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🚨Urgences urologiques4 fiches
Rétention aiguë d'urine
#001

Rétention aiguë d'urine

  • Globe vésical douloureux, mictions impossibles : sondage vésical évacuateur en urgence après avoir éliminé une contre-indication (traumatisme urétral, prostatite aiguë).
  • Éviter la vidange trop rapide de plus d'un litre d'un coup chez un globe chronique — risque d'hématurie a vacuo et de syndrome de levée d'obstacle avec polyurie.
  • Rechercher systématiquement la cause déclenchante : HBP, fécalome, médicaments anticholinergiques ou opioïdes, sténose urétrale.
  • Surveiller la diurèse des 24h suivantes — une polyurie post-obstructive impose un bilan ionique et une hydratation adaptée pour éviter la déshydratation.
Hématurie macroscopique avec caillotage
#002

Hématurie macroscopique avec caillotage

  • Sondage vésical à double courant de gros calibre (charrière 20-24) pour permettre le lavage vésical continu et l'évacuation des caillots.
  • Ne jamais poser une sonde simple face à un caillotage — le risque d'obstruction immédiate impose d'emblée un système de lavage-irrigation.
  • Rechercher la cause : tumeur vésicale, résection prostatique récente, traitement anticoagulant — orientent la prise en charge et l'urgence d'un avis urologique.
  • Surveiller l'hémodynamique et la NFS — un caillotage important peut être responsable d'une déglobulisation nécessitant une transfusion.
Pyélonéphrite obstructive
#003

Pyélonéphrite obstructive

  • Fièvre et douleur lombaire avec dilatation des cavités pyélocalicielles à l'échographie : urgence urologique, dérivation des urines à organiser sans délai.
  • La dérivation (sonde JJ ou néphrostomie percutanée) prime sur l'antibiothérapie seule — celle-ci ne suffit jamais si l'obstacle n'est pas levé.
  • Prélever hémocultures et ECBU avant la première dose d'antibiotique, mais ne pas retarder l'antibiothérapie probabiliste au-delà d'une heure.
  • Risque de choc septique rapide sur obstacle — surveillance rapprochée en unité adaptée en cas de sepsis associé.
Gangrène de Fournier
#004

Gangrène de Fournier

  • Gangrène périnéale nécrosante rapidement extensive avec sepsis sévère : urgence chirurgicale absolue, débridement large sans délai.
  • Ne pas se fier à l'aspect cutané initial souvent trompeur — la nécrose sous-jacente est presque toujours plus étendue que ce qui est visible en surface.
  • Antibiothérapie probabiliste à très large spectre débutée immédiatement, couvrant germes aérobies et anaérobies (polymicrobien).
  • Terrain à risque à rechercher systématiquement : diabète, immunodépression, porte d'entrée urogénitale ou périnéale récente.
🔎Examen clinique urologique3 fiches
Toucher rectal (prostate)
#005

Toucher rectal (prostate)

  • Patient en décubitus latéral ou position genu-pectorale, vessie et rectum vides si possible — précise volume, consistance et symétrie de la prostate.
  • Une prostate dure, asymétrique ou avec un nodule évoque un cancer et impose un dosage de PSA et un avis spécialisé, indépendamment du chiffre de PSA.
  • Une prostate augmentée de volume mais souple et régulière est en faveur d'une hypertrophie bénigne (HBP).
  • Systématique devant toute rétention aiguë d'urine ou syndrome infectieux urinaire fébrile chez l'homme — recherche une prostatite ou un obstacle.
Palpation des bourses
#006

Palpation des bourses

  • Comparer systématiquement les deux testicules — taille, consistance, sensibilité et position — le testicule controlatéral sert toujours de référence.
  • Une masse dure indolore fait évoquer une tumeur testiculaire jusqu'à preuve du contraire — échographie scrotale en urgence relative, jamais de biopsie première.
  • Douleur aiguë brutale avec testicule ascensionné et horizontalisé : penser torsion testiculaire, urgence chirurgicale à ne jamais laisser attendre l'imagerie.
  • Rechercher systématiquement une hydrocèle (transillumination positive) ou une varicocèle (dilatation majorée en position debout et à la manœuvre de Valsalva).
Contact lombaire / Giordano
#007

Contact lombaire / Giordano

  • Percussion du poing au niveau de l'angle costo-vertébral (signe de Giordano) : une douleur vive oriente vers une atteinte rénale (pyélonéphrite, colique néphrétique).
  • Toujours comparer les deux côtés — une douleur unilatérale franche est plus spécifique qu'une sensibilité diffuse bilatérale.
  • Un signe de Giordano positif avec fièvre impose une imagerie rénale en urgence pour éliminer une pyélonéphrite obstructive.
  • Ne pas percuter trop fort d'emblée — commencer doucement pour ne pas majorer inutilement la douleur d'un patient déjà algique.
🖥️Imagerie urologique4 fiches
Échographie vésico-prostatique
#008

Échographie vésico-prostatique

  • Évalue le résidu post-mictionnel, l'épaisseur de la paroi vésicale et le volume prostatique — examen de première intention devant des troubles urinaires du bas appareil.
  • Un résidu post-mictionnel >100mL de façon répétée oriente vers un obstacle sous-vésical (HBP) ou une vessie hypocontractile.
  • Réalisée vessie pleine pour l'étude vésicale, puis après miction pour le résidu — expliquer ce protocole au patient avant l'examen.
  • Recherche systématique de calculs vésicaux, de diverticules ou de signes de retentissement (dilatation urétérale) associés.
Échographie scrotale
#009

Échographie scrotale

  • Examen de référence devant toute anomalie scrotale — précise l'origine intra ou extra-testiculaire d'une masse et son caractère liquidien ou solide.
  • Le doppler couleur est indispensable devant une douleur aiguë : l'absence de flux vasculaire au testicule signe la torsion testiculaire.
  • Une masse intra-testiculaire solide est suspecte de tumeur jusqu'à preuve du contraire, quel que soit son aspect échographique.
  • Ne jamais retarder l'exploration chirurgicale d'une suspicion de torsion en attendant l'échographie si la clinique est très évocatrice.
Uroscanner
#010

Uroscanner

  • Examen de référence pour explorer l'ensemble de l'appareil urinaire (reins, uretères, vessie) à la recherche d'un calcul, d'une tumeur ou d'une malformation.
  • Le temps sans injection suffit à détecter la quasi-totalité des calculs urinaires — l'injection est surtout utile pour l'étude morphologique et les tumeurs.
  • Vérifier la fonction rénale (créatininémie) avant l'injection de produit de contraste iodé, surtout chez le patient à risque (diabète, insuffisance rénale connue).
  • Les clichés tardifs après injection opacifient les voies excrétrices et permettent de localiser précisément un obstacle urétéral.
Cystographie rétrograde
#011

Cystographie rétrograde

  • Opacification rétrograde de la vessie par une sonde urétrale — recherche un reflux vésico-urétéral ou une brèche vésicale (rupture traumatique).
  • Réalisée sous plusieurs incidences, y compris mictionnelle, pour ne pas méconnaître un reflux qui n'apparaît qu'en fin de remplissage ou pendant la miction.
  • Examen de choix après un traumatisme pelvien avec suspicion de plaie vésicale, avant d'envisager tout geste chirurgical.
  • Chez l'enfant, indiquée après une première pyélonéphrite fébrile pour rechercher un reflux vésico-urétéral selon les recommandations en vigueur.
🔧Gestes techniques urologiques5 fiches
Cystoscopie
#012

Cystoscopie

  • Exploration endoscopique de l'urètre et de la vessie, réalisable au lit du patient sous anesthésie locale avec un cystoscope souple.
  • Examen de référence devant une hématurie macroscopique isolée chez l'adulte, à la recherche d'une tumeur vésicale ou urétrale.
  • Permet de visualiser directement une tumeur vésicale et d'orienter la résection trans-urétrale qui suivra pour l'analyse anatomopathologique.
  • Prévenir le patient de la sensation de brûlure et d'envie d'uriner pendant l'examen — geste habituellement bien toléré sous anesthésie locale.
Sonde urétérale double J
#013

Sonde urétérale double J

  • Sonde urétérale interne reliant le rein à la vessie, mise en place par voie endoscopique pour dériver les urines en cas d'obstacle urétéral.
  • Prévenir systématiquement le patient des symptômes fréquents : pollakiurie, urgenturies, hématurie modérée et douleurs lombaires à la miction.
  • Ne jamais oublier de programmer son ablation ou son changement — une sonde JJ laissée en place trop longtemps s'incruste et se calcifie.
  • Indiquée en urgence devant une pyélonéphrite obstructive ou pour protéger la voie urinaire avant un traitement de lithiase.
Néphrostomie percutanée
#014

Néphrostomie percutanée

  • Dérivation percutanée des urines directement dans le bassinet, sous contrôle échographique ou scannographique, en cas d'impossibilité de sonde JJ.
  • Indiquée en première intention en cas de pyélonéphrite obstructive fébrile avec sepsis — geste plus rapide et moins invasif qu'une sonde JJ dans ce contexte.
  • Surveiller quotidiennement l'aspect et le volume des urines drainées — une diminution brutale du débit doit faire suspecter une obstruction de la sonde.
  • Fixer solidement le cathéter à la peau et éduquer le patient à ne pas tracter dessus — un arrachement accidentel est une complication fréquente et évitable.
Cathéter sus-pubien
#015

Cathéter sus-pubien

  • Alternative à la sonde urétrale en cas de contre-indication (traumatisme urétral, sténose infranchissable, refus de sonde urétrale prolongée).
  • Mise en place à 2 travers de doigt au-dessus de la symphyse pubienne, vessie pleine impérativement pour éloigner le péritoine et éviter une plaie digestive.
  • Contre-indiqué en cas de suspicion de tumeur vésicale (risque d'essaimage) ou d'antécédent de chirurgie abdominale basse compliquée.
  • Surveiller l'orifice cutané et changer le cathéter selon un rythme régulier — moins de risque infectieux urétral qu'une sonde urétrale au long cours.
Biopsie prostatique
#016

Biopsie prostatique

  • Réalisée par voie transrectale ou périnéale sous guidage échographique, avec cartographie précise des points de prélèvement (schéma en sextants ou fusion IRM).
  • Antibioprophylaxie systématique avant le geste — le risque principal est la prostatite aiguë post-biopsie, complication à connaître et à dépister.
  • Prévenir le patient d'une hématurie, hémospermie et de sang dans les selles possibles pendant plusieurs semaines après le geste — bénins mais fréquents.
  • Indiquée devant une élévation du PSA ou une anomalie au toucher rectal, idéalement guidée par une IRM prostatique préalable (biopsies ciblées).
💊Médicaments essentiels2 fiches
Inhibiteurs de la 5-alpha-réductase
#017

Inhibiteurs de la 5-alpha-réductase

  • Réduisent le volume prostatique en bloquant la conversion de la testostérone en dihydrotestostérone — effet clinique différé, à attendre sur plusieurs mois.
  • Diminuent le PSA d'environ 50% après 6 mois de traitement — à corriger systématiquement (multiplier par 2) pour interpréter un dosage sous traitement.
  • Prévenir le patient des effets secondaires sexuels possibles (baisse de la libido, troubles de l'érection) qui peuvent persister à l'arrêt du traitement.
  • Indiqués en cas d'HBP avec volume prostatique important, souvent associés à un alpha-bloquant pour un effet symptomatique plus rapide.
Inhibiteurs de la PDE5
#018

Inhibiteurs de la PDE5

  • Traitement de première intention de la dysfonction érectile, à prendre à distance des repas pour une efficacité optimale (variable selon la molécule).
  • Contre-indication formelle et absolue avec les dérivés nitrés — toujours interroger sur un traitement cardiovasculaire avant de prescrire.
  • Prudence chez le patient coronarien ou hypotendu — évaluer le risque cardiovasculaire d'une reprise d'activité sexuelle avant de prescrire.
  • Existent aussi en traitement quotidien à faible dose dans l'HBP symptomatique associée à une dysfonction érectile — bénéfice sur les deux symptômes.
🌙Pathologies fréquentes6 fiches
Hypertrophie bénigne de prostate
#019

Hypertrophie bénigne de prostate

  • Hypertrophie bénigne fréquente après 50 ans — évaluer le retentissement fonctionnel par le score IPSS avant toute décision thérapeutique.
  • Rechercher systématiquement les signes de complication : rétention aiguë, infections urinaires récidivantes, lithiase vésicale, insuffisance rénale obstructive.
  • Traitement de première ligne médical (alpha-bloquant, inhibiteur de la 5-alpha-réductase) — la chirurgie est réservée aux formes compliquées ou résistantes.
  • Un PSA élevé ou un toucher rectal suspect ne doivent jamais être attribués trop vite à l'HBP seule — éliminer un cancer de prostate associé.
Cancer de la prostate
#020

Cancer de la prostate

  • Le score de Gleason, établi sur les biopsies, reflète le degré de différenciation glandulaire — plus il est élevé, plus la tumeur est agressive.
  • Dépistage individuel reposant sur le dosage du PSA et le toucher rectal — à discuter au cas par cas avec le patient informé des enjeux (surdiagnostic).
  • La majorité des cancers de prostate évoluent lentement — la décision thérapeutique tient compte de l'âge, des comorbidités et de l'agressivité tumorale.
  • Une simple surveillance active est une option légitime pour les tumeurs à faible risque — ne pas systématiquement proposer un traitement radical.
Lithiase urétérale
#021

Lithiase urétérale

  • Colique néphrétique typique : douleur lombaire brutale irradiant vers les organes génitaux externes — antalgie (AINS en première intention) avant toute imagerie.
  • L'uroscanner sans injection confirme le diagnostic et précise la taille et la localisation du calcul — élément clé pour décider d'un traitement.
  • Une fièvre associée à une colique néphrétique transforme l'urgence antalgique en urgence de dérivation des urines — ne jamais banaliser ce tableau.
  • Un calcul de moins de 5-6mm a de bonnes chances d'élimination spontanée — filtrer les urines et surveiller avant d'envisager un geste invasif.
Varicocèle
#022

Varicocèle

  • Dilatation variqueuse du plexus pampiniforme, quasi exclusivement à gauche, majorée en position debout et à la manœuvre de Valsalva.
  • Aspect classique en 'paquet de vers' à la palpation et confirmé par l'échographie doppler qui objective le reflux veineux.
  • Un varicocèle d'apparition brutale ou droit isolé chez un adulte doit faire rechercher une compression rétropéritonéale (tumeur rénale).
  • Indication de traitement principalement en cas d'infertilité associée ou de gêne fonctionnelle importante — pas systématique si asymptomatique.
Hydrocèle
#023

Hydrocèle

  • Épanchement liquidien dans la vaginale testiculaire — transillumination positive caractéristique, à différencier d'une masse solide.
  • L'échographie scrotale confirme le diagnostic et élimine systématiquement une pathologie testiculaire sous-jacente à l'origine de l'épanchement.
  • Chez le nourrisson, souvent liée à une persistance du canal péritonéo-vaginal — surveillance possible car régression spontanée fréquente avant 1-2 ans.
  • Chez l'adulte, traitement chirurgical seulement si volumineuse ou gênante — pas d'urgence en l'absence de signe associé inquiétant.
Cancer de la vessie
#024

Cancer de la vessie

  • L'hématurie macroscopique isolée, indolore et intermittente est le signe d'alerte principal — impose systématiquement une cystoscopie chez l'adulte.
  • Le tabac est le principal facteur de risque évitable — toujours rechercher une intoxication tabagique, actuelle ou ancienne, à l'interrogatoire.
  • La résection trans-urétrale de vessie a un double rôle diagnostique (analyse anatomopathologique) et thérapeutique pour les tumeurs superficielles.
  • Distinguer tumeurs superficielles (traitement conservateur, surveillance rapprochée) et tumeurs infiltrantes (prise en charge radicale) conditionne tout le pronostic.