#001
Introduction et contexte épidémiologique (1/2)

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- La transplantation rénale est le traitement de référence de la MRCT (stade 5, DFG < 15 ml/min/1,73 m²) : améliore la survie, la qualité de vie et représente un avantage médico-économique par rapport à la dialysé.
- Transplantation « préemptive » (avant dialysé) = option à privilégier : meilleure survie du greffon et du patient.
- Technique hétérotopique : implantation en fosse iliaque par voie rétropéritonéale, anastomoses sur les vaisseaux iliaques (technique de René Küss, Paris 1951).
- Pénurie en France 2023 : ~10 000 en liste d'attente pour ~3 400 greffes. Médiane d'attente 2-3 ans.
#002
Introduction et contexte épidémiologique (2/2)

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- Évolution des donneurs en mort encéphalique : âge moyen en hausse (> 55 ans), causes cérébrovasculaires prédominantes. Taux d'opposition au prélèvement ~30-33 % (consentement présumé, loi Caillavet 1976).
#003
Évaluation du donneur : types et caractéristiques (1/2)

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- Trois types de donneurs : décédé en mort encéphalique (DDME, ~80 %), décédé après arrêt circulatoire (DDAC Maastricht III, ~8 %), donneur vivant (DV, ~16 %).
- DDME à critères élargis (ECD) : donneur > 60 ans, ou 50-59 ans avec ≥2 critères parmi HTA, créatinine > 133 µmol/L, décès cérébrovasculaire. Machine de perfusion hypothermique recommandée.
- Maastricht III = limitation/arrêt des thérapeutiques en réanimation (programmé principal DDAC français depuis 2014, excellents résultats).
- Donneur vivant : encadré par les lois de bioéthique. Cercle élargi (conjoint, 2 ans de vie commune, don croisé depuis 2011, chaînes depuis 2021). Évaluation par comité d'experts + consentement devant tribunal.
#004
Évaluation du donneur : types et caractéristiques (2/2)

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- Évaluation DV : DFG mesuré (51Cr-EDTA, iohexol) obligatoire ; seuil > 80 ml/min/1,73 m². Principe : « le donneur d'aujourd'hui ne doit pas devenir le receveur de demain ».
Ne pas confondre Maastricht II (non contrôlé, abandonné en France) et Maastricht III (contrôlé, principal programmé actuel).
#005
Imagerie du donneur


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- Angioscanner abdomino-pelvien = examen de référence : cartographie artérielle (artères multiples, division précoce, artères polaires) et veineuse (VRG rétro-aortique/circumaortique).
- Évaluation de la voie excrétrice : bifidité/duplicité, syndrome de jonction, dilatation, lithiase.
- Chez le DV : volumétrie TDM pour estimer la fonction relative. Principe : on prélève le rein de plus petite fonction, ou le rein gauche (VRG plus longue).
- Scintigraphie DMSA chez le DV : si asymétrie de taille > 10 % ou anomalie anatomique significative.
#006
Évaluation pré-opératoire du receveur (1/2)

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- 3 objectifs : faisabilité chirurgicale/anesthésique/immunologique, élimination d'un foyer infectieux latent, dépistage néoplasique.
- Bilan immunologique : groupage ABO, typage HLA (A, B, C, DR, DQ), anticorps anti-HLA (sérums trimestriels, PRA). Hyperimmunisé (PRA > 85 %) = programmé national prioritaire ABM.
- Bilan cardiovasculaire systématique : ECG, ETT, ± épreuve d'effort/scintigraphie, coronarographie si FdR multiples. Première cause de mortalité post-transplantation.
- Bilan infectieux : sérologies VIH/VHB/VHC/CMV/EBV/toxoplasmose/syphilis, IDR/Quantiféron, panoramique dentaire, ECBU, portage nasal S. aureus.
#007
Évaluation pré-opératoire du receveur (2/2)

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- Dépistage néoplasique selon âge/sexe : mammographie, frottis, PSA, scanner TAP.
- Contre-indication temporaire (CIT) si obstacle identifié, le temps de traiter le problème.
#008
Évaluation urologique du receveur (1/3)

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- Morphotype, ATCD chirurgicaux. PKRAD : TDM pour évaluer le volume — néphrectomie native si le pôle inférieur dépasse la crête iliaque.
- Évaluation vasculaire : AOMI (pouls fémoraux, écho-Doppler), angioscanner si lésions iliaques suspectées. Pas de greffé côté cathéter fémoral antérieur.
- Bas appareil urinaire : diurèse résiduelle, SBAU, débitmétrie, RPM, UCRM, fibroscopie, BUD selon contexte.
- Cas particuliers : vessie neurologique (BUD systématique), radiothérapie pelvienne (fibrose), ATCD cystectomie (réservoir de substitution).
#009
Évaluation urologique du receveur (2/3)

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- Dépistage tumeurs uro-génitales : PSA + TR (homme > 50 ans), TDM AP.
- L'urologue détermine le site d'implantation, la technique de réimplantation urinaire, et informé le patient (fiche AFU).
- Imagerie receveur : TDM AP + écho-Doppler artériel/veineux MI, à répéter selon FdR CV.
- Cross-match pré-transplantation : sérum receveur vs lymphocytes donneur. Cross-match positif en LCT = contre-indication formelle (rejet hyperaigu).
#010
Évaluation urologique du receveur (3/3)

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- Inscription sur liste ABM : décision collégiale, algorithme Score Rein (temps d'attente, compatibilité HLA, âge, immunisation).
Un antécédent de radiothérapie pelvienne impose d'anticiper une dérivation urinaire alternative.
#011
Prélèvement et conditionnement des transplants (1/2)

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- PMO sur DDME : rinçage in situ par solution de préservation (UW, IGL-1, HTK), puis explantation avec pédicule vasculaire.
- Étapes clés : laparotomie médiane, inspection péritonéale, exposition rétropéritonéale, canulation aortique, décharge cave sus-hépatique.
- Héparinisation (300 UI/kg IV), clampage aortique cœliaque, début du rinçage froid = début de l'ischémie froide. Objectif : < 18-24 h pour DDME standard.
- Explantation rénale : VRG avec large patch cave, sections aortiques préservant les patchs de Carrel, uretères sectionnés au plus long.
#012
Prélèvement et conditionnement des transplants (2/2)

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- Back-table : dégraissage, recherché de lésion, identification des vaisseaux, rapport de prélèvement avec photos obligatoire.
- DDAC Maastricht III : prélèvement après arrêt circulatoire confirmé + 5 min « no-touch ». Perfusion régionale normothermique puis machine de perfusion hypothermique obligatoire.
#013
Préservation des transplants : conservation statique vs machine de perfusion (1/2)

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- Conservation statique hypothermique (4 °C sur glace) : référence pour DDME standards et DV (ischémie froide courte).
- Machine de perfusion hypothermique (MPH) : recommandée pour DDME ECD, obligatoire pour DDAC. Réduit ~20 % le taux de DGF, meilleure survie à 1 et 3 ans.
- Principe MPH : circulation continue de solution réfrigérée (4-6 °C) ± oxygénée à travers l'artère rénale. Lavage des métabolites, maintien endothélial.
- Machines : LifePort (KPS-1, perfusion pulsatile) et WAVES (Perfgen, perfusion continue). Pression ciblé 25-30 mmHg.
#014
Préservation des transplants : conservation statique vs machine de perfusion (2/2)

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- Index de résistance : c'est l'évolution (diminution progressive attendue) qui est informative. Résistances élevées/croissantes = discuter la récusation.
#015
Préparation du transplant sur back-table : le « triangle d'or » (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Dégraissage avec ligature systématique des structures — SAUF dans le triangle d'or.
- Dissection du pédicule de la périphérie vers le hile. Ligature de tous les collatéraux (V. surrénalienne, gonadique, lombaires ; branches surrénaliennes artérielles).
- VRD courte (2-3 cm) : allongée par patch de veine cave. Reconstruction par surjets (gain de plusieurs cm).
- Artère avec patch de Carrel. Intima friable : fixation par points séparés Prolène 6/0-7/0.
#016
Préparation du transplant sur back-table : le « triangle d'or » (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Artères multiples (20-30 %) : canon de fusil, termino-latérale, ou suturé des patchs. Une artère polaire inférieure vascularisant l'uretère doit impérativement être réimplantée.
- Triangle d'or (triangle de Mohan) : zone entre bord interne du rein, uretère proximal, hile et pôle inférieur — contient la vascularisation urétérale. Toute dissection exposé à nécrose/fistule/sténose.
- Biopsie pré-implantatoire (optionnelle) : score de Remuzzi/Karpinski (fibrose, atrophie, glomérulosclérose, lésions vasculaires). Score > 4-5/12 → récusation ou double greffé.
Le triangle d'or est LE point le plus souvent interrogé. Sa dissection = facteur de risque majeur de fistule/sténose urétérale.
#017
Technique chirurgicale : sites d'implantation et anastomoses vasculaires (1/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Sites classiques : 1re greffé = fosse iliaque droite, 2e = gauche, 3e = latéro-cave ou orthotopique. Sites de recours : artère splénique, aorte, transplantectomie préalable.
- Préalables : axe artériel clampable en zones non calcifiées, retour veineux vérifié.
- Installation : décubitus dorsal, sondé vésicale. Incision iliaque arciforme. Abord rétropéritonéal.
- Anastomose veineuse en premier (minimiser ischémie tiède) : clampage VIE, veinotomie, surjet Prolène 5/0-6/0.
#018
Technique chirurgicale : sites d'implantation et anastomoses vasculaires (2/2)

Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Anastomose artérielle : clampage AIE, artériotomie, termino-latérale du patch de Carrel, surjet Prolène 6/0. Déclampage : clamp distal d'abord puis proximal = fin ischémie chaude. Recoloration rapide attendue.
#019
Anastomose urinaire, suivi post-opératoire et immunosuppression (1/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Lich-Gregoir = technique de référence : détrusorotomie, anastomose urétéro-muqueuse (PDS 5/0-6/0), fermeture anti-reflux. Sondé JJ systématique (retrait à 4-6 sem) → réduit de moitié les complications urinaires.
- Alternatives si uretère dévascularisé/court/vessie de mauvaise qualité : anastomose pyélo-urétérale ou urétéro-urétérale sur uretère natif.
- Suivi immédiat : diurèse horaire (DGF si dialysé dans les 7 premiers jours), couleur des urines, drains (iono si doute fistule), palpation du greffon, membres inférieurs.
- Induction : thymoglobuline (haut risque immunologique) ou basiliximab (faible risque). Corticoïdes IV peropératoires.
#020
Anastomose urinaire, suivi post-opératoire et immunosuppression (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Entretien (trithérapie) : tacrolimus + mycophénolate + corticoïdes (décroissance). Inhibiteurs de mTOR en relais dans certaines situations (néphrotoxicité, néoplasie).
- Suivi long terme : créatinine, protéinurie, taux résiduels, sérologies virales (CMV, BK virus), dépistage néoplasies (cutanées ++, PTLD), suivi CV, densitométrie.
#021
Complications vasculaires précoces


Wikimedia Commons (CC BY-SA)
- Thrombose artérielle (0,5-3,5 %) : défaut technique principal (torsion, plicature, dissection intimale). Anurie brutale. Écho-Doppler : absence de flux. Reprise chirurgicale en extrême urgence ; transplantectomie si échec.
- Plicature artérielle : artère trop longue, mauvais positionnement. Écho-Doppler : Vmax élevée, TA allongé > 80 ms, IR < 0,5. Surveillance ou repositionnement chirurgical.
- Thrombose veineuse (0,5-4 %) : VRD courte, hypotension prolongée, thrombophilie. Anurie ± hématurie « lie de vin », greffon turgescent. Écho-Doppler : flux diastolique inversé, absence flux veineux. Pronostic sombre, transplantectomie fréquente.
L'anurie postopératoire immédiate est une urgence chirurgicale absolue : écho-Doppler en urgence.
#022
Complications vasculaires tardives


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- Sténose artérielle (5-15 %) : < 3 mois = technique ou artère pathologique ; > 3 mois = rejet chronique, CMV, athérosclérose. HTA de novo, dégradation du DFG, souffle. Écho-Doppler : Vmax > 250 cm/s, parvus-tardus. Traitement : angioplastie ± stent si > 70 %.
- FAV intra-parenchymateuse (1-17 %, post-biopsie) : résolution spontanée 70-75 %. Embolisation si symptomatique ou > 15 mm.
- Pseudo-anévrysme de l'artère du transplant (< 1 %, rare mais gravissime) : infection mycotique ou défaut anastomotique. Risque de rupture → transplantectomie en urgence.
#023
Complications urinaires (1/2)

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- Fistule urinaire (2-5 %, majorité anastomotique) : FdR = absence JJ, uretère dévascularisé, triangle d'or lésé. Iono du drain (créatinine >> sérique = uriné). Traitement : sondage prolongé + drainage ; chirurgie si nécrose étendue.
- Obstruction précoce : extrinsèque (hématome, lymphocèle), intrinsèque (suturé serrée, œdème, torsion), endoluminale (caillots). Néphrostomie percutanée en urgence.
- Sténose urétérale (2-10 %, majorité dans les 6 mois) : FdR précoces = ischémie ; tardifs = BK virus, CMV, rejet chronique. Traitement : JJ ou néphrostomie, puis dilatation/incision si courte, réfection chirurgicale si longue.
- Reflux vésico-urétéral du transplant (jusqu'à 50 %) : symptomatique dans seulement 1-3 %. Traitement gradué : surveillance, antibioprophylaxie, injection sous-muqueuse, réimplantation.
#024
Complications urinaires (2/2)

Wikimedia Commons (CC)
- Calculs du transplant (< 1 %) : hyperparathyroïdie, hypocitraturie, hyperuricémie sous ciclosporine. Abord percutané antérograde privilégié.
- Hématurie : fréquente et habituellement bénigne. Angioscanner si déglobulisation (éliminer FAV/pseudo-anévrysme).
#025
Complications lymphatiques et complications générales (1/3)

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- Lymphorrhée précoce (> 50 ml/j après J7) : FdR = obésité, diabète, dissection iliaque sans lymphostase, mTOR-Inhibiteurs. DD avec fistule urinaire = iono (Na+ normal, créatinine basse = lymphe).
- Lymphocèle (1-26 %) : souvent asymptomatique. Si symptomatique (compression veineuse/excrétrice/vésicale, surinfection) : drainage percutané ± sclérothérapie ; marsupialisation laparoscopique si échec.
- Hémorragie/hématome péri-greffon : défaut d'hémostase, anticoagulation, biopsie. Surveillance si stable ; hémostase chirurgicale si retentissement.
- Infection du site opératoire (7,5-22 %, 75 % superficielles) : obésité, diabète, durée > 4 h, mTOR. Superficielle = soins locaux ; profonde = mise à plat chirurgicale + ATB prolongée.
#026
Complications lymphatiques et complications générales (2/3)

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- Complications métaboliques long terme : NODAT (tacrolimus, corticoïdes), HTA (anticalcineurines), dyslipidémie (mTOR, corticoïdes), hyperuricémie (ciclosporine). Surveillance CV = première cause de mortalité.
- Complications infectieuses : J0-M1 = nosocomiales ; M1-M6 = opportunistes (CMV, BK, Pneumocystis) ; > M6 = communautaires. Prophylaxie anti-CMV (valganciclovir) et anti-Pneumocystis (cotrimoxazole) 3-6 mois.
- Néoplasies : risque ×3-5. Cancers cutanés (les plus fréquents, protection solaire stricte), PTLD (EBV), Kaposi (HHV-8). Dermatologie annuelle obligatoire.
- Rejet : hyperaigu (minutes, anticorps préformés, prévenu par cross-match), aigu cellulaire (semaines-mois, bolus corticoïdes ± thymoglobuline), aigu humoral (plasmaphérèses + IvIg + rituximab), chronique (IF/TA, première cause de perte tardive, pas de traitement curatif).
#027
Complications lymphatiques et complications générales (3/3)

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- Survie du greffon : ~95 % à 1 an, 80-85 % à 5 ans. Clés : prise en charge rapide des complications vasculaires, suivi au long cours (rejet chronique, néphrotoxicité, infections, néoplasies).
Suivi pluridisciplinaire et à vie. Les complications vasculaires menacent directement le greffon, les complications urinaires et infectieuses la fonction rénale à plus long terme.