#001
Médecine sexuelle : une approche bio-psycho-sociale


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- La prise en charge sexuelle ne se résume pas à l'aspect mécanique/vasculaire : approche bio-psycho-sociale en réseau (urologue, andrologue, sexologue, psychologue, kinésithérapeute du périnée).
- Toujours rechercher : (1) le motif réel de consultation (souvent masqué derrière un autre symptôme), (2) les attentes du patient ET du/de la partenaire, (3) le retentissement sur le couplé et la qualité de vie.
- Adopter une posture positive, bienveillante, non jugeante, en respectant la diversité des anatomies, des orientations et des pratiques sexuelles.
- Ne pas craindre d'être explicite tout en adaptant le langage à l'interlocuteur — utiliser les termes anatomiques précis si le patient les comprend.
Piège ECNi : le diagnostic des dysfonctions sexuelles est avant tout déclaratif/clinique — ne pas multiplier les examens complémentaires inutiles. L'interrogatoire structuré (IIEF, EHS) prime sur le bilan paraclinique.
#002
Anatomie de l'appareil génital masculin et féminin (1/2)

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- Pénis : racine fixe (périnée profond), corps mobile, gland — corps caverneux fixés sur les branches ischio-pubiennes, entourés par l'albuginée (épaisse, peu extensible, siège de la fibrose dans la maladie de Lapeyronie).
- Vascularisation artérielle du pénis : entièrement issue de l'artère pudendale interne → artère profonde du pénis (hélicines → sinusoïdes), artère bulbaire, artère urétrale, artères dorsales ; cercle anastomotique via les artères circonflexes.
- Mécanisme de l'érection : relaxation des fibres musculaires lisses (NO/GMPc) → remplissage des sinusoïdes caverneux → compression des veines sous-albuginéales (mécanisme veino-occlusif) → rigidité.
- Innervation : nerfs caverneux issus du plexus hypogastrique inférieur, cheminant le long des faces postéro-latérales des vésicules séminales puis de la prostate — risque lésionnel majeur lors de la chirurgie pelvienne (prostatectomie radicale, cystectomie).
#003
Anatomie de l'appareil génital masculin et féminin (2/2)

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- Clitoris : homologue du corps spongieux/caverneux masculin — racine (piliers + bulbes vestibulaires) et corps se terminant par le gland clitoridien ; innervé par le nerf dorsal du clitoris (branche du nerf pudendal).
#004
Contraception masculine (1/2)

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- Préservatif masculin : indice de Pearl théorique = 2, efficacité en vie réelle ≈ 15 ; protection partielle contre les IST (HPV notamment) ; pris en charge à 60 % depuis 2018 (marqués EDEN, Sortez Couverts).
- Vasectomie : encadrée par la loi du 4 juillet 2001 (information écrite, délai de réflexion de 4 mois, confirmation écrite). Clause de conscience du médecin possible mais obligation d'orientation vers un confrère.
- Vasectomie : technique sans scalpel à privilégier (moins de saignements/hématomes/infections, durée opératoire plus courte) ; section déférentielle avec coagulation muqueuse ± interposition fasciale.
- Efficacité de la vasectomie ≈ 99 %, NON immédiate : contraception complémentaire obligatoire jusqu'au spermogramme de contrôle (≈ 3 mois ou 20 éjaculations) confirmant azoospermie ou < 100 000 spz/mL immobiles.
#005
Contraception masculine (2/2)

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- Contraception hormonale masculine (association testostérone/progestatif par rétrocontrôle hypothalamo-hypophysaire) et contraception thermique (remontée testiculaire) : non recommandées en pratique courante en France (absence de schéma validé par l'AMM, dispositifs thermiques suspendus par l'ANSM en 2021).
Piège ECNi : la vasectomie est considérée comme une contraception définitive — la vasovasostomie microchirurgicale (« reverso ») est possible mais son succès n'est pas garanti (perméabilité ~80 %, grossesse ~50 %). Ne jamais la présenter comme un simple « retour en arrière ».
#006
Dysfonction érectile (DE) : définition, épidémiologie, physiopathologie (1/2)

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- Définition ISSM/DSM-5 : incapacité persistante ou répétée (≥ 6 mois, ≥ 75 % des tentatives) d'obtenir et/ou maintenir une érection suffisante pour une activité sexuelle satisfaisante, avec détresse (souffrance) du patient et/ou du couplé.
- Prévalence augmenté avec l'âge : 10-15 % entre 40-50 ans, 20-40 % entre 60-70 ans — l'âge est un facteur de risque indépendant mais non suffisant.
- DE vasculaire (athérosclérose, dysfonction endothéliale) : symptôme sentinelle d'une maladie coronarienne infraclinique — les artères caverneuses (diamètre 1-2 mm) sont atteintes 2 à 5 ans avant les coronaires (3-4 mm). La DE partagé les mêmes facteurs de risque CV : HTA, dyslipidémie, tabac, diabète, sédentarité.
- Cinq mécanismes physiopathologiques à évoquer systématiquement : psychogène, neurogène (centrale ou périphérique), vasculaire (artérielle ou veino-occlusive), anatomique (Lapeyronie, séquelles traumatiques), hormonale (déficit en testostérone).
#007
Dysfonction érectile (DE) : définition, épidémiologie, physiopathologie (2/2)

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- Examen clinique andrologique systématique : caractères sexuels secondaires, volume testiculaire (orchidomètre de Prader), anomalies péniennes (plaques, courbure), toucher rectal, examen neurologique périnéal (réflexe bulbo-caverneux, sensibilité) et cardiovasculaire (pouls périphériques, PA).
- Bilan biologique de 1re intention : glycémie à jeun, bilan lipidique, ± testostéronémie totale le matin à jeun si suspicion de déficit androgénique (à répéter si anormale — 20 % de normalisation spontanée au 2e dosage).
Piège ECNi : la DE peut être le symptôme révélateur d'une maladie coronarienne — bilan CV systématique avant traitement. Consensus de Princeton III : > 3 facteurs de risque CV ou DE sévère → avis cardiologique (épreuve d'effort) AVANT prescription d'un IPDE5.
#008
DE : prise en charge médicamenteuse de 1re ligne (1/2)

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- Inhibiteurs de la PDE5 (IPDE5) — sildénafil, vardénafil, tadalafil, avanafil : traitements FACILITATEURS nécessitant une stimulation sexuelle. Différences pharmacocinétiques : tadalafil T½ ≈ 17,5 h (utilisable en prise quotidienne 5 mg/j pour une vie sexuelle non programmée), sildénafil/vardénafil/avanafil T½ courte (3-6 h, prise à la demandé 30-60 min avant).
- Contre-indications formelles des IPDE5 : prise de dérivés nitrés ou donneurs de NO (synergie hypotensive potentiellement fatale), hypotension sévère, AVC ou IDM récent (< 6 mois), rétinite pigmentaire (sildénafil).
- Effets indésirables des IPDE5 : céphalées (10-15 %), flush facial, dyspepsie, congestion nasale, myalgies (tadalafil), troubles visuels (chromatopsie au sildénafil).
- Prostaglandines E1 (alprostadil) : traitements INDUCTEURS de l'érection (agissent sans stimulation sexuelle), en injection intracaverneuse (Edex, Caverject — dose titrée en consultation) ou intra-urétrale (Vitaros crème, efficacité moindre).
#009
DE : prise en charge médicamenteuse de 1re ligne (2/2)

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- Effet indésirable principal des PGE1 : douleur pénienne (30-50 %) ; priapisme rare mais grave (< 1 %) → CI si antécédent de priapisme, drépanocytose, myélome, polyglobulie.
- Prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie sur ordonnance d'exception : neuropathie diabétique avérée, séquelles de chirurgie pelvienne (prostatectomie radicale, cystectomie), radiothérapie pelvienne, paraplégie/tétraplégie, SEP, traumatisme du bassin, séquelles de priapisme (limité : 2 injections/semaine).
Piège ECNi : ne pas confondre traitement « facilitateur » (IPDE5, nécessite désir/stimulation) et traitement « inducteur » (PGE1, agit indépendamment de la stimulation) — question classique sur le mécanisme d'action. Le tadalafil quotidien 5 mg a aussi l'AMM dans les SBAU/HBP.
#010
DE : prise en charge mécanique et chirurgicale (1/2)

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- Vacuum (érecteur à dépression) + anneau de constriction à la base de la verge : non remboursé, nécessite un apprentissage encadré. CI : troubles de la coagulation, anticoagulants. Durée maximale de l'anneau : 30 minutes (risque ischémique).
- Implant pénien (prothèse érectile) : option chirurgicale IRRÉVERSIBLE sur la fonction érectile naturelle — les corps caverneux sont définitivement altérés. Deux types : semi-rigide/malléable (simple, fiable) ou gonflable (2 ou 3 pièces, plus naturel).
- Complications de l'implant : infection du matériel (2-3 %, risque principal), dysfonctionnement mécanique, érosion. Survie mécanique ≈ 95 % à 5 ans, 80-85 % à 10 ans. Taux de satisfaction > 90 % (patient ET partenaire).
- Indication privilégiée : DE réfractaire à tous les traitements pharmacologiques (IPDE5 + IIC), en particulier si maladie de Lapeyronie associée (correction simultanée courbure + DE) ou si le patient refuse les injections au long cours.
#011
DE : prise en charge mécanique et chirurgicale (2/2)

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- Score IIEF-5 (SHIM, 5-25) et EHS (Érection Hardness Score, 0-4) : outils d'évaluation initiale et de suivi, indispensables pour documenter la sévérité avant toute décision thérapeutique et évaluer la réponse au traitement.
#012
Sexualité et cancer de la prostate (1/2)

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- Étude ProtecT (10 ans, randomisée) : érections satisfaisantes avant traitement chez 67 % des hommes (âge moyen 62 ans) → à 6 mois : 52 % en surveillance activé, 22 % après radiothérapie, 12 % après prostatectomie radicale (PR).
- DE post-PR : 25-75 % selon les séries et les critères ; seuls 20-25 % des opérés retrouvent une fonction érectile spontanée suffisante pour un rapport sans aide pharmacologique.
- DE post-radiothérapie : progressive et s'aggravant avec le temps (20-30 % à 1 an → 50-60 % à 5 ans) par fibrose progressive des tissus érectiles et des vaisseaux périprostatatiques.
- Information PRÉOPÉRATOIRE obligatoire avant PR : DE, anéjaculation (systématique — les vésicules séminales sont réséquées), modification de la sensation orgasmique, climaturie, raccourcissement pénien (1-2 cm), risque de maladie de Lapeyronie secondaire.
#013
Sexualité et cancer de la prostate (2/2)

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- Réhabilitation sexuelle précoce post-PR : objectif = limiter la fibrose des corps caverneux et la perte de longueur pénienne par oxygénation régulière (IPDE5 quotidiens + vacuum ± IIC de PGE1) — bénéfice démontré sur la reprise d'activité sexuelle précoce.
- Distinction fondamentale : DE définitive (section bilatérale des bandelettes, nécessaire oncologiquement → seuls alprostadil/vacuum/implant sont efficaces) vs DE temporaire par sidération nerveuse (neuropraxie — conservation des bandelettes → rééducation a un rationnel, récupération possible jusqu'à 24 mois).
- Facteurs pronostiques de récupération érectile : âge jeune (< 60 ans), bonne fonction érectile préopératoire (IIEF > 21), préservation nerveuse bilatérale, technique mini-invasive (robot-assistée), réhabilitation sexuelle précoce.
Piège ECNi : même la surveillance activé a un impact négatif sur la fonction sexuelle (52 % à 6 mois vs 67 % avant prise en charge) — l'annonce du diagnostic et l'anxiété jouent un rôle propre, indépendamment du traitement choisi.
#014
Sexualité et cancer du pénis (1/2)

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- Carcinome épidermoïde du pénis : tumeur rare (< 1/100 000 en Europe), liée à l'HPV oncogène (types 16, 18) dans 30-50 % des cas ; touche le gland (50 %) et le prépuce (20 %) ; survie spécifique à 5 ans > 90 % en l'absence d'atteinte ganglionnaire inguinale.
- Près de 50 % des cas surviennent chez des hommes ≤ 60 ans, sexuellement actifs — impact majeur sur l'image corporelle et la fonction sexuelle, à anticiper et accompagner systématiquement.
- Stratégie chirurgicale conservatrice selon la profondeur (CFEU 2024) : laser/curiethérapie pour Tis-T1a (fonction érectile préservée), résection partielle du gland pour T1b-T2 (< 50 % du gland), glansectomie + reconstruction pour T2 étendu.
- Glansectomie : raccourcissement et perte de sensibilité du gland, mais récupération possible d'une sensation érogène distale après reconstruction par greffé de peau mince ou muqueuse buccale.
#015
Sexualité et cancer du pénis (2/2)

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- Amputation partielle : érections compatibles avec un rapport possibles chez ~50 % des patients, mais satisfaction sexuelle significativement altérée (modification de l'image corporelle, anxiété de performance).
- Reconstruction après amputation totale : phalloplasties par lambeaux autologues (avant-bras radial, cuisse antéro-latérale) ; première transplantation pénienne allogénique rapportée en 2016 — résultats fonctionnels prometteurs mais expérimentaux.
La vaccination anti-HPV (Gardasil 9) est recommandée chez les garçons de 11-14 ans (rattrapage jusqu'à 19 ans) et chez les HSH jusqu'à 26 ans — elle réduit significativement le risque de lésions précancéreuses et de cancer du pénis lié à l'HPV.
#016
Maladie de Lapeyronie : diagnostic et évaluation (1/2)

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- Fibrose de l'albuginée des corps caverneux, évoluant en 2 phases : phase activé inflammatoire/douloureuse (6-18 mois, 50 % des cas) puis phase séquellaire stable (courbure, raccourcissement, déformation en sablier, instabilité charnière).
- Prévalence jusqu'à 10 % (séries échographiques), survenue typique entre 50-60 ans ; association fréquente avec maladie de Dupuytren (20-40 %) et maladie de Ledderhose ; retrouvée chez jusqu'à 15 % des opérés de prostatectomie radicale.
- Diagnostic purement clinique : PAS d'imagerie obligatoire. Évaluation systématique : douleur (EVA), fonction érectile (IIEF-5, EHS — test pharmacologique par IIC si doute), longueur en traction maximale, palpation des plaques, caractérisation de la courbure (auto-photos en érection +++, goniomètre).
- Évaluation du retentissement sexuel et psychologique INDISPENSABLE : en l'absence de gêne fonctionnelle (pénétration possible et indolore), l'abstention thérapeutique est de mise quelle que soit la sévérité de la courbure ou la taille de la plaque.
#017
Maladie de Lapeyronie : diagnostic et évaluation (2/2)

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- Questionnaire spécifique : Peyronie's Disease Questionnaire (PDQ) — évalue douleur, gêne fonctionnelle et retentissement psychologique.
Piège ECNi : ne jamais précipiter une décision chirurgicale — attendre au moins 6 mois de stabilité de la déformation (fin de la phase activé, disparition des douleurs, courbure inchangée sur 2 évaluations successives) avant toute indication opératoire.
#018
Maladie de Lapeyronie : traitements médicaux et chirurgicaux (1/2)

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- Phase activé — aucun traitement oral n'a d'AMM dans la maladie de Lapeyronie : seuls les AINS en cure courte (douleur) et les IPDE5 (DE associée) ont un rationnel. La vitamine E, la colchicine et le vérapamil oral n'ont PAS fait la preuve de leur efficacité.
- Collagénase de Clostridium histolyticum (Xiapex) : seul traitement intra-plaque ayant eu l'AMM (réduction 17° vs 9° placebo) — n'est plus commercialisé en Europe depuis 2020.
- Phase séquellaire stable — Chirurgie de la convexité (plicatures — Nesbit, Yachia, TAP) : courbure < 60°, verge de taille suffisante, fonction érectile conservée. Rectitude 80-90 %, raccourcissement de 0,5-2 cm, fonction érectile préservée > 95 %.
- Chirurgie de la concavité (incision + greffon autologue : derme, veine saphène, ou hétérologue : SIS, péricarde bovin) : courbure > 60° ou complexé (sablier, charnière), fonction érectile conservée. Rectitude > 80 %, mais risque de DE postopératoire ≈ 20-25 % — réhabilitation précoce obligatoire (IPDE5 + vacuum/extenseur).
#019
Maladie de Lapeyronie : traitements médicaux et chirurgicaux (2/2)

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- Implant pénien : traitement de choix en cas de maladie de Lapeyronie associée à une DE réfractaire aux traitements pharmacologiques — corrigé simultanément courbure (par modélisation peropératoire ± plicatures) et DE.
Algorithme décisionnel CFEU : courbure < 30° sans gêne → abstention ; courbure < 60° + FE conservée → plicature ; courbure > 60° ou complexé + FE conservée → incision-greffon ; DE réfractaire → implant pénien.
#020
Courbures congénitales du pénis (1/2)

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- Courbure innée présente dès le début de la vie sexuelle, SANS anomalie urétrale associée (distinction fondamentale avec l'hypospadias/épispadias) — prévalence < 1 %, courbure le plus souvent ventrale.
- Mécanisme opposé à la maladie de Lapeyronie : excès d'élasticité d'un versant de l'albuginée (asymétrie de développement) et NON rétraction fibreuse — la verge est souvent assez longue pour bien tolérer le raccourcissement lié aux plicatures.
- Deux situations cliniques typiques : gêne psycho-sexuelle avant le 1er rapport (adolescent/adulte jeune), ou gêne mécanique à la pénétration une fois la vie sexuelle débutée.
- Traitement : correction chirurgicale par plicature (Nesbit modifié, Yachia) si retentissement sexuel ou psychologique — efficacité élevée (> 90 % de rectitude), morbidité faible, fonction érectile préservée ; troubles de la sensibilité du gland possibles mais transitoires.
#021
Courbures congénitales du pénis (2/2)

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- Accompagnement sexologique recommandé, en particulier si la chirurgie précède le début de la vie sexuelle (anxiété de performance, impact sur l'image corporelle).
Piège ECNi classique : courbure congénitale = excès d'élasticité (verge souvent longue, pas de plaque, sujet jeune) vs maladie de Lapeyronie = fibrose/rétraction (raccourcissement, plaque palpable, sujet > 50 ans). Ne pas confondre les mécanismes ni les âges de survenue.
#022
Éjaculation prématurée (EP) (1/2)

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- Définition ISSM : (1) éjaculation survenant systématiquement ou presque avant ou dans la minute suivant la pénétration (EP primaire) ou réduction significative du temps de latence ≤ 3 min (EP acquise), (2) incapacité à retarder l'éjaculation, (3) conséquences négatives (détresse, frustration, évitement des rapports).
- Distinguer EP primaire (présente depuis les premiers rapports, composante neurobiologique — polymorphismes du transporteur de la sérotonine 5-HTTLPR) et EP secondaire/acquise (rechercher : DE, SBAU/prostatite, hyperthyroïdie, anxiété, cause iatrogène).
- Toujours rechercher une DE associée — si présente, la traiter EN PRIORITÉ avant l'EP (la DE entraîne souvent une accélération du rapport par crainte de perdre l'érection).
- Traitements de 1re ligne ayant l'AMM : dapoxétine (Priligy, ISRS à demi-vie courte, prise à la demandé 1-3 h avant, IELT x 2-3) et association lidocaïne/prilocaïne en spray (Fortacin, action topique en 5 min, IELT x 5-6).
#023
Éjaculation prématurée (EP) (2/2)

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- En cas d'échec : ISRS hors AMM (paroxétine > sertraline > fluoxétine, prise quotidienne, IELT x 5-10). Le CFEU 2024 déconseille les alpha-bloquants et le tramadol (rapport bénéfice/risque défavorable, risque de dépendance aux opiacés).
- Prise en charge globale recommandée pour TOUS les patients : information/éducation sexuelle (techniques stop-start et squeeze), thérapies cognitivo-comportementales centrées sur la sexualité, implication du/de la partenaire dans le processus thérapeutique.
Piège ECNi : le CFEU recommandé de NE PAS réaliser systématiquement une posthectomie ou une frenuloplastie pour traiter une éjaculation prématurée — ce n'est pas une indication validée. Un frein court peut être source de douleur mais ne cause pas l'EP.
#024
Déficit en testostérone lié à l'âge (DT) (1/2)

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- Diagnostic = association OBLIGATOIRE de signes cliniques évocateurs ET diminution biologique confirmée de la testostéronémie (un seul critère ne suffit pas).
- Signes d'appel sexuels (les plus spécifiques) : baisse de la libido, disparition des érections nocturnes/matinales spontanées. Signes non sexuels : fatigue chronique, perte de force musculaire/masse maigre, troubles de l'humeur et du sommeil, obésité viscérale, diminution de la pilosité, ostéopénie/ostéoporose, gynécomastie.
- Diagnostic biologique : 2 dosages le matin à jeun (pic circadien) à au moins 1 mois d'intervalle. Testostérone totale (TT) ou biodisponible (TBD). Seuils indicatifs : TT < 8 nmol/L = déficit certain ; TT 8-12 nmol/L = zone grise (doser TBD) ; TT > 12 nmol/L = normal. TBD < 0,15 nmol/L = déficit.
- Bilan étiologique : LH élevée ou N avec TT basse → hypogonadisme primaire (testiculaire) ; LH basse ou N avec TT basse et prolactine élevée → hypogonadisme central (IRM hypothalamo-hypophysaire obligatoire pour éliminer adénome/craniopharyngiome).
#025
Déficit en testostérone lié à l'âge (DT) (2/2)

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- Contre-indications ABSOLUES au traitement substitutif par testostérone : cancer de prostate ACTUEL ou cancer du sein chez l'homme, désir de paternité (suppression de la spermatogenèse par rétrocontrôle), SAOS sévère non appareillé, hématocrite > 54 %, insuffisance cardiaque sévère non contrôlée.
- Bilan pré-thérapeutique : TR + PSA (éliminer un cancer de prostate), NFS (hématocrite de base), bilan hépatique, examen mammaire et testiculaire. Surveillance : TT, PSA, NFS à 3, 6, 12 mois puis annuelle. Ciblé thérapeutique : TT entre 14-17 nmol/L.
- Galéniques disponibles : gel cutané quotidien (Androgel, Fortigel — concentrations stables, moins de polyglobulie, risque de transfert cutané), IM longue durée toutes les 10-14 semaines (Nebido, non remboursé) ou IM toutes les 2-4 semaines (Androtardyl, remboursé mais pics/nadirs marqués).
- Délai d'efficacité : libido améliorée dès 3 semaines, fonction érectile ≈ 6 mois, composition corporelle ≈ 6-12 mois — informer le patient pour éviter une interruption prématurée du traitement.
Piège ECNi : un cancer de prostate ACTUEL est une CI absolue à la testostérone, mais un ANTÉCÉDENT de cancer de prostate traité et en rémission (PSA indétectable > 1 an après PR) n'est plus une CI formelle dans les recommandations récentes (EAU 2024) — à discuter au cas par cas avec l'oncologue.
#026
Chirurgie reconstructrice des OGE, phimosis et iatrogénie médicamenteuse (1/2)

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- Phimosis : physiologique chez l'enfant (rétractable chez 50 % à 3 ans). Traitement de 1re intention = corticoïdes topiques (bétaméthasone 0,05 %, application quotidienne 20 jours, 2 cures si nécessaire, > 90 % d'efficacité). Posthectomie réservée à l'échec du traitement médical ou aux complications (paraphimosis, balanites récidivantes).
- Posthectomie : utiliser une bipolaire (jamais de monopolaire sur un organe terminal), résection cutanée ni excessive (palmure scrotale) ni insuffisante (phimosis résiduel). Complications rares mais graves : lésion du gland, fistule urétro-cutanée, gangrène infectieuse.
- Pertes de substance cutanée pénienne (brûlures, gangrène de Fournier, complications de circoncision) : greffé de peau mince/totale (peu élastique) ou lambeau scrotal pédiculé (artère scrotale antérieure, plus fonctionnel mais pileux, nécessitant parfois une épilation secondaire).
- Chirurgie génitale d'affirmation de genre : féminisante = vulvo-clitoro-vaginoplastie en peau pénienne inversée (greffé scrotale ou prélèvement intestinal pour la cavité vaginale, dilatations régulières post-opératoires) ; masculinisante = métaoidioplastie (micropénis fonctionnel) ou phalloplastie par lambeau libre/pédiculé avec reconstruction urétrale ± implant pénien à distance.
#027
Chirurgie reconstructrice des OGE, phimosis et iatrogénie médicamenteuse (2/2)

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- Iatrogénie sexuelle — classés à connaître : IEC/sartans/inhibiteurs calciques = PAS d'effet sexuel délétère démontré ; alpha-bloquants → troubles éjaculatoires (anéjaculation surtout avec tamsulosine/silodosine, jusqu'à 28 %) SANS DE ; inhibiteurs de la 5-alpha-réductase → DE (5-15 %) + baisse de libido + troubles éjaculatoires ; ISRS → > 50 % d'effets sexuels (retard éjaculatoire, DE, anorgasmie) ; bêta-bloquants et diurétiques thiazidiques → DE (5-15 %) ; analogues de la GnRH → DE et baisse de libido quasi systématiques (castration chimique).
- Questionnaires de référence (CFEU 2024) : IIEF-5/SHIM (DE, score 5-25 ; sévère < 7, légère 17-21), EHS (rigidité, 0-4 ; grade 3-4 = rapport possible), PEP/PEDT (EP), FSFI (dysfonctions sexuelles féminines, seuil pathologique < 26,5/36).
Piège ECNi : devant une plainte sexuelle sous traitement médicamenteux, toujours évoquer une cause iatrogène AVANT de conclure à une cause organique ou psychogène. Retenir : IEC/sartans/inhibiteurs calciques ne sont PAS en cause, contrairement aux bêta-bloquants, thiazidiques, ISRS et antiandrogènes.