#001
Colique néphrétique simple : prise en charge complète (1/3)

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- APPEL TYPIQUE : 'douleur lombaire brutale, patient agité, BU positive' — c'est le motif d'appel le plus fréquent la nuit.
- Confirmer le diagnostic : douleur lombo-abdominale unilatérale brutale + agitation + BU (hématurie micro 70-100 %) + pas de fièvre.
- Antalgique IMMÉDIAT (ne pas attendre l'imagerie) : kétoprofène 100 mg IV lent en 1ère intention (sauf CI : IR, grossesse, ulcère actif).
- Si CI aux AINS ou insuffisant : paracétamol 1g IV + tramadol 100 mg IV. Si douleur résistante : morphine titrée IV (bolus 2-3 mg / 5 min).
#002
Colique néphrétique simple : prise en charge complète (2/3)

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- Rappel : les ANTISPASMODIQUES n'ont AUCUNE place dans la CN (CFEU 2024). Ne pas prescrire de Spasfon.
- Bilan de base aux urgences : BU + ECBU, créatinine, NFS, CRP, ionogramme.
- Imagerie CN SIMPLE : échographie rénale ± ASP sous 48h OU TDM AP sans injection dans les 48h (pas en urgence si CN simple).
- Critères d'hospitalisation CN simple : douleur résistante à 30 min d'antalgiques bien conduits, vomissements empêchant la voie orale, rein unique connu, contexte social.
#003
Colique néphrétique simple : prise en charge complète (3/3)
- Sortie possible si : douleur cédée, apyrexie, créatinine normale, pas de signe de gravité. Ordonnance : kétoprofène PO 5j + paracétamol + tamisage des urines + RDV imagerie <48h + consignes de reconsultation (fièvre, anurie, douleur résistante).
Conduite pratique : si la douleur cède sous AINS, que le patient est apyrétique et que la créatinine est normale, il peut sortir avec un RDV imagerie sous 48h. Ne JAMAIS prescrire d'antispasmodiques seuls.
#004
CN compliquée / pyélonéphrite obstructive : urgence drainage (1/3)

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- APPEL TYPIQUE : 'CN + fièvre' ou 'CN + anurie' ou 'CN résistante aux antalgiques IV' = URGENCE VITALE.
- 3 situations = CN compliquée : (1) fièvre ≥38°C = pyélonéphrite obstructive, (2) oligo-anurie / IRA = obstacle bilatéral ou rein unique, (3) douleur hyperalgique résistante aux paliers 2-3.
- Terrains à risque = CN compliquée d'emblée : grossesse, rein unique/transplanté, IRC, uropathie connue.
- Imagerie EN URGENCE : TDM AP sans injection (uroscanner si doute sur complication).
#005
CN compliquée / pyélonéphrite obstructive : urgence drainage (2/3)

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- Pyélonéphrite obstructive — action simultanée : DRAINAGE + ATB IV + réa si sepsis.
- Drainage de 1ère intention : sondé JJ ou urétérale sous AG au bloc ; néphrostomie percutanée si urines très purulentes ou échec endoscopique.
- ATB probabiliste PNO : C3G IV (ceftriaxone 2g/j) ± aminoside (gentamicine 5 mg/kg). Si risque BLSE (ATCD, voyage, sondé JJ) : carbapénème (imipénème).
- ECBU PYÉLIQUE systématique lors du drainage (prélèvement des urines purulentes).
#006
CN compliquée / pyélonéphrite obstructive : urgence drainage (3/3)

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- Vérifier ECG si IRA (risque d'hyperkaliémie menaçante) AVANT tout geste invasif.
- RÈGLE D'OR : le traitement du calcul est TOUJOURS différé à 4-6 semaines après la dérivation. On ne traité JAMAIS le calcul en urgence dans un contexte septique.
Urgence absolue : devant CN + fièvre, le drainage doit être réalisé dans les 6h. Appeler l'urologue de garde ET l'anesthésiste simultanément. Ne pas attendre les résultats de l'hémoculture pour débuter les ATB.
#007
Hématurie macroscopique : bilan et conduite à tenir (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'urines rouges/caillots' ou 'rétention sur caillotage' — évaluer en priorité le retentissement hémodynamique.
- Étape 1 — Évaluer la gravité : constantes (TA, FC), pâleur, NFS en urgence. Rechercher un caillotage vésical (globe + urines très rouges = RAU sur caillotage).
- Caillotage vésical avec RAU : sondé double courant gros calibre (≥Ch20) + décaillotage à la seringue 50 mL + lavages continus au sérum physiologique.
- Si échec du décaillotage au lit : décaillotage endoscopique au bloc opératoire.
#008
Hématurie macroscopique : bilan et conduite à tenir (2/2)

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- HÉMATURIE = CONTRE-INDICATION FORMELLE au cathéter sus-pubien (risque de ponction d'une tumeur vésicale).
- Hématurie sur anticoagulants : ne JAMAIS banaliser — corriger l'hémostase si besoin (vitamine K, PPSB, idarucizumab) ET chercher une lésion causale (la tumeur saigne plus facilement sous AVK).
- Bilan étiologique à programmer (pas en urgence la nuit sauf instabilité) : uroTDM, cytologie urinaire, cystoscopie souple à distance, PSA si homme >50 ans.
- Chronologie mictionnelle utile : initiale = urétro-prostatique, terminale = vésicale, totale = rénale ou hématurie abondante.
Règle absolue de garde : toute hématurie macroscopique même cédant spontanément justifie un bilan étiologique complet ambulatoire (tumeur urothéliale +++).
#009
Rétention aiguë d'uriné : sondage, CI et alternatives (1/3)

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- APPEL TYPIQUE : 'patient qui ne peut plus uriner, douleur sus-pubienne intense' — confirmer le globe (voussure, matité, douleur).
- Confirmer le globe : clinique (voussure sus-pubienne convexe, mate, douloureuse) ± bladderscan si doute.
- CI ABSOLUE au sondage urétral : traumatisme du bassin + urétrorragie = suspicion de rupture urétrale → cathéter sus-pubien d'emblée.
- CI RELATIVES au sondage urétral : prostatite aiguë (préférer KT sus-pubien), sténose urétrale connue.
#010
Rétention aiguë d'uriné : sondage, CI et alternatives (2/3)

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- CI au cathéter sus-pubien : absence de globe, tumeur vésicale connue/suspectée, hématurie macroscopique, anticoagulation efficace, troubles de coagulation.
- Technique chez l'homme : décalotter → antisepsie → gel de xylocaïne urétral (attendre 3 min) → verge au zénith → basculer à l'horizontale au passage de l'angle → gonfler le ballonnet UNIQUEMENT quand les urines coulent.
- ÉCHEC de sondage : sondé béquillée (Dufour) si HBP ; sondage sur guidé hydrophile ; mandrin de Freudenberg. Si échec total → KT sus-pubien ou sondage sous cystoscopie souple.
- Post-drainage : ECBU systématique, noter le volume initial drainé, surveiller la diurèse.
#011
Rétention aiguë d'uriné : sondage, CI et alternatives (3/3)

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- Hémorragie a vacuo : prévenue par clampage tous les 400 mL.
- Syndrome de levée d'obstacle : compenser par sérum isotonique IV à demi-volume si diurèse >200 mL/h. Surveiller ionogramme (hypernatrémie, hypokaliémie).
Pensez à RECALOTTER après le sondage chez l'homme non circoncis — l'oubli provoque un paraphimosis iatrogène. RAU fébrile chez l'homme = évoquer prostatite aiguë → KT sus-pubien préférable.
#012
Torsion du cordon spermatique : diagnostic et timing chirurgical (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'douleur testiculaire brutale chez un ado/jeune adulte' = TORSION jusqu'à preuve du contraire.
- Diagnostic CLINIQUE : douleur scrotale brutale et intense, apyrexie, testicule ascensionné horizontalisé, cordon épaissi et douloureux, abolition du réflexe crémastérien, signe de Prehn NÉGATIF.
- Score TWIST : gonflement testiculaire (2 pts), induration (2 pts), abolition réflexe crémastérien (1 pt), nausées/vomissements (1 pt), testicule ascensionné (1 pt). Score ≥5 = exploration d'emblée SANS imagerie.
- L'écho-doppler NE PEUT PAS éliminer le diagnostic — ne doit JAMAIS retarder l'exploration si la clinique est évocatrice.
#013
Torsion du cordon spermatique : diagnostic et timing chirurgical (2/2)

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- DÉLAI CRITIQUE : taux de sauvetage >95 % si détorsion <6h, <10 % au-delà de 24h. Chaque minute compte.
- Détorsion manuelle d'attente ('ouvrir un livre' = rotation externe) : geste d'attente qui ne remplacé JAMAIS l'exploration chirurgicale.
- Au bloc : détorsion + évaluation vitalité (orchidopexie si viable, orchidectomie si nécrose) + orchidopexie controlatérale SYSTÉMATIQUE.
- Information du patient/famille OBLIGATOIRE : risque d'atrophie testiculaire même après détorsion réussie, risque de torsion controlatérale.
Règle de garde absolue : devant une douleur scrotale aiguë chez un sujet jeune, appeler le bloc AVANT de demander une échographie. Le timing chirurgical prime sur tout examen complémentaire.
#014
Grosse bourse aiguë non traumatique : orchi-épididymite vs torsion (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'grosse bourse douloureuse + fièvre' OU 'grosse bourse douloureuse sans fièvre chez un jeune' — la question clé = torsion ou infection ?
- Orchi-épididymite aiguë : douleur progressive (heures/jours), fièvre, épididyme douloureux puis testicule, signe de Prehn POSITIF (soulagement à l'élévation), ECBU souvent positif.
- Torsion d'hydatide (appendice testiculaire) : enfant prépubère ++, douleur modérée au pôle supérieur du testicule, 'blue dot sign' (nodule bleuté visible par transillumination). Traitement conservateur (AINS) si diagnostic certain.
- Clés pour distinguer torsion vs OEA : brutal vs progressif, apyrexie vs fièvre, ascension testiculaire vs position normale, Prehn négatif vs positif. En cas de DOUTE = exploration chirurgicale.
#015
Grosse bourse aiguë non traumatique : orchi-épididymite vs torsion (2/2)

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- Bilan OEA : ECBU + hémocultures si fièvre élevée, NFS/CRP. Échographie scrotale si doute diagnostiqué ou suspicion d'abcès.
- ATB orchi-épididymite non IST (>35 ans) : ofloxacine 200 mg x2/j PO pendant 14 jours OU ciprofloxacine 500 mg x2/j PO 14j.
- ATB orchi-épididymite contexte IST (<35 ans) : ceftriaxone 500 mg IM dose unique + doxycycline 100 mg x2/j PO 10 jours. Dépistage IST complet + traitement du/de la partenaire.
- Abcès intra-scrotal : drainage chirurgical. Orchidectomie si testicule détruit/nécrosé.
En pratique de garde : si le patient a <25 ans et que le moindre doute persiste entre torsion et OEA, ne pas hésiter à explorer chirurgicalement. Mieux vaut une exploration blanche qu'un testicule perdu.
#016
Pyélonéphrite aiguë simple et compliquée (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'fièvre + douleur lombaire' — PNA jusqu'à preuve du contraire. Rechercher immédiatement un obstacle (pyélonéphrite obstructive = urgence, cf. section 2).
- Diagnostic : fièvre ≥38,5°C + douleur lombaire unilatérale + syndrome inflammatoire biologique. ECBU : leucocyturie ≥10⁴/mL + bactériurie ≥10³ UFC/mL (E. coli).
- PNA simple (femme jeune, pas de FDR) : ATB ambulatoire — FQ PO (ciprofloxacine 500 mg x2/j) ou C3G IV (ceftriaxone 2g/j), durée 7j. Pas d'imagerie d'emblée si bonne évolution.
- PNA à risque de complication : homme, grossesse, anomalie anatomique, immunodépression, IRC → hospitalisation + imagerie (uroTDM) + ATB IV, durée 10-14j.
#017
Pyélonéphrite aiguë simple et compliquée (2/2)

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- Critères d'hospitalisation : sepsis/choc, hyperalgique, vomissements, doute diagnostiqué, ATB IV nécessaire, comorbidités décompensées.
- Si fièvre persistante >72h sous ATB adapté : uroTDM OBLIGATOIRE pour rechercher abcès ou obstacle non diagnostiqué.
- PNA emphysémateuse (diabète ++) : gaz intra/péri-rénal au TDM. ATB large spectre ± drainage ; néphrectomie si grade élevé et échec.
- PNA sur obstacle = pyélonéphrite obstructive → drainage EN URGENCE (cf. section 2).
De garde : la question clé devant toute PNA est 'y a-t-il un obstacle ?' Un simple écho au lit du patient peut montrer une dilatation pyélocalicielle et changer complètement la prise en charge.
#018
Prostatite aiguë bactérienne (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'homme + fièvre + signes urinaires ± RAU' = infection urinaire masculine = prostatite aiguë jusqu'à preuve du contraire.
- Diagnostic : fièvre + signes urinaires (brûlures, pollakiurie, dysurie) + douleurs pelviennes/périnéales + prostate très douloureuse au TR. ECBU systématique.
- Bilan minimal : ECBU + hémocultures (si fièvre élevée ou sepsis), NFS, CRP, créatinine. Échographie sus-pubienne si suspicion de RAU.
- ATB 1ère intention : FQ PO (ciprofloxacine 500 mg x2/j ou ofloxacine 200 mg x2/j) si pas de signe de gravité. Si sepsis : C3G IV (ceftriaxone 2g/j) ± aminoside.
#019
Prostatite aiguë bactérienne (2/2)

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- Durée ATB : 14 jours minimum, jusqu'à 21 jours selon évolution clinico-biologique.
- RAU + prostatite aiguë : KT SUS-PUBIEN (le sondage urétral est une CI relative — risque d'aggraver l'infection et de provoquer un abcès).
- Fièvre persistante >72h → rechercher abcès prostatique par IRM ou écho endorectale → drainage transrectal ou transpérinéal si abcès >2 cm.
- Pas d'alpha-bloquant en phase aiguë (à discuter en relais après 48h d'apyrexie si signes obstructifs persistants).
Pièges de garde : ne JAMAIS sonder un patient avec suspicion de prostatite aiguë sans avoir discuté l'alternative du KT sus-pubien. Toujours prélever l'ECBU AVANT de débuter les ATB.
#020
Fracture de verge : diagnostic et réparation chirurgicale (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'craquement pendant un rapport sexuel + détumescence + gonflement de la verge' — le diagnostic est CLINIQUE.
- Triade diagnostiqué : (1) craquement audible en érection, (2) détumescence immédiate, (3) hématome en 'aubergine' avec déviation controlatérale de la verge.
- Circonstances : rapport sexuel +++ (faux pas du coït), masturbation, retournement brusque sur verge en érection.
- L'IRM pénienne est indiquée si doute diagnostiqué (CFEU 2024) — elle localisé précisément la brèche de l'albuginée.
#021
Fracture de verge : diagnostic et réparation chirurgicale (2/2)

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- Rechercher systématiquement une lésion urétrale associée (10-20 %) : urétrorragie, difficulté mictionnelle → urétrographie rétrograde si doute.
- URGENCE CHIRURGICALE (dans les 24h, idéalement <6h) : incision élective ou incision coronale selon présentation, évacuation de l'hématome, suturé de l'albuginée par points séparés inversés (fil non résorbable ou lentement résorbable).
- Post-opératoire : abstinence sexuelle 6 semaines, AINS pour l'oedème.
- Information du patient : risque de courbure résiduelle (10-15 %) et de dysfonction érectile séquellaire (5-10 %). Suivi à 3 et 6 mois.
De garde : ne jamais se contenter d'un traitement conservateur (bandage, glace). La réparation chirurgicale précoce donne des résultats nettement supérieurs au traitement conservateur (moins de courbure, moins de DE).
#022
Priapisme : classification et prise en charge urgente (1/3)

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- APPEL TYPIQUE : 'érection prolongée >4h sans stimulation sexuelle' — c'est une urgence urologique.
- Distinguer IMMÉDIATEMENT les 2 types (la prise en charge est radicalement différente) :
- PRIAPISME ISCHÉMIQUE (bas débit, 95 %) : DOULOUREUX, gland FLASQUE, corps caverneux RIGIDES. Étiologies : idiopathique, drépanocytose, neuroleptiques, IIC, hémopathies. C'est une URGENCE.
- PRIAPISME ARTÉRIEL (haut débit, 5 %) : NON douloureux, post-traumatique (chute à califourchon), gland turgescent, corps caverneux semi-rigides. PAS une urgence.
#023
Priapisme : classification et prise en charge urgente (2/3)

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- Gazométrie caverneuse (confirmé le type) : ischémique = pO₂ <40 mmHg, pH <7,25, pCO₂ >60 mmHg ; artériel = pO₂ >90 mmHg, pH >7,35.
- Traitement priapisme ISCHÉMIQUE : ponction-aspiration des corps caverneux (aiguille 19G, voie latérale) + injection intracaverneuse d'ÉTILÉFRINE 10 mg (ou phényléphrine 200-500 µg) sous scope (TA + ECG).
- Si échec à 1h : répéter la ponction-injection (max 3 tentatives). Si échec >36h : shunt caverno-spongieux distal (Al-Ghorab). Si échec complet : pose précoce d'implant pénien (fenêtre 4-6 semaines).
- Priapisme ARTÉRIEL : glaçage + compression périnéale. Si fistule persistante : embolisation sélective artérielle. Pronostic érectile >90 %.
#024
Priapisme : classification et prise en charge urgente (3/3)
- Drépanocytose : PEC conjointe hématologue + urologue (hydratation, O₂, échange transfusionnel si besoin + ponction-injection caverneuse).
Piège mortel : ne JAMAIS injecter d'alpha-agoniste dans un priapisme artériel (haut débit). Toujours confirmer le type par la gazométrie caverneuse avant injection.
#025
Gangrène de Fournier : diagnostic et chirurgie d'urgence (1/3)

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- APPEL TYPIQUE : 'douleur périnéale/scrotale intense + fièvre + placard inflammatoire extensif ± crépitants' = URGENCE VITALE.
- Terrain à risque : diabète +++, immunodépression, éthylisme, chirurgie périnéale récente, abcès péri-anal, sondage urétral récent.
- Diagnostic CLINIQUE : érythème périnéal extensif rapidement progressif + douleur disproportionnée + crépitants sous-cutanés (emphysème). Sepsis à choc septique fréquent.
- TDM pelvi-périnéale si doute : collections aériques dans les tissus mous. MAIS ne JAMAIS retarder le bloc opératoire pour attendre le scanner.
#026
Gangrène de Fournier : diagnostic et chirurgie d'urgence (2/3)

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- DÉBRIDEMENT CHIRURGICAL EXTENSIF EN URGENCE : excision large de TOUS les tissus nécrotiques jusqu'en zone saine. Réintervention à 24-48h quasi systématique ('second look').
- ATB tri-thérapie IV (débuter IMMÉDIATEMENT) : pipéracilline-tazobactam 4g/6h + amikacine 25 mg/kg/j + métronidazole 500 mg/8h (ou clindamycine 600 mg/6h si CI).
- Gestes associés fréquents : colostomie de décharge si atteinte péri-anale extensive, KT sus-pubien si atteinte urinaire/périnéale.
- Réanimation : remplissage, amines si besoin, transfusion. Mortalité 20-40 % MÊME avec traitement optimal.
#027
Gangrène de Fournier : diagnostic et chirurgie d'urgence (3/3)
- Pansements VAC (thérapie par pression négative) après débridement initial → reconstruction secondaire (greffes, lambeaux).
Règle de garde ABSOLUE : la gangrène de Fournier est une urgence chirurgicale qui prime sur TOUT. Appeler chirurgien + anesthésiste + réanimateur simultanément. Le pronostic est directement corrélé au délai de prise en charge.
#028
Trauma rénal : classification AAST et indication opératoire (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'hématurie post-traumatique' ou 'polytraumatisé avec anomalie rénale au body-scanner' — évaluer la stabilité hémodynamique d'abord.
- Examen de référence : uroTDM injecté (temps artériel + parenchymateux + EXCRÉTOIRE = indispensable pour rechercher une fuite urinaire).
- Classification AAST : Grade I = contusion/hématome sous-capsulaire ; Grade II = lacération <1 cm ; Grade III = lacération >1 cm sans atteinte voie excrétrice ; Grade IV = lacération atteignant la voie excrétrice ou lésion vasculaire segmentaire ; Grade V = rein détruit ou dévascularisation pédiculaire.
- TRAITEMENT CONSERVATEUR pour la grande majorité : repos au lit, surveillance hémodynamique + biologique, scanner de contrôle J2-J5.
#029
Trauma rénal : classification AAST et indication opératoire (2/2)

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- Embolisation artérielle sélective : si fuite vasculaire activé au scanner AVEC patient stable.
- Indications chirurgicales (rares) : instabilité hémodynamique réfractaire au remplissage + lésion rénale identifiée, grade V avec hémorragie incontrôlable → néphrectomie d'hémostase.
- Trauma sur rein unique ou bilatéral : tout faire pour préserver le parenchyme (embolisation, chirurgie conservatrice).
- Complications tardives à surveiller : urinome (drainage percutané + sondé JJ), hypertension rénovasculaire, faux anévrisme (embolisation).
De garde : 90 % des traumatismes rénaux sont traités de manière conservatrice. Ne pas se précipiter au bloc sauf si instabilité hémodynamique réfractaire. Toujours demander le temps EXCRÉTOIRE au radiologue.
#030
Anurie obstructive bilatérale / rein unique (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'anurie + IRA + dilatation bilatérale à l'écho' ou 'anurie chez un patient avec rein unique' = URGENCE DRAINAGE.
- Distinguer anurie obstructive vs anurie organique : l'anurie obstructive a un globe vésical ABSENT (pas d'uriné produite) et une dilatation pyélocalicielle bilatérale à l'écho.
- Étiologies fréquentes : lithiase bilatérale, envahissement tumoral pelvien (cancer col, prostate, vessie, colorectal), fibrose rétropéritonéale, ligature urétérale iatrogène.
- BILAN EN URGENCE : ionogramme sanguin (K+ !!!), créatinine, gazométrie, ECG. L'hyperkaliémie est le danger immédiat qui peut tuer avant le drainage.
#031
Anurie obstructive bilatérale / rein unique (2/2)

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- Si hyperkaliémie menaçante (K+ >6,5 ou signes ECG) : traitement médical IMMÉDIAT (gluconate de calcium IV, insuline-glucosé, Kayexalate) AVANT tout geste urologique.
- Drainage en urgence : néphrostomie percutanée bilatérale (si dilatation suffisante) ou sondé JJ bilatérale sous AG. Néphrostomie souvent préférée car réalisable sous AL et écho-guidage.
- Post-drainage : syndrome de levée d'obstacle quasi constant → compensation hydroélectrolytique (sérum physiologique à demi-volume de la diurèse), surveillance ionogramme /6h les premières 24h.
- Surveillance de la reprise de diurèse : si >200 mL/h → compensation activé. Risque : hypernatrémie, hypokaliémie, déshydratation.
De garde : devant une anurie, l'écho rénale au lit du patient est le geste diagnostiqué n°1. Pas de dilatation = anurie organique (néphrologue). Dilatation bilatérale = drainage urologique URGENT. Toujours vérifier le K+ et l'ECG AVANT de monter au bloc.
#032
Globe vésical post-opératoire (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'patient agité en salle de réveil' ou 'douleur abdominale basse post-op' ou 'pas de miction 6h après la rachi' = penser au GLOBE.
- Contextes à risque : rachianesthésie/péridurale, chirurgie pelvienne, chirurgie orthopédique (PTH, PTG), morphiniques IV/péridural, anticholinergiques, HBP pré-existante.
- Diagnostic : bladderscan >400 mL + impossibilité d'uriner. En SSPI, tout patient qui n'a pas uriné 6h après la rachi doit être évalué.
- 1ère intention : sondage évacuateur UNIQUE (sondage aller-retour). Si RAU transitoire sur rachi → souvent suffisant.
#033
Globe vésical post-opératoire (2/2)

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- Si récidive après sondage évacuateur : sondé à demeure pour 24-48h, puis tentative de sevrage (rétro-sondage).
- Mesures associées : réduire/arrêter les morphiniques si possible, arrêter les anticholinergiques, alpha-bloquant (alfuzosine 10 mg) si HBP sous-jacente.
- NE PAS oublier de rechercher une cause iatrogène : surdosage morphinique (myosis, FR basse → naloxone), résiduel de curares.
- Globe post-op sur chirurgie urologique : si post-RTUP ou adénomectomie → vérifier que la sondé est en place et non bouchée par des caillots avant de conclure à un globe.
En pratique de garde SSPI/chirurgie : le globe vésical est la cause n°1 d'agitation post-opératoire inexpliquée. Un bladderscan prend 30 secondes et évite des heures de diagnostic errant.
#034
Chute de sondé / sondé bouchée / hématurie sur sondé (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'la sondé est tombée' ou 'la sondé ne drainé plus' ou 'les urines sont rouges sur la sondé' — 3 situations, 3 algorithmes.
- SONDÉ TOMBÉE — post-RTUP/adénomectomie (<J5) : URGENCE → resondage immédiat (sondé 3 voies Ch22 si traction, sinon Ch18-20) car risque d'hémorragie de la loge. Si difficulté → appeler urologue senior.
- SONDÉ TOMBÉE — contexte médical/RAU simple : évaluer si le patient a toujours besoin d'une sondé (tentative de miction spontanée si possible, sinon resondage simple).
- SONDÉ TOMBÉE — post-cystectomie/chirurgie vésicale : NE PAS resonder à l'aveugle → appeler l'urologue. Risque de fausse route sur suturé vésicale.
#035
Chute de sondé / sondé bouchée / hématurie sur sondé (2/2)

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- SONDÉ BOUCHÉE : lavage doux à la seringue de 50 mL de sérum physiologique. Si caillots → changement pour sondé double courant + décaillotage + lavages continus.
- HÉMATURIE SUR SONDÉ : évaluer l'abondance (rosé vs rouge vif vs caillots). Si caillots : changement pour sondé double courant ≥Ch20 + décaillotage + lavages continus. Si persistance : chercher la cause (traction sur sondé, post-op, tumeur, AVK).
- Sondé à demeure qui ne drainé plus et lavage impossible : la sondé est probablement au mauvais endroit (fausse route, ballonnet dans l'urètre) → dégonfler, retirer, resonder proprement.
- RÈGLE D'OR : toujours noter l'indication initiale de la sondé, le calibre, la date de pose, et documenter tout changement dans le dossier.
Avant de rappeler l'urologue de garde pour une sondé, vérifier : (1) la sondé est-elle connectée à la poche ? (2) la poche n'est-elle pas pleine/clampée ? (3) le ballonnet est-il gonflé ? (4) y a-t-il un coude sur le tuyau ? 80 % des problèmes de sondé sont des problèmes de circuit.
#036
Douleur sur sondé JJ : que faire ? (1/2)

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- APPEL TYPIQUE : 'patient avec sondé JJ + douleur lombaire intense à chaque miction + hématurie' — motif d'appel TRÈS fréquent, rarement une vraie urgence.
- Symptômes habituels de la JJ (rassurer le patient) : douleurs lombaires à la miction (reflux dans la JJ), pollakiurie, impériosités, hématurie intermittente, gêne sus-pubienne.
- DISTINGUER douleur HABITUELLE de la JJ vs COMPLICATION : si fièvre → PNA sur JJ = urgence (ATB IV + changement de JJ ou ablation). Si douleur résistante + dilatation → JJ bouchée/migrée.
- Traitement symptomatique des douleurs sur JJ : alpha-bloquant (alfuzosine 10 mg LP ou tamsulosine 0,4 mg) + anticholinergique (solifénacine 5 mg) + paracétamol/AINS.
#037
Douleur sur sondé JJ : que faire ? (2/2)

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- Si hématurie importante sur JJ : hyperhydratation, repos, AINS. Rarement grave, cède spontanément.
- JJ oubliée >6 mois : risque d'incrustation calcique (JJ 'calcifiée') rendant l'ablation très difficile. Toujours vérifier la date de pose prévue d'ablation.
- Fistule artério-urétérale (rare mais gravissime) : hématurie cataclysmique chez patient avec JJ au long cours. Si saignement massif au RETRAIT de JJ → REMETTRE UNE SONDÉ URÉTÉRALE immédiatement pour tamponner + artériographie en urgence.
- Quand rappeler l'urologue senior : fièvre sur JJ, douleur résistante aux antalgiques, hématurie avec retentissement hémodynamique, JJ migrée (vérifier ASP/écho).
De garde : 80 % des appels pour 'douleur sur JJ' se résolvent par la réassurance du patient + prescription d'alpha-bloquant + AINS. Mais toujours éliminer la fièvre (PNA) et l'obstruction (JJ bouchée) par l'interrogatoire et un bilan minimal.