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Chapitre 05 · Palier 2 · 15 chapitres

Sénolytiques

Élimination ciblée des cellules sénescentes — la classe de gérothérapeutiques la plus prometteuse après la rapamycine, mais encore en phase d'essais cliniques précoces plutôt que de pratique établie.

Les cellules sénescentes cessent de se diviser mais restent métaboliquement actives, sécrétant un cocktail de facteurs inflammatoires (le « SASP », senescence-associated secretory phenotype) qui contribue à l'inflammation chronique de bas grade associée au vieillissement. Les sénolytiques ne cherchent pas à réparer ces cellules mais à provoquer leur mort ciblée, un mécanisme radicalement différent des molécules du chapitre 3.

Contrairement à un traitement chronique, ces protocoles sont typiquement administrés en cures courtes et espacées (quelques jours consécutifs, répétés tous les mois ou trimestres), ce qui change la logique de suivi par rapport aux autres chapitres.

Dasatinib + Quercétine (D+Q)

Prometteur€€€

La combinaison la plus étudiée de la classe : le dasatinib est un inhibiteur de tyrosine kinase initialement développé en oncologie, associé à la quercétine (un flavonoïde) pour élargir le spectre de cellules sénescentes ciblées. Un essai pilote humain de seulement 11 jours a confirmé une réduction mesurable de la charge sénescente tissulaire — une des rares démonstrations directes chez l'humain (pas seulement chez l'animal) qu'un sénolytique fait ce qu'il est censé faire.

Plus significatif encore pour la crédibilité clinique de la classe : un essai de Phase 2 chez des femmes post-ménopausées a montré un effet positif sur la densité osseuse — un critère de jugement fonctionnel concret, pas seulement un marqueur biologique intermédiaire.

Repère pratique : le dasatinib est un médicament oncologique à profil d'effets secondaires non anodin (myélosuppression, épanchements) ; protocole à encadrer strictement par un médecin, pas un usage à envisager en autoprescription.

Fisétine (dose sénolytique, pas nutra)

Précoce€€

À bien distinguer de la fisétine nutraceutique du chapitre 4 : ici la dose utilisée est nettement supérieure, administrée en cure courte plutôt qu'en prise quotidienne continue, dans une logique sénolytique et non de supplémentation de fond. Les essais de la Mayo Clinic sur cette indication sont en cours, avec des données encore partiellement publiées — la classe de preuve reste donc précoce, en dessous de celle du D+Q.

Repère pratique : molécule d'origine végétale, profil de sécurité plus favorable que le dasatinib, mais preuve d'efficacité humaine encore incomplète — à présenter comme option de seconde ligne plutôt qu'équivalente au D+Q.

Sources clés
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