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Traumatismes Uro-Génitaux

Traumatismes uro-génitaux — trauma rénal (classification AAST, embolisation), trauma vésical (intra/extrapéritonéal), trauma urétral (postérieur/antérieur), fracture de verge, trauma scrotal, plaies par arme blanche/arme à feu, trauma iatrogène (uretère, vessie), spécificités pédiatriques, bilan d'imagerie du polytraumatisé et complications tardives. Synthèse CFEU 2024 + iconographie banque d'images.

Coupe verticale du rein — anatomie interne
Coupe anatomique verticale du rein montrant le cortex, la médullaire, les pyramides et le sinus rénal. Le rein, organe rétropéritonéal richement vascularisé, est le plus fréquemment lésé lors des traumatismes de l'appareil urinaire (80 % des traumatismes uro-génitaux).
Anatomie du rein en coupe — rapports avec la loge rénale
Illustration anatomique du rein et de ses rapports. La loge rénale (fascia de Gérota) contient l'hématome dans les traumatismes fermés, limitant l'hémorragie. La rupture du fascia aggrave le pronostic en permettant l'extension rétropéritonéale de l'hématome.

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#001

Trauma rénal : épidémiologie et mécanismes (fermé / pénétrant)

  • Épidémiologie : le rein est l'organe uro-génital le plus souvent atteint en traumatologie (80 % des traumas urologiques). 1 à 5 % des polytraumatismes comportent un traumatisme rénal.
  • Mécanismes fermés (90 % en Europe) : AVP +++, chutes, sport de contact, coups directs (agression). Décélération brutale → lésion du pédicule rénal (avulsion artérielle, dissection intimale). Compression directe → contusion/lacération parenchymateuse.
  • Mécanismes pénétrants (10 % en Europe, >50 % en milieu urbain US) : arme blanche (trajet prévisible, lésions limitées), arme à feu (blast, cavitation, lésions multiviscérales imprévisibles). Toujours rechercher des lésions associées abdominales.
  • Facteurs favorisant la lésion rénale : rein pathologique préexistant (hydronéphrose, kyste, tumeur, rein en fer à cheval, rein pelvien ectopique) → lésion possible pour un traumatisme mineur.
  • Tableau clinique évocateur : douleur lombaire post-traumatique, hématurie (macro ou micro — son absence n'exclut PAS un traumatisme rénal grave, en particulier les lésions pédiculaires), défense/empâtement lombaire, ecchymoses du flanc.
  • Signes de gravité : instabilité hémodynamique (tachycardie, hypotension), nécessité de remplissage > 2 culots, hématurie macroscopique abondante, lésions associées (rate, foie, diaphragme, côtes basses).
⚠️ Piège ECNi : l'absence d'hématurie n'exclut PAS un traumatisme rénal grave — les lésions pédiculaires (thrombose, avulsion) peuvent se manifester sans hématurie.
Hématomes rénaux — schéma des différentes localisations
Schéma montrant deux types d'hématomes rénaux et leurs rapports avec le parenchyme. La classification AAST (American Association for the Surgery of Trauma) repose sur l'étendue des lésions parenchymateuses, l'atteinte de la voie excrétrice et les lésions vasculaires, évaluées au scanner injecté multiphasique.
Segmentation artérielle du rein droit
Les segments artériels rénaux sont des artères terminales sans anastomose. Cette anatomie vasculaire explique qu'une lésion d'une branche segmentaire (grade IV) entraîne un infarctus du territoire correspondant, et qu'une atteinte du pédicule principal (grade V) dévascularise l'ensemble du rein.

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#002

Classification AAST des traumatismes rénaux (grades I-V)

  • Grade I : contusion rénale (parenchyme hétérogène au scanner) OU hématome sous-capsulaire non expansif, sans lacération. Traitement : surveillance simple.
  • Grade II : lacération parenchymateuse < 1 cm de profondeur, sans atteinte de la voie excrétrice ni du système collecteur. Hématome péri-rénal contenu dans le Gérota. Traitement : surveillance.
  • Grade III : lacération parenchymateuse > 1 cm de profondeur, SANS atteinte de la voie excrétrice ni du système collecteur. Traitement : surveillance rapprochée ± embolisation si saignement actif.
  • Grade IV : lacération atteignant le système collecteur (fuite de produit de contraste au temps excrétoire) OU lésion vasculaire segmentaire (thrombose ou fuite active d'une branche artérielle). Traitement : conservateur si stable + embolisation sélective si saignement actif ; sonde JJ ou néphrostomie si fuite urinaire.
  • Grade V : rein détruit (multiples lacérations, « rein éclaté ») OU avulsion/thrombose du pédicule rénal principal (dévascularisation complète). Traitement : néphrectomie d'hémostase si instabilité réfractaire ; tentative de revascularisation pédiculaire si < 4-6h d'ischémie chaude (résultats souvent décevants).
  • Principes de la classification révisée (AAST 2018) : intégration de critères radiologiques précis (fuite vasculaire active, pseudoanévrisme, FAV) et de la réponse au traitement pour guider la décision conservateur vs interventionnel.
  • En pratique : > 85 % des traumatismes rénaux (grades I-III et la majorité des grades IV) bénéficient d'un traitement conservateur avec surveillance.
⚠️ Piège ECNi : le grade du traumatisme rénal ne dicte pas à lui seul l'attitude chirurgicale — c'est la stabilité hémodynamique qui est le critère décisionnel principal.
Anatomie du rein — vue externe et rapports
Vue anatomique externe du rein et de ses rapports. Le traitement conservateur est la règle pour la majorité des traumatismes rénaux (> 85 %). Il repose sur le repos, la surveillance clinique et biologique rapprochée, et le contrôle scanographique entre J2 et J5.
Schéma du rein — cortex, médullaire et voie excrétrice
Schéma du rein montrant cortex, médullaire et bassinet. En cas de fuite urinaire (grade IV), un drainage de la voie excrétrice (sonde JJ ou néphrostomie percutanée) est nécessaire en complément de la surveillance pour permettre la cicatrisation.

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#003

Prise en charge du trauma rénal : conservateur vs chirurgical

  • Traitement conservateur (> 85 % des cas) : repos au lit strict, monitorage hémodynamique continu (scope, TA, FC), surveillance biologique (NFS/Hb toutes les 6h puis espacée), antalgiques, prévention thromboembolique, antibiothérapie si plaie pénétrante.
  • Scanner de contrôle : systématique entre J2 et J5 pour les grades III-IV (recherche : pseudoanévrisme, fistule artério-veineuse, urinome secondaire). Pas nécessaire pour les grades I-II si évolution clinique favorable.
  • Indications d'embolisation artérielle sélective : fuite vasculaire active (blush) au scanner, pseudoanévrisme, fistule artério-veineuse. Alternative mini-invasive à la chirurgie, préservant le parenchyme rénal.
  • Indications chirurgicales : instabilité hémodynamique réfractaire malgré la réanimation (transfusion > 4 CG), rein détruit (grade V), lésion pédiculaire avec ischémie < 4-6h, lésions abdominales associées nécessitant une laparotomie exploratrice.
  • Au bloc opératoire : contrôle premier du pédicule rénal par voie médiane transabdominale. Gestes possibles : néphrorraphie (suture parenchymateuse), néphrectomie partielle, néphrectomie totale d'hémostase. Toujours vérifier la présence et la fonction du rein controlatéral avant toute néphrectomie.
  • Drainage de la voie excrétrice (grades IV avec fuite urinaire) : sonde JJ endoscopique (1ère intention) ou néphrostomie percutanée si JJ impossible. Drainage percutané d'urinome si collection importante.
⚠️ Piège ECNi : avant toute néphrectomie d'hémostase, il est IMPÉRATIF de s'assurer de la présence et de la fonctionnalité du rein controlatéral (risque de rein unique méconnu).
Artères rénales — anatomie classique (planche historique)
Planche anatomique historique des artères rénales. L'artériographie sélective est l'examen clé en radiologie interventionnelle : elle permet de visualiser précisément le site de saignement et de réaliser une embolisation ciblée, épargnant le parenchyme sain.
Système artériel rénal — vascularisation terminale
Illustration du système artériel rénal. La vascularisation rénale est de type terminal (pas d'anastomose entre les segments) : l'embolisation sélective d'une branche ne compromet que le territoire correspondant, limitant la perte de parenchyme fonctionnel.

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#004

Embolisation sélective et radiologie interventionnelle

  • Principe : cathétérisme artériel fémoral (ou radial), artériographie rénale sélective, puis embolisation super-sélective de la branche responsable du saignement par microcoils, particules ou colle biologique.
  • Indications principales : fuite vasculaire active (blush) au scanner injecté, pseudoanévrisme post-traumatique, fistule artério-veineuse, hématurie macroscopique persistante ou récidivante d'origine rénale.
  • Avantages : technique mini-invasive, taux de succès > 90 %, préservation maximale du parenchyme rénal fonctionnel, réalisable chez un patient instable en complément de la réanimation.
  • Complications : infarctus segmentaire rénal (attendu et limité), syndrome post-embolisation (douleur, fièvre transitoire), abcès rénal, migration de matériel d'embolisation, dissection artérielle, insuffisance rénale.
  • Pseudoanévrisme post-traumatique : complication retardée (J5-J15), se manifeste par une hématurie macroscopique secondaire. Diagnostic au scanner injecté (prise de contraste arrondie au temps artériel). Traitement : embolisation sélective (1ère intention).
  • En urgence décompensée : si l'artériographie n'est pas disponible rapidement et que le patient est instable → laparotomie d'hémostase sans attendre. L'embolisation ne doit pas retarder la prise en charge chirurgicale d'un patient en choc hémorragique non contrôlé.
⚠️ Piège pratique : un pseudoanévrisme post-traumatique peut se révéler par une hématurie macroscopique retardée (J5-J15) après un trauma rénal initialement géré en conservateur — toujours y penser et refaire un scanner injecté.
Anatomie de la vessie — rapports et structure
Schéma anatomique de la vessie. Le dôme vésical (portion intrapéritonéale) est la zone la plus vulnérable lors d'un traumatisme sur vessie pleine (rupture intrapéritonéale). La base et les faces latérales, en rapport avec les os du bassin, sont exposées aux fractures pelviennes (rupture extrapéritonéale).
Coupe coronale du pelvis masculin — rapports vésicaux
Coupe coronale du pelvis masculin montrant les rapports de la vessie avec le plancher pelvien et les structures osseuses. Les fractures du cadre pelvien (mécanisme de compression antéro-postérieure ou latérale) lèsent la vessie par esquilles osseuses ou par traction sur les ligaments pubo-vésicaux.

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#005

Trauma vésical : intrapéritonéal vs extrapéritonéal

  • Deux types de rupture vésicale à bien distinguer — la prise en charge est radicalement différente :
  • Rupture intrapéritonéale (30 %) : choc direct sur vessie PLEINE (AVP avec ceinture, coup de pied). Fuite d'urine dans la cavité péritonéale → irritation péritonéale, sepsis. Diagnostic : cystographie rétrograde (PdC diffusant dans les gouttières pariétocoliques). Traitement : CHIRURGIE SYSTÉMATIQUE — suture vésicale en 2 plans par voie abdominale + drainage vésical 10-15 jours.
  • Rupture extrapéritonéale (70 %) : associée à une fracture du bassin +++ (esquilles osseuses perforant la paroi vésicale). Fuite d'urine dans l'espace de Retzius (péri-vésical). Diagnostic : cystographie rétrograde (PdC restant en péri-vésical). Traitement : CONSERVATEUR — drainage vésical par sonde urétrale 2-3 semaines + antibioprophylaxie. Pas de chirurgie sauf si lésion du col vésical ou fragment osseux intravésical.
  • Examen de référence : cystographie rétrograde (remplissage de 350 mL de PdC + clichés de remplissage et de vidange +++) ou TDM avec remplissage vésical rétrograde. Le scanner avec injection IV seule est INSUFFISANT (vessie non distendue).
  • Clinique : impossibilité d'uriner, douleur sus-pubienne, hématurie macroscopique (95 %), défense sus-pubienne, parfois tableau d'irritation péritonéale (rupture intrapéritonéale).
  • Lésions associées à rechercher systématiquement : fracture du bassin, lésion urétrale (urétrorragie → faire une urétrographie rétrograde AVANT le sondage), lésion rectale, lésion vasculaire pelvienne.
⚠️ Piège ECNi : le scanner injecté standard SANS remplissage rétrograde de la vessie peut MÉCONNAÎTRE une rupture vésicale — la cystographie rétrograde (ou cystoTDM) est indispensable.
Anatomie de l'urètre masculin — coupe longitudinale
Schéma anatomique de l'urètre masculin en coupe longitudinale, montrant les segments prostatique, membraneux et spongieux. Le trauma urétral postérieur intéresse le segment membraneux, zone fixée au plancher pelvien par le ligament pubo-prostatique, et est presque toujours associé à une fracture du bassin.
Coupe sagittale médiane — vessie, prostate, rectum
Coupe sagittale médiane montrant les rapports entre vessie, prostate, urètre membraneux et rectum. Lors d'une fracture du bassin, le cisaillement au niveau du plancher pelvien entraîne une rupture de l'urètre membraneux. Le toucher rectal peut retrouver une prostate ascensionnée « flottante » (signe de rupture urétrale complète).

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#006

Trauma urétral postérieur (fracture du bassin)

  • Mécanisme : fracture du cadre pelvien (AVP haute énergie, chute de hauteur) → cisaillement de l'urètre membraneux au niveau du plancher pelvien. Incidence : 5-10 % des fractures du bassin.
  • Signes cliniques évocateurs : urétrorragie (sang au méat urétral en dehors des mictions), globe vésical, hématome périnéal « en aile de papillon », impossibilité d'uriner. Toucher rectal : prostate ascensionnée ou non perçue (signe de rupture complète avec remontée du bloc prostatovésical).
  • RÈGLE ABSOLUE : devant un traumatisme du bassin avec urétrorragie → NE JAMAIS SONDER à l'aveugle (risque de fausse route, aggravation de la lésion, surinfection de l'hématome pelvien). Poser un CATHÉTER SUS-PUBIEN d'emblée.
  • Examen de référence : urétrographie rétrograde (injection douce de PdC hydrosoluble par le méat urétral) → montre la fuite de PdC au niveau de l'urètre membraneux. Si rupture complète : arrêt du PdC sans opacification de l'urètre prostatique ni de la vessie.
  • Prise en charge initiale : cathéter sus-pubien + traitement de la fracture du bassin (fixation externe, embolisation des artères iliaques internes si hémorragie pelvienne). Pas de réparation urétrale en urgence.
  • Prise en charge différée : tentative de réalignement endoscopique à J7-J14 (si conditions le permettent) OU urétroplastie anastomotique à 3 mois (après stabilisation du bassin et résorption de l'hématome). L'urétroplastie différée offre les meilleurs résultats fonctionnels (taux de sténose récurrente < 10 %).
  • Séquelles à long terme : sténose urétrale (> 50 % si traitement initial inadéquat), dysfonction érectile (20-60 % par lésion des nerfs caverneux), incontinence urinaire (5-20 %).
⚠️ Piège ECNi majeur : devant un traumatisme du bassin avec urétrorragie, le sondage urétral est FORMELLEMENT CONTRE-INDIQUÉ — cathéter sus-pubien systématique.
Anatomie interne du pénis — corps caverneux, corps spongieux, urètre
Coupe anatomique du pénis montrant le corps spongieux qui entoure l'urètre spongieux (antérieur). L'urètre antérieur est vulnérable aux traumatismes directs (chute à califourchon écrasant l'urètre bulbaire contre la symphyse pubienne) et aux fractures de verge (associant une lésion de l'albuginée et parfois de l'urètre).
Fausse route urétrale — trajet incorrect d'un instrument
Illustration historique montrant une fausse route urétrale lors d'un cathétérisme. Ce risque souligne l'importance de ne JAMAIS forcer le passage d'une sonde en cas de suspicion de trauma urétral, et de réaliser une urétrographie rétrograde diagnostique au préalable.

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#007

Trauma urétral antérieur (chute à califourchon, fracture de verge)

  • Mécanismes : chute à califourchon (l'urètre bulbaire est écrasé contre le bord inférieur de la symphyse pubienne), coup de pied au périnée, fracture de verge (15-20 % associent une lésion urétrale), iatrogène (sondage traumatique, endoscopie).
  • Clinique : urétrorragie, rétention urinaire, hématome périnéal « en aile de papillon » (rupture du fascia de Buck → extravasation dans l'espace périnéal superficiel de Colles), douleur périnéale.
  • Diagnostic : urétrographie rétrograde (injection douce de PdC par le méat) confirmant la fuite de PdC au niveau de l'urètre antérieur. Classification : rupture partielle (PdC passe encore dans la vessie) vs complète (arrêt complet du PdC).
  • Prise en charge de la rupture partielle : sonde urétrale de petit calibre sur guide (sous contrôle radiologique ou endoscopique) pendant 2-3 semaines. Urétrographie de contrôle avant retrait.
  • Prise en charge de la rupture complète : cathéter sus-pubien en urgence, puis urétroplastie différée à 3 mois (anastomose termino-terminale bulbaire ou greffe de muqueuse buccale selon la longueur de la sténose).
  • Cas particulier — fracture de verge avec lésion urétrale : exploration chirurgicale en urgence pour suture de l'albuginée ET réparation urétrale dans le même temps opératoire.
⚠️ Piège ECNi : devant un hématome périnéal « en aile de papillon » après un traumatisme à califourchon, toujours évoquer une rupture de l'urètre bulbaire et réaliser une urétrographie rétrograde AVANT tout sondage.
Anatomie du pénis — corps caverneux et corps spongieux
Schéma anatomique du pénis montrant les deux corps caverneux (responsables de l'érection) entourés de l'albuginée, et le corps spongieux (entourant l'urètre). La fracture de verge correspond à une rupture de l'albuginée d'un (ou deux) corps caverneux survenant en érection.
Testicule et épididyme — enveloppes et albuginée testiculaire
Schéma du testicule montrant l'albuginée testiculaire et la vaginale. En cas de traumatisme scrotal, la rupture de l'albuginée testiculaire (grade III+) impose une exploration chirurgicale urgente pour suture et sauvetage testiculaire. L'échographie scrotale est l'examen de première intention.
Mécanisme de l'érection — phases vasculaires
Schéma des phases de l'érection pénienne. La fracture de verge survient EXCLUSIVEMENT en érection (rapport sexuel, masturbation, retournement au lit). Le mécanisme veino-occlusif maintient la rigidité : la rupture de l'albuginée provoque une fuite immédiate → détumescence et hématome.

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#008

Trauma génital masculin : fracture de verge, avulsion scrotale

  • Fracture de verge : rupture de l'albuginée d'un corps caverneux EN ÉRECTION. Circonstance : rapport sexuel (faux pas du coït +++), masturbation, retournement au lit. Diagnostic CLINIQUE : craquement audible + douleur aiguë + détumescence immédiate + hématome en « aubergine » + déviation controllatérale.
  • Bilan : IRM pénienne si doute diagnostique (localisation précise de la brèche albuginéale). Urétrographie rétrograde si urétrorragie associée (15-20 % des cas).
  • Traitement : URGENCE CHIRURGICALE dans les 24h. Incision déglovante (circumcision sous-coronale), évacuation de l'hématome, suture de l'albuginée par points séparés inversés en fil non résorbable ou lentement résorbable. Réparation urétrale associée si lésion confirmée.
  • Suites : abstinence sexuelle 6 semaines. Information du patient : risque de courbure résiduelle (10-15 %) et de dysfonction érectile séquellaire (5-10 %). Résultats excellents si chirurgie < 24h.
  • Traumatisme scrotal fermé : mécanismes = coup de pied, balle, chute. Échographie-doppler scrotale systématique (recherche : rupture albuginée testiculaire, hématocèle, fracture testiculaire). Grade I (contusion) → surveillance + glace + antalgiques ; grades II-V ou plaie ouverte → exploration chirurgicale (suture albuginée, évacuation hématocèle, orchidectomie si testicule détruit).
  • Avulsion scrotale : perte de substance cutanée par mécanisme d'arrachement (accident de machine, morsure animale). Principes : parage + couverture testiculaire temporaire (enfouissement en sous-cutané à la face interne des cuisses ou lambeau fascio-cutané) → reconstruction plastique secondaire.
  • Amputation pénienne : conservation du segment dans un sachet stérile + sérum + poche de glace. Réimplantation microchirurgicale < 6h (artère dorsale, veines, nerfs, urètre, corps caverneux). Information : pronostic fonctionnel corrélé au délai de réimplantation.
  • Strangulation des OGE par anneau : lubrification + compression (technique du fil enroulé ou du gant) ; sinon section de l'anneau en 2 points à 180° avec protection cutanée.
⚠️ Piège ECNi : la fracture de verge est un diagnostic CLINIQUE (craquement + détumescence + hématome en érection) — ne PAS retarder la chirurgie pour des examens complémentaires inutiles.
Appareil urinaire — schéma d'ensemble
Schéma de l'appareil urinaire. Chez l'enfant, les reins sont proportionnellement plus gros, moins protégés (moins de graisse péri-rénale, côtes plus souples, musculature abdominale moins développée), et l'architecture lobulée fœtale persiste, rendant le parenchyme plus vulnérable aux traumatismes.
Reflux vésico-urétéral grades I-V — spécificité pédiatrique
Classification du reflux vésico-urétéral chez l'enfant. Les malformations congénitales de l'appareil urinaire (RVU, syndrome de jonction, méga-uretère, rein en fer à cheval) prédisposent aux lésions rénales traumatiques plus sévères pour un traumatisme de faible énergie, et doivent être recherchées au bilan initial.

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#009

Trauma rénal pédiatrique : spécificités

  • Particularités anatomiques de l'enfant : reins proportionnellement plus volumineux, moins protégés (graisse péri-rénale peu abondante, côtes souples, musculature abdominale fine), architecture lobulée fœtale (plan de clivage facilitant les fractures parenchymateuses).
  • Mécanismes : accidents domestiques, chutes (vélo, toboggan), sport, maltraitance (y penser si discordance trauma/lésion). Les traumatismes rénaux sont plus fréquents chez l'enfant que chez l'adulte rapportés au nombre de traumatismes abdominaux.
  • Anomalies congénitales prédisposantes : rein en fer à cheval (isthme vulnérable, traumatisme mineur → lésion sévère), hydronéphrose sur syndrome de jonction (rein dilaté fragile), rein pelvien ectopique, duplicité pyélo-urétérale.
  • Imagerie : échographie FAST en urgence (épanchement intrapéritonéal). Scanner injecté si hémodynamique stable et forte suspicion clinique. L'IRM est une alternative sans irradiation pour le suivi (limiter l'irradiation chez l'enfant +++).
  • Prise en charge : attitude conservatrice ENCORE PLUS PRIVILÉGIÉE que chez l'adulte (capacité de cicatrisation rénale supérieure). Repos strict, surveillance clinique et biologique rapprochée, contrôle scanographique à J3-J5.
  • Indication chirurgicale : réservée à l'instabilité hémodynamique réfractaire. La néphrectomie doit être exceptionnelle chez l'enfant (préserver le capital néphronique). Embolisation artérielle sélective de plus en plus utilisée en pédiatrie.
  • Suivi à long terme : contrôle échographique + créatininémie + PA à 3 mois, 6 mois, 1 an. Risque d'HTA rénino-vasculaire post-traumatique (rein de Page), atrophie rénale.
⚠️ Piège ECNi : devant un traumatisme rénal chez l'enfant avec lésion disproportionnée par rapport à l'énergie du traumatisme, toujours rechercher une malformation rénale sous-jacente (rein en fer à cheval, hydronéphrose) ET une maltraitance.
Anatomie chirurgicale de l'uretère et ses rapports vasculaires
Rapports anatomiques de l'uretère avec les structures vasculaires pelviennes. L'uretère croise l'artère iliaque commune à sa bifurcation et passe sous l'artère utérine (« l'eau passe sous le pont ») — ces zones de croisement sont les sites les plus fréquents de lésion iatrogène lors de la chirurgie pelvienne.
Coupe transversale histologique de l'uretère
Coupe transversale histologique de l'uretère montrant muqueuse, musculeuse et adventice. La paroi urétérale est fragile et sa vascularisation adventitielle est de type terminal — une dévascularisation extensive lors de la dissection chirurgicale peut entraîner une nécrose et une fistule urinaire retardée.

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#010

Trauma iatrogène de l'uretère (chirurgie pelvienne)

  • Le traumatisme urétéral est très majoritairement IATROGÈNE (> 90 % des cas). Chirurgies à risque : hystérectomie (1er pourvoyeur, 0,5-2 %), chirurgie colorectale, curage ganglionnaire lombo-aortique/pelvien, chirurgie vasculaire aorto-iliaque, endourologie (urétéroscopie).
  • Types de lésion : ligature, section partielle ou complète, dévascularisation (nécrose retardée), crush (pince, trocart), brûlure thermique (électrocoagulation, laser). La dévascularisation est souvent méconnue en peropératoire.
  • Diagnostic peropératoire (idéal) : injection de bleu de méthylène IV ou par la sonde JJ, visualisation directe de la lésion. Réparation immédiate possible avec les meilleurs résultats fonctionnels.
  • Diagnostic retardé (le plus fréquent, J1-J14) : fièvre inexpliquée, douleur lombaire, iléus prolongé, écoulement urinaire par le drain ou la cicatrice (fistule cutanée), anurie (si lésion bilatérale ou rein unique), peritonite urinaire (rupture intrapéritonéale).
  • Bilan si suspicion : uroTDM injecté avec temps tardif excrétoire (fuite de PdC, urinome) ± pyélographie rétrograde/antérograde.
  • Traitement — lésion distale (uretère pelvien) : réimplantation urétéro-vésicale (technique de Lich-Gregoir ou Politano-Leadbetter) ± vessie psoïque (psoas hitch) ou lambeau de Boari si tension excessive.
  • Traitement — lésion proximale ou médiane : anastomose urétéro-urétérale termino-terminale sur sonde JJ (si perte de substance < 3 cm) ; transurétéro-urétérostomie ; interposition d'appendice ou d'anse iléale (Monti) si perte de substance étendue.
  • Prévention : repérage systématique des uretères en début de chirurgie pelvienne complexe, pose préventive de sondes JJ fluorescentes, utilisation prudente de l'énergie thermique.
⚠️ Piège ECNi : toute fièvre inexpliquée, iléus persistant ou écoulement liquidien clair par le drain après chirurgie pelvienne doit faire évoquer une lésion urétérale iatrogène et impose un uroTDM.
Position anatomique de la vessie chez l'homme et la femme
Schéma comparatif de la position vésicale. Chez la femme, la vessie est directement en avant de l'utérus et du vagin — cette proximité anatomique explique la fréquence des lésions vésicales iatrogènes lors de la chirurgie gynécologique (hystérectomie, césarienne, cure de prolapsus).
Chirurgie laparoscopique — principes et instrumentation
Schéma d'une chirurgie laparoscopique. L'introduction du premier trocart (technique de Palmer ou de Hasson) peut perforer la vessie si celle-ci n'a pas été vidée au préalable. Les brûlures thermiques au bistouri électrique sont une autre source de lésion vésicale cœlioscopique.

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#011

Trauma iatrogène vésical (chirurgie gynécologique, cœlioscopie)

  • Incidence : la plaie vésicale est la complication urologique la plus fréquente en chirurgie gynécologique (0,5-3 % des hystérectomies, 0,1-0,3 % des césariennes). Risque accru si : antécédent de césarienne/chirurgie pelvienne, endométriose profonde, radiothérapie.
  • Mécanismes en cœlioscopie : perforation par trocart (vessie non vidée), dissection du cul-de-sac vésico-utérin, brûlure par électrocoagulation (nécrose retardée J5-J10), lésion par agrafes mécaniques.
  • Diagnostic peropératoire (idéal) : test au bleu de méthylène (remplissage vésical), pneumopéritoine visible dans la poche de sonde, visualisation directe de la brèche. Réparation immédiate → meilleur pronostic.
  • Diagnostic postopératoire : hématurie macroscopique, fuite urinaire par le drain/la cicatrice/le vagin (fistule vésico-vaginale), iléus, péritonite, élévation de la créatinine.
  • Traitement de la plaie reconnue en peropératoire : suture en 2 plans (muqueuse + musculeuse/séreuse) en fil résorbable, vérification de l'étanchéité au bleu, drainage vésical 7-10 jours. Vérifier les rapports des méats urétéraux si plaie proche du trigone (risque de ligature/plicature urétérale).
  • Fistule vésico-vaginale post-chirurgicale : diagnostic par test au bleu, cystoscopie, uroTDM. Sondage prolongé (4-6 semaines) si petite fistule récente. Sinon : réparation chirurgicale (voie vaginale ou abdominale selon la localisation) à distance (3-6 mois), avec interposition d'épiploon ou de lambeau de Martius.
  • Prévention : sondage vésical préopératoire systématique, dissection prudente du cul-de-sac vésico-utérin, remplissage rétrograde de la vessie au bleu de méthylène si doute.
⚠️ Piège pratique : toujours vider la vessie avant l'introduction du premier trocart en cœlioscopie — une perforation vésicale par trocart est l'erreur la plus facilement évitable.
Anatomie du rein — vue macroscopique
Vue macroscopique du rein. Les plaies pénétrantes rénales (arme blanche, arme à feu) nécessitent un bilan lésionnel complet car elles s'accompagnent fréquemment de lésions multi-organes (foie, rate, diaphragme, poumon, tube digestif, vaisseaux). Le trajet de l'agent pénétrant détermine la gravité.
Anatomie du rein — cortex, médullaire, pédicule vasculaire
Schéma anatomique du rein montrant cortex, médullaire et pédicule vasculaire. Les plaies par arme à feu (PAF) sont plus délabrantes que les plaies par arme blanche (PAB) en raison du phénomène de cavitation : la zone de destruction tissulaire est bien plus étendue que le trajet balistique visible.

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#012

Plaies rénales par arme blanche et arme à feu

  • Plaie par arme blanche (PAB) : trajet linéaire, prévisible, lésions généralement limitées au trajet de la lame. Exploration des orifices d'entrée (et de sortie si transfixiante). Possibilité de traitement conservateur si patient stable et lésions isolées au scanner.
  • Plaie par arme à feu (PAF) : lésions beaucoup plus extensives (cavitation temporaire et permanente). 3 zones de lésion : trajet balistique direct, zone de cavitation (nécrose tissulaire étendue), zone de contusion périphérique. Lésions multi-organes quasi systématiques → exploration chirurgicale plus souvent nécessaire.
  • Bilan initial : ABCDE du polytraumatisé, hémodynamique +++. Si patient STABLE : TDM corps entier injecté (scanner de débrouillage). Si patient INSTABLE : laparotomie exploratrice d'emblée.
  • Indications d'exploration chirurgicale immédiate : instabilité hémodynamique malgré réanimation, éviscération, péritonite, PAF transpéritonéale, hémorragie active non contrôlable par embolisation.
  • Technique chirurgicale : contrôle vasculaire premier du pédicule rénal, exploration méthodique du rein, néphrorraphie si possible, néphrectomie partielle ou totale si nécessaire. Exploration de tous les organes abdominaux (rate, foie, tube digestif, diaphragme, gros vaisseaux).
  • Spécificités des PAF : toujours chercher les orifices d'entrée ET de sortie (parfois multiples), rechercher les projectiles (radiographie), parage large des tissus nécrosés, antibioprophylaxie systématique, drainage large.
  • Traitement conservateur des PAB : possible si patient hémodynamiquement stable, scanner montrant des lésions rénales limitées (grades I-III), absence de lésion digestive ou vasculaire majeure associée. Surveillance armée en milieu chirurgical.
⚠️ Piège : ne jamais sous-estimer une PAF rénale — la zone de cavitation rend les lésions bien plus étendues que ce que le petit orifice d'entrée peut laisser supposer.
Appareil urinaire — vue d'ensemble schématique
Schéma d'ensemble de l'appareil urinaire. Le scanner corps entier injecté (« body scanner ») est l'examen pivot du bilan du polytraumatisé hémodynamiquement stable. Pour l'évaluation urologique, les temps artériel, portal/parenchymateux et EXCRÉTOIRE (tardif) sont indispensables.
TDM abdominale — coupe axiale
Coupe scanographique abdominale. Le scanner multiphasique du polytraumatisé permet de classifier les lésions rénales (AAST), de détecter les fuites vasculaires actives (blush artériel), les fuites urinaires (temps excrétoire) et les lésions vésicales (cystoTDM si remplissage rétrograde associé).

Wikimedia Commons (CC)

#013

Bilan d'imagerie du polytraumatisé (TDM injectée)

  • Protocole scanner du polytraumatisé : TDM corps entier injecté multiphasique. CONDITION PRÉALABLE : patient hémodynamiquement STABLE (ou stabilisé par la réanimation). Si instable réfractaire → bloc opératoire d'emblée (damage control surgery).
  • Temps scanographiques essentiels pour l'urologie : (1) temps artériel (fuite vasculaire active, pseudoanévrisme, thrombose artérielle rénale) ; (2) temps portal/parenchymateux (lacérations rénales, hématomes, lésions des organes pleins) ; (3) TEMPS EXCRÉTOIRE tardif à 7-10 min (fuite urinaire, lésion de la voie excrétrice +++).
  • Le temps excrétoire est INDISPENSABLE et souvent omis : sans lui, on ne peut pas diagnostiquer une fuite urinaire (grade IV rénal) ni confirmer le fonctionnement du rein controlatéral.
  • Bilan vésical : le scanner injecté standard ne suffit PAS pour diagnostiquer une rupture vésicale → cystoTDM avec remplissage rétrograde de la vessie (350 mL de PdC dilué par la sonde) + clichés de remplissage et de vidange.
  • Bilan urétral : si urétrorragie → urétrographie rétrograde AVANT toute tentative de sondage (injection douce de PdC hydrosoluble par le méat).
  • Signes à rechercher systématiquement au scanner : hématome rétropéritonéal (latéralisé = origine rénale ; médian = origine vasculaire ou pelvienne), extravasation de PdC (artérielle = blush, urinaire = temps tardif), rein muet (dévascularisation), fracture du bassin (risque vésical + urétral).
  • Échographie FAST (Focused Assessment with Sonography for Trauma) : examen de débrouillage rapide au lit du patient (épanchement intrapéritonéal), ne remplace PAS le scanner pour le bilan lésionnel précis.
⚠️ Piège ECNi majeur : ne JAMAIS oublier le temps EXCRÉTOIRE (tardif) du scanner dans le bilan du polytraumatisé — sans lui, les fuites urinaires et les lésions de la voie excrétrice sont méconnues.
Anatomie rénale — néphron et filtration glomérulaire
Schéma du néphron et de la filtration glomérulaire. Le suivi à long terme après un traumatisme rénal vise à dépister l'HTA réno-vasculaire (rein de Page), l'insuffisance rénale par atrophie post-traumatique et les pseudoanévrismes tardifs, par surveillance de la PA, de la fonction rénale et par imagerie de contrôle.
Sonde urinaire en place chez l'homme
Schéma d'une sonde vésicale chez l'homme. Après un traumatisme vésical ou urétral, le drainage vésical prolongé est un élément clé du traitement. Le suivi inclut une cystographie de contrôle avant retrait de sonde (pour les ruptures vésicales) et une urétrographie pour les sténoses post-traumatiques.

Wikimedia Commons (CC)

#014

Suivi et complications tardives des traumatismes urologiques

  • Complications précoces (J0-J30) des traumatismes rénaux : hémorragie secondaire (pseudoanévrisme, FAV), urinome (collection d'urine extra-vésicale par fuite de la voie excrétrice), abcès péri-rénal, surinfection de l'hématome.
  • Complications tardives rénales : HTA réno-vasculaire post-traumatique (rein de Page : compression du parenchyme par un hématome organisé/fibrose péri-rénale → activation SRAA → HTA), atrophie rénale post-traumatique, pseudoanévrisme tardif (hématurie retardée), hydronéphrose sur sténose de la jonction pyélo-urétérale post-traumatique.
  • Complications tardives vésicales : fistule vésico-vaginale ou vésico-rectale post-traumatique, réduction de la capacité vésicale (fibrose pariétale), incontinence (si lésion du col vésical).
  • Complications tardives urétrales : sténose urétrale post-traumatique (complication la plus fréquente, > 50 % des cas) → dysurie progressive, rétention, infections urinaires récidivantes. Diagnostic par urétrographie rétrograde et fibroscopie. Traitement : urétrotomie interne (petites sténoses) ou urétroplastie (reconstruction chirurgicale, gold standard pour les sténoses longues ou récidivantes).
  • Complications tardives génitales : atrophie testiculaire post-traumatique (50 % des traumatismes testiculaires sévères), infertilité (production d'anticorps anti-spermatozoïdes après rupture de la barrière hémato-testiculaire), dysfonction érectile post-traumatique (lésion des nerfs caverneux lors du trauma pelvien/urétral).
  • Suivi recommandé après trauma rénal : consultation + PA + créatininémie + échographie rénale à 1 mois, 3 mois, 6 mois, 1 an, puis annuellement pendant 5 ans. Scintigraphie rénale (DMSA) si suspicion d'atrophie.
  • Suivi après trauma urétral : urétrographie de contrôle à 3 mois, puis débitmétrie/résidu post-mictionnel annuels pendant 5 ans (risque de sténose tardive). Information du patient sur les signes d'alerte (dysurie progressive, jet faible).
  • Suivi après trauma vésical : cystographie de contrôle avant retrait de sonde (J10-J21), puis échographie vésicale avec mesure du RPM à 3 et 6 mois.
⚠️ Piège ECNi : l'HTA post-traumatique rénale (rein de Page) peut survenir des mois/années après le traumatisme initial — le suivi tensionnel à long terme est indispensable après tout traumatisme rénal significatif.