#001

Infection urinaire simple vs a risque de complication (1/2)

Algorithme de prise en charge d'une infection urinaire bactérienne
Algorithme diagnostiqué devant une suspicion d'IU bactérienne. La démarche initiale repose sur la distinction entre IU simple (femme jeune, sans facteur de risque) et IU a risque de complication, qui conditionné l'ensemble de la stratégie thérapeutique.

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  • IU simple : femme jeune, non enceinte, sans anomalie de l'arbre urinaire, sans comorbidité (CFEU 2024). Ne nécessite pas d'ECBU en première intention pour une cystite.
  • Facteurs de risque de complication (SPILF 2024) : anomalie organique ou fonctionnelle de l'arbre urinaire (residue, reflux, lithiase, tumeur, geste récent), sexe masculin, grossesse, age >75 ans (ou >65 ans avec >=3 critères de fragilité de Fried), immunodépression grave, insuffisance rénale chronique sévère (clairance <30 mL/min).
  • Critères de fragilité de Fried (5 items) : perte de poids involontaire au cours de la dernière année, vitesse de marche lente, faible endurance, fatigue/faiblesse, activité physique réduite. Trois critères ou plus = sujet fragile.
  • Le sexe masculin est A LUI SEUL un facteur de risque de complication : toute IU masculine doit être considérée comme 'a risque de complication' et impose un ECBU systématique.
#002

Infection urinaire simple vs a risque de complication (2/2)

Schéma de l'appareil urinaire
Rappel anatomique de l'appareil urinaire : toute anomalie organique ou fonctionnelle de cet arbre (reflux vésico-urétéral, lithiase obstructive, residue post-mictionnel, tumeur, geste endo-urologique récent) constitué un facteur de risque de complication.

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  • Signes de gravité (quelle que soit la forme) : sepsis sévère, choc septique, indication de drainage chirurgical/interventionnel en urgence. Ces situations imposent une hospitalisation et une antibiothérapie parentérale probabiliste.
#003

Cystite aiguë simple de la femme (1/2)

Escherichia coli — bacille a Gram négatif sur milieu de culture
E. coli est le germe responsable de 70-90 % des cystites simples. Ce bacille a Gram négatif colonise le tube digestif puis le périnée avant de remonter par voie ascendante vers la vessie.

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  • Germes : E. coli (70-90 %), S. saprophyticus (5-10 %, surtout femme jeune sexuellement activé), Proteus mirabilis, Klebsiella spp., Enterococcus spp. plus rarement.
  • Diagnostic clinique : signes fonctionnels urinaires (brûlures mictionnelles, pollakiurie, urgenturies, douleurs hypogastriques) SANS fièvre ni douleur lombaire. BU suffisante chez la femme (VPN > 95 %).
  • BU : leucocytes >= 10/mm3 ET/OU nitrites positifs. Faux négatifs si germe sans nitrate-réductase (cocci Gram+, Pseudomonas, Acinetobacter), urines diluées, régime pauvre en nitrates ou riche en vitamine C.
  • Seuils de bactériurie significative : E. coli et S. saprophyticus >= 10^3 UFC/mL ; autres entérobactéries, enterocoque, S. aureus, P. aeruginosa >= 10^3 UFC/mL chez l'homme, >= 10^4 UFC/mL chez la femme (SPILF 2024).
#004

Cystite aiguë simple de la femme (2/2)

Examen microscopique d'urines : leucocytes et bactéries
Échantillon urinaire montrant des cellules inflammatoires (pus) et des bactéries. En pratique, la bandelette urinaire suffit pour le diagnostic de cystite simple chez la femme (leucocytes + nitrites). L'ECBU n'est pas nécessaire en première intention.

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  • Traitement de première intention : fosfomycine-trométamol (Monuril) 3 g dose unique. Deuxième intention : pivmécillinam (Selexid) 400 mg x2/j pendant 5 jours. Pas de suivi systématique sauf persistance des symptômes au-delà de 3 jours.
Piège classique : un tableau de 'cystite simple' chez l'homme est par définition impossible — le sexe masculin impose de reclasser en IU a risque de complication avec ECBU systématique.
#005

Cystite a risque de complication et cystites récidivantes (1/2)

Milieu chromogene UTI pour identification des germes urinaires
Milieu chromogene permettant l'identification rapide des germes urinaires. L'ECBU avec antibiogramme est systématique avant traitement de toute cystite a risque de complication.

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  • Cystite a risque de complication : ECBU systématique avant traitement. Si traitement differrable (48h) : attendre l'antibiogramme. Sinon, antibiothérapie probabiliste par nitrofurantoïne 100 mg x3/j ou fosfomycine 3 g, puis adaptation.
  • Traitement adapté a l'antibiogramme (par ordre de préférence SPILF 2024) : amoxicilline 1 g x3/j 7j, pivmécillinam 400 mg x2/j 7j, nitrofurantoïne 100 mg x3/j 7j, fosfomycine 3 g a J1-J3-J5, cotrimoxazole 800/160 x2/j 5j.
  • Cystites récidivantes : >= 4 épisodes par an. Facteurs favorisants : rapports sexuels, hydratation insuffisante, mictions rares/retenues, constipation, spermicides, ménopause (carence oestrogénique), antécédents familiaux d'IU, première IU avant 15 ans, surpoids, prolapsus, incontinence.
  • Bilan étiologique : ECBU, mesuré du résidu post-mictionnel (échographie), et selon contexte : uroscanner, cystoscopie (recherché de tumeur vésicale si hématurie ou facteurs de risque), uretrocystographie retrogade, examen gynécologique.
#006

Cystite a risque de complication et cystites récidivantes (2/2)

Culture bactérienne issue d'un échantillon urinaire
Culture bactérienne a partir d'urines. Dans les cystites récidivantes (>= 4 épisodes/an), l'ECBU est indispensable a chaque épisode.

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  • Prophylaxie non antibiotique (première ligne) : hydratation >= 1,5 L/j, mictions régulières non retenues, regulation du transit, arrêt des spermicides, canneberge (proanthocyanidines, efficacité modeste sur E. coli uniquement), oestrogenes locaux en post-ménopause.
  • Antibioprophylaxie : cotrimoxazole 400/80 x1/j ou fosfomycine 3 g /7-10j, réservée aux echecs de la prophylaxie non antibiotique avec ECBU négatif depuis >= 2 semaines. Post-coïtale : prise unique 2h avant ou après le rapport. Nitrofurantoïne CONTRE-INDIQUÉE en prophylaxie (toxicité pulmonaire et hépatique au long cours).
#007

Cystite interstitielle / syndrome vésical douloureux

Cystite bulleuse avec proliferations papillaires oedémateuses
Aspect endoscopique de cystite bulleuse avec muqueuse oedémateuse et papillaire. Dans la CI, on recherché des glomérulations ou des lésions de Hunner après hydrodistension.
Anatomie interne de la vessie
Vue anatomique de la vessie. Dans la cystite interstitielle, l'inflammation chronique touche la paroi vésicale, réduisant progressivement la capacité fonctionnelle.

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  • Diagnostic d'exclusion : femme d'environ 50 ans, symptômes chroniques > 6 semaines. Triade : douleur pelvienne/vésicale (soulagée par la miction), pollakiurie sévère (parfois > 20 mictions/j), urgenturies sans infection prouvée.
  • Comorbidités fréquemment associées : contexte anxio-dépressif, syndrome de l'intestin irritable (colopathie fonctionnelle), atopie, fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique, endométriose.
  • Diagnostic : catalogue mictionnel, ECBU (éliminer infection), cytologie urinaire (éliminer CIS vésical), cystoscopie avec hydrodistension sous AG (remplissage a 80 cm H2O, mesuré de la capacité vésicale anatomique) +/- biopsies (lésions de Hunner = ulcères inflammatoires pathognomoniques), classification ESSIC.
  • Traitement par paliers : 1) Éducation thérapeutique + mesures hygiéno-diététiques ; 2) Médicaments oraux : amitriptyline, hydroxyzine, pentosane polysulfate (Elmiron, surveillance ophtalmologique), analgésiques ; 3) Instillations intravésicales (acide hyaluronique, chondroitine sulfate, DMSO) ; 4) Toxine botulique intravésicale ; 5) Neuromodulation sacrée ; 6) Cystectomie sus-trigonale en dernier recours.
#008

Diagnostic différentiel anatomopathologique des cystites chroniques (1/2)

Cystite induite par le BCG — inflammation chronique granulomateuse
Coupe histologique de cystite induite par le BCG montrant une inflammation granulomateuse chronique de la paroi vésicale.

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  • Cystite a éosinophiles : infiltrat eosinophilique de la paroi vésicale, contexte allergique/parasitaire/médicamenteux. Diagnostic par biopsie. Traitement : éviction de la cause, corticoïdes, antihistaminiques.
  • Cystite folliculaire : follicules lymphoïdes dans le chorion, souvent associée a une infection chronique ou une irritation prolongée (sondé a demeure). Diagnostic histologique.
  • Cystite kystique et cystite glandulaire : metaplasie de l'urothélium. La forme kystique est bénigne. La forme glandulaire de type intestinal (mucine-sécrétante) peut évoluer vers un adénocarcinome vésical et nécessite une surveillance endoscopique.
  • Cystite polypoide : polypes a large base, stroma oedémateux et vasculaire. Fréquente en cas d'irritation chronique par sondé. Régression habituelle après retrait de la cause.
#009

Diagnostic différentiel anatomopathologique des cystites chroniques (2/2)

Cystite a éosinophiles — infiltrat eosinophilique de la paroi vésicale
Cystite a éosinophiles : muqueuse vésicale oedémateuse avec infiltrat inflammatoire riche en polynucléaires éosinophiles.

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  • Cystite radique : séquelle de radiothérapie pelvienne. Diagnostic différentiel avec une récidive tumorale. Prise en charge : oxygène hyperbare, instillations d'acide hyaluronique.
  • Cystite induite par le BCG : inflammation granulomateuse chronique chez les patients traités par BCG-thérapie pour TVNIM. Ne pas confondre avec une IU authentique.
  • Cystite papillaire : projections papillaires digitiformes avec vaisseaux ectasiques. A différencier d'une tumeur vésicale papillaire (biopsie obligatoire).
Devant toute cystite chronique/atypique réfractaire, les biopsies vésicales sont indispensables pour orienter le diagnostic différentiel histologique.
#010

Pyélonéphrite aiguë simple (1/2)

Pyélonéphrite bilatérale au scanner sans injection
Scanner abdominal sans injection montrant une pyélonéphrite bilatérale : les reins apparaissent augmentés de volume avec des zones hypodenses.

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  • Plus fréquente chez la femme. Contamination essentiellement par voie ascendante depuis la vessie. Contamination hematogene rare (évoquer S. aureus, streptocoques). Moins de 3 % des PNA font suite a une cystite identifiée.
  • Clinique : fièvre >= 38,5 C, frissons, douleur lombaire unilatérale spontanée et a l'ebranlement, +/- signes urinaires bas (souvent absents). Forme pauci-symptomatique possible chez le sujet age.
  • Biologie : NFS (hyperleucocytose a PNN), CRP élevée, créatininémie. ECBU systématique. Hémocultures réservées aux formes graves ou a risque de complication.
  • Imagerie : échographie rénale dans les 24h pour éliminer une dilatation des cavités (obstacle) et rechercher un abcès. Scanner injecté si signes de gravité ou évolution défavorable a 48-72h.
#011

Pyélonéphrite aiguë simple (2/2)

Coupe verticale du rein — anatomie interne
Coupe anatomique du rein. Dans la PNA, l'infection remonte par voie ascendante depuis la vessie via l'uretère pour atteindre le parenchyme rénal.

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  • Indications d'hospitalisation : PNA hyperalgique, doute diagnostiqué, vomissements empêchant la voie orale, conditions socio-economiques défavorables, signes de gravité (sepsis, choc).
  • Antibiothérapie probabiliste : fluoroquinolone PO (ofloxacine ou lévofloxacine) SAUF prise de FQ dans les 6 derniers mois ; ou C3G parentérale (ceftriaxone). Relai PO adapté a l'antibiogramme. Durée totale : 7 jours si FQ ou C3G parentérale, 10 jours pour les autres molécules.
#012

Pyélonéphrites graves : emphysémateuse et xanthogranulomateuse

Rein — vue macroscopique
Vue macroscopique du rein. Dans la PN emphysémateuse, le parenchyme rénal est détruit par des germes gazogenes. Dans la PN xanthogranulomateuse, le rein prend un aspect pseudo-tumoral.
Schéma anatomique du rein
Schéma du rein. La PN xanthogranulomateuse mime un cancer du rein a l'imagerie.

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  • PN emphysémateuse : rare et grave (mortalité 20-40 %), terrain immunodéprimé/diabétique (90 % des cas), bilatérale dans 10 %. Germes : E. coli, Klebsiella, Proteus, anaerobes. Scanner : bulles gazeuses intraparenchymateuses. Classification de Huang et Tseng (types I-IV).
  • Prise en charge PN emphysémateuse : antibiothérapie IV a large spectre (C3G + métronidazole ou pipéracilline-tazobactam) + drainage percutané. Néphrectomie si échec médical ou sepsis non contrôle. Équilibré glycémique strict.
  • PN xanthogranulomateuse : rare, le plus souvent unilatérale, ratio femme/homme 2:1. Lithiase obstructive associée dans > 70 % des cas. Aspect pseudo-tumoral au scanner avec composante graisseuse et calcifications.
  • Traitement PN xanthogranulomateuse : néphrectomie (partielle ou totale), souvent précédée d'une antibiothérapie prolongée. Le diagnostic définitif est histologique (macrophages spumeux charges de lipides).
Piège classique : la PN xanthogranulomateuse mime un cancer du rein a l'imagerie. Toujours évoquer ce diagnostic devant une masse rénale 'graisseuse' fébrile avec lithiase ou infections récidivantes.
#013

Bactériurie asymptomatique et infection urinaire gravidique (1/2)

Appareil urinaire féminin — vessie et organes pelviens
Anatomie de l'appareil urinaire féminin. Pendant la grossesse, la compression urétérale par l'utérus gravide augmenté le risque d'IU.

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  • Bactériurie asymptomatique = >= 10^5 UFC/mL au meme germe sur 2 ECBU consecutifs, sans aucun symptôme. Prévalence : 2-10 % des femmes, 20-50 % des patients âgés institutionnalises.
  • NE PAS TRAITER sauf 2 situations : grossesse (risque de PNA gravidique 20-40 %) et avant un geste endo-urologique programmé (risque de bactériémie peropératoire). Chez le sujet age, le porteur de sondé ou le diabétique asymptomatique : PAS de traitement.
  • Grossesse : dépistage mensuel par BU des le 4e mois. ECBU si BU positive ou antécédent d'IU. Bactériurie asymptomatique confirmée = traitement systématique.
  • Antibiothérapie gravidique (SPILF 2024) : amoxicilline, pivmécillinam, fosfomycine (dose unique), trimethoprime (après le 1er trimestre). Durée : 7 jours (sauf fosfomycine dose unique). ECBU de contrôle a 8-10 jours puis mensuel.
#014

Bactériurie asymptomatique et infection urinaire gravidique (2/2)

Examen microscopique d'urines — levures et éléments fongiques
Microscopie urinaire montrant des éléments fongiques. Chez la femme enceinte, le dépistage mensuel par BU est recommandé a partir du 4e mois.

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  • PNA gravidique : hospitalisation systématique + avis obstétrical. C3G parentérale (ceftriaxone). Risque de complications foetales : prématurité, hypotrophie, infection néonatale.
  • Avant geste endo-urologique : ECBU préalable et traitement adapté si positif. Biopsies de prostate par voie transpérinéale = moins d'infections que la voie transrectale.
#015

Infection urinaire chez le patient neurologique (vessie neurologique)

Position anatomique de la vessie chez l'homme et la femme
Position anatomique de la vessie. Chez le patient neurologique, le dysfonctionnement vesico-sphinctérien favorisé la stase urinaire et les infections récidivantes.
Anatomie detaillee de la vessie urinaire
Anatomie detaillee de la paroi vésicale. Chez le patient neurologique, l'autosondage intermittent propre est le mode de drainage de référence.

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  • Seuils de bactériurie significative adaptés au mode mictionnel : >= 10^2 UFC/mL si autosondage propre intermittent, >= 10^4 UFC/mL si miction spontanée, n'importe quel seuil si recueil par cathéter sus-pubien ; AVEC leucocyturie >= 10^4/mL.
  • La colonisation bactérienne est quasi constante chez l'autosondeur — ne traiter QUE les bacteriuries symptomatiques. Le traitement systématique augmenté les résistances sans bénéfice clinique.
  • Signes évocateurs d'IU symptomatique chez le patient neurologique : fièvre, malaise général, douleurs lombaires, augmentation de la spasticité, aggravation de l'incontinence, urines malodorantes/troubles persistant malgré 72h de majoration de l'hydratation.
  • Traitement : antibiothérapie 5-7 jours adaptée a l'antibiogramme. En probabiliste : fosfomycine ou nitrofurantoïne si cystite, C3G parentérale si PNA. Prévention : hydratation abondante, technique rigoureuse d'autosondage (fréquence >= 5/j).
#016

Infection urinaire masculine et prostatites (1/2)

Zones anatomiques de la prostate
Schéma des zones anatomiques de la prostate. La prostatite aiguë touche principalement la zone périphérique.

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  • Toute IU masculine est par définition a risque de complication (CFEU/SPILF 2024). ECBU systématique. Rechercher une cause sous-jacente surtout des le 2e épisode.
  • Germe principal : E. coli (> 80 %). IST chez l'homme jeune : Chlamydia, gonocoque.
  • Classification NIH : I) prostatite aiguë bactérienne ; II) prostatite chronique bactérienne (symptômes >= 3 mois) ; III) syndrome douloureux pelvien chronique (IIIa inflammatoire, IIIb non inflammatoire) ; IV) prostatite inflammatoire asymptomatique.
  • Le PSA NE DOIT PAS être dose en phase aiguë : augmenté dans 60 % des prostatites aiguës. Attendre 6 semaines après guérison.
#017

Infection urinaire masculine et prostatites (2/2)

Toucher rectal — rapport anatomique
Schéma du toucher rectal. Le TR est un examen cle dans la prostatite aiguë : prostate augmentée de volume, chaude, douloureuse. Massage prostatique CONTRE-INDIQUÉ en phase aiguë.

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  • Échographie : recherché de rétention aiguë d'urines, abcès prostatique (> 1 cm = drainage), dilatation du haut appareil.
  • Prostatite aiguë sans signe de gravité : fluoroquinolone PO en 1ere intention (bonne diffusion prostatique), durée 14-21 jours. Alternative : cotrimoxazole.
  • Prostatite chronique bactérienne (type II) : antibiothérapie prolongée 4-6 semaines (FQ ou cotrimoxazole). Bilan urologique complet obligatoire.
Ne jamais doser le PSA pendant un épisode infectieux prostatique. Le TR doit être réalisé avec douceur (pas de massage prostatique vigoureux en phase aiguë).
#018

Uretrites et infections sexuellement transmissibles (1/2)

Anatomie de l'urètre masculin en coupe
Dessin anatomique de l'urètre masculin en coupe longitudinale. L'uretrite est le plus souvent d'origine infectieuse sexuellement transmise. Le prélèvement du 1er jet urinaire pour PCR est l'examen diagnostiqué cle.

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  • Aucun germe retrouvé dans 30 % des cas. Uretrites non gonococciques : Chlamydia trachomatis (le plus fréquent), Mycoplasma genitalium, Ureaplasma urealyticum, Trichomonas vaginalis. Diagnostic : PCR multiplex sur 1er jet urinaire.
  • Gonocoque (N. gonorrhoeae) : incubation 2-7 jours. Écoulement urétral purulent abondant, brûlures mictionnelles intenses. Souvent asymptomatique chez la femme. Infection a déclaration obligatoire.
  • Traitement gonocoque : ceftriaxone 1 g IM dose unique + traitement anti-Chlamydia associé (doxycycline 100 mg x2/j 7j). PCR de contrôle a 2 semaines.
  • Chlamydia trachomatis : germe intracellulaire, 70-80 % des femmes asymptomatiques. Risque de stérilité tubaire. Traitement : doxycycline 100 mg x2/j 7j (supérieure a l'azithromycine dose unique). Dépistage opportuniste recommandé chez les 15-25 ans.
#019

Uretrites et infections sexuellement transmissibles (2/2)

Appareil génito-urinaire masculin
Vue d'ensemble de l'appareil génito-urinaire masculin.

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  • Mycoplasma genitalium : azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg J2-J5 ; si résistance : moxifloxacine 400 mg/j 7j. Ureaplasma : doxycycline 100 mg x2/j 7j. Trichomonas : métronidazole 2 g dose unique ou 500 mg x2/j 7j.
#020

Orchi-épididymite, balanoposthite et lésions génitales (HPV, herpès, syphilis) (1/2)

Schéma du testicule et de l'épididyme
Schéma anatomique detaille du testicule et de l'épididyme. L'orchi-épididymite aiguë se manifeste par une grosse bourse douloureuse fiebrile.

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  • Orchi-épididymite aiguë : < 35 ans : Chlamydia, N. gonorrhoeae ; > 35 ans : E. coli, entérobactéries. Diagnostic : ECBU + PCR 1er jet + échographie scrotale Doppler (DD = torsion testiculaire).
  • Traitement orchi-épididymite : si IST probable = ceftriaxone 1 g IM + doxycycline 100 mg x2/j 10j ; si IST peu probable = ofloxacine 200 mg x2/j 14j. Suspensoir scrotal, AINS, repos.
  • Balanoposthite : inflammation du gland et du prépuce. Étiologies infectieuses (Candida, herpès, Trichomonas), dermatologiques (lichen scléreux, psoriasis), précancéreuses (erythroplasie de Queyrat). Lésion persistante = biopsie.
  • HPV : infection très fréquente (~80 % des sujets actifs). Genotypes 16/18 = haut risque oncogène. Condylomes (6/11) = traitement local. Vaccination HPV nonavalente recommandée pour tous les 11-14 ans.
#021

Orchi-épididymite, balanoposthite et lésions génitales (HPV, herpès, syphilis) (2/2)

Anatomie du pénis
Anatomie du pénis. Les lésions génitales infectieuses siegent principalement sur le gland, le prépuce et le sillon balano-préputial.

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  • Herpès génital (HSV-2) : vésicules en bouquet, ulcérations superficielles douloureuses. Traitement : valaciclovir 500 mg x2/j 10j (primo-infection) ou 5j (récurrence).
  • Syphilis : chancre induré indolore (primaire), rash + adénopathies (secondaire), neurosyphilis (tertiaire). Traitement : benzathine-pénicilline G 2,4 MUI IM.
#022

Particularités pédiatriques et gangrène de Fournier (1/2)

Schéma de l'appareil urinaire
Schéma de l'appareil urinaire. Chez l'enfant, l'IU est la 2e infection bactérienne en fréquence. Avant 2 ans, la symptomatologie est aspécifique.

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  • IU de l'enfant : prédominance féminine après 1 an. Symptômes aspécifiques avant 2 ans : fièvre isolée, vomissements, anorexie, ictère, stagnation pondérale.
  • Diagnostic pédiatrique : BU en 1ere intention. ECBU systématique si age < 1 mois, sexe masculin, antécédent de PNA ou d'uropathie. Préférer le cathétérisme ou la ponction sus-pubienne chez le nourrisson.
  • Imagerie pédiatrique : échographie rénale systématique si PNA. Cystographie retrogade si suspicion de reflux vésico-urétéral. Scintigraphie au DMSA pour les cicatrices rénales.
  • Traitement pédiatrique : cystite = amoxicilline-acide clavulanique, cotrimoxazole ou cefixime 3-5 jours. PNA = C3G IV (céfotaxime chez le nourrisson < 1 mois) +/- amikacine 48-72h. Durée totale 10-14 jours.
#023

Particularités pédiatriques et gangrène de Fournier (2/2)

Anatomie chirurgicale du périnée
Anatomie chirurgicale du périnée. La gangrène de Fournier est une fasciite nécrosante du périnée engageant le pronostic vital (mortalité 20-40 %).

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  • Gangrène de Fournier : fasciite nécrosante du périnée, polymicrobienne. Facteurs de risque : diabète (60-70 %), obésité, immunodépression.
  • Signes de Fournier : cellulite rapidement extensive, douleur disproportionnée, bulles hemorrhagiques, crépitation sous-cutanée, nécrose cutanée, sepsis. Score LRINEC aide au diagnostic précoce.
  • Prise en charge URGENTE : parage chirurgical large, dérivation urinaire (cathéter sus-pubien), antibiothérapie IV large spectre (pipéracilline-tazobactam + amikacine + métronidazole), colostomie si marge anale atteinte. Pansements VAC.
  • Pronostic : directement corrélé au délai de prise en charge chirurgicale.
#024

Bilharziose urogenitale et tuberculose urogenitale (1/2)

Technicien mesurant des echantillons biologiques
Travail au laboratoire de microbiologie. Le diagnostic de la bilharziose repose sur la mise en évidence d'oeufs de Schistosoma. Pour la tuberculose urogenitale, la recherché de BK sur 3 ECBU consecutifs est l'examen cle.

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  • Bilharziose urinaire (Schistosoma haematobium) : > 200 millions infectes, zones endemiques (Afrique subsaharienne, Moyen-Orient). Transmission transcutanée par eau douce. Phase aiguë : dermatite cercarienne, syndrome de Katayama.
  • Phase chronique bilharziose : oeufs dans la muqueuse vésicale, hématurie terminale, dysurie. Séquelles : fibrose urétérale, hydronéphrose, calcifications vésicales, risque de carcinome épidermoïde (x 5).
  • Diagnostic bilharziose : examen parasitologique des urines (oeufs a eperon terminal), biopsies vésicales, sérologie (Se/Sp > 90 %), hyperéosinophilie.
  • Traitement bilharziose : praziquantel 40 mg/kg dose unique. Chirurgie si sténose urétérale ou hématurie massive réfractaire.
#025

Bilharziose urogenitale et tuberculose urogenitale (2/2)

Cystite glandulaire de type intestinal
Coupe histologique de cystite glandulaire intestinale. La bilharziose vésicale chronique peut évoluer vers un carcinome épidermoïde de vessie.

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  • Tuberculose urogenitale (M. tuberculosis) : forme extrapulmonaire. Latence moyenne 22 ans. Organes ciblés : rein > épididyme > prostate > vessie > uretère.
  • Stades TBK rénale : 1) lésions parenchymateuses minimes ; 2) lésions destructives modérées ; 3) cavernes, nécrose caseeuse ; 4) rein multi-caverneux, auto-néphrectomie calcifiée.
  • Diagnostic TBK urogenitale : leucocyturie aseptique (pyurie stérile) = signe d'appel majeur. ECBU BK 3 jours de suite (Ziehl-Neelsen, Lowenstein-Jensen, PCR BK). Uroscanner : calcifications, cavernes, rétrécissements urétéraux en 'chapelet'.
  • Traitement TBK : quadritherapie 2 mois (isoniazide + rifampicine + pyrazinamide + ethambutol) puis bithérapie 4 mois. Chirurgie selon le stade.