESE — extraction chirurgicale de spermatozoïdes dans 40-60% des cas).
- Ponction-aspiration à l'aiguille fine (TESA/FNA) : aiguille 21-23G, aspiration de tissu testiculaire par dépression. Geste sous anesthésie locale (bloc du cordon spermatique). Simple et rapide, mais rendement parfois insuffisant pour l'AMP.
- Biopsie testiculaire chirurgicale (TESE) : incision scrotale, ouverture de la vaginale et de l'albuginée, prélèvement d'un ou plusieurs fragments de pulpe testiculaire (3 × 3 mm). Suturé de l'albuginée en points séparés résorbables. Envoi en anatomopathologie ET au laboratoire de biologie de la reproduction.
#028
Ponction-aspiration testiculaire et biopsie testiculaire (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Micro-TESE (extraction microchirurgicale) : technique de référence dans l'azoospermie non obstructive. Ouverture large de l'albuginée, exploration des tubes séminifères sous microscope opératoire (×20-25) à la recherché de tubes dilatés (plus susceptibles de contenir des spermatozoïdes). Meilleur rendement que la TESE conventionnelle (40-60% vs 25-30%).
- Prélèvement épididymaire (MESA) : microchirurgie de l'épididyme pour aspirer les spermatozoïdes dans les tubules épididymaires. Indiqué dans les azoospermies obstructives (agénésie bilatérale des canaux déférents, vasectomie non réversible). Excellent rendement.
- Complications : hématome scrotal (le plus fréquent, compression et glaçage), douleur post-opératoire (paracétamol ± AINS, suspensoir scrotal), infection (rare), atrophie testiculaire (exceptionnelle si biopsie unique de petite taille).
- Précautions : bilan d'hémostase préalable, arrêt aspirine/AINS 7 jours avant, consentement éclairé, coordination avec le centre d'AMP (synchronisation avec le prélèvement ovocytaire si ICSI programmée ou congélation des spermatozoïdes).
Point clé AMP : dans l'azoospermie non obstructive, la micro-TESE est la technique de référence (taux de retrieval 40-60%) et doit être réalisée dans un centre expert disposant d'un microscope opératoire et d'une équipe de biologie de la reproduction sur site.
#029
Gestion des sondes en post-opératoire (1/3)

Wikimedia Commons (CC)
- Principes généraux : retrait de la sondé dès que possible (chaque jour de sondage supplémentaire augmenté le risque d'IU nosocomiale de 3-7%). Réévaluation quotidienne de l'indication. Surveillance de la diurèse, de l'aspect des urines et du point de fixation.
- Post-RTUP : sondé double courant Ch20-22 avec irrigation continue pendant 24-48h. Sevrage de l'irrigation quand urines claires. Ablation de la sondé à J1-J3 (après arrêt de l'irrigation depuis >12h). Épreuve de clampage NON nécessaire.
- Post-prostatectomie radicale : sondé de Foley Ch18-20 maintenue 7-10 jours (cicatrisation de l'anastomose vésico-urétrale). Cystographie de contrôle à J7-J10 avant ablation (recherché de fuite anastomotique). Si fuite → maintenir la sondé 7 jours supplémentaires.
- Post-cystectomie avec dérivation : sondé(s) urétérale(s) tutrice(s) dans les uretères réimplantés (retrait à J10-J14), drain de Redon pelvien, sondé dans la néovessie ou drain dans le Bricker. Surveillance des débits par chaque drain séparément.
#030
Gestion des sondes en post-opératoire (2/3)

Wikimedia Commons (CC)
- Post-chirurgie de l'urètre (urétroplastie) : sondé de calibre adapté (Ch14-16), maintenue 2-3 semaines. Urétrographie rétrograde de contrôle avant ablation pour vérifier l'étanchéité et l'absence de sténose précoce.
- Post-pose de sphincter artificiel (SUA) : sondé de Foley de PETIT calibre (Ch10-12) pendant 24-48h maximum. Retrait précoce impératif (risque d'érosion urétrale si sondé prolongée sur la manchette du SUA). Activation du SUA différée à 6 semaines post-opératoire.
- Épreuve de clampage-déclampage : utile après chirurgie d'augmentation vésicale ou RAU prolongée avec « vessie claquée ». Clamper la sondé 2-3h, déclamper et mesurer le résidu. Objectif : résidu <100 mL et miction volontaire confortable avant ablation définitive.
- Prévention des IU sur sondé : système clos (NE JAMAIS déconnecter la sondé de la poche), poche de recueil toujours en déclive sous le niveau de la vessie, soins quotidiens du méat (eau + savon), pas d'antibiothérapie prophylactique systématique, retrait le plus précoce possible.
#031
Gestion des sondes en post-opératoire (3/3)

Wikimedia Commons (CC)
- Conduite devant un résidu post-mictionnel significatif après ablation de sondé : RPM >150 mL → resondage pour 24-48h puis nouvelle tentative. RPM persistant → évaluer le mécanisme (obstacle ? hypocontractilité ?) et discuter les auto-sondages intermittents.
Piège pratique : après prostatectomie radicale, NE JAMAIS retirer la sondé sans cystographie de contrôle préalable — une fuite anastomotique non diagnostiquée exposé à un urinome pelvien et un sepsis.