#001
Bilan urodynamique : principes, indications, interprétation (1/3)

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- La débitmétrie est le 1er examen urodynamique : non invasif, volume mictionnel > 150 mL requis, Qmax normal > 15 mL/s. Courbe en cloche = normal, courbe aplatie = obstruction.
- La cystomanométrie mesuré les pressions vésicales pendant le remplissage : capacité vésicale (300-600 mL), compliance (ΔV/ΔP > 20 mL/cmH₂O), seuil de besoin, activité détrusorienne involontaire (hyperactivité).
- L'étude pression-débit (phase mictionnelle) différencie obstruction sous-vésicale (haute pression, bas débit) et hypocontractilité détrusorienne (basse pression, bas débit).
- Indications principales : bilan pré-opératoire HBP si doute sur l'obstruction, incontinence urinaire complexé, vessie neurologique, échec de traitement médical.
#002
Bilan urodynamique : principes, indications, interprétation (2/3)

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- Profilométrie urétrale : mesuré la pression de clôture urétrale, utile dans le bilan d'incontinence urinaire d'effort (insuffisance sphinctérienne si PCMU < 30 cmH₂O).
- Attention aux artéfacts : toux, contraction abdominale, cathéter mal positionné — toujours vérifier la qualité du signal avant d'interpréter.
- Résidu post-mictionnel (RPM) : à mesurer systématiquement après la débitmétrie, significatif si > 100-150 mL.
- Vidéo-urodynamique : combiné cystomanométrie et fluoroscopie, gold standard pour les vessies neurologiques complexes.
#003
Bilan urodynamique : principes, indications, interprétation (3/3)

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- Conditions de réalisation : ECBU stérile, arrêt des anticholinergiques 5-7 jours avant, patient informé du déroulement.
Ne jamais réaliser un bilan urodynamique sur une infection urinaire activé — risque de sepsis. Toujours vérifier l'ECBU avant l'examen.
#004
IRM prostatique : séquences, PI-RADS, compte-rendu (1/2)

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- Séquences obligatoires : T2 (morphologie zonale), diffusion/ADC (restriction = suspect), perfusion DCE (rehaussement précoce). Séquence T2 = meilleure pour la zone transitionnelle, diffusion = meilleure pour la zone périphérique.
- Score PI-RADS v2.1 (1 à 5) : PI-RADS 1-2 = très faible/faible probabilité de cancer cliniquement significatif (csPC), PI-RADS 3 = équivoque, PI-RADS 4-5 = élevé/très élevé.
- Conduite à tenir : PI-RADS ≥ 3 → biopsies ciblées + systématiques ; PI-RADS 1-2 avec densité PSA > 0,15 → discuter biopsies ; PI-RADS 1-2 avec densité PSA < 0,15 → surveillance.
- Compte-rendu structuré : volume prostatique, description de chaque lésion (localisation sectorielle, taille, score PI-RADS), présence/absence d'extension extraprostatique (T3a) ou d'atteinte des vésicules séminales (T3b).
#005
IRM prostatique : séquences, PI-RADS, compte-rendu (2/2)

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- Densité du PSA = PSA / volume prostatique (mesuré en IRM) : seuil décisionnel 0,15 ng/mL/mL. Le rapport PSA libre/total est obsolète (CFEU 2024).
- Sensibilité pour un csPC (ISUP ≥ 2) : ~91 %, VPN ~90 %. Attention : 5-15 % de cancers significatifs peuvent être manqués par l'IRM.
- Préparation : pas de biopsie dans les 6 semaines précédentes (artéfacts hémorragiques), pas de lavement systématique, antispasmodique utile.
L'IRM se fait TOUJOURS AVANT les biopsies (et non après). Ne pas demander une IRM si le patient a été biopsié récemment — artéfacts hémorragiques faussant l'interprétation.
#006
TDM urologique : protocole, temps, interprétation (1/2)

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- Protocole standard uro-TDM : temps sans injection (lithiase, calcifications), temps artériel (35 s — vascularisation, surrénales), temps portal/corticomédullaire (70 s — parenchyme rénal), temps excrétoire (7-10 min — voie excrétoire).
- Cancer du rein : rehaussement > 20 UH après injection = suspect de malignité. Caractérisation du type histologique (clair, papillaire, chromophobe) orientée par le profil de rehaussement.
- Cancer de vessie : uro-TDM au temps excrétoire pour rechercher une tumeur urothéliale synchrone de la voie excrétoire supérieure (5 % des cas).
- Bilan d'extension : TDM thoraco-abdomino-pelvienne = bilan standard des cancers urologiques à haut risque (prostate, rein, vessie, testicule).
#007
TDM urologique : protocole, temps, interprétation (2/2)

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- Pièges : kyste rénal Bosniak (I-II = bénin, III-IV = chirurgie), angiomyolipome (graisse = -20 UH), pseudo-tumeur (hypertrophie colonne de Bertin).
- Contre-indications : allergie au PdC iodé (prémédication), insuffisance rénale (DFG < 30 — alternative IRM), grossesse (alternative échographie/IRM).
- Interprétation : toujours comparer les densités avant et après injection sur la même coupe, mesurer la taille tumorale dans les 3 plans, rechercher une thrombose veineuse rénale ou cave.
Ne pas oublier de vérifier la fonction rénale (créatinine + DFG) avant toute injection de produit de contraste iodé. Hydratation pré- et post-examen si DFG 30-60 mL/min.
#008
Biopsies de prostate : indications, technique, complications (1/3)

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- Indications : anomalie au TR (nodule dur, indolore) et/ou PSA élevé et/ou IRM suspecté (PI-RADS ≥ 3). IRM systématique AVANT les biopsies (CFEU 2024).
- Schéma biopsique : 10-12 carottes systématiques (2 par sextant) + 2-3 carottes ciblées par ciblé IRM (PI-RADS ≥ 3), envoyées en cassettes séparées.
- Voie transpérinéale (recommandée) : désinfection cutanée, anesthésie locale ou AG, risque infectieux < 1 %. Voie transrectale : badigeonnage povidone iodée, risque septique 3-5 %.
- Antibioprophylaxie (CFEU 2024) : transpérinéal = céfazoline/céfuroxime dose unique ; transrectal = fosfomycine-trométamol ou céphalosporine dose unique. PAS de fluoroquinolones.
#009
Biopsies de prostate : indications, technique, complications (2/3)

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- ECBU pré-biopsie : n'est plus systématiquement recommandé (CFEU 2024).
- Gestion des antithrombotiques : aspirine 75 mg → maintenir ; clopidogrel/prasugrel → arrêt sans relai ; AOD → arrêt 3 jours ; AVK → relai HBPM.
- Complications fréquentes : hémospermie (37 %), hématurie (23 %), rectorragie (3 %), prostatite (3 %), RAU (0,2 %). Informer le patient systématiquement.
- Bloc périprostatique (lidocaïne 1 %) recommandé pour l'analgésie. Vérifier la reprise mictionnelle avant la sortie.
#010
Biopsies de prostate : indications, technique, complications (3/3)
- Biopsies de re-stadification (surveillance activé) : IRM + biopsies ciblées + systématiques à 12 mois, puis tous les 2-3 ans.
Toujours vérifier l'absence de fièvre et la reprise mictionnelle après les biopsies. Informer le patient des signes d'alerte : fièvre > 38,5°C, RAU, hématurie abondante avec caillots → urgence.
#011
Classification TNM en urologie (prostate, rein, vessie, testicule) (1/3)

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- PROSTATE — T1 : non palpable (T1a ≤ 5 % copeaux, T1b > 5 %, T1c biopsie pour PSA). T2 : intra-prostatique (a ≤ ½ lobe, b > ½ lobe, c 2 lobes). T3a : extension extraprostatique, T3b : vésicules séminales. T4 : structures adjacentes.
- REIN — T1 : ≤ 7 cm limité au rein (T1a ≤ 4 cm, T1b 4-7 cm). T2 : > 7 cm limité au rein. T3a : veine rénale ou graisse péri-rénale. T3b : veine cave sous-diaphragmatique. T3c : veine cave supra-diaphragmatique. T4 : au-delà du fascia de Gérota.
- VESSIE — Ta : papillaire non invasif. Tis : carcinome in situ (plat, haut grade). T1 : envahissement du chorion. T2 : muscle détrusor (T2a moitié interne, T2b moitié externe). T3 : graisse péri-vésicale. T4 : organes adjacents.
- TESTICULE — pT1 : limité au testicule ± rete testis. pT2 : invasion vasculaire ou tunique vaginale. pT3 : cordon spermatique. pT4 : scrotum. Classification S (marqueurs) : S0-S3 selon AFP, hCG, LDH.
#012
Classification TNM en urologie (prostate, rein, vessie, testicule) (2/3)

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- N et M : communs aux 4 cancers mais seuils variables. La classification est CLINIQUE (cTNM) avant traitement et PATHOLOGIQUE (pTNM) après chirurgie.
- La TNM est mise à jour régulièrement (8e édition AJCC/UICC) — toujours vérifier l'édition en vigueur.
- ASTUCE : retenir que pour la vessie, le « T2 » (muscle) est la frontière entre TVNIM et TVIM ; pour la prostate, le « T3 » (extension extra-capsulaire) est la frontière entre localisé et localement avancé.
- Le stade pTNM post-opératoire prime sur le cTNM clinique pour les décisions de traitement adjuvant.
#013
Classification TNM en urologie (prostate, rein, vessie, testicule) (3/3)

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- Classification de Fuhrman/ISUP pour le rein : grade nucléolaire 1-4 (remplacé Fuhrman depuis 2013). Pour la prostate : ISUP 1-5 (Gleason).
#014
Groupes à risque et nomogrammes (D'Amico, CAPRA, Leibovich) (1/2)

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- D'AMICO (prostate) : Faible risque = PSA < 10 ET ISUP 1 ET cT1-2a. Intermédiaire = PSA 10-20 OU ISUP 2-3 OU cT2b. Haut risque = PSA > 20 OU ISUP 4-5 OU ≥ cT2c.
- Risque intermédiaire favorable vs défavorable : favorable = 1 seul critère intermédiaire ET ISUP 2 ET < 50 % biopsies positives. Défavorable = ≥ 2 critères OU ISUP 3. Distinction cruciale pour le choix thérapeutique.
- CAPRA score (prostate) : 0-10 points combinant âge, PSA, ISUP, stade T, % biopsies positives. Score 0-2 = faible risque, 3-5 = intermédiaire, 6-10 = haut risque. Validé pour prédire récidive biochimique, métastases et mortalité spécifique.
- LEIBOVICH (rein, cellules claires) : pT, taille, grade ISUP, nécrose, pN. Score 0-11. Stratifie le risque de récidive après néphrectomie et guidé la fréquence de surveillance.
#015
Groupes à risque et nomogrammes (D'Amico, CAPRA, Leibovich) (2/2)

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- UISS (rein) : combiné TNM, grade Fuhrman/ISUP et ECOG. Trois groupes de risque guidant la surveillance post-opératoire.
- EORTC / CUETO (vessie TVNIM) : risque de récidive et de progression après RTUV. Critères : nombre de tumeurs, taille, taux de récidive antérieur, stade T, CIS associé, grade.
- Nomogrammes de Kattan/Briganti (prostate) : prédisent le risque d'envahissement ganglionnaire, orientant l'indication du curage. Curage étendu si risque > 5 % (nomogramme de Briganti).
- Un seul critère péjoratif suffit (logique « OU » pour D'Amico) — piège classique : un patient PSA 8, ISUP 4, cT1c est à HAUT risque (ISUP 4).
Les nomogrammes sont des outils d'aide à la décision, pas des verdicts. Toujours discuter en RCP pour les cas limités ou discordants.
#016
Indications opératoires en urologie (arbre décisionnel) (1/2)

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- PROSTATE : Surveillance activé (faible risque), prostatectomie totale ± curage (intermédiaire/haut risque, espérance de vie > 10 ans), radiothérapie + hormonothérapie (alternative ou si CI chirurgicale).
- REIN : Néphrectomie partielle = référence si T1a (≤ 4 cm) et faisable techniquement. Néphrectomie élargie si T1b non opérable en partielle, T2, T3. Surveillance activé possible si tumeur ≤ 2 cm chez patient fragile.
- VESSIE TVNIM : RTUV ± instillations BCG (haut risque) ou MMC (risque intermédiaire). Cystectomie si BCG-résistant, T1 haut grade récidivant, ou Tis réfractaire.
- VESSIE TVIM : Cystectomie totale + curage ± chimiothérapie néo-adjuvante (cisplatine). Alternative : radio-chimiothérapie concomitante (préservation vésicale sélectionnée).
#017
Indications opératoires en urologie (arbre décisionnel) (2/2)

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- TESTICULE : Orchidectomie par voie inguinale = TOUJOURS en 1er. Jamais de voie scrotale (risque de contamination). Curage ganglionnaire rétropéritonéal selon stade et histologie.
- HBP : RTUP si volume < 80 mL, adénomectomie/énucléation laser (HoLEP) si volume > 80 mL. Indication si échec traitement médical, RAU, lithiase vésicale, IRC obstructive.
- Critères transversaux : espérance de vie (> 10 ans pour curatif), comorbidités (score ASA/Charlson), préférences du patient, discussion systématique en RCP pour le cancer.
- Toujours vérifier la fonction rénale controlatérale avant néphrectomie, et proposer une CECOS avant tout traitement altérant la fertilité (prostate, testicule).
L'arbre décisionnel thérapeutique doit toujours être validé en RCP. La décision finale intègre le souhait du patient après information loyale et éclairée.
#018
La consultation d'annonce cancer (1/2)

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- Dispositif d'annonce (Plan Cancer) : 4 temps — temps médical (annonce du diagnostic), temps d'accompagnement soignant (IDE d'annonce), accès soins de support, articulation ville-hôpital.
- Temps médical : annonce en face-à-face, lieu calme, sans interruption, proposer la présence d'un accompagnant. Reformuler, vérifier la compréhension, ne pas tout dire en une fois.
- PPS (Programmé Personnalisé de Soins) : document remis au patient résumant diagnostic, proposition thérapeutique validée en RCP, calendrier prévisionnel, coordonnées des référents.
- IDE d'annonce : consultation dédiée après le temps médical. Reformulation, évaluation des besoins psycho-sociaux, orientation vers les soins de support (psychologue, assistante sociale, diététicienne).
#019
La consultation d'annonce cancer (2/2)

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- Points juridiques : le patient a le droit de ne pas savoir (loi du 4 mars 2002). Ne jamais annoncer par téléphone ou en l'absence du patient (sauf dérogation explicite).
- Personne de confiance : proposer systématiquement sa désignation. Elle sera consultée en cas d'incapacité du patient à exprimer sa volonté.
- Directives anticipées : aborder la question, surtout dans les situations de pronostic réservé. Le patient peut les rédiger à tout moment.
- Erreurs fréquentes de l'interne : annoncer debout dans le couloir, utiliser un jargon médical, ne pas laisser de silence, ne pas proposer un 2e rendez-vous de « reprise ».
L'annonce n'est pas un acte unique mais un processus. Toujours proposer un rendez-vous de reprise à 48-72h pour reformuler et répondre aux questions qui émergent après le choc initial.
#020
La réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) (1/2)

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- Obligation légale (Plan Cancer, décret 2007) : tout dossier de cancérologie doit être présenté en RCP AVANT le 1er traitement. Le CR de RCP doit figurer dans le dossier médical.
- Composition minimale : 3 médecins de spécialités différentes (urologue + oncologue médical + radiothérapeute pour les RCP d'urologie). Quorum obligatoire pour valider l'avis.
- Éléments à présenter : identité patient, contexte clinique (comorbidités, état général OMS/ECOG), diagnostic histologique, bilan d'extension, proposition thérapeutique argumentée.
- L'avis de la RCP n'est pas contraignant mais le médecin qui s'en écarte doit le justifier dans le dossier médical — traçabilité obligatoire.
#021
La réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) (2/2)

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- Fiche RCP : document standardisé comportant date, participants, diagnostic, stade, proposition thérapeutique, alternatives discutées, essais cliniques proposés.
- Cas nécessitant une re-présentation : modification du stade après bilan complémentaire, récidive, changement de stratégie, progression sous traitement.
- RCP moléculaire/de recours : pour les cas complexes ou rares, orientation vers un centre expert ou une RCP nationale.
- Rôle de l'interne : préparer le dossier, synthétiser les données, présenter le cas de manière structurée — exercice formateur indispensable.
En pratique, la qualité de la présentation en RCP (dossier complet, biologie à jour, imagerie relue) conditionné la qualité de la décision collégiale. Préparer son dossier est une compétence à acquérir tôt.
#022
Suivi post-opératoire : J0 à J30 (1/3)

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- J0 (salle de réveil/SSPI) : constantes vitales, douleur (EVA), diurèse horaire, aspect des urines, drains, pansement, reprise transit.
- Prescriptions systématiques post-op : antalgiques palier adapté, HBPM (thromboprophylaxie), IPP si nécessaire, soluté IV, protocole de surveillance sondé/drains.
- Surveillance de la sondé vésicale : débit horaire > 0,5 mL/kg/h, couleur (rosé → rouge = hématurie — irrigation ?), perméabilité (caillots = lavage vésical), fixation pour éviter traction.
- Ablation de la sondé : selon protocole chirurgical. Prostatectomie : J7-J10 après cystographie de contrôle. RTUV/RTUP : J1-J3. Vérifier la reprise mictionnelle (débitmétrie si doute).
#023
Suivi post-opératoire : J0 à J30 (2/3)

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- Drains : surveillance du débit et de l'aspect (séreux, hématique, urineux = dosage créatinine si doute sur fistule). Ablation quand débit < 50 mL/24h selon le chirurgien.
- Complications précoces à surveiller : hémorragie (globe, tachycardie, hypotension), rétention aiguë post-ablation de sondé, infection de site opératoire, iléus paralytique, TVP/EP.
- J1-J5 : lever précoce (H6-H24), reprise alimentation progressive, surveillance biologique (NFS, créatinine), éducation du patient (stomie, auto-sondage selon chirurgie).
- Sortie (J2-J7 selon chirurgie) : ordonnance de sortie (antalgiques, HBPM, soins IDE), lettre pour le médecin traitant, consignes de surveillance, rendez-vous de contrôle.
#024
Suivi post-opératoire : J0 à J30 (3/3)
- J7-J30 : consultation de contrôle, résultat anatomopathologique, ablation des fils/agrafes, évaluation de la continence et de la fonction érectile (prostatectomie), PSA post-opératoire (prostate).
#025
Complications post-opératoires : classification Clavien-Dindo (1/3)

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- Grade I : déviation par rapport aux suites normales, ne nécessitant que des médicaments courants (antalgiques, antipyrétiques, antiémétiques, diurétiques), kinésithérapie, soins de plaie au lit du malade.
- Grade II : traitement pharmacologique autre que grade I (antibiotiques IV, transfusion, nutrition parentérale).
- Grade IIIa : complication nécessitant une intervention sous anesthésie locale (drainage percutané, pose de JJ sous AL).
- Grade IIIb : complication nécessitant une intervention sous anesthésie générale ou locorégionale (reprise chirurgicale).
#026
Complications post-opératoires : classification Clavien-Dindo (2/3)

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- Grade IVa : défaillance d'un seul organe (dialysé, ventilation mécanique) nécessitant une prise en charge en réanimation.
- Grade IVb : défaillance multiviscérale nécessitant une prise en charge en réanimation.
- Grade V : décès du patient.
- Suffixe « d » : si la complication est encore présente à la sortie du patient (disability — invalidité résiduelle).
#027
Complications post-opératoires : classification Clavien-Dindo (3/3)
- Application en urologie : hémorragie post-RTUP nécessitant une transfusion = IIIa (si lavage sous AL) ou IIIb (si reprise au bloc) ; fistule urinaire drainée par JJ = IIIa.
- La classification Clavien-Dindo est OBLIGATOIRE dans les publications chirurgicales et les RMM (revues de morbi-mortalité). L'interne doit savoir la citer et l'appliquer.
#028
Anticoagulants et chirurgie urologique (1/2)

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- Classification du risque hémorragique chirurgical en urologie : HAUT risque = prostatectomie, néphrectomie, cystectomie, RTUP, NLPC. FAIBLE risque = cystoscopie, pose de JJ, biopsies sous AL.
- Aspirine (prévention primaire) : arrêt 3-5 jours avant chirurgie à haut risque hémorragique. Aspirine (prévention secondaire / stent coronaire) : maintenir si possible, discussion cardiologue.
- Clopidogrel/prasugrel : arrêt 5-7 jours avant. Ticagrélor : arrêt 5 jours avant. Si stent récent (< 6 mois DES, < 1 mois BMS) → reporter la chirurgie si possible.
- AVK (warfarine, fluindione) : arrêt 5 jours avant, relai par HBPM à dose curative si risque thromboembolique élevé (valve mécanique, FA avec score CHA₂DS₂-VASc élevé). INR ciblé < 1,5 le jour de la chirurgie.
#029
Anticoagulants et chirurgie urologique (2/2)

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- AOD (rivaroxaban, apixaban, dabigatran) : arrêt 3 jours avant si clairance normale (5 jours si ClCr < 30 pour dabigatran). PAS de relai par HBPM (demi-vie courte). Reprise à H6-H48 post-op selon risque hémorragique.
- HBPM prophylactique post-opératoire : systématique pour toute chirurgie carcinologique pelvienne et abdominale. Durée 28 jours pour les chirurgies majeures (cystectomie, prostatectomie, néphrectomie pour cancer).
- Biopsies de prostate : possibles sous aspirine 75 mg. Arrêt clopidogrel sans relai. Arrêt AOD 3 jours. Relai AVK par HBPM.
- Toujours tracer la décision dans le dossier et informer le patient du risque hémorragique résiduel et des signes d'alerte post-opératoires.
Règle d'or : ne JAMAIS arrêter un anticoagulant sans avis cardiologique si le patient a un stent coronaire récent ou une valve mécanique. Le risque thrombotique peut être supérieur au risque hémorragique.
#030
Le consentement éclairé en urologie (1/2)

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- Obligation légale (loi du 4 mars 2002 — Kouchner) : tout acte médical nécessite le consentement libre et éclairé du patient, après information loyale, claire et appropriée.
- Contenu de l'information : diagnostic, nature et déroulement de l'intervention, alternatives (y compris abstention), bénéfices attendus, risques fréquents ET risques graves (même rares).
- Risques spécifiques en urologie à mentionner : incontinence et dysfonction érectile (prostatectomie), insuffisance rénale (néphrectomie), infertilité (orchidectomie, curage RPLN), stomie (cystectomie).
- La charge de la preuve de l'information incombe au médecin (et non au patient). Fiches d'information AFU/EAU = support recommandé, signées par le patient.
#031
Le consentement éclairé en urologie (2/2)

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- Formulaire de consentement : signé par le patient ET le médecin. Conserver dans le dossier médical. Le patient peut retirer son consentement à tout moment.
- Cas particuliers : mineur = consentement des titulaires de l'autorité parentale + recherché de l'assentiment de l'enfant. Tutelle = consentement du tuteur. Urgence vitale = acte sans consentement possible.
- Délai de réflexion : la loi n'impose pas de délai, mais la jurisprudence recommandé un temps suffisant entre l'information et l'intervention (quelques jours).
- CECOS (conservation de sperme) : proposer systématiquement avant toute chirurgie ou traitement potentiellement stérilisant (orchidectomie, chimio, radiothérapie pelvienne). Obligation médico-légale.
Le consentement « éclairé » ne se limité pas à faire signer un papier. C'est un processus d'échange aboutissant à une décision partagée (shared décision-making). Un formulaire signé sans information préalable n'a aucune valeur juridique.
#032
Rédiger un compte-rendu opératoire (1/3)

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- Le CRO est un document médico-légal obligatoire : il doit être rédigé immédiatement après l'intervention, de manière lisible et complète. Il engagé la responsabilité du chirurgien.
- En-tête : date, heure de début et fin, identité patient, opérateur principal et aides, anesthésiste, type d'anesthésie, ASA, installation, antibioprophylaxie.
- Indication opératoire : diagnostic pré-opératoire, résultat de la RCP si cancer, motif de l'intervention.
- Description technique : abord chirurgical (ouvert, coelio, robot), exploration initiale, étapes opératoires chronologiques, gestes réalisés, vérification de l'hémostase, fermeture plan par plan.
#033
Rédiger un compte-rendu opératoire (2/3)

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- Éléments spécifiques en urologie : aspect macroscopique de la pièce, marges suspectés, préservation nerveuse (prostate), clampage artériel et durée d'ischémie (rein), score IRES (cystectomie).
- Pièce opératoire : orientation (fils repères), envoi en anatomopathologie, demandé d'extemporané si indiqué. Toujours noter le nombre de ganglions adressés si curage.
- Matériel laissé en place : sondé vésicale (type, calibre, ballonnet), drain(s) (type, localisation), sondé JJ (côté, date de retrait prévu), endoprothèse.
- Incidents per-opératoires : les décrire avec honnêteté et précision (plaie vasculaire, plaie urétérale, conversion). Un CRO complet protège autant le chirurgien qu'un CRO évasif l'exposé.
#034
Rédiger un compte-rendu opératoire (3/3)
- Prescriptions post-opératoires : mentionner dans le CRO ou dans une ordonnance séparée (antalgiques, HBPM, antibiotiques, consignes de surveillance, reprise alimentation).
Un bon CRO doit permettre à un chirurgien n'ayant pas assisté à l'intervention de comprendre exactement ce qui a été fait. En cas de litige, c'est le document de référence — ne jamais bâcler sa rédaction.