Épidémiologie de la lithiase urinaire (1/2)

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- Prévalence en France : ~10 % de la population générale ; sex-ratio H/F de 1,5 à 2 (pic du 1er épisode : 35 ans chez l'homme, 30 ans chez la femme).
- Incidence en augmentation constante depuis 30 ans dans les pays industrialisés, parallèlement à l'épidémie de syndrome métabolique et d'obésité.
- 80 % des calculs sont aujourd'hui de siège rénal et de composition oxalo-calcique (whewellite ou weddellite). Historiquement, les calculs vésicaux d'urate/phosphate dominaient au XIXe siècle.
- Facteurs de risque majeurs : sexe masculin, syndrome métabolique (obésité, diabète de type 2, HTA), faible diurèse, apports sodés et protéiques excessifs, antécédents familiaux.
Épidémiologie de la lithiase urinaire (2/2)

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- Récidive après 1er épisode : 15 % à 1 an, 35 % à 5 ans, 50 % à 10 ans. Environ 25 % des patients nécessiteront un geste interventionnel malgré les mesures diététiques.
- Colique néphrétique = 1 à 2 % des consultations aux urgences (~120 000 à 170 000 passages/an en France selon les séries).
Classification morpho-constitutionnelle des calculs (Daudon) (1/3)

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- Type I (whewellite, oxalate de calcium monohydraté) : calcul sombre, dur, lisse ou mamelonné. Étiologies selon le sous-type : hyperoxalurie diététique (Ia), stase urinaire/faible diurèse (Ib), hyperoxalurie primaire de type 1 (Ic), hyperoxalurie entérique (Id), uropathie malformative (Ie).
- Type II (weddellite, oxalate de calcium dihydraté) : calcul jaune clair, spiculé, friable. Cause principale : hypercalciurie isolée (IIa absorptive, IIb rénale) ± hyperoxalurie/hypocitraturie.
- Type III (acide urique / urates) : calcul orangé, lisse, radio-transparent. IIIa : pH urinaire acide + stase ; IIIb : syndrome métabolique/diabète (le plus fréquent) ; IIIc : hyperuricurie + urines alcalines ; IIId : urate d'ammonium (infection à germes uréasiques).
- Type IV (phosphates de calcium / magnésium) : IVa1 (carbapatite) : hypercalciurie, infection urinaire ; IVa2 (carbapatite) : hyperparathyroïdie primaire, acidose tubulaire distale ; IVb (brushite) : hypercalciurie + hyperphosphaturie ; IVc (struvite, phospho-ammoniaco-magnésien) : infection à germes uréasiques (Proteus, Klebsiella, Pseudomonas).
Classification morpho-constitutionnelle des calculs (Daudon) (2/3)

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- Type V (cystine) : calcul jaune miel, dur, hexagonal en cristallurie. Cystinurie-lysinurie congénitale (transmission autosomique récessive). À évoquer systématiquement chez le lithiasique jeune récidivant.
- Type VI (protéines) : calcul friable, blanchâtre. Pyélonéphrite chronique, insuffisance rénale terminale/dialysé.
- Les calculs médicamenteux (type VII) représentent 1-2 % des cas : indinavir, atazanavir, sulfadiazine, triamtérène, allopurinol (rare). Toujours radio-transparents.
- La reconnaissance endoscopique peropératoire des calculs et des plaques de Randall est recommandée par l'AFU (accord d'experts 2023) en complément de l'analyse SPIR.
Classification morpho-constitutionnelle des calculs (Daudon) (3/3)

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- L'analyse morpho-constitutionnelle (et non la simple analyse chimique) est le gold standard : elle renseigne sur l'étiologie ET la chronologie de formation du calcul.
Physiopathologie de la lithogenèse (1/2)

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- Lithogenèse = processus en 5 étapes : sursaturation urinaire → nucléation → croissance cristalline → agrégation → rétention/fixation papillaire.
- Sursaturation urinaire : rapport entre la concentration d'un soluté et son produit de solubilité. Les promoteurs (calcium, oxalate, urate, phosphate) et inhibiteurs (citraté, magnésium, pyrophosphates, protéines de Tamm-Horsfall, néphrocalcine) déterminent le risque de cristallisation.
- Plaques de Randall : dépôts interstitiels de phosphate de calcium (apatite) dans la papille rénale. Elles affleurent à la surface de l'urothélium papillaire et servent de site de nucléation hétérogène pour les calculs oxalo-calciques (mécanisme principal de la lithiase calcique idiopathique).
- Plugs de Randall : dépôts intratubulaires obstructifs (tubes collecteurs de Bellini), mécanisme principal des calculs de brushite et de carbapatite sur hyperparathyroïdie.
Physiopathologie de la lithogenèse (2/2)

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- La diurèse insuffisante (< 2 L/j) est le facteur lithogène le plus fréquent et le plus facilement corrigeable.
- Le pH urinaire est le déterminant principal de la cristallisation de l'acide urique (pH < 5,5 : cristallisation massive) et de la cystine (solubilité augmenté significativement au-dessus de pH 7).
Diagnostic clinique de la colique néphrétique (1/2)

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- Définition : syndrome douloureux lombo-abdominal aigu lié à la mise en tension brutale de la voie excrétrice supérieure en amont d'un obstacle (calcul dans 90 % des cas, caillot, sténose, compression extrinsèque dans les 10 % restants).
- Sémiologie typique (forme simple, 95 % des cas) : douleur lombaire unilatérale brutale, intense, à irradiation antérieure vers les OGE, sans position antalgique ; signes urinaires (pollakiurie, brûlures mictionnelles, hématurie macro/microscopique) ; signes digestifs réflexes (nausées, vomissements, iléus réflexe).
- BU : hématurie microscopique dans 70-100 % des cas. Son ABSENCE n'élimine PAS le diagnostic (obstruction complète sans passage d'uriné du côté atteint).
- Une douleur cédant brutalement doit faire évoquer : soit l'expulsion spontanée du calcul, soit une rupture du fornix caliciel (urinome péri-rénal, visible au scanner).
Diagnostic clinique de la colique néphrétique (2/2)

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- Diagnostics différentiels UROLOGIQUES : pyélonéphrite aiguë (fièvre d'emblée), infarctus rénal (terrain vasculaire, FA), torsion du cordon spermatique (douleur scrotale, réflexe crémastérien aboli).
- Diagnostics différentiels NON UROLOGIQUES : GEU (femme en âge de procréer, bêta-hCG systématique), torsion d'annexe, appendicite/sigmoïdite, colique hépatique, pancréatite, dissection/anévrisme aortique, pathologie rachidienne.
- Bilan biologique systématique aux urgences : NFS, CRP, ionogramme sanguin + créatininémie (fonction rénale), bêta-hCG (femme), ECBU. Objectif : éliminer une complication (infection, insuffisance rénale aiguë).
Diagnostic radiologique : place du scanner (1/2)

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- La colique néphrétique est un diagnostic CLINIQUE — l'imagerie est à visée étiologique (cause de l'obstruction) et de gravité (dilatation, signes d'infection), pas diagnostiqué de la douleur.
- Forme simple sans signe de gravité : imagerie possible en externe sous 48 h une fois l'antalgie obtenue. Doute diagnostiqué, terrain à risque ou forme compliquée : imagerie en urgence (Grade A, CFEU 2024).
- TDM AP sans injection = examen de référence (Se > 95 %, Sp > 98 %). Le protocole faible dose est recommandé en première intention mais perd en performance si IMC > 30 kg/m².
- Couplé échographie + ASP : alternative acceptable (Grade B), surtout chez la femme enceinte (échographie seule en première intention) et l'enfant. L'échographie détecte la dilatation mais visualise mal les calculs urétéraux.
Diagnostic radiologique : place du scanner (2/2)

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- Signes TDM directs : calcul hyperdense (sauf calculs médicamenteux et urate d'ammonium). Signes indirects : dilatation urétéro-pyélocalicielle, infiltration de la graisse péri-rénale (signe du halo), épaississement de la paroi urétérale.
- Mesuré du calcul : fenêtre osseuse, au moins 2 plans + plus grand axe. Densité mesurée par ROI elliptique incluant la périphérie du calcul (taille minimale 5 mm pour interprétation fiable). Densité > 1000 UH : calcul dur (whewellite, cystine, brushite) → moins bon candidat à la LEC.
- Uroscanner (avec injection, temps excréteur) : réservé au bilan pré-opératoire (anatomie du système collecteur, recherché d'anomalie anatomique associée : syndrome de la jonction pyélo-urétérale, rein en fer à cheval, duplicité, diverticule caliciel).
Colique néphrétique compliquée et urgences médico-chirurgicales (1/2)

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- Colique néphrétique compliquée (environ 5 % des cas) : terrain à risque (grossesse, insuffisance rénale chronique, rein unique/transplanté, uropathie connue, immunodépression, VIH sous antiprotéases) OU signe de gravité clinique.
- Trois urgences médico-chirurgicales : 1) Pyélonéphrite aiguë obstructive (fièvre ≥ 38,5 °C + obstruction = drainage en urgence dans les 6-12 h) ; 2) Insuffisance rénale aiguë obstructive (anurie ou créatinine en hausse rapide, rein unique, obstacle bilatéral) ; 3) Colique néphrétique hyperalgique (douleur résistante à un traitement médical bien conduit IV pendant > 30 min).
- Drainage urinaire en urgence : deux modalités équivalentes en termes de résultats — sondé urétérale simple ou double J (JJ) par voie rétrograde (cystoscopie), ou néphrostomie percutanée par voie antégrade (ponction échoguidée).
- En cas de pyélonéphrite obstructive avec urines pyéliques purulentes : la sondé urétérale (et non JJ) est préférée car elle permet un meilleur drainage gravitaire et un prélèvement bactériologique direct des urines pyéliques.
Colique néphrétique compliquée et urgences médico-chirurgicales (2/2)

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- Le geste de drainage en urgence NE vise PAS le traitement du calcul : pas d'urétéroscopie thérapeutique en contexte septique (risque de bactériémie/choc septique par hyperpression dans la voie excrétrice).
Traitement médical de la colique néphrétique (1/2)

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- Antalgie de 1re ligne : AINS par voie IV — kétoprofène 100 mg IVL (seule molécule avec AMM pour la CN avec le diclofénac), relais per os 48-72 h. Mécanisme : inhibition de la synthèse des prostaglandines → diminution de la pression intra-urétérale par réduction du débit de filtration glomérulaire et de l'œdème local. (Grade A, EAU 2024).
- Association recommandée : AINS + paracétamol 1 g IV (effet synergique). Le phloroglucinol (Spasfon) n'a aucune efficacité démontrée dans la CN (pas d'effet sur le muscle lisse urétéral).
- 2e ligne : morphiniques IV (titration de morphine 0,1 mg/kg) si AINS contre-indiqués (IRC sévère, grossesse 3e trimestre, allergie) ou insuffisants. (Grade B).
- Contre-indications aux AINS dans la CN : insuffisance rénale (DFG < 30), grossesse (surtout 3e trimestre), allergie, ulcère gastro-duodénal actif, anticoagulants oraux.
Traitement médical de la colique néphrétique (2/2)

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- Thérapie médicale expulsive (TME) : alpha-bloquants (tamsulosine 0,4 mg/j, hors AMM) pour calculs urétéraux distaux de 5-10 mm (Grade A, EAU 2024). Augmenté le taux d'expulsion de 20-30 % et réduit le délai d'expulsion. Durée maximale : 4-6 semaines avec réévaluation.
- La TME ne doit JAMAIS retarder une indication chirurgicale formelle ni être prescrite en cas de CN compliquée. Ce n'est pas un traitement « d'attente » avant chirurgie.
Prise en charge du calcul urétéral (algorithme décisionnel) (1/2)

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- Calcul urétéral < 6 mm, peu symptomatique : surveillance activé 4 à 6 semaines ± TME (alpha-bloquants). Taux d'expulsion spontanée ~80 % pour les calculs < 5 mm, ~50 % pour 5-7 mm.
- Calcul urétéral 6-10 mm : TME possible si patient informé et compliant, avec réévaluation clinique et radiologique à 2-4 semaines. En l'absence d'expulsion ou si symptômes récurrents : traitement actif (URS ou LEC).
- Calcul urétéral > 10 mm : traitement actif d'emblée recommandé (Grade A). URS = 1re intention pour l'uretère pelvien/iliaque ; LEC possible pour l'uretère lombaire si calcul < 15 mm et densité < 1000 UH.
- Indications de traitement actif urgent (toutes tailles) : CN compliquée (infection, IRA, douleur réfractaire), rein unique, obstruction persistante > 4 semaines.
Prise en charge du calcul urétéral (algorithme décisionnel) (2/2)

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- Le bilan d'imagerie doit toujours préciser : taille du calcul (fenêtre osseuse), localisation exacte (uretère lombaire/iliaque/pelvien), degré de dilatation, densité (UH), distance peau-calcul (pour la LEC).
Traitement interventionnel : LEC, URS, NLPC (1/3)

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- Lithotritie extracorporelle (LEC) : ondes de choc focalisées sous repérage scopique et/ou échographique. Ambulatoire, sédation/AL. Indications : calcul rénal ≤ 20 mm ou urétéral lombaire ≤ 10-15 mm, densité < 1000 UH, distance peau-calcul < 10 cm. Contre-indications : grossesse, trouble de l'hémostase non corrigé, infection urinaire non traitée, anévrisme aorte/artère rénale.
- Urétérorénoscopie (URS souple ou semi-rigide) : voie rétrograde endoscopique, sous AG. Lithotritie laser (Ho:YAG ou Thulium) + extraction par panier. Taux de stone-free en 1 séance : 80-95 % pour les calculs urétéraux, 70-85 % pour les calculs rénaux < 20 mm.
- Néphrolithotomie percutanée (NLPC) : abord rénal direct par ponction percutanée écho/radio-guidée, dilatation du trajet (18-30 Ch), néphroscope. Sous AG. Indications : calculs rénaux > 20 mm, calculs coralliformes, calculs du calice inférieur > 15 mm.
- Miniaturisation de la NLPC : mini-NLPC (14-20 Ch), micro-NLPC (< 14 Ch) — réduction de la morbidité (saignement) au prix d'un allongement du temps opératoire.
Traitement interventionnel : LEC, URS, NLPC (2/3)

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- ECIRS (Endoscopic Combined IntraRenal Surgery) = double abord simultané URS + NLPC : réservé aux calculs complexes (coralliformes, multiples), centres experts.
- Choix thérapeutique (synthèse EAU 2024) : calcul rénal ≤ 10 mm → LEC ou URS ; 10-20 mm → URS ou LEC ; > 20 mm → NLPC (1re intention) ; coralliforme → NLPC ± ECIRS ; urétéral proximal → URS ou LEC ; urétéral distal → URS.
- Facteurs orientant vers la NLPC plutôt que l'URS : calcul > 20 mm, calcul coralliforme, angle caliciel inférieur < 45°, infundibulum étroit, calcul très dur de grande taille.
- Le taux de complication majeure (Clavien ≥ III) : LEC < 1 %, URS 3-5 %, NLPC 5-8 %. La principale complication de la NLPC est l'hémorragie (transfusion dans 5-8 % des cas).
Traitement interventionnel : LEC, URS, NLPC (3/3)

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- Anticoagulants : la LEC et la NLPC nécessitent un arrêt préalable des anticoagulants/antiagrégants. L'URS peut être réalisée sous anticoagulation modérée (avis cardiologique).
Urétéroscopie souple : installation et technique opératoire (1/2)

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- Installation : position de la taille vésicale (lithotomie), arceau de scopie à gauche du patient (source RX en dessous, récepteur au-dessus proche de l'abdomen pour limiter l'irradiation selon la loi de l'inversé du carré de la distance).
- Guidé de sécurité hydrophile 0,035 pouce : placé jusque dans les cavités rénales en début de procédure et sécurisé à la jambe du patient. C'est la « ligne de vie » de la procédure.
- Gaine d'accès urétéral (GAU, 10-14 Fr) : facilité les passages multiples de l'endoscope, améliore l'irrigation, diminué la pression intra-rénale et facilité l'extraction des fragments. En cas de difficulté de pose : ne pas forcer, poser une sondé JJ et reprogrammer à 2-3 semaines.
- Pression intra-rénale : doit rester < 40 cmH2O pour limiter le risque de translocation bactérienne (sepsis). La GAU et les réglages d'irrigation basse pression y contribuent.
Urétéroscopie souple : installation et technique opératoire (2/2)

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- Exploration systématique de toutes les cavités en début de procédure avant de débuter la lithotritie, pour inventaire complet et planification du geste.
Lithotritie laser endocorporelle : principes et réglages (1/2)

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- Deux sources laser disponibles : Holmium:YAG (Ho:YAG, référence depuis 20 ans) et Thulium Fibré (TFL, plus récent). Le TFL offre une meilleure efficacité d'ablation, des fibres plus fines (50-150 µm vs 200-365 µm pour Ho:YAG) et un meilleur dusting. (Grade B, EAU 2024).
- Trois modes de lithotritie : Dusting : basse énergie (0,2-0,5 J), haute fréquence (15-40 Hz), impulsion longue → poussière < 1 mm. Fragmentation : haute énergie (1-2 J), basse fréquence (5-8 Hz), impulsion courte → fragments 2-4 mm. Pop-corning : haute énergie, haute fréquence → agitation des fragments dans un calice fermé.
- Puissance (W) = énergie par impulsion (J) x fréquence (Hz). Limiter à 30 W maximum dans les cavités rénales (risque thermique).
- Réglages urétéraux (prudents, risque de sténose) : énergie < 1 J, fréquence < 10 Hz, puissance < 10-15 W.
Lithotritie laser endocorporelle : principes et réglages (2/2)

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- Fibré laser : distance fibré-calcul idéale 1-2 mm. Les fibres fines (150-200 µm) préservent la déflexion de l'URS souple mais sont plus fragiles.
- Effets thermiques : le laser chauffe l'eau d'irrigation. Une température > 43 °C dans les cavités rénales peut léser l'urothélium. Solutions : irrigation continue, aspiration activé, pauses régulières.
Drainage post-opératoire : sondé JJ et néphrostomie (1/2)

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- Sondé JJ (endoprothèse urétérale double J) : indications post-opératoires — après URS si œdème urétéral, fragments résiduels, procédure longue, uretère unique ou sténose ; après NLPC comme drainage complémentaire.
- Pose sous AG et contrôle scopique, sur fil guidé. Durée de maintien : 1 à 4 semaines. Ablation en consultation au cystoscope souple ou avec fil de retrait.
- Complications de la sondé JJ : symptômes du bas appareil (pollakiurie, urgenturie, hématurie, douleurs lombaires per-mictionnelles par reflux) chez > 80 % des patients. Migration, encrustation (risque majeur si oubli > 3-6 mois), infection urinaire.
- Sondé JJ oubliée : complication grave (incrustation calcique massive, perte de fonction rénale). Un système de traçabilité et de rappel est obligatoire.
Drainage post-opératoire : sondé JJ et néphrostomie (2/2)

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- Néphrostomie percutanée : alternative de drainage après NLPC ou drainage en urgence quand la voie rétrograde est impossible. Ablation à 48-72 h si contrôle satisfaisant.
- Toute pose d'endoprothèse doit être précédée d'un prélèvement bactériologique des urines pyéliques.
Calcul coralliforme (staghorn stone) (1/2)

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- Définition : calcul occupant le bassinet et au moins un calice (coralliforme partiel) ou le bassinet et tous les calices (coralliforme complet). Taille généralement > 25 mm.
- Composition la plus fréquente : struvite et/ou carbapatite (infection à germes uréasiques : Proteus mirabilis, Klebsiella, Pseudomonas). Cependant, 30-40 % des coralliformes sont non infectieux (acide urique, cystine, oxalate de calcium).
- Traitement de référence : NLPC (Grade A, EAU 2024). Un seul trajet suffit rarement pour un coralliforme complet ; prévoir des trajets multiples ou une procédure en plusieurs temps.
- ECIRS (double abord simultané URS + NLPC) : permet de traiter les calices inaccessibles au néphroscope.
Calcul coralliforme (staghorn stone) (2/2)

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- LEC en monothérapie : contre-indiquée pour le calcul coralliforme complet (taux de stone-free < 30 %).
- Le calcul coralliforme de struvite non traité évolue vers la pyonéphrose, la destruction parenchymateuse rénale et le sepsis chronique.
- Bilan étiologique obligatoire : ECBU avec antibiogramme, bilan métabolique complet, analyse SPIR. Antibiothérapie ciblée prolongée (6-12 semaines post-opératoire) pour les calculs infectieux.
Bilan métabolique et prise en charge diététique (1/3)

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- Évaluation métabolique recommandée dès le 1er épisode lithiasique (Grade A, EAU 2024) : réduction de 50 % des récidives à 5 ans par les mesures diététiques ciblées.
- Interrogatoire indispensable : histoire lithiasique, antécédents familiaux, comorbidités (diabète, obésité, HTA, maladies digestives), médicaments lithogènes, enquête alimentaire.
- Bilan biologique de 1re intention : sang (créatinine, calcium, acide urique, glycémie, PTH si hypercalcémie) ; urines des 24 h (volume, créatinine, calcium, oxalate, acide urique, citraté, sodium, urée, pH) ; urines du matin (cristallurie, pH, densité, BU/ECBU).
- Objectifs diététiques universels (Grade A) : diurèse ≥ 2 L/j, apports sodés < 8 g NaCl/j, protéines animales 0,8-1 g/kg/j, apports calciques normaux 800-1000 mg/j (NE PAS réduire le calcium alimentaire).
Bilan métabolique et prise en charge diététique (2/3)

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- Interprétation du pH urinaire : pH < 5,5 → risque acide urique (alcaliniser, objectif pH 6,5-7) ; pH > 6,5 → risque phosphocalcique (rechercher infection, acidose tubulaire distale) ; pH 5,8-6,2 → zone idéale.
- Hypercalciurie : de débit (> 0,1 mmol/kg/j) vs de concentration (> 3,8 mmol/L). Causes : absorptive, rénale, résorptive (hyperparathyroïdie primaire). Traitement : restriction sodée, normalisation des apports calciques, thiazidiques si résistance.
- Hyperoxalurie : primaire (génétique rare, oxalurie >> 1 mmol/j) vs secondaire (diététique ou entérique). Traitement : restriction des oxalates alimentaires, apports calciques au moment des repas, vitamine B6 pour l'hyperoxalurie primaire type 1.
- Hypocitraturie (citraté < 1,5 mmol/24 h) : fréquente, multifactorielle. Le citraté est l'inhibiteur le plus puissant de la cristallisation calcique. Traitement : citraté de potassium, alimentation riche en fruits et légumes.
Bilan métabolique et prise en charge diététique (3/3)

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- Lithiase urique pure : alcalinisation des urines (citraté de potassium, eau de Vichy) pour pH 6,5-7, permet la dissolution complète (seul type dissoluble médicalement).
Situations particulières : grossesse, enfant, rein unique (1/2)

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- Grossesse : incidence ~1/1500. Diagnostic : échographie en 1re intention. IRM sans injection si non contributive. TDM en dernier recours.
- Grossesse — traitement : AINS formellement contre-indiqués au 3e trimestre. Paracétamol + morphiniques si nécessaire. Drainage par sondé JJ ou néphrostomie si obstruction. URS possible au 2e trimestre (centres experts).
- Enfant : rechercher systématiquement une cause métabolique (cystinurie, hyperoxalurie primaire, hypercalciurie, acidose tubulaire) ou anatomique. Bilan métabolique dès le 1er épisode, obligatoire.
- Rein unique : toute obstruction est une urgence (risque d'anurie/IRA). Surveillance rapprochée, seuil de drainage abaissé. Privilégier les techniques mini-invasives (URS).
Situations particulières : grossesse, enfant, rein unique (2/2)

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- Obésité morbide (IMC > 40) : augmenté le risque lithiasique. Limité les performances de la LEC et rend la NLPC plus difficile. L'URS souple est souvent la meilleure option.
Synthèse — points clés et pièges pour l'ECNi (1/2)

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- La colique néphrétique est un diagnostic CLINIQUE ; le scanner sans injection est l'examen de référence à visée étiologique et de gravité.
- Devant une CN fébrile ou avec IRA : drainage en urgence AVANT toute autre considération. L'URS thérapeutique est CONTRE-INDIQUÉE en contexte septique.
- AINS = 1re ligne antalgique (Grade A). Le phloroglucinol est INEFFICACE. TME par alpha-bloquants : calcul urétéral distal 5-10 mm uniquement.
- Bilan métabolique dès le 1er épisode. Mesures universelles : diurèse ≥ 2 L/j, sel < 8 g/j, protéines 0,8-1 g/kg/j, calcium alimentaire NORMAL.
Synthèse — points clés et pièges pour l'ECNi (2/2)

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- Trois techniques : LEC (< 20 mm, < 1000 UH), URS (référence uretère et rein < 20 mm), NLPC (> 20 mm, coralliforme).
- Le calcul d'acide urique est le seul type dissoluble médicalement (alcalinisation pH 6,5-7). Il est radio-transparent mais hyperdense au scanner.
- Analyse SPIR du calcul (noyau + couches) = gold standard. Toujours récupérer et envoyer tout calcul.