#001
Rappel anatomique : testicule, épididyme et bourses (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Testicule : organe pair intra-scrotal, albuginée, lobules (tubes seminiferes = spermatogenèse), tissu interstitiel (cellules de Leydig = testostérone ; cellules de Sertoli = soutien).
- Épididyme : tête, corps, queue — lieu de maturation/stockage des spermatozoïdes, se prolongé par le canal deferent.
- Cordon spermatique : canal deferent, artère spermatique (branche aortique), veines (plexus pampiniforme), lymphatiques → ganglions retroperitoneaux.
- Drainage lymphatique testiculaire : direct vers les ganglions lombo-aortiques et inter-aortico-caves (PAS inguinaux), sauf effraction scrotale.
#002
Rappel anatomique : testicule, épididyme et bourses (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Conséquence : toute masse scrotale suspecté = abord inguinal (jamais scrotal) avec ligature première du cordon.
Un abord scrotal pour exérèse d'une masse testiculaire suspecté est une faute — il modifié le drainage lymphatique.
#003
Tumeurs germinales testiculaires : épidémiologie et facteurs de risque (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- ~2800 cas/an en France, pic 3e decade. Mortalité faible grâce a la chimiosensibilite.
- 95 % tumeurs germinales (TG) : séminomes purs (TGS ~55-60 %) et non séminomateuses (TGNS ~40-45 % : carcinome embryonnaire, choriocarcinome, tumeur du sac vitellin, tératome, mixtes).
- Non germinales (5 %) : Leydig (90 % bénignes), Sertoli, lymphomes (1er diagnostic si >60 ans), métastases.
- FdR : cryptorchidie (RR ×5-10), TG controlatérale, ATCD familiaux 1er degré, infertilité/dysgénésie gonadique, microlithiases + autres FdR.
#004
Tumeurs germinales testiculaires : épidémiologie et facteurs de risque (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- NGIS (néoplasie germinale in situ) : précurseur commun des TG post-pubères. 5-9 % dans le testicule controlatéral ; biopsie si testicule atrophique (<12 mL).
Le séminome spermatocytaire (sujet age >50 ans) n'a PAS de précurseur NGIS — ne pas confondre avec le séminome classique.
#005
Mode de découverte et examen clinique initial


Wikimedia Commons (CC)
- Circonstance la plus fréquente : autopalpation d'une masse scrotale indolore, dure, non transilluminable, faisant corps avec le testicule.
- Dans 5-10 % des cas, signes d'une maladie métastatique : masse abdominale, gynécomastie (hCG), adénopathie de Troisier, dyspnée, céphalées (choriocarcinome).
- Examen clinique bilatéral et comparatif : palpation testicules, cordon, palpation abdominale, aires sus-claviculaires, gynécomastie, hépatomégalie.
- Autopalpation mensuelle recommandée chez les patients a risque (cryptorchidie, TG controlatérale, NGIS).
#006
Bilan diagnostiqué : marqueurs tumoraux et imagerie (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- 3 marqueurs AVANT orchidectomie : aFP, hCG totale, LDH — indispensables au diagnostic, stadification (classification S) et suivi.
- Profils : aFP élevée = TGNS (JAMAIS séminome pur) ; hCG élevée = choriocarcinome, mixte, ou 15-20 % des séminomes ; LDH = masse tumorale.
- Cinétique de décroissance post-orchidectomie (demi-vies : aFP ~5-7j, hCG ~24-36h) — décroissance lente = maladie résiduelle.
- Échographie scrotale bilatérale + Doppler = référence. IRM scrotale en 2e intention si équivoque.
#007
Bilan diagnostiqué : marqueurs tumoraux et imagerie (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Microlithiases : isolées = pas de biopsie ; avec autres FdR = surveillance ± biopsie.
- Cryoconservation de sperme SYSTÉMATIQUE avant orchidectomie (CECOS). 50 % ont déjà un spermogramme altéré. Obligation médico-légale.
Ne jamais omettre la cryoconservation avant orchidectomie — obligation légale (CFEU 2024).
#008
Orchidectomie élargie et analyse histologique (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Orchidectomie élargie par voie inguinale = référence. Ligature première du cordon, fil non résorbable (repère pour curage). Prothèse testiculaire proposée.
- Bilan d'extension : scanner TAP. Seuil de positivité ganglionnaire : 10 mm petit axe. Premiers relais : péri-aortiques et inter-aortico-caves.
- IRM cérébrale et scintigraphie osseuse : NON systématiques — uniquement si point d'appel, choriocarcinome, TGNS médiastinale ou mauvais pronostic.
- TEP-FDG : séminome uniquement, masses résiduelles >3 cm post-chimio (>6 sem). PAS d'indication dans les TGNS (faux négatifs avec tératome).
#009
Orchidectomie élargie et analyse histologique (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Orchidectomie partielle : exceptionnelle (TG bilatérale, testicule unique, tumeur <2 cm, <30 % du volume).
'Burned-out tumor' : régression spontanée du primitif révélée par une métastase — pronostic défavorable.
#010
Classification TNM, stadification et pronostic IGCCCG (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- TNM 2016 (8e ed.) : pT1 (limité au testicule sans invasion lymphovasculaire), pT2 (invasion lymphovasculaire/albuginée/épididyme), pT3 (cordon), pT4 (scrotum).
- Classification S (marqueurs post-orchidectomie) : S0-S3 selon aFP, hCG, LDH.
- Stade I = testicule seul, marqueurs normalises, scanner normal. Stade II = ADP rétropéritonéales. Stade III = métastases viscérales ou supra-diaphragmatiques.
- IGCCCG (formes métastatiques) : bon pronostic (survie 5 ans >90 % TGS, ~92 % TGNS), intermédiaire (~80 %), mauvais (~50 %, pas pour les séminomes).
#011
Classification TNM, stadification et pronostic IGCCCG (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- FdR récidive stade I : TGS = taille >4 cm et/ou rete testis ; TGNS = envahissement lymphovasculaire, carcinome embryonnaire >50 %.
#012
Stratégie thérapeutique : stade I (localisé) (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- TGS stade I sans FdR : surveillance activé = référence (guérison >99 %). Récidive 15-20 %, quasi toujours rattrapee.
- TGS stade I avec FdR : 1 cycle carboplatine AUC7 OU surveillance renforcée. Radiothérapie adjuvante n'est plus le standard.
- TGNS stade I sans envahissement lymphovasculaire (pT1) : surveillance privilégiée (~15-20 % récidive).
- TGNS stade I avec envahissement lymphovasculaire (pT2+) : 1 cycle BEP adjuvant (récidive ~3 %) OU surveillance si patient accepté le risque (~50 %).
#013
Stratégie thérapeutique : stade I (localisé) (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Le curage rétropéritonéal de stadification n'est plus recommandé en routine au stade I (réservé : tératome pur, marqueurs non normalises).
La radiothérapie adjuvante para-aortique pour séminomes stade I n'est plus le standard (risque de seconds cancers radio-induits).
#014
Stratégie thérapeutique : formes métastatiques (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Protocole BEP (bleomycine J1-J8-J15, etoposide J1-J5, cisplatine J1-J5) — cycles de 21 jours.
- Bon pronostic = 3 BEP (ou 4 EP si CI bleomycine) ; intermédiaire/mauvais = 4 BEP.
- Cisplatine JAMAIS remplacé par carboplatine dans les formes métastatiques.
- Séminome IIA/IIB : radiothérapie en crosse de hockey OU BEP ×3.
#015
Stratégie thérapeutique : formes métastatiques (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Tératome post-pubère : chimioresistant — traitement chirurgical. Growing teratoma syndrome possible.
- Réévaluation scanner TAP + marqueurs après chimio pour guider la PEC des masses résiduelles.
Un tératome pur ne répond pas a la chimio — traitement chirurgical. Pas de chimio inefficace devant une masse en croissance avec marqueurs normaux.
#016
Masses résiduelles et curages post-chimiothérapie (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- TGNS — masse >1 cm, marqueurs normalises : curage rétropéritonéal systématique. Histologie attendue : nécrose/fibrose (40-50 %), tératome (35-40 %), tumeur viable (10-15 %).
- TGNS — masse <1 cm, marqueurs normalises : surveillance possible.
- Séminome — masse >3 cm : TEP-FDG (>6 sem post-chimio). TEP+ → chirurgie ou chimio rattrapage. TEP- → surveillance.
- Séminomes — masse <3 cm : surveillance (forte probabilité de nécrose/fibrose).
#017
Masses résiduelles et curages post-chimiothérapie (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Curage rétropéritonéal : complication principale = éjaculation rétrograde. Curage nerve-sparing possible si critères réunis.
- Masses extra-rétropéritonéales : PEC séquentielle — histologie peut différer entre les sites.
#018
Surveillance, récidives et séquelles a long terme (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Surveillance prolongée (minimum 5 ans, jusqu'à 10 ans pour TGNS a haut risque) : clinique + marqueurs + scanner TAP.
- Testicule restant a vie : autopalpation mensuelle, échographie périodique (risque métachrone 2-5 % a 25 ans).
- Récidive précoce/réfractaire : chimio de rattrapage TIP, voire intensive avec autogreffe.
- Récidive tardive (>2 ans) : rare mais pronostic très péjoratif — chirurgie si marqueurs négatifs (tératome), chimio si marqueurs positifs.
#019
Surveillance, récidives et séquelles a long terme (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Séquelles long terme : infertilité, toxicité CV (coronaropathie précoce), neuropathie périphérique (cisplatine), toxicité pulmonaire (bleomycine), syndrome métabolique, seconds cancers.
- Observance de la surveillance = enjeu majeur chez ces patients jeunes.
#020
Tumeurs du pénis : épidémiologie, FdR et HPV (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Cancer rare (<1 % en Europe), 95 % carcinomes epidermoides. Pic 7e decade. Incidence en augmentation.
- FdR : phimosis (RR ×3-5), défaut d'hygiène, balanoposthites, lichen scléreux, PUVAtherapie, HPV 16/18, absence de circoncision.
- 30-50 % liés a l'HPV (16/18 oncogènes). Tumeurs HPV+ (p16+) = meilleur pronostic.
- Recherché HPV/p16 systématique sur la pièce (CFEU 2024). Si positif : examen ORL + examen du/de la partenaire.
#021
Tumeurs du pénis : épidémiologie, FdR et HPV (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Vaccination HPV nonavalente recommandée pour tous les garçons 11-14 ans (rattrapage 26 ans).
- Lésions précancéreuses : PeIN differenciees (HPV-independantes, lichen) et indifferenciees (HPV-induites).
#022
Tumeur du pénis : examen clinique et bilan (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Découverte : autodiagnostic de lésion balano-preputiale indolore, bourgeonnante ou ulceree. Parfois phimosis acquis → posthectomie diagnostiqué.
- Palpation : extension aux corps caverneux/spongieux/urètre — déterminant pour conservation vs amputation.
- Palpation bilatérale des aires inguinales (décubitus, hanches fléchies). Fixite = critère d'irresecabilite.
- IRM pénienne = référence pour extension locale si conservation envisagée. Échographie en alternative.
#023
Tumeur du pénis : examen clinique et bilan (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Diagnostic histologique avant tout traitement : biopsie (p16/HPV) ou biopsie-exérèse. Posthectomie associée systématique.
#024
Tumeur du pénis : évaluation et prise en charge ganglionnaire (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Statut ganglionnaire inguinal = facteur pronostique MAJEUR (survie 5 ans : 87-100 % pN0 vs 29-40 % pN+).
- cN0 risque intermédiaire (pT1G2) ou haut (≥pT1G3/≥pT2) : exploration ganglionnaire systématique. Faible risque (≤pT1G1) : surveillance possible.
- Ganglion sentinelle (99mTc ± ICG) = référence pour stadification cN0 a risque.
- Curage inguinal modifié (zones Daseler) : alternative plus exhaustive.
#025
Tumeur du pénis : évaluation et prise en charge ganglionnaire (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- cN+ : cytoponction échoguidée → positive = curage radical + exploration controlatérale.
- Scanner TAP et/ou TEP-FDG si ADP confirmées ou stade avancé.
- TNM 8e ed. : faible risque (≤pT1G1), intermédiaire (pT1G2), haut risque (pT1G3, ≥pT2). FdR pejoratifs : envahissement lymphovasculaire, engainement périnerveux, sarcomatoïde.
Pas de saut ganglionnaire : atteinte pelvienne implique atteinte inguinale préalable.
#026
Traitement du primitif et PEC ganglionnaire (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Conservation = référence : glanulectomie partielle/totale, exérèse large, laser, curetage (PeIN superficiel). Posthectomie systématique.
- Amputation partielle si corps caverneux envahis (longueur résiduelle ≥3 cm). Totale + uretrostomie périnéale en dernier recours.
- Curage inguinal radical (5 cadrans Daseler) si métastase confirmée. Curage pelvien si >1 ganglion ou rupture capsulaire.
- Chimio néoadjuvante (TIP/TPF) si ADP fixees/volumineuses (cN3) — objectif de downstaging.
#027
Traitement du primitif et PEC ganglionnaire (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Chimio adjuvante si pN2-pN3. Radiothérapie : option pour petites tumeurs du gland (<4 cm, curiethérapie) ou palliatif.
- Immunothérapie (anti-PD-1) en évaluation, résultats encourageants si HPV+/p16+.
Le statut ganglionnaire est LE facteur pronostique majeur — un retard change radicalement le pronostic.
#028
Pronostic, surveillance et qualité de vie (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Survie 5 ans : 87-100 % pN0, 65 % a 3 ans si pN+, 29-40 % a 5 ans si pN+, 0 % si M+.
- Surveillance : clinique + aires inguinales /3 mois pendant 2 ans, /6 mois jusqu'à 5 ans, puis annuellement.
- Récidive locale (15-30 %) : reprise conservatrice privilégiée. Pronostic non altéré si rattrapage rapide.
- Récidive ganglionnaire : curage ou chimio/radiothérapie de rattrapage — pronostic péjoratif.
#029
Pronostic, surveillance et qualité de vie (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Qualité de vie : retentissement psychologique majeur, dysfonction érectile, troubles mictionnels, lymphoedeme post-curage — PEC multidisciplinaire indispensable.
- Information sur réhabilitation sexuelle (IIC, prothèse pénienne) et accompagnement psychologique des le diagnostic.
La circoncision néonatale réduit de 3 a 5 fois le risque de cancer du pénis — donnée de prévention primaire a connaître.