Principes de l'oncogénétique : hérédité monogénique vs polygénique (1/2)

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- Oncogénétique = prédispositions héréditaires au cancer. 5-10 % des cancers urologiques ont une prédisposition génétique identifiable.
- Hérédité monogénique : mutation d'un gène à forte pénétrance, AD. Exemples : VHL, Lynch/MMR, BRCA1/2, HOXB13, FH, FLCN, TSC1/TSC2.
- Modèle « two-hit » de Knudson : 1er hit germinal + 2e hit somatique → âge précoce et tumeurs bilatérales/multifocales.
- Hérédité polygénique : variants fréquents (SNPs) à faible effet individuel. Scores de risque polygénique (PRS) en validation.
Principes de l'oncogénétique : hérédité monogénique vs polygénique (2/2)

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- Critères évocateurs : âge < 50 ans, tumeurs bilatérales/multifocales, histologie particulière, ATCD familiaux, association de tumeurs rares.
- Impact d'une mutation germinale : dépistage des apparentés, surveillance adaptée, thérapeutiques ciblées (PARPi, immunothérapie MSI-H).
Syndrome de von Hippel-Lindau (VHL) : cancer du rein à cellules claires (1/2)

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- VHL = AD, mutation VHL (3p25-26), pénétrance quasi complète. Incidence : 1/36 000.
- Spectre : hémangioblastomes SNC/rétiniens, ccRCC (40-70 %), phéochromocytomes/paragangliomes, tumeurs neuroendocrines pancréatiques, tumeurs du sac endolymphatique.
- Règle des 3 cm (Walther) : chirurgie conservatrice quand la plus grande tumeur atteint 3 cm. Jamais de néphrectomie totale si possible.
- Surveillance rénale : IRM abdominale annuelle dès 15 ans chez les porteurs VHL.
Syndrome de von Hippel-Lindau (VHL) : cancer du rein à cellules claires (2/2)

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- Physiopathologie : perte VHL → accumulation HIF-α → VEGF, PDGF, TGF-α → angiogenèse. Anti-angiogéniques (sunitinib, pazopanib) et belzutifan (HIF-2α) efficaces.
- Belzutifan = premier traitement ciblé approuvé spécifiquement pour les tumeurs VHL (AMM 2023).
Syndrome de Lynch (HNPCC) : risque urothélial majeur (×14 si MSH2) (1/2)

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- Lynch = AD, mutations MMR (MLH1, MSH2, MSH6, PMS2 + EPCAM). Incidence : 1/300-1/500.
- Spectre : CCR (40-80 %), endomètre (40-60 %), VES/vessie (2-28 %, surtout MSH2), ovaire, estomac, grêle, voies biliaires.
- TVES Lynch : MSH2 = risque ×14 ; MLH1 = ×4-7. Fréquemment MSI-H et perte d'expression MMR en IHC.
- Critères d'Amsterdam II, Bethesda révisés. Mais dépistage universel IHC MMR + MSI recommandé pour toute TVES.
Syndrome de Lynch (HNPCC) : risque urothélial majeur (×14 si MSH2) (2/2)

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- Réflexe devant toute TVES (surtout < 60 ans) : ATCD familiaux, IHC des 4 protéines MMR, MSI. Si anomalie → oncogénétique.
- Tumeurs MSI-H/dMMR → pembrolizumab (agnostique d'organe). Taux de réponse > 40 %, réponses durables.
- Surveillance urologique Lynch : échographie rénale + cytologie urinaire annuelle dès 30-35 ans (PREDIR).
Mutations BRCA1/BRCA2 : cancer de prostate agressif (1/2)

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- BRCA1/2 : gènes de réparation des cassures double-brin par recombinaison homologue (HR). AD.
- BRCA2 et CaP : RR 2-5, risque cumulé ~20-25 % à 80 ans. Formes plus agressives : haut grade, métastases, résistance rapide à la castration.
- BRCA1 : association moins forte (RR ~1,5-2). Risque accru de formes agressives probable.
- Dépistage : PSA annuel dès 40 ans (NCCN, PREDIR). IRM prostatique si PSA élevé ou ascension.
Mutations BRCA1/BRCA2 : cancer de prostate agressif (2/2)

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- PARPi (olaparib, rucaparib, niraparib, talazoparib) : létalité synthétique chez les tumeurs BRCA-mutées → apoptose.
- Olaparib approuvé dans le mCRPC avec mutations BRCA1/2 (PROfound, PROpel).
- Spectre BRCA2 : sein (H/F), ovaire, prostate, pancréas, mélanome. Implications pour toute la famille.
Mutation HOXB13 : cancer de prostate héréditaire (1/2)

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- HOXB13 (17q21) : facteur de transcription spécifique du développement prostatique. Mutation fondatrice G84E (2012).
- G84E : AD, prévalence 1-3 % (population nord-européenne). Rare chez Africains et Asiatiques.
- RR 3-5. Âge moyen plus précoce (55-60 ans). Forte agrégation familiale.
- Phénotype : hormono-sensible, profil moléculaire distinct (surexpression RA, faible TP53). Grade souvent modéré (ISUP 2-3).
Mutation HOXB13 : cancer de prostate héréditaire (2/2)

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- Combinaison HOXB13 G84E + PRS élevé → risque cumulé très augmenté (> 50 % à 80 ans).
- Dépistage : PSA annuel dès 40 ans, IRM si PSA ≥ 2 ng/mL. Consultation d'oncogénétique si agrégation familiale.
Gènes de réparation de l'ADN (ATM, PALB2, CHEK2) et cancer de prostate (1/2)

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- Gènes HRR : BRCA1/2, ATM, PALB2, CHEK2, RAD51C/D, FANCA, NBN, CDK12. Mutations dans ~20-25 % des mCRPC.
- ATM (11q22) : signalisation des dommages ADN. Mutations germinales → RR ~2, formes agressives. Aussi : sein, pancréas, côlon.
- PALB2 (16p12) : partenaire de BRCA2 en HR. Risque augmenté sein, pancréas, prostate. Classé NCCN 2024.
- CHEK2 (22q12) : kinase effectrice d'ATM. Mutation fondatrice 1100delC (Europe du Nord) → RR ~1,5-2. Risque modéré mais fréquent.
Gènes de réparation de l'ADN (ATM, PALB2, CHEK2) et cancer de prostate (2/2)

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- PARPi (olaparib, niraparib) approuvés dans mCRPC HRR-muté. Léthalité synthétique.
- Test génomique somatique (NGS tumoral) ET germinal (sang) recommandé pour tout CaP métastatique. ~25 % de patients éligibles à un traitement ciblé.
- Cascade testing : si mutation germinale → dépistage proposé aux apparentés 1er degré (risque 50 %).
Sclérose tubéreuse de Bourneville : angiomyolipomes rénaux (1/2)

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- STB = AD, mutations TSC1 (9q34, hamartine) ou TSC2 (16p13, tubérine). Incidence 1/6 000, pénétrance quasi complète.
- TSC1/TSC2 régulent négativement mTOR. Inactivation → mTORC1 constitutif → hamartomes multiples.
- Atteinte rénale (~80 %) : AML multiples bilatéraux (80 %), kystes (50 %), rarement carcinome rénal (~3 %).
- AML > 4 cm ou composante anévrismale → rupture hémorragique (Wunderlich) = première cause de mortalité rénale STB.
Sclérose tubéreuse de Bourneville : angiomyolipomes rénaux (2/2)

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- Traitement AML : surveillance si < 4 cm ; evérolimus (mTOR-inhibiteur) = référence si > 4 cm (-40-50 % volume). Embolisation en urgence si hémorragie. Chirurgie conservatrice en dernier recours.
- Autres atteintes : tubers corticaux, SEGA, angiofibromes faciaux, LAM pulmonaire, rhabdomyome cardiaque.
- Surveillance rénale : IRM abdominale tous les 1-3 ans dès le diagnostic, à vie.
Syndrome de Birt-Hogg-Dubé : tumeurs rénales chromophobes et oncocytomes (1/2)

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- BHD = AD, mutation FLCN (17p11, folliculine). Rare mais sous-diagnostiqué.
- Triade : fibrofolliculomes cutanés (papules visage/cou), kystes pulmonaires (pneumothorax récidivant), tumeurs rénales bilatérales/multifocales.
- Tumeurs rénales (~30 %) : hybrides oncocytaires/chromophobes (50 %), chromophobes (30 %), oncocytomes (15 %), ccRCC (5 %). Dès 40-50 ans.
- Pneumothorax spontané récidivant + tumeur rénale chromophobe → évoquer BHD.
Syndrome de Birt-Hogg-Dubé : tumeurs rénales chromophobes et oncocytomes (2/2)

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- Diagnostic : examen cutané (fibrofolliculomes), scanner thoracique (kystes basaux), IRM rénale, test génétique FLCN.
- PEC rénale : chirurgie conservatrice (seuil 3 cm comme VHL). IRM rénale annuelle. Pas de traitement systémique validé.
Mutations SDH et BAP1 : carcinomes rénaux spécifiques (1/2)

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- SDH (SDHA/B/C/D/AF2) : complexé II mitochondrial. AD, pénétrance variable (SDHB = la plus élevée).
- Spectre SDH : paragangliomes, phéochromocytomes, GIST SDH-déficient, carcinome rénal SDH-déficient (OMS 2022), adénome hypophysaire.
- Carcinome rénal SDH-déficient : rare, adulte jeune (<40 ans), souvent bilatéral/multifocal. IHC : perte SDHB.
- BAP1 (3p21) : syndrome BAP1 = mélanomes uvéaux, mésothéliomes, ccRCC, mélanomes cutanés. AD.
Mutations SDH et BAP1 : carcinomes rénaux spécifiques (2/2)

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- ccRCC BAP1-muté : haut grade, pronostic plus sombre. Perte BAP1 en IHC = facteur pronostique péjoratif indépendant.
- Diagnostic : IHC SDHB ou BAP1 sur pièce tumorale → si anomalie → oncogénétique pour test germinal.
- Surveillance porteurs SDH : IRM + métanéphrines annuels dès 10-15 ans. BAP1 : ophtalmologie, scanner TAP, examen cutané.
Critères d'adressage en consultation d'oncogénétique urologique (1/2)

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- Cancer du rein : < 50 ans, bilatéral/multifocal, sous-type spécifique (chromophobe bilatéral, hybride, SDH-déficient), ATCD familiaux, association tumeurs du spectre.
- Cancer de prostate : métastatique (tout âge), mCRPC, haut risque (ISUP ≥4/T3-T4) < 60 ans, Gleason ≥8 < 55 ans, ATCD familiaux sein/ovaire/prostate/pancréas, origine juive ashkénaze.
- TVES : toute TVES (IHC/MSI systématique), a fortiori si < 60 ans, multifocale, ou ATCD familiaux spectre Lynch.
- Critères familiaux : ≥2 cas même spectre chez apparentés 1er/2e degré ; agrégation cohérente (sein + prostate + pancréas = BRCA2).
Critères d'adressage en consultation d'oncogénétique urologique (2/2)

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- Test prescrit par oncogénéticien ou centre agréé INCa. Consentement éclairé obligatoire.
- Consultation d'oncogénétique : arbre généalogique 3 générations, évaluation du risque, information, test, restitution, suivi adapté.
Dépistage des apparentés : modalités pratiques (1/2)

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- Cascade testing : proposé aux apparentés 1er degré. Taux d'acceptation 50-70 %.
- Cadre légal France : le patient a l'obligation d'informer ses apparentés. Test prédictif chez un mineur uniquement si bénéfice médical direct (ex : VHL dès 15 ans).
- VHL : IRM cérébrale + médullaire + abdominale, fond d'oeil, catécholamines annuels dès 5-15 ans. À vie.
- Lynch urologique : échographie rénale + cytologie urinaire annuelle dès 30-35 ans. Coloscopie /1-2 ans dès 20-25 ans.
Dépistage des apparentés : modalités pratiques (2/2)

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- BRCA2 prostate : PSA + TR annuel dès 40 ans. IRM prostatique si PSA suspect. Surveillance mammaire (risque sein masculin).
- STB : IRM abdominale /1-3 ans dès le diagnostic, à vie.
- BHD : IRM rénale annuelle. Scanner thoracique initial. Éviter plongée/altitude (pneumothorax).
- Soutien psychologique systématiquement proposé avant et après le test.
Impact thérapeutique : PARPi, immunothérapie MSI-H et thérapies ciblées (1/2)

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- PARPi : léthalité synthétique dans les tumeurs déficientes en HR. Indications : mCRPC BRCA1/2 (PROfound, PROpel, TALAPRO-2).
- Combinaisons PARPi + hormonothérapie : olaparib+abiratérone, niraparib+abiratérone, talazoparib+enzalutamide. Bénéfice surtout chez HRR-mutés.
- Pembrolizumab anti-PD-1 : approuvé agnostique d'organe pour MSI-H/dMMR (dont TVES, vessie, prostate Lynch). Taux de réponse 30-50 %.
- Belzutifan (HIF-2α) : approuvé pour tumeurs VHL (ccRCC, hémangioblastomes, NET pancréatiques).
Impact thérapeutique : PARPi, immunothérapie MSI-H et thérapies ciblées (2/2)

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- Évérolimus (mTOR) : référence pour AML de la STB. Aussi 2e-3e ligne ccRCC métastatique.
- Erdafitinib (FGFR) : carcinome urothélial avancé avec altérations FGFR2/3. Médecine de précision.
- Perspectives : thérapies cellulaires, vaccins néoantigéniques, ADC ciblés.
Conseil génétique et aspects éthiques/psychologiques (1/2)

Ruth Lawson — Wikimedia Commons (CC BY)
- Conseil génétique = processus de communication, pas simple prescription de test.
- Consentement éclairé obligatoire : implications pour le patient ET sa famille.
- Droit de ne pas savoir : tout individu peut refuser un test génétique.
- Impact psychologique : anxiété, culpabilité, modifications du projet parental. Accompagnement psychologique proposé systématiquement.
Conseil génétique et aspects éthiques/psychologiques (2/2)

Ruth Lawson — Wikimedia Commons (CC BY)
- Discrimination génétique : interdite en France (emploi, assurances). Convention d'Oviedo.
- Secret médical vs intérêt familial : procédure d'information familiale encadrée (loi bioéthique 2021).
- DPN/DPI : possible pour syndromes sévères (VHL, STB), exceptionnel pour prédispositions au cancer en France.
Registres et réseaux nationaux : PREDIR, INCa et filières de soins (1/2)

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- PREDIR (Gustave Roussy) : diagnostic, surveillance et recherché sur les formes héréditaires de cancer du rein (VHL, BHD, HLRCC, STB, SDH, BAP1).
- INCa : 147 sites de consultation, 25 laboratoires agréés, base de données nationale « Oncogénétique ».
- GENTURIS : réseau européen de référence (ERN) pour les prédispositions génétiques au cancer.
- 28 plateformes de génétique moléculaire (NGS) — accès gratuit pour le patient (financement INCa/ARS).
Registres et réseaux nationaux : PREDIR, INCa et filières de soins (2/2)

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- RCP oncogénétique : validation collégiale des indications de test, résultats, stratégies de surveillance.
- Essais cliniques (PARPi, immunothérapie, belzutifan) facilités par les réseaux nationaux. ClinicalTrials.gov / RECF.
- Formation : DIU d'oncogénétique = diplôme de référence. Formations continues INCa/PREDIR/GENTURIS.