#001
Principes de la TEP : traceur, détection et fusion TDM/IRM (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- TEP (PET en anglais) = imagerie fonctionnelle utilisant des traceurs radiomarqués émetteurs de positons. Le positon émis s'annihile avec un électron, produisant 2 photons gamma de 511 keV détectés en coïncidence par la couronne de détecteurs.
- Fusion TEP-TDM (PET-CT) : acquisition combinée TEP + scanner dans la même machine. Le scanner fournit la carte anatomique et les coefficients d'atténuation pour la correction quantitative. Le SUV (Standardized Uptake Value) quantifie l'intensité de fixation du traceur.
- Fusion TEP-IRM (PET-MRI) : technologie plus récente combinant la résolution en contraste tissulaire de l'IRM à l'information métabolique de la TEP. Particulièrement intéressante pour la prostate (IRM multiparamétrique + TEP-PSMA) et la réduction de l'irradiation.
- Principe du traceur : une molécule biologiquement activé (glucosé, ligand de récepteur) est couplée à un isotope émetteur de positons (18F t½=110 min, 68Ga t½=68 min, 11C t½=20 min). Le traceur se distribue selon la physiopathologie ciblé (métabolisme glucidique, expression PSMA, récepteurs somatostatine...).
#002
Principes de la TEP : traceur, détection et fusion TDM/IRM (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Préparation du patient : jeûne 6h pour le 18F-FDG (éviter la compétition avec le glucosé endogène, glycémie < 2 g/L), bonne hydratation pour favoriser la diurèse et réduire la fixation urinaire. Pour la TEP-PSMA : pas de jeûne requis mais hydratation abondante.
- Acquisition : injection IV du traceur → temps d'attente (60 min pour le FDG, 60-120 min pour le PSMA) → acquisition corps entier TEP-TDM ou TEP-IRM en décubitus dorsal, durée 15-30 min.
Le SUVmax est un outil de quantification, pas un diagnostic. Un SUV élevé n'est pas synonyme de malignité (inflammation, infection granulomateuse) et un SUV normal n'exclut pas une lésion tumorale (tumeurs de bas grade, petites lésions sous la résolution spatiale de 4-5 mm).
#003
TEP-PSMA (68Ga-PSMA-11, 18F-PSMA-1007) : principes et traceurs (1/2)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- PSMA (Prostate-Specific Membrane Antigen) = glutamate carboxypeptidase II (GCPII/FOLH1). Glycoprotéine transmembranaire de type II, activité enzymatique folate hydrolase. Surexprimée dans >90 % des cancers de prostate, corrélation positive avec le score de Gleason et le stade tumoral.
- 68Ga-PSMA-11 (Ga-68 PSMA-HBED-CC) : premier traceur PSMA largement utilisé. Production par générateur 68Ge/68Ga (disponibilité en centre de médecine nucléaire sans cyclotron). Demi-vie 68 min. Excellente sensibilité mais excrétion urinaire significative pouvant gêner l'analyse pelvienne.
- 18F-PSMA-1007 : traceur fluoré de 2e génération. Demi-vie 110 min (production par cyclotron, distribution centralisée possible). Avantage principal : excrétion principalement hépatobiliaire (peu d'excrétion urinaire) → meilleure visualisation de la loge prostatique et du pelvis.
- 18F-DCFPyL (Pylarify) : autre traceur PSMA fluoré, approuvé par la FDA (2021). Excrétion mixte urinaire et hépatobiliaire. Très bonne sensibilité et spécificité, largement disponible aux États-Unis.
#004
TEP-PSMA (68Ga-PSMA-11, 18F-PSMA-1007) : principes et traceurs (2/2)

Cancer Research UK / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Expression non prostatique du PSMA : ganglions coeliaques/stellaires (physiologique), glandes salivaires, glandes lacrymales, intestin grêle, reins, rate. Expression dans certains néovaisseaux tumoraux non prostatiques (cancer du rein, sein, côlon) = source potentielle de faux positifs.
- Contre-indications relatives : tumeurs prostatiques neuroendocrines ou à petites cellules (faible expression PSMA), tumeurs très indifférenciées, patients sous traitement anti-androgénique récent (peut moduler l'expression PSMA : « flare » initial puis diminution).
Attention au piège du « PSMA flare » : dans les premières semaines d'un traitement anti-androgénique, l'expression du PSMA peut transitoirement augmenter, majorant les fixations TEP. À l'inversé, après traitement prolongé, une dédifférenciation neuroendocrine peut rendre la tumeur PSMA-négative.
#005
TEP-PSMA dans le cancer de prostate : stadification initiale (proPSMA) (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Essai proPSMA (Hofman et al., Lancet 2020) : étude randomisée multicentrique (n=302). TEP 68Ga-PSMA-11 vs imagerie conventionnelle (scanner + scintigraphie osseuse) pour la stadification des cancers de prostate à haut risque avant traitement à visée curative.
- Résultats proPSMA : sensibilité 85 % (TEP-PSMA) vs 38 % (conventionnel), spécificité 98 % vs 91 %. Exactitude diagnostiqué 92 % vs 65 %. La TEP-PSMA a une précision diagnostiqué 27 % supérieure pour la détection des métastases à distance.
- Impact clinique : changement de stratégie thérapeutique dans 28 % des cas avec la TEP-PSMA (contre 15 % avec l'imagerie conventionnelle). Détection de lésions oligométastatiques permettant un traitement ciblé (SBRT, chirurgie).
- Recommandations EAU 2024 : TEP-PSMA recommandée pour la stadification des cancers de prostate à risque intermédiaire défavorable et à haut risque, en remplacement ou en complément de l'imagerie conventionnelle.
#006
TEP-PSMA dans le cancer de prostate : stadification initiale (proPSMA) (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Limités de la TEP-PSMA en stadification : faux négatifs possibles pour les micro-métastases < 3-4 mm (résolution spatiale), les cancers de prostate de très bas grade (Gleason 6, faible expression PSMA), et les formes neuroendocrines. Faux positifs : ganglions réactionnels, hémangiomes, fractures en consolidation.
- Combinaison TEP-PSMA + IRM multiparamétrique prostatique : approche optimale pour évaluer à la fois la tumeur primitive (IRM mp : PI-RADS) et le bilan d'extension ganglionnaire/métastatique (TEP-PSMA) dans le même bilan initial.
- TEP-PSMA et curage ganglionnaire : la sensibilité pour les ganglions positifs reste de 40-65 % (micro-métastases non détectées). Le curage ganglionnaire étendu reste indiqué chez les patients à risque intermédiaire défavorable/haut risque malgré une TEP-PSMA négative.
- TEP-PSMA et oligométastases : détection de maladie oligométastatique (1-5 métastases) permettant un traitement focal par SBRT (radiothérapie stéréotaxique) ou métastasectomie dans le cadre d'essais cliniques (ORIOLE, STOMP).
Piège : une TEP-PSMA négative au niveau ganglionnaire n'exclut PAS les micro-métastases. Le curage ganglionnaire étendu reste la référence histologique. Ne pas renoncer au curage uniquement sur la base d'une TEP-PSMA normale.
#007
TEP-PSMA et récidive biochimique après prostatectomie/radiothérapie (1/2)

UCLA / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Récidive biochimique (BCR) post-prostatectomie : PSA ≥ 0.2 ng/mL confirmé sur 2 dosages. Post-radiothérapie : nadir PSA + 2 ng/mL (critères de Phoenix). Survient chez 20-40 % des patients traités à visée curative.
- Performance de la TEP-PSMA selon le PSA : taux de détection de 33-45 % pour PSA 0.2-0.5 ng/mL, 50-60 % pour PSA 0.5-1.0, 75-95 % pour PSA 1-2, >95 % pour PSA > 2 ng/mL. La cinétique du PSA (temps de doublement < 6 mois) augmenté le taux de détection.
- Supériorité sur l'imagerie conventionnelle : la TEP-PSMA détecte la récidive à des taux de PSA très inférieurs (< 0.5 ng/mL) là où le scanner, l'IRM et la scintigraphie osseuse sont quasi systématiquement négatifs. L'essai CONDOR (2021) a montré un taux de détection de 63 % pour PSA < 0.5 ng/mL.
- Impact thérapeutique : la TEP-PSMA modifié le plan de traitement dans 50-75 % des récidives biochimiques. Exemples : passage d'une radiothérapie de rattrapage locale à un traitement systémique si métastases découvertes, ou SBRT ciblée sur oligométastases.
#008
TEP-PSMA et récidive biochimique après prostatectomie/radiothérapie (2/2)

UCLA / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- TEP-PSMA avant radiothérapie de rattrapage : la TEP-PSMA précoce (PSA < 0.5 ng/mL) est recommandée AVANT la radiothérapie de rattrapage pour exclure des métastases à distance et adapter le volume d'irradiation (inclusion des ganglions positifs en TEP dans le champ de radiothérapie).
- Récidive post-radiothérapie : la TEP-PSMA permet de distinguer récidive locale (fixation intraprostatique) vs ganglionnaire vs à distance, orientant vers un traitement focal de sauvetage (HIFU, cryothérapie, prostatectomie de rattrapage) ou systémique.
Ne PAS attendre un PSA élevé pour réaliser la TEP-PSMA en cas de récidive biochimique. Plus le PSA est bas, plus le traitement de rattrapage est efficace. Recommandation : TEP-PSMA dès PSA > 0.2 ng/mL post-prostatectomie, sans attendre le seuil classique de 0.4-0.5.
#009
TEP-PSMA et sélection pour la thérapie par 177Lu-PSMA (théranostique) (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Théranostique (thérapie + diagnostiqué) : concept utilisant le même vecteur moléculaire ciblant le PSMA, couplé soit à un émetteur de positons pour le diagnostic TEP (68Ga, 18F) soit à un émetteur bêta/alpha pour la thérapie (177Lu émetteur bêta, 225Ac émetteur alpha en recherché).
- 177Lu-PSMA-617 (Pluvicto, Novartis) : radioligandothérapie approuvée (FDA 2022, EMA 2023). Indication : cancer de prostate métastatique résistant à la castration (mCRPC) PSMA-positif en TEP, après ≥1 inhibiteur de la voie des androgènes (enzalutamide/abiratérone) ET ≥1 ligne de taxane (docétaxel).
- Essai VISION (Sartor et al., NEJM 2021) : étude randomisée de phase 3 (n=831). 177Lu-PSMA-617 + traitement standard vs traitement standard seul. Résultats : survie globale +4.0 mois (15.3 vs 11.3 mois, HR 0.62), survie sans progression radiologique +5.3 mois (HR 0.40).
- Critères de sélection TEP-PSMA pour le 177Lu-PSMA : fixation PSMA ≥ SUVmax hépatique sur au moins 1 lésion métastatique, PAS de lésion FDG+/PSMA- (phénotype discordant = mauvais pronostique, possible dédifférenciation neuroendocrine). Essai TheraP : TEP-PSMA + TEP-FDG combinées pour la sélection.
#010
TEP-PSMA et sélection pour la thérapie par 177Lu-PSMA (théranostique) (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Effets secondaires du 177Lu-PSMA : xérostomie (glandes salivaires PSMA+, ~30 %), fatigue, nausées, toxicité hématologique (thrombopénie, lymphopénie), insuffisance rénale (rare). Contre-indications : insuffisance médullaire sévère, grossesse.
- 225Ac-PSMA (actinium-225) : émetteur alpha (haute énergie, courte portée tissulaire ~50 μm). En recherché clinique pour les mCRPC réfractaires au 177Lu-PSMA. Efficacité supérieure mais xérostomie sévère dose-limitante.
- Perspectives : essai PSMAfore (2023) → 177Lu-PSMA avant taxane (en 2e ligne directe après anti-androgène). Résultats positifs sur la survie sans progression, élargissement des indications à venir.
La sélection des patients pour le 177Lu-PSMA nécessite DEUX TEP : une TEP-PSMA (toutes les lésions doivent fixer le PSMA) ET une TEP-FDG (recherché de lésions FDG+/PSMA- = maladie discordante de mauvais pronostic, non répondeuse au 177Lu-PSMA).
#011
TEP-choline (18F-choline, 11C-choline) : indications résiduelles (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Choline = précurseur de la phosphatidylcholine, composant essentiel des membranes cellulaires. Les cellules tumorales à prolifération rapide augmentent leur synthèse membranaire → captation accrue de la choline.
- Traceurs : 11C-choline (demi-vie 20 min, nécessite cyclotron sur site, excellente biodistribution avec peu d'excrétion urinaire) et 18F-fluorocholine (FCH, demi-vie 110 min, production centralisée possible mais excrétion urinaire gênante pour l'analyse pelvienne).
- Indications historiques dans le cancer de prostate : stadification initiale des formes à haut risque et surtout récidive biochimique. Sensibilité de la TEP-choline pour la récidive : 50-80 % selon le PSA (faible pour PSA < 1 ng/mL, bonne pour PSA > 2 ng/mL).
- Supériorité de la TEP-PSMA démontrée : l'étude PROSPET et de nombreuses études comparatives ont montré une sensibilité et une spécificité significativement supérieures de la TEP-PSMA par rapport à la TEP-choline, en particulier pour les PSA bas (< 1 ng/mL). Taux de détection PSMA ~60 % vs choline ~20 % pour PSA < 0.5.
#012
TEP-choline (18F-choline, 11C-choline) : indications résiduelles (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Indications résiduelles de la TEP-choline (2024) : centres n'ayant pas encore accès à la TEP-PSMA, surveillance de cancers de prostate neuroendocrines PSMA-négatifs (la choline peut rester positive), et bilan de certains cancers non prostatiques (hépatocarcinome, en complément de la TEP-FDG).
- Faux positifs de la TEP-choline : hyperplasie bénigne de prostate (fixation modérée), prostatite, ganglions inflammatoires réactionnels. Faux négatifs : tumeurs de bas grade, lésions < 5 mm, PSA très bas.
En 2024, la TEP-PSMA a REMPLACÉ la TEP-choline dans la quasi-totalité des indications du cancer de prostate. La TEP-choline ne doit plus être prescrite en première intention si la TEP-PSMA est disponible.
#013
TEP-FDG dans les tumeurs germinales testiculaires (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- 18F-FDG (fluorodésoxyglucose) = analogue du glucosé capté par les cellules à métabolisme glucidique élevé. Les tumeurs germinales actives (séminome, carcinome embryonnaire, choriocarcinome, tumeur vitelline) ont un métabolisme glucidique intense et fixent avidement le FDG.
- Indication principale : évaluation des MASSES RÉSIDUELLES post-chimiothérapie dans les SÉMINOMES purs. Réalisation ≥ 6 semaines après la fin de la chimiothérapie (éviter les faux positifs inflammatoires). TEP-FDG négative (masse résiduelle sans fixation FDG) = surveillance. TEP-FDG positive = résection chirurgicale ou radiothérapie.
- Performance dans le séminome : VPN (valeur prédictive négative) excellente ~95 % pour les masses résiduelles ≥ 3 cm. La TEP négative permet d'éviter la chirurgie chez la majorité des patients avec masse résiduelle après chimiothérapie.
- Limités dans les TGNS (tumeurs germinales non séminomateuses) : le tératome mature (présent dans 30-50 % des masses résiduelles post-chimio) est FDG-NÉGATIF → faux négatifs fréquents. La TEP-FDG n'est donc PAS recommandée pour décider de la chirurgie des masses résiduelles des TGNS → curage rétropéritonéal systématique si masse > 1 cm.
#014
TEP-FDG dans les tumeurs germinales testiculaires (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Stadification initiale : la TEP-FDG n'est PAS recommandée en routine pour la stadification initiale des tumeurs germinales (le scanner thoraco-abdomino-pelvien + marqueurs suffisent). Exception : stade I séminome avec ganglions rétropéritonéaux limités (15-20 mm) → la TEP peut aider à la décision.
- TEP-FDG et marqueurs tumoraux : les marqueurs (AFP, hCG, LDH) doivent être normalisés avant d'interpréter la TEP post-chimiothérapie. Une élévation persistante des marqueurs avec TEP négative doit faire suspecter une maladie résiduelle microscopique.
RÈGLE FONDAMENTALE : TEP-FDG pour les masses résiduelles de SÉMINOME uniquement. Pour les TGNS, la TEP-FDG est NON fiable (tératome mature FDG-négatif) → curage rétropéritonéal systématique.
#015
TEP-FDG dans les tumeurs urothéliales (vessie et voie excrétrice supérieure) (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Limité majeure de la TEP-FDG en urologie : le FDG est physiologiquement excrété par les reins dans les urines → fixation intense des cavités excrétrices, uretères et vessie, masquant les tumeurs primitives urothéliales. C'est le principal obstacle à l'utilisation en routine.
- Protocole d'optimisation : hydratation forcée, diurétiques (furosémide 20 mg IV 30 min avant l'acquisition), vidange vésicale (miction ± sondage) juste avant l'acquisition, acquisition tardive avec remplissage au sérum physiologique. Améliorent la détection mais ne l'éliminent pas totalement.
- TEP-FDG et bilan d'extension des TVIM : intérêt croissant pour la stadification ganglionnaire pré-cystectomie. Méta-analyses : sensibilité 56-82 %, spécificité 84-95 % pour la détection des métastases ganglionnaires. Supérieur au scanner morphologique seul (sensibilité 35-55 %).
- TEP-FDG et évaluation de la réponse à la chimiothérapie néoadjuvante : la réponse métabolique précoce (diminution du SUVmax > 50 % après 2 cycles) est corrélée à la réponse pathologique complète (pT0). Outil pronostique prometteur pour adapter la stratégie thérapeutique.
#016
TEP-FDG dans les tumeurs urothéliales (vessie et voie excrétrice supérieure) (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- TEP-FDG et TVES (tumeurs de la voie excrétrice supérieure) : mêmes limités liées à l'excrétion urinaire. Intérêt potentiel pour le bilan d'extension à distance et la recherché de métastases ganglionnaires, mais non recommandé en routine (EAU 2024).
- Perspectives : TEP-FAPI (Fibroblast Activation Protein Inhibitor) en développement pour les tumeurs urothéliales — fixation tumorale sans excrétion urinaire significative, résolvant la principale limité de la TEP-FDG urologique.
La TEP-FDG n'est PAS l'examen de référence pour la tumeur vésicale primitive (l'excrétion urinaire du FDG masqué la lésion). Son intérêt réside dans le bilan d'EXTENSION (ganglions, métastases à distance) et le suivi de la RÉPONSE à la chimiothérapie.
#017
TEP-FDG dans le cancer du rein : limités et faux négatifs (1/2)

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- Carcinome rénal à cellules claires (ccRCC, 75 % des cancers rénaux) : métabolisme glucidique souvent modéré → taux de faux négatifs TEP-FDG de 30-40 % pour la tumeur primitive. Le carcinome papillaire et le carcinome chromophobe fixent encore moins le FDG.
- Double piège du rein en TEP-FDG : (1) excrétion urinaire physiologique masquant la tumeur rénale, (2) métabolisme glucidique modéré des tumeurs rénales → faible contraste tumeur/fond. Résultat : la TEP-FDG n'est PAS recommandée pour le diagnostic ou la caractérisation des masses rénales.
- Intérêt de la TEP-FDG pour les métastases rénales : fixation FDG plus fréquente dans les métastases (60-80 %) que dans la tumeur primitive (40-60 %), probablement en raison de la dédifférenciation tumorale dans les formes métastatiques. L'intensité de fixation FDG a une valeur pronostique péjorative.
- Indications retenues de la TEP-FDG dans le cancer du rein (EAU 2024) : (1) recherché de métastases à distance en cas de point d'appel clinique ou biologique, (2) évaluation de la réponse aux traitements systémiques (anti-angiogéniques, immunothérapie), (3) suspicion de récidive avec imagerie conventionnelle équivoque.
#018
TEP-FDG dans le cancer du rein : limités et faux négatifs (2/2)

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- TEP au NaF (fluorure de sodium) : alternative à la scintigraphie osseuse, sensibilité supérieure pour les métastases osseuses lytiques du cancer du rein. Non systématique mais utile en cas de suspicion de métastases osseuses avec scintigraphie normale.
- TEP-PSMA dans le cancer du rein : le PSMA est exprimé sur la néovascularisation tumorale des ccRCC (expression PSMA stromale, non épithéliale). Des études pilotes montrent une fixation 68Ga-PSMA dans 60-80 % des ccRCC, ouvrant la voie à une utilisation théranostique (177Lu-PSMA) dans le cancer du rein métastatique.
Le cancer du rein est le « point aveugle » de la TEP-FDG en urologie : faux négatifs fréquents pour la tumeur primitive. Ne JAMAIS exclure un cancer du rein sur la base d'une TEP-FDG négative. Le scanner injecté avec temps artériel reste l'examen de référence.
#019
Pièges d'interprétation en TEP urologique (fixation physiologique rénale/vésicale) (1/3)

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- Fixation rénale physiologique en TEP-PSMA : le PSMA est exprimé dans les tubules rénaux proximaux → fixation corticale rénale bilatérale intense, considérée comme normale. Piège : une tumeur rénale peut être masquée par cette fixation physiologique, ou une asymétrie de fixation peut simuler une lésion.
- Fixation urinaire (FDG, PSMA, choline) : excrétion urinaire des traceurs → activité intense dans le bassinet, uretère, vessie. Peut masquer une tumeur urothéliale, simuler une fixation ganglionnaire (contamination urinaire urétérale) ou créer un faux positif pelvien.
- Ganglions coeliaques/stellaires en TEP-PSMA : fixation physiologique fréquente (innervation sympathique PSMA+). Ne pas confondre avec des métastases ganglionnaires, surtout dans le bilan de cancers de prostate à haut risque.
- Glandes salivaires et lacrymales en TEP-PSMA : fixation physiologique intense (PSMA exprimé). Pertinent pour la planification du 177Lu-PSMA (risque de xérostomie). Non piège diagnostiqué mais information clinique importante.
#020
Pièges d'interprétation en TEP urologique (fixation physiologique rénale/vésicale) (2/3)

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- Faux positifs en TEP-PSMA : fractures en consolidation, maladie de Paget, dysplasie fibreuse, hémangiomes, ganglions inflammatoires (sarcoïdose), adénome de Warthin (parotide). Toujours corréler avec l'imagerie morphologique et le contexte clinique.
- Faux positifs en TEP-FDG : infection/inflammation (post-opératoire, prostatite, pyélonéphrite), tuberculose, sarcoïdose, granulomatose post-BCG, activité musculaire (psoas, périnée). Respecter le délai de 6-8 semaines post-chirurgie et post-BCG.
- Faux négatifs communs : lésions < 4-5 mm (sous la résolution spatiale), tumeurs de bas grade/faible métabolisme, effet de volume partiel (petite lésion noyée dans le bruit de fond), zones de forte activité de fond (rein, vessie).
- Artéfacts de mouvement respiratoire : mismatch TEP-TDM au niveau du dôme hépatique et des basés pulmonaires → faux positifs/négatifs des lésions surrénaliennes et rénales hautes. Corrigé par gating respiratoire sur les machines modernes.
#021
Pièges d'interprétation en TEP urologique (fixation physiologique rénale/vésicale) (3/3)
- Stratégie de lecture : toujours analyser les images TEP en corrélation avec le scanner diagnostiqué de la fusion, comparer avec les examens antérieurs, connaître le traitement en cours (hormonothérapie, chimiothérapie, immunothérapie = modification de la fixation).
PIÈGE MAJEUR : ne jamais interpréter une TEP urologique sans connaître la biodistribution physiologique du traceur utilisé. La fixation urinaire du FDG et la fixation rénale/ganglionnaire physiologique du PSMA sont les sources d'erreur les plus fréquentes.
#022
TEP et tumeurs neuroendocrines : 68Ga-DOTATATE (tumeurs carcinoïdes rénales) (1/2)

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- 68Ga-DOTATATE (DOTA-Tyr3-octreotate) = traceur TEP ciblant les récepteurs de la somatostatine de type 2 (SSTR2). Approuvé (FDA/EMA) pour l'imagerie des tumeurs neuroendocrines (TNE) bien différenciées. Sensibilité >90 % pour les TNE SSTR2+.
- Tumeurs carcinoïdes rénales : tumeurs neuroendocrines rénales très rares (< 1 % des tumeurs rénales). Souvent découvertes fortuitement. Expriment les récepteurs de la somatostatine → fixation intense au 68Ga-DOTATATE. La TEP-DOTATATE est l'imagerie de choix pour le bilan d'extension et le suivi.
- Cancer de prostate à différenciation neuroendocrine : variant agressif (5-10 % des mCRPC), souvent induit par la privation androgénique prolongée. PSMA-négatif, FDG-positif. Le 68Ga-DOTATATE peut être positif dans les formes exprimant les SSTR2, orientant vers un traitement par 177Lu-DOTATATE (Lutathera).
- Théranostique neuroendocrine (PRRT) : même logique que le PSMA. Imagerie 68Ga-DOTATATE → si positif, traitement par 177Lu-DOTATATE (Lutathera). Essai NETTER-1 : bénéfice démontré dans les TNE gastro-entéro-pancréatiques → extension logique aux TNE urologiques rares.
#023
TEP et tumeurs neuroendocrines : 68Ga-DOTATATE (tumeurs carcinoïdes rénales) (2/2)

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- Phéochromocytome/paragangliome : tumeurs neuroendocrines des surrénales et paraganglia. Diagnostic différentiel des masses surrénaliennes en urologie. TEP au 68Ga-DOTATATE ou 18F-FDOPA supérieure au scanner et à la scintigraphie MIBG pour le bilan d'extension.
- TEP au 18F-NaF (fluorure de sodium) : traceur spécifique du remodelage osseux. Sensibilité supérieure à la scintigraphie osseuse au 99mTc-MDP. Indiqué dans la recherché de métastases osseuses en cas de scintigraphie négative/douteuse, notamment pour les métastases lytiques du cancer du rein.
Devant un cancer de prostate métastatique résistant à la castration avec PSA bas/stable mais progression radiologique, penser à la dédifférenciation neuroendocrine : les marqueurs neuroendocrines sériques (chromogranine A, NSE) et la TEP-FDG (pas la TEP-PSMA !) sont alors les outils diagnostiqués clés.
#024
Perspectives : FAPI, CXCR4, nouveaux traceurs en TEP urologique (1/2)

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- TEP-FAPI (Fibroblast Activation Protein Inhibitor) : traceur ciblant la FAP surexprimée dans le stroma tumoral activé (fibroblastes associés au cancer, CAFs). AVANTAGE MAJEUR : pas d'excrétion urinaire significative → excellente visualisation des tumeurs urologiques sans l'artefact vésical/rénal du FDG.
- 68Ga-FAPI-04 et 18F-FAPI-74 : traceurs FAPI les plus étudiés. Résultats préliminaires très prometteurs dans les tumeurs urothéliales (sensibilité 90-95 % pour les TVIM), le cancer du rein (meilleur contraste que le FDG), et en complément du PSMA dans le cancer de prostate PSMA-négatif.
- TEP-CXCR4 (68Ga-Pentixafor) : ciblé le récepteur de chimiokine CXCR4, surexprimé dans de nombreuses tumeurs solides et hématologiques. Intérêt exploratoire dans le cancer du rein métastatique et le cancer de prostate résistant à la castration. Corrélation CXCR4 et agressivité tumorale.
- TEP anti-CA IX (girentuximab-89Zr) : anticorps monoclonal anti-anhydrase carbonique IX marqué au zirconium-89. Le CA IX est quasi spécifique du carcinome rénal à cellules claires (>95 %). La TEP au 89Zr-girentuximab (REDECT, phase 3) permet de caractériser les masses rénales indéterminées en distinguant ccRCC vs lésions bénignes avec une sensibilité/spécificité >85 %.
#025
Perspectives : FAPI, CXCR4, nouveaux traceurs en TEP urologique (2/2)

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- Immunoimagerie TEP (immuno-PET) : anticorps ou nanobodies marqués ciblant PD-L1, CTLA-4, HER2 pour prédire la réponse à l'immunothérapie. Concept « compagnon diagnostiqué in vivo » : une TEP anti-PD-L1 positive prédirait mieux la réponse à l'immunothérapie que l'immunohistochimie sur biopsie (hétérogénéité tumorale).
- TEP-PSMA : évolutions attendues. Nouveaux ligands PSMA fluorés de 3e génération avec optimisation pharmacocinétique. Essais en stadification initiale des risques intermédiaires (et non plus seulement hauts risques). Combinaison TEP-PSMA + IRM pelvienne dans le même examen (TEP-IRM intégrée).
- Intelligence artificielle et TEP : développement d'algorithmes de deep learning pour la détection automatique des lésions, la segmentation tumorale, le calcul du volume tumoral métabolique total (MTV), et la prédiction de réponse au traitement. Radiomic TEP = extraction de caractéristiques quantitatives avancées des images TEP.
La TEP-FAPI pourrait devenir le traceur de choix pour les tumeurs urothéliales (vessie + VES) en résolvant le problème historique de l'excrétion urinaire. Essais de phase 2/3 en cours. Résultats attendus 2025-2027.