Contrairement aux molécules du chapitre 3, les nutraceutiques ne nécessitent pas de prescription — ce qui explique à la fois leur accessibilité et l'absence quasi totale de garde-fou réglementaire sur les allégations commerciales. La règle de lecture de ce chapitre est simple : une hausse mesurable d'un marqueur sanguin (NAD+, par exemple) n'est pas une preuve d'effet clinique. Seuls les essais avec critères de jugement fonctionnels (force, cognition, marqueurs de risque) comptent comme preuve d'efficacité.
Quatre familles sont couvertes ici, du plus survendu au plus solide : le NAD+ et ses précurseurs, les polyphénols déjà traités dans les carnets, le trio créatine/glycine/taurine au rapport preuve/coût le plus favorable, et les corrections de carence (oméga-3, vitamine D, magnésium) qu'il faut distinguer explicitement de l'optimisation chez le sujet non carencé.
NAD+ (NMN / NR)
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Le NAD+ est un coenzyme dont les niveaux tissulaires déclinent avec l'âge, impliqué dans la réparation de l'ADN et le métabolisme énergétique mitochondrial — un rationnel mécanistique solide qui a alimenté une industrie de suppléments (NMN, NR) et de perfusions IV vendues plusieurs centaines d'euros la séance. La hausse du NAD+ sanguin sous supplémentation est, elle, bien confirmée par plusieurs essais contrôlés.
Ce qui manque : aucune preuve humaine, à ce jour, d'extension de vie ou de réversion mesurable du vieillissement attribuable à cette hausse. Les essais cliniques publiés portent sur des marqueurs intermédiaires (endurance, sensibilité à l'insuline) avec des résultats inconstants d'une étude à l'autre — loin de l'écart entre le marketing (« inverser l'horloge cellulaire ») et la donnée disponible.
Repère pratique : les perfusions IV n'ont aucun avantage démontré sur la forme orale à dose équivalente ; leur coût très supérieur ne se justifie pas par la littérature actuelle.
Spermidine, resvératrol, fisétine (dose nutraceutique)
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Déjà couverts en détail dans le carnet Biologie du vieillissement — ce chapitre ne fait que rappeler le point clé pour la cohérence du document : à dose nutraceutique (comprimé quotidien), ces molécules relèvent de la même catégorie de preuve que le NAD+, activité biologique plausible sur cultures cellulaires et modèles animaux, effet humain mesurable non établi. La fisétine change de catégorie de preuve à dose sénolytique ponctuelle beaucoup plus élevée — traitée séparément au chapitre 5.
Créatine, glycine, taurine
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Le trio au meilleur rapport preuve/coût du chapitre. La créatine dispose de plusieurs décennies de littérature en médecine du sport (masse et force musculaire) et de données plus récentes, encore indirectes mais convergentes, sur la fonction cognitive chez le sujet âgé et en privation de sommeil. Profil de sécurité parmi les mieux documentés de tous les compléments existants.
La glycine et la taurine partagent un rationnel mécanistique fort — rôle dans la fonction mitochondriale et la régulation du stress oxydatif, taux de taurine circulante corrélé à des marqueurs de vieillissement chez plusieurs espèces animales — mais la preuve d'extension de vie humaine reste indirecte, extrapolée de modèles animaux plutôt que démontrée par essai contrôlé humain long terme.
Repère pratique : molécules génériques peu coûteuses, bon candidat pour une supplémentation de base à côté du socle du chapitre 1, sans nécessiter le niveau de suivi biologique exigé par les molécules du chapitre 3.
Oméga-3, vitamine D, magnésium
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Distinction centrale à expliciter dans le texte final : ces trois nutriments ont une preuve solide de bénéfice chez le sujet réellement carencé (dosage sanguin objectivé), et une preuve beaucoup plus faible d'optimisation supplémentaire chez le sujet déjà suffisant. Une bonne partie de la littérature positive sur les oméga-3 et la vitamine D en prévention cardiovasculaire ou osseuse provient précisément de populations où la carence de départ était fréquente.
Repère pratique : doser avant de supplémenter (25-OH vitamine D, magnésium érythrocytaire, index oméga-3) plutôt que de suppléer par défaut — c'est l'articulation directe avec le bilan biologique du chapitre 2.